Une attaque à Rafah «n’est pas le moyen» de vaincre le Hamas, déclare l’envoyé américain à l’ONU

L’ambassadeur américain Robert Wood a déclaré mardi au Conseil de sécurité de l’ONU qu’une opération militaire terrestre de grande envergure à Rafah n’était pas le moyen de vaincre le Hamas. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur américain Robert Wood a déclaré mardi au Conseil de sécurité de l’ONU qu’une opération militaire terrestre de grande envergure à Rafah n’était pas le moyen de vaincre le Hamas. (Capture d’écran/UNTV)
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Publié le Jeudi 28 mars 2024

Une attaque à Rafah «n’est pas le moyen» de vaincre le Hamas, déclare l’envoyé américain à l’ONU

  • Une opération terrestre menée par Israël «risque de perturber encore plus l’acheminement de l’aide humanitaire», estime Robert Wood
  • Washington s’efforce d’accroître considérablement l’aide humanitaire à Gaza, où «la réalité, c’est que des enfants meurent de faim»

NEW YORK: Les États-Unis ont une nouvelle fois exhorté Israël à renoncer à son projet de mener une opération terrestre de grande envergure à Rafah, où plus de 1,5 million de Palestiniens déplacés se sont réfugiés après des mois de combats à Gaza.

«Nous partageons l’objectif d’Israël de vaincre le Hamas, mais une opération militaire terrestre de grande envergure à Rafah n’est pas le moyen d’y parvenir», a affirmé mardi l’ambassadeur américain Robert Wood au Conseil de sécurité de l’ONU.

«Cela risque de tuer davantage de civils et de perturber encore plus l’acheminement de l’aide humanitaire. C’est pourquoi nous conseillons à Israël de trouver une meilleure solution.»

M. Wood a également indiqué que Washington s’efforçait d’accroître considérablement l’aide humanitaire à Gaza, «où les civils dans le besoin ne reçoivent pas suffisamment d’aide».

«La réalité, c’est que des enfants meurent de faim parce que l’aide humanitaire ne peut pas leur parvenir», a-t-il fait remarquer.

«Aucun enfant ne devrait mourir de malnutrition à Gaza ou ailleurs. La totalité de la population de Gaza est confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.»

Après cent soixante-dix jours de combats entre Israël et le Hamas, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi la résolution 2728, appelant à une cessation des hostilités pendant le mois sacré, conduisant «à un cessez-le-feu durable et viable».

En outre, la résolution appelle le Hamas et les autres groupes de combattants à libérer tous les otages enlevés le 7 octobre.

Elle exige par ailleurs que toutes les parties au conflit «respectent les obligations qui leur incombent en vertu du droit international à l’égard de toutes les personnes qu’elles détiennent» et met l’accent sur «la nécessité urgente d’accroître l’acheminement de l’aide humanitaire et de renforcer la protection des civils dans l’ensemble de la bande de Gaza».

La résolution réitère la demande de «levée de tous les obstacles à la fourniture d’une aide humanitaire à grande échelle».

M. Wood a regretté que la résolution ne condamne pas l’attaque terroriste et les «violences sexuelles» commises par le Hamas le 7 octobre.

«Il n’y a aucune excuse, permettez-moi de le répéter, aucune excuse pour justifier le fait que le Conseil de sécurité n’ait pas condamné le terrorisme du Hamas. Le Conseil doit condamner le Hamas», a-t-il souligné.

La représentante permanente adjointe de la Guyane, Stéphanie Savory, a déclaré au Conseil que «tout porte à croire que la résolution d’hier n’a pas été respectée».

Alors que la guerre se poursuit à Gaza, une frappe israélienne, effectuée lundi en fin de journée et qui a visé un immeuble résidentiel de Rafah où s’abritaient trois familles déplacées, a fait au moins seize morts, dont neuf enfants et quatre femmes, selon les registres de l’hôpital et les proches des victimes.

«La reddition de comptes fait cruellement défaut dans le conflit israélo-palestinien, et c’est peut-être la raison pour laquelle des crimes sont commis chaque année en toute impunité», a noté Mme Savory. 

Le représentant permanent de la France auprès des Nations unies, Nicolas de Rivière, a appelé Israël à ouvrir «immédiatement et sans conditions» tous les points de passage terrestres existants.

«La situation humanitaire à Gaza est catastrophique et il est urgent d’assurer l’entrée massive de l’aide étant donné le risque de famine imminente», a-t-il lancé.

