Les colons israéliens exploitent le conflit à Gaza pour s’emparer de plus de terres en Cisjordanie

Des colons israéliens marchent vers l’avant-poste d’Eviatar, près du village palestinien de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie. (AFP)
Des colons israéliens marchent vers l’avant-poste d’Eviatar, près du village palestinien de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 26 février 2024

Les colons israéliens exploitent le conflit à Gaza pour s’emparer de plus de terres en Cisjordanie

  • Les expulsions forcées et les litiges fonciers en Cisjordanie se sont multipliés depuis l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre
  • Les autorités israéliennes sont accusées de violer activement l’interdiction de l’expansion des colonies de peuplement, en vigueur depuis des décennies

LONDRES: Alors que la campagne militaire israélienne à Gaza entre dans son sixième mois, les gouvernements occidentaux ont intensifié la pression sur les colons «extrémistes» qui, selon les critiques, profitent du conflit pour occuper illégalement davantage de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée.

Ces derniers mois, les violences commises par les colons israéliens extrémistes ont amené l’Occident à imposer des sanctions, et d’autres devraient être annoncées dans les semaines et les mois à venir. Cela n’a pas empêché le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, d’approuver la semaine dernière la construction de plus de 3000 nouveaux logements dans les colonies, en réponse à une fusillade meurtrière en Cisjordanie.

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, accompagné de soldats lors d’une visite au kibboutz de Kfar Aza, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 14 novembre 2023, a approuvé la construction de plus de 3000 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie. (Photo, AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, accompagné de soldats lors d’une visite au kibboutz de Kfar Aza, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 14 novembre 2023, a approuvé la construction de plus de 3000 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie. (Photo, AFP)

Peace Now, une organisation non gouvernementale israélienne qui prône une solution à deux États et qui condamne le comportement des colons israéliens en Cisjordanie, a précisé que vingt-six nouvelles communautés avaient vu le jour au cours des douze derniers mois, faisant de 2023 une année record pour la création de nouvelles colonies illégales.

Yonatan Mizrachi, membre de l’équipe de surveillance des colonies de Peace Now, a déclaré qu’il n’était pas inhabituel de voir de nouveaux avant-postes apparaître en Cisjordanie lors des périodes de violence à Gaza, lorsque la communauté internationale est distraite.

«Depuis le début de la guerre, l’administration civile israélienne applique beaucoup moins, voire pas du tout, les mesures visant à supprimer les avant-postes illégaux», a indiqué M. Mizrachi à Arab News. «Les colons profitent de ces périodes pour intensifier leur travail illégal et construire de nouveaux avant-postes, des routes et d’autres infrastructures.»

Vendredi, les États-Unis ont rétabli leur politique de longue date selon laquelle les colonies vont à l’encontre du droit international, quelques heures seulement après l’annonce par M. Smotrich du plan visant à faire avancer la construction de milliers de nouveaux logements dans les colonies.

«La politique des États-Unis, sous les administrations républicaines et démocrates, consiste depuis toujours à considérer que les nouvelles colonies entravent l’instauration d’une paix durable», a affirmé Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, vendredi.

L’approbation de la construction d’un nombre record de logements dans les colonies l’année dernière et l’expansion de la présence des colons en Cisjordanie ont conduit l’administration Biden à convoquer l’ambassadeur israélien à Washington pour la première fois depuis plus de dix ans.

Sous le gouvernement de coalition d’extrême droite dirigé par Benjamin Netanyahou, les autorités israéliennes semblent avoir activement compromis l’interdiction de l’expansion des colonies, qui date de plusieurs décennies, en mariant le droit israélien aux pratiques des colons.

Ces changements ont permis de légaliser quinze avant-postes en Cisjordanie. Le gouvernement a également pris des mesures pour promouvoir la construction de 12 349 unités de logement en Cisjordanie, ce qui constitue un nouveau record.

Vue d’un avant-poste de colons israéliens, non autorisé, dans la ferme de Meitarim, près de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée. (AFP)
Vue d’un avant-poste de colons israéliens, non autorisé, dans la ferme de Meitarim, près de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée. (AFP)

Dans un communiqué publié récemment, Peace Now cite des données de l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem : «En relation directe avec l’établissement de ces avant-postes, environ 1345 Palestiniens ont été contraints de fuir leurs maisons en raison d’attaques violentes menées par les colons.»

Ces nouveaux avant-postes ont été catastrophiques pour les Palestiniens, puisque vingt et une communautés ont été contraintes de quitter leurs maisons au cours des douze derniers mois, dont seize depuis les attaques menées par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre,ce qui a déclenché la guerre actuelle dans la bande de Gaza.

