La France présente une résolution de cessez-le-feu «globale» devant le Conseil de sécurité de l’ONU

La France a annoncé, lundi, qu’elle présenterait une proposition de résolution «globale» au Conseil de sécurité de l’ONU pour appeler à un cessez-le-feu permanent à Gaza. (Photo AN).
La France a annoncé, lundi, qu’elle présenterait une proposition de résolution «globale» au Conseil de sécurité de l’ONU pour appeler à un cessez-le-feu permanent à Gaza. (Photo AN).
Short Url
Publié le Mardi 02 avril 2024

La France présente une résolution de cessez-le-feu «globale» devant le Conseil de sécurité de l’ONU

  • Le texte, dont une copie a été consultée par Arab News, appelle à «un cessez-le-feu immédiat garantissant la protection des civils et du personnel humanitaire
  • Elle exige également la «libération immédiate et inconditionnelle» de tous les otages détenus par «le Hamas et d’autres groupes terroristes»

NEW YORK: La France a annoncé, lundi, qu’elle présenterait une proposition de résolution «globale» au Conseil de sécurité de l’ONU pour appeler à un cessez-le-feu permanent à Gaza.

Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès de l’ONU, informe les journalistes à New York que la nouvelle proposition «traite des questions les plus urgentes». Elle appelle à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, sans limite temporelle. Par ailleurs, elle exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.

«La proposition condamne les attaques terroristes du Hamas qui ont eu lieu le 7 octobre et exige un accès humanitaire immédiat et complet.»

Le texte, dont une copie a été consultée par Arab News, appelle à «un cessez-le-feu immédiat garantissant la protection des civils et du personnel humanitaire ainsi que l’acheminement d’une aide humanitaire considérable vers la population civile de Gaza».

La proposition incite également le secrétaire général de l’ONU à présenter des options pour que l’ONU joue un rôle dans la surveillance du cessez-le-feu à Gaza.

Elle exige également la «libération immédiate et inconditionnelle» de tous les otages détenus par «le Hamas et d’autres groupes terroristes», ainsi que la garantie d’un traitement humain et d’un accès humanitaire immédiat aux otages.

La résolution française condamne «fermement les odieux attentats terroristes du Hamas et d’autres groupes terroristes» du 7 octobre 2023, ainsi que la prise d’otages.

Elle dénonce «les violences sexuelles – y compris le viol utilisé comme arme de guerre –, commises par le Hamas et d’autres groupes terroristes», tout en appelant à ce que les responsables de ces crimes soient tenus responsables.

Elle exige également «un accès humanitaire immédiat, complet, sûr et sans entrave à la population civile dans l’intégralité du territoire» de Gaza, qui fait actuellement face à «des niveaux alarmants d’insécurité alimentaire».

En outre, la proposition appelle à l’ouverture de tous les points de passage vers l’enclave palestinienne et à l’intérieur de cette dernière, ainsi que l’ouverture du port israélien d’Ashdod et d’une route terrestre reliant la Jordanie à Gaza.

Le texte aborde également la reconstruction, la reprise et la gouvernance à Gaza. Elle appelle à une «solution durable», insistant sur l’importance de «rétablir un contrôle effectif sur la bande de Gaza par l’Autorité palestinienne et d’assurer la contiguïté avec Jérusalem et la Cisjordanie».

La proposition appelle également la communauté internationale à soutenir l’Autorité palestinienne «au moment où elle porte progressivement ses responsabilités dans la bande de Gaza».

M. de Rivière déclare que le Conseil de sécurité de l’ONU doit s’attaquer aux causes profondes du conflit israélo-palestinien et la proposition de résolution exhorte la communauté internationale à intensifier ses efforts pour parvenir à une «solution globale, juste et pacifique».

«La crise actuelle montre qu’une solution négociée doit être instaurée de toute urgence grâce à des mesures décisives et irréversibles vers une solution à deux États», a-t-il ajouté.

«La France estime qu’il est désormais grand temps d’adopter une approche globale afin de mettre fin à la crise actuelle à Gaza, de permettre une désescalade dans la région et de garantir qu’aucun 7 octobre ne puisse se reproduire.»

Le projet appelle à «l’intensification des efforts internationaux et régionaux, notamment au moyen de négociations directes, pour parvenir à une solution globale, juste et pacifique au conflit israélo-palestinien, sur la base des résolutions pertinentes des Nations unies, du mandat de la Conférence de Madrid, y compris le principe des territoires en échange de la paix, de l’Initiative de paix arabe et de la feuille de route du Quatuor».

Selon le projet, une solution négociée doit être obtenue «de toute urgence grâce à des mesures décisives et irréversibles» vers une solution à deux États, où «deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte en paix selon les frontières de 1967. Par ailleurs, des mesures de sécurité qui respectent la souveraineté de la Palestine et mettent fin à l’occupation israélienne qui dure depuis 1967 devront être instaurées. La sécurité d’Israël devrait être également garantie, y compris contre les menaces terroristes, et il faudrait parvenir à un règlement juste du problème des réfugiés, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes de l’ONU.