Comme d’autres membres du Conseil, M. de Rivière a condamné la politique israélienne, «contraire au droit international», qui consiste à poursuivre et «même à accélérer» la construction de colonies de peuplement en Cisjordanie.

«La France ne reconnaîtra jamais l’annexion illégale de territoires. La décision israélienne du 22 mars de confisquer 800 hectares de terres en Cisjordanie est inacceptable. Il s’agit de la plus importante confiscation de terres par Israël dans les territoires palestiniens occupés depuis les accords d’Oslo.» 

Il a ajouté que «le statu quo historique sur les lieux saints de Jérusalem doit être préservé».

La France appelle à éviter toute mesure «qui conduirait à un embrasement de la situation à Jérusalem et en Cisjordanie», a conclu M. de Rivière.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Hezbollah libanais menace Israël et Chypre sur fond de guerre à Gaza

"Une ouverture des aéroports et des bases chypriotes à l'ennemi israélien pour cibler le Liban signifierait que le gouvernement chypriote est partie prenante de la guerre", a prévenu Hassan Nasrallah. Chypre est située à quelque 300 km d'Israël et environ 200 km du Liban, et entretient de bonnes relations avec ces deux pays. (AFP).
"Une ouverture des aéroports et des bases chypriotes à l'ennemi israélien pour cibler le Liban signifierait que le gouvernement chypriote est partie prenante de la guerre", a prévenu Hassan Nasrallah. Chypre est située à quelque 300 km d'Israël et environ 200 km du Liban, et entretient de bonnes relations avec ces deux pays. (AFP).
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  • Le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah a averti mercredi qu'"aucun lieu" en Israël ne serait épargné par les missiles de son mouvement en cas d'attaque contre le Liban
  • Dans un discours télévisé retransmis en direct, il a aussi menacé pour la première fois Chypre, pays membre de l'Union européenne le plus proche des côtes du Moyen-Orient

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah a averti mercredi qu'"aucun lieu" en Israël ne serait épargné par les missiles de son mouvement en cas d'attaque contre le Liban, sur fond de craintes d'un embrasement lié à la guerre dans la bande de Gaza.

Dans un discours télévisé retransmis en direct, il a aussi menacé pour la première fois Chypre, pays membre de l'Union européenne le plus proche des côtes du Moyen-Orient, disant "détenir des informations selon lesquelles (...) Israël dit qu'il utiliserait les aéroports et bases chypriotes si le Hezbollah attaquait ses aéroports".

"Une ouverture des aéroports et des bases chypriotes à l'ennemi israélien pour cibler le Liban signifierait que le gouvernement chypriote est partie prenante de la guerre", a prévenu Hassan Nasrallah. Chypre est située à quelque 300 km d'Israël et environ 200 km du Liban, et entretient de bonnes relations avec ces deux pays.

"J'ai lu les commentaires (du chef du Hezbollah, ndlr) et je tiens à dire que la république de Chypre n'est impliquée d'aucune façon dans cette guerre", a rétorqué dans un communiqué le président chypriote Nikos Christodoulides.

Chypre fait "partie de la solution, pas du problème", a-t-il martelé, faisant valoir que son pays jouait un rôle, "reconnu par le monde arabe et l'ensemble de la communauté internationale" dans le déploiement d'un corridor maritime permettant d'acheminer de l'aide humanitaire à Gaza.

La guerre à Gaza a entraîné des violences à la frontière israélo-libanaise, entre le Hezbollah, un allié du mouvement islamiste palestinien, et l'armée israélienne, qui se sont intensifiées ces dernières semaines.

Mardi, l'armée israélienne a annoncé que "des plans opérationnels pour une offensive au Liban" avaient été "validés" et le chef de la diplomatie Israël Katz a affirmé que "dans une guerre totale, le Hezbollah sera détruit et le Liban sera touché durement".

"L'ennemi (israélien) sait parfaitement que nous nous sommes préparés au pire (..) Il sait qu'aucun lieu (..) ne sera épargné par nos missiles" en cas d'attaque contre le Liban, a lancé M. Nasrallah, dont le mouvement armé et financé par l'Iran exerce une influence prépondérante au Liban.