Ces expulsions forcées et les conflits liés à l’utilisation des terres contribuent depuis des années à la violence localisée entre les colons et les résidents palestiniens. Selon le Global Centre for the Responsibility to Protect (GCR2P), ces violences se sont intensifiées depuis le début de la guerre.

S’appuyant sur des données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), l’ONG a relevé 532 attaques de colons contre des Palestiniens entre le 7 octobre et le 14 février, notamment des fusillades et des incendies de maisons, qui ont fait des victimes et causé des dégâts matériels.

Des Palestiniens se rassemblent près des décombres d’une maison familiale démolie par l’armée israélienne lors d’un raid dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, le 21 janvier 2024. (AFP)
Des Palestiniens se rassemblent près des décombres d’une maison familiale démolie par l’armée israélienne lors d’un raid dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, le 21 janvier 2024. (AFP)

«Avant le 7 octobre, les colonies et les déplacements de population dus aux colons avaient déjà augmenté en Cisjordanie occupée ces dernières années», indique un porte-parole du GCR2P à Arab News

«Depuis le 7 octobre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme signale que les colons qui commettent ces attaques agissent parfois avec l’assentiment et la collaboration de l’armée et des autorités israéliennes.» 

De même, les données de l’ONU révèlent le nombre de personnes déplacées en Cisjordanie occupée, 4525 structures appartenant à des Palestiniens ayant été démolies ou détruites depuis 2019.

 

EN CHIFFRES

• 26 colonies israéliennes établies en Cisjordanie rien qu’en 2023, un nouveau record annuel.

 

• 21 communautés palestiniennes déplacées au cours des 12 derniers mois, dont 16 depuis le 7 octobre.

 

• 532 attaques de colons, contre des Palestiniens, enregistrées entre le 7 octobre et le 14 février.

 

Source : Peace Now, BCAH

Bien que les gouvernements occidentaux aient été lents à censurer Israël pour sa conduite à Gaza, ils ont adopté une position plus claire sur la nécessité d’empêcher l’expansion des colonies en Cisjordanie, qu’ils considèrent comme une menace pour la création d’un futur État palestinien.

L’article 49 de la quatrième convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer une partie de sa population civile dans un territoire occupé, ce qui est également connu sous le nom d’ «implantation de colons».

«L’implantation et l’activité des colons constituent donc une violation des obligations d’Israël en tant que puissance occupante en vertu du droit international humanitaire», a affirmé le porte-parole du GCR2P.

«L’expansion des colonies garantit effectivement que le territoire occupé restera sous le contrôle d’Israël à perpétuité, ce qui conduit à une annexion de facto.» 

Un Palestinien inspecte une voiture brûlée lors d’une attaque menée la nuit précédente par des colons israéliens dans le village de Burqa, au nord-ouest de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 20 février 2024. Environ 490 000 Israéliens vivent dans des dizaines de colonies de Cisjordanie jugées illégales au regard du droit international. (AFP)
Un Palestinien inspecte une voiture brûlée lors d’une attaque menée la nuit précédente par des colons israéliens dans le village de Burqa, au nord-ouest de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 20 février 2024. Environ 490 000 Israéliens vivent dans des dizaines de colonies de Cisjordanie jugées illégales au regard du droit international. (AFP)

Le Canada, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont tous pris des mesures à l’encontre des colons israéliens, imposant des sanctions allant de l’interdiction de voyager à des restrictions interdisant le commerce et au blocage d’actifs. Certaines institutions financières israéliennes ont fait de même, gelant les comptes de quatre hommes.

Un porte-parole du Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni a déclaré à Arab News que le Royaume-Uni s’oppose depuis toujours à l’expansion des colonies israéliennes.

«Les colonies sont illégales au regard du droit international, constituent un obstacle à la paix et menacent la viabilité d’une solution fondée sur la coexistence de deux États», a expliqué le porte-parole. 

«Nous ne cessons d’exhorter Israël à mettre fin à l’expansion des colonies en Cisjordanie et à demander des comptes aux auteurs d’actes de violence commis par les colons.»

En annonçant des sanctions contre quatre colons «extrémistes» le 14 février, le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, David Cameron, a déclaré qu’«Israël doit également prendre des mesures plus fermes pour mettre un terme à la violence des colons».

Yonatan Mizrachi, de Peace Now, a souligné que les sanctions avaient été une «grande affaire» en Israël. «Je pense et j’espère que cela aura un effet à tous les niveaux, mais nous avons également besoin que le public israélien lutte plus activement contre les colonies», a-t-il déclaré.

«Je pense que nous devons attendre de voir comment et si le gouvernement israélien changera sa politique en ce qui concerne “le projet de colonisation”.» 

