Liban: Vif émoi après l'assassinat d'un responsable local 

Le frère de Pascal tenant ses vêtements ensanglantés devant le cercueil. (Le corps de Pascal porte des traces de torture). (Photo : X)
Le frère de Pascal tenant ses vêtements ensanglantés devant le cercueil. (Le corps de Pascal porte des traces de torture). (Photo : X)
Short Url
Publié le Vendredi 12 avril 2024

Liban: Vif émoi après l'assassinat d'un responsable local 

  • Trois des suspects dans l'assassinat de Pascal Sleiman, enlevé dimanche au nord de Beyrouth, ont été remis par les autorités syriennes aux services de sécurité libanais
  • L'affaire a provoqué un vif émoi au Liban, l'influent parti chrétien évoquant "un assassinat politique jusqu'à preuve du contraire"

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont arrêté sept Syriens soupçonnés d'implication dans l'assassinat d'un responsable du parti chrétien des Forces Libanaises (FL) dont le corps a été retrouvé en Syrie, ont indiqué des sources judiciaire et militaire.

Trois des suspects dans l'assassinat de Pascal Sleiman, enlevé dimanche au nord de Beyrouth, ont été remis par les autorités syriennes aux services de sécurité libanais, a précisé la source militaire.

L'affaire a provoqué un vif émoi au Liban, l'influent parti chrétien évoquant "un assassinat politique jusqu'à preuve du contraire".

Le parti des FL de Samir Geagea est un opposant notoire au Hezbollah pro-iranien, dont le chef Hassan Nasrallah a démenti dans un discours lundi soir tout lien avec cette affaire.

Selon une source judiciaire, "les aveux des sept Syriens arrêtés ont concordé sur le fait que le mobile unique du crime était le vol" de la voiture de Pascal Sleiman.

L'armée libanaise a indiqué lundi soir qu'"il a été tué par des membres d'un gang qui tentaient de voler sa voiture", selon les premiers résultats de l'enquête.

Selon la source judiciaire, les suspects "ont avoué avoir frappé la victime au visage et à la tête avec la crosse de leurs revolvers pour qu'il arrête de résister, puis l'ont placé dans le coffre de la voiture" et emmené en Syrie où ils ont découvert qu'il est décédé.

Une source militaire a indiqué que le corps avait été retrouvé en Syrie, et que les malfaiteurs faisaient partie d'un gang spécialisé dans le vol de voitures au Liban.

Boucs émissaires

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, a indiqué qu'un corps correspondant au signalement de la victime avait été retrouvé dans la région syrienne de Homs.

Cette zone proche du Liban est contrôlée par le régime de Damas et le Hezbollah libanais, son allié, y est fortement implanté.

La source militaire a indiqué que Beyrouth devait récupérer le corps mardi.

L'annonce de l'enlèvement puis de la mort de Pascal Sleiman a provoqué l'indignation à Byblos (nord), dont il était le responsable local au sein des FL.

Le Premier ministre Najib Mikati, a condamné le meurtre et appelé les Libanais à "faire preuve de sagesse et ne pas se laisser entraîner par les rumeurs et les émotions".

Lundi soir, des centaines de sympathisants de la formation chrétienne avaient bloqué des routes à Byblos, certains s'en prenant à des Syriens, selon des vidéos en ligne.

"J'espère qu'on ne va pas faire porter à tous les réfugiés syriens la responsabilité de ce qui s'est passé", a déclaré à l'AFP Abdallah, un Syrien de 21 ans qui a refusé de donner son nom.

Le Liban accueille quelque deux millions de Syriens, des réfugiés ayant fui la guerre civile déclenchée dans leur pays en 2011.

Rami Kaiss, de l'ONG Human Rights Watch, a appelé dans une déclaration à l'AFP Beyrouth à mener une "enquête approfondie et transparente".

"La tentative de faire de l'ensemble de la population réfugiée un bouc émissaire est déplorable et doit être dénoncée parce qu'elle menace d'alimenter la violence déjà en cours contre les Syriens au Liban", a-t-il ajouté.


Deux militaires des Émirats arabes unis tués, l'Iran poursuit ses frappes dans le Golfe

Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
Short Url
  • De fortes explosions ont été entendues à Doha
  • Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques.

DUBAI : Les défenses aériennes du Qatar et des Émirats arabes unis ont intercepté des missiles et des drones lundi, alors que le conflit avec l'Iran continue de se propager dans le Golfe, les autorités des deux pays faisant état d'explosions et d'interceptions aériennes.

Les Émirats arabes unis ont déclaré que deux membres des forces armées ont été tués à la suite du crash d'un hélicoptère dû à une défaillance technique alors qu'ils exerçaient leurs fonctions dans le pays lundi.

Le ministère de la défense a présenté "ses plus sincères condoléances et sa sympathie aux familles".

Le ministère de la défense du Qatar a indiqué que les forces armées avaient intercepté une attaque au missile.

Des témoins de l'agence Reuters et des journalistes de l'AFP ont également rapporté avoir entendu de fortes explosions à Doha.

Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques, dont 12 ont été détruits, tandis que 3 missiles sont tombés en mer.

Au total, 18 drones ont également été détectés, dont 17 ont été interceptés, tandis qu'un autre est tombé à l'intérieur du territoire national.

Depuis le début de la guerre, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 233 des 253 missiles balistiques, 1 359 des 1 440 drones et détruit 8 missiles de croisière.

Ces attaques ont fait 4 morts parmi les ressortissants pakistanais, népalais et bangladais, et 117 personnes ont été légèrement blessées.


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Short Url
  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
Short Url
  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.