En cas de guerre, Israël devrait "nous attendre par la terre, par la mer et par les airs", a encore dit le chef du Hezbollah, mouvement considéré comme terroriste par les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

« Capacités plus importantes »

Mercredi, le Hezbollah a indiqué avoir tiré "des dizaines de roquettes Katioucha et d'obus" en direction d'une caserne dans le nord d'Israël, près de la frontière libanaise, en représailles à des frappes israéliennes contre des cibles dans le sud du Liban ayant tué quatre de ses combattants.

"Nous avons reçu de nouvelles armes (..) et nous en gardons d'autres pour les jours qui viennent", a poursuivi Hassan Nasrallah, en affirmant que sa formation comptait plus de 100.000 hommes prêts au combat.

Lors d'une visite dans le nord d'Israël, le chef de l'armée israélienne Herzi Halevi a affirmé que le pays détenait "des capacités infiniment plus importantes" que le Hezbollah. "L'ennemi n'en connaît que quelques-unes et il les affrontera au bon moment."

Un émissaire du président américain Joe Biden, Amos Hochstein, qui vient de visiter le Liban et Israël ces derniers jours, a jugé "urgente" une désescalade à la frontière.

Il a défendu le plan de cessez-le-feu dans la bande de Gaza présenté le 31 mai par Joe Biden, affirmant qu'il représentait aussi "une chance pour mettre fin au conflit" entre le Hezbollah et Israël.

Bombardements et combats à Gaza

Dans la bande de Gaza assiégée et dévastée par plus de huit mois de guerre, les bombardements israéliens se sont poursuivis, principalement à Rafah (sud).

Plusieurs véhicules militaires israéliens sont entrés dans un quartier de l'ouest de la ville, appuyés par des tirs de drones et de chars, selon des témoins. Des combats y ont opposé soldats et combattants palestiniens.

Sept personnes ont été tuées, selon les secouristes, par des frappes sur des tentes aux portes de Rafah, où sont réfugiés des centaines de milliers de Palestiniens.

Dans le nord, une frappe a tué trois Palestiniens près du camp de Nousseirat (centre), selon la Défense civile.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas ont mené une attaque dans le sud d'Israël qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Ce jour-là, 251 personnes enlevées, et 116 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 41 sont mortes, selon l'armée.

En riposte, l'armée israélienne a lancé une offensive d'envergure sur Gaza, qui a fait jusqu'à présent 37.396 morts, essentiellement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.

La guerre a aussi provoqué une catastrophe humanitaire dans le territoire menacé de famine selon l'ONU et où l'aide internationale entre en quantité insuffisante.

L'ONU a dit qu'une pause "humanitaire" quotidienne annoncée par Israël dans ses opérations du matin au soir dans une zone de Gaza n'avait pas encore permis une augmentation des aides pour le territoire palestinien.

Selon des médecins, dix personnes ont été tuées après qu'une frappe israélienne a touché près de Rafah un groupe de Palestiniens attendant l'arrivée de camions d'aide.


Israël : le porte-parole de l'armée rappelé à l'ordre pour des propos sur le Hamas

Alors que le gouvernement israélien apparaît divisé depuis des semaines sur la question de ce qu'il doit avenir de la bande de Gaza une fois la guerre achevée, l'amiral Hagari a ajouté : "Si on ne prévoit pas une alternative, au bout du compte, on aura le Hamas" au pouvoir à Gaza. (AFP).
Alors que le gouvernement israélien apparaît divisé depuis des semaines sur la question de ce qu'il doit avenir de la bande de Gaza une fois la guerre achevée, l'amiral Hagari a ajouté : "Si on ne prévoit pas une alternative, au bout du compte, on aura le Hamas" au pouvoir à Gaza. (AFP).
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  • Le porte-parole de l'armée israélienne a qualifié mercredi de "poudre aux yeux" l'idée qu'on pourrait "faire disparaître" le Hamas
  • "Si on ne prévoit pas une alternative, au bout du compte, on aura le Hamas" au pouvoir à Gaza

JERUSALEM: Le porte-parole de l'armée israélienne a qualifié mercredi de "poudre aux yeux" l'idée qu'on pourrait "faire disparaître" le Hamas, contre lequel Israël se bat à Gaza, s'attirant un rappel à l'ordre quasi-immédiat du gouvernement.

"Le Hamas est une idéologie, on n'élimine pas une idéologie. Dire qu'on va faire disparaitre le Hamas, c'est jeter de la poudre aux yeux du public", a déclaré le contre-amiral Daniel Hagari dans un entretien à la chaîne de télévision israélienne 13.