Lundi, la France a présenté le texte aux autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Aucun calendrier de vote n’a encore été établi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient, annonce l'Elysée

Les pompiers iraniens, assistés d’une pelleteuse, dégagent les décombres d’un immeuble résidentiel détruit dans le nord de Téhéran le 23 mars 2026. Une série de fortes explosions a été entendue dans la capitale iranienne, alors que la guerre avec les États-Unis et Israël entrait dans sa quatrième semaine. (AFP)
Les pompiers iraniens, assistés d’une pelleteuse, dégagent les décombres d’un immeuble résidentiel détruit dans le nord de Téhéran le 23 mars 2026. Une série de fortes explosions a été entendue dans la capitale iranienne, alors que la guerre avec les États-Unis et Israël entrait dans sa quatrième semaine. (AFP)
Short Url
  • Le président Emmanuel Macron a convoqué un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient dans un contexte de fortes tensions régionales
  • Entre menaces américaines, démentis iraniens et échanges de missiles, la situation reste hautement volatile au Moyen-Orient

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 17 mars - se tiendra à 17H30.

Il intervient alors que Donald Trump a évoqué, dans un spectaculaire revirement, des "négociations" avec un responsable iranien non identifié.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a nié "toute négociation" avec les Etats-Unis depuis le 28 février,  reconnaissant toutefois avoir reçu via des "pays amis" des "messages transmettant une demande américaine de négociations" pour faire cesser le conflit.

Sur son réseau Truth Social, le président américain a également annoncé un report "de cinq jours" des frappes qu'il menaçait de lancer sur des centrales électriques et autres infrastructures en Iran si la République islamique ne débloquait pas le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.

En réponse à l'ultimatum de Donald Trump, l'Iran avait menacé de fermer complètement le détroit et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux Etats-Unis", selon l'agence Fars citant l'armée iranienne.

Le président américain a fait savoir que son pays continuerait "à bombarder allègrement" si les négociations échouaient.

Au Liban, où la guerre a fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés, l'armée israélienne a repris ses frappes contre la banlieue sud de Beyrouth.

De son côté, l'Iran a lancé de nouveau des missiles vers Israël mardi matin.


Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
Short Url
  • Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes
  • Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs

PARIS: L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.

M. Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse", sans divulguer de détails.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.

Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs.

La surprise avait été totale lorsqu'en 2002, il n'était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.

Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

Pendant le quinquennat de François Hollande, il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique puis était au Conseil constitutionnel en 2014.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de M. Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", dans un message publié sur X.


Grégoire gagne Paris haut la main, défaite cuisante pour Dati

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Short Url
  • Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche
  • L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.

Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.

L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix.

"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants.

Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire".

"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu à Vélib à l'Hôtel de ville, où l'attendaient Anne Hidalgo mais aussi l'ex-maire socialiste Bertrand Delanoë, symbole de la "prise" de Paris par la gauche en 2001.

"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense", a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.

"Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux", a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.

"Je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues, à ceux qui souffrent, à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche", a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde Stalingrad.

Douche froide chez Dati 

A l'annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant "Paris reste à gauche !".

"Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant", a réagi Nolween Caruso, 27 ans.

Bière à la main et sourire aux lèves, Léo est allé célébrer la victoire sur le parvis de l'Hôtel de ville. "On eu un peu peur que Rachida Dati puisse être élue avec le soutien de l'extrême droite. Dans une ville comme Paris ça aurait fait mal", confie ce militant PS de 26 ans.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre suffisamment" que le changement "était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".

Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.

Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député PS.

La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.

De son côté, l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit sur X former "le vœu que Paris réussisse" et "demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques". L'ancien chef de file du centre-droit a fusionné ses listes avec Rachida Dati mais s'est retiré personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Equilibre inchangé dans les arrondissements 

"Je suis très triste pour les Parisiens", a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite, qui s'était désistée pour "faire battre la gauche".

"Paris est une ville définitivement de gauche", analyse Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. Selon lui, l'électorat de Pierre-Yves Bournazel "s'est très mal reporté sur Rachida Dati, dont le score est une addition de celui du premier tour, et sans doute de 90% à 95% de Sarah Knafo".

Dans les arrondissements, l'équilibre des forces politiques reste inchangé, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite.

Lucie Castets, ex-candidate de la gauche pour Matignon, a été élue maire du XIIe arrondissement, où elle avait remplacé au pied levé la maire écologiste sortante Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée pour son management jugé toxique.

Le chef de file des écologistes parisiens David Belliard, ex-adjoint aux transports d'Anne Hidalgo, a remporté le XIe arrondissement. Il avait obtenu la tête de liste aux termes de l'accord d'union négocié avec les socialistes d'Emmanuel Grégoire, qui ont accepté de céder leur bastion, terre d'élection d'Anne Hidalgo.

L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.