Alors que le gouvernement israélien apparaît divisé depuis des semaines sur la question de ce qu'il doit avenir de la bande de Gaza une fois la guerre achevée, l'amiral Hagari a ajouté : "Si on ne prévoit pas une alternative, au bout du compte, on aura le Hamas" au pouvoir à Gaza.

"La destruction des capacités gouvernementales et militaires du Hamas est l'un des buts de guerre définis par le cabinet de sécurité, présidé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu", a rapidement réagi le bureau de M. Netanyahu dans un communiqué laconique.

"Tsahal y est bien évidemment tenue", ajoute le texte, en référence à l'armée israélienne.

Cette dernière a ensuite publié un communiqué selon lequel son porte-parole avait "dans ses propos [...] parlé de la destruction du Hamas comme idéologie et idée", ajoutant que ses dires étaient "clairs et explicites", et que "toute autre affirmation reviendrait à sortir les choses de leur contexte".

Alors que les Etats-Unis tentent de faire advenir une trêve permettant la libération des otages détenus à Gaza en échange de celle de Palestiniens emprisonnés par Israël, M. Netanyahu ne cesse répéter qu'il poursuivra la guerre jusqu'à l'élimination du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, exige de son côté un cessez-le-feu permanent et un retrait israélien total de Gaza avant toute libération d'otages.

La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas s'étant infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, l'armée israélienne a lancé une offensive sur la bande de Gaza qui a fait 37.396 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.


Les dirigeants arabes félicitent le roi saoudien pour le succès de la saison du Hajj

Le Hajj 2024 s’est achevé avec succès mardi. (Photo AN, Houda Bashatah)
Le Hajj 2024 s’est achevé avec succès mardi. (Photo AN, Houda Bashatah)
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  • Le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed ben Zayed, a envoyé un télégramme au roi pour le féliciter de la réussite du Hajj
  • L’émir du Koweït, le cheikh Mechaal al-Ahmed al-Sabah, a lui aussi envoyé des télégrammes de félicitations au roi Salmane et au prince héritier, Mohammed ben Salmane

RIYAD: Les dirigeants du monde arabe ont félicité le roi Salmane pour le succès de la saison du Hajj de cette année, a rapporté mardi l’agence de presse saoudienne (SPA). 

Le président des Émirats arabes unis (EAU), le cheikh Mohammed ben Zayed, a envoyé un télégramme au roi pour le féliciter de la réussite du Hajj, affirmant que ce succès était dû à la grâce de Dieu, à l’attention des dirigeants saoudiens et à leur volonté de servir les pèlerins. 

Le vice-président et Premier ministre des EAU, le cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum, et le vice-président et vice-Premier ministre, Mansour ben Zayed al-Nahyane, ont envoyé des télégrammes similaires. 

L’émir du Koweït, le cheikh Mechaal al-Ahmed al-Sabah, a lui aussi envoyé des télégrammes de félicitations au roi Salmane et au prince héritier, Mohammed ben Salmane. Il a fait l’éloge des travaux d’agrandissement et d’expansion en cours à la Grande Mosquée de La Mecque. 

Il a ensuite salué la mise en place de services et de technologies intelligents qui répondent aux besoins des pèlerins, les aident et facilitent l’accomplissement des rituels. 

De même, le roi Hamed de Bahreïn a envoyé un télégramme dans lequel il loue les efforts déployés jour et nuit par les dirigeants saoudiens afin d’organiser avec succès les rituels du Hajj et d’aider les pèlerins afin qu’ils puissent accomplir le pèlerinage facilement et en toute sécurité. 

L’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a également félicité le roi Salmane dans un télégramme, souhaitant à l’Arabie saoudite davantage de progrès et de prospérité. 

En outre, le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, a congratulé le roi Salmane et a salué les efforts considérables déployés par le gouvernement et le peuple du Royaume pour servir les pèlerins du Hajj. 

Les émirs de Charjah, d’Oumm al Qaïwaïn, de Ras el-Khaïmah, de Fujaïrah et d’Ajman ont eux aussi adressé leurs félicitations au roi Salmane pour le succès de la saison du Hajj de cette année. 

Mardi, les pèlerins ont lancé des pierres sur les jamarat et ont effectué le Tawaf d’adieu, une dernière circumambulation autour de la Kaaba, clôturant ainsi la saison du Hajj de cette année. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com