Ces mesures ont suscité la colère des députés israéliens. Amit Halevi, du parti Likoud de Netanyahou, a convoqué une réunion urgente du Comité des affaires économiques de la Knesset afin d’étudier les moyens d’aider les «familles simples travaillant dans l’agriculture» qui ont été sanctionnées.

Les observateurs des droits de l’homme, quant à eux, ont décrit les sanctions comme une simple façade politique de la part de gouvernements qui se contentent de continuer à financer, à fournir des armes et à assurer la couverture diplomatique de l’effort de guerre d’Israël.

Boudour Hassan, chercheuse sur Israël et la Palestine pour Amnesty International, a fait remarquer que les sanctions étaient en quelque sorte une arme à double tranchant. Elle a expliqué à Arab News que si elles indiquaient que la communauté internationale avait pris conscience de la situation, elles ne tenaient pas compte du véritable problème.

«Elles sont trompeuses et contribuent à l’idée que ce sont les colons individuels, et non les colonies, qui posent problème, ignorant la violence inhérente au projet de colonisation», a souligné Mme Hassan.

«La majorité des colons ne sont pas violents ; ils n’attaquent pas les Palestiniens. Cependant, il ne s’agit pas seulement de violence physique. Il s’agit de l’acquisition forcée de terres palestiniennes, de la ségrégation des communautés. Les droits et privilèges des colons sont discriminatoires à l’égard des Palestiniens. Tout cela est intrinsèquement violent.»  

«Ce sont les postes de contrôle, les soldats israéliens et l’infrastructure juridique, physique et politique qui se combinent pour promouvoir le projet qui est en cause. Punir des individus, c’est ignorer ces problèmes fondamentaux».

L’armée israélienne tient un poste de contrôle à l’entrée fermée du sud de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, près de la colonie israélienne de Beit Haggi. (AFP)
L’armée israélienne tient un poste de contrôle à l’entrée fermée du sud de la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, près de la colonie israélienne de Beit Haggi. (AFP)

Mme Hassan a réitéré le point de vue d’Amnesty International, qui a toujours considéré que «les colonies qui sont illégales au regard du droit international» doivent être démantelées pour que la paix puisse être instaurée.

Toutefois, la notion de démantèlement de ces colonies soulève des questions sur le sort des familles de colons, «si et quand Israël se retire», a noté M. Mizrachi.

«Israël a évacué des colons à deux reprises par le passé : d’abord en 1982 dans le Sinaï, puis en 2005 dans la bande de Gaza et le nord de la Cisjordanie. Comme nous le savons, vouloir, c’est pouvoir.»

«Cela pourrait prendre du temps et il n’est pas possible d’évacuer des centaines de milliers de personnes en un jour, mais il existe des possibilités d’y parvenir.» 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Pour le ministre saoudien des AE, la patience de son pays n'est «pas illimitée»,  se réserve le droit d'agir contre l'Iran

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan. (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan. (AFP)
Short Url
  • Dans des propos parmi les plus fermes qu'il ait tenus depuis le début du conflit, le prince Fayçal a déclaré que l'Arabie saoudite "se réservait le droit d'entreprendre une action militaire si elle le jugeait nécessaire"
  • Il a ajouté que le "peu de confiance" rétabli avec Téhéran après le rétablissement des liens diplomatiques en 2023 "a été complètement brisé"

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a averti jeudi que la retenue du Royaume face à l'escalade des attaques iraniennes "n'est pas illimitée", signalant que l'action militaire reste une option.

"Le Royaume et ses partenaires possèdent d'importantes capacités et la patience dont nous avons fait preuve n'est pas illimitée. Cela pourrait prendre un jour, deux jours ou une semaine - je ne le dirai pas", a-t-il déclaré aux journalistes à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres des affaires étrangères arabes et islamiques à Riyad.

Dans des propos parmi les plus fermes qu'il ait tenus depuis le début du conflit, le prince Fayçal a déclaré que l'Arabie saoudite "se réservait le droit d'entreprendre une action militaire si elle le jugeait nécessaire", avertissant que la poursuite de l'escalade iranienne aurait des conséquences politiques et morales.

Il a ajouté que le "peu de confiance" rétabli avec Téhéran après le rétablissement des liens diplomatiques en 2023 "a été complètement brisé" et a averti que de nouvelles attaques pourraient ne laisser "presque rien" à sauver dans les relations.

Depuis le 28 février, l'Iran a lancé des vagues de missiles et de drones armés visant l'Arabie saoudite et les États voisins du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn et le Qatar, en représailles, selon Téhéran, aux frappes américano-israéliennes sur des cibles en Iran.

Le conflit s'est intensifié mercredi après que l'Iran a accusé Israël d'avoir frappé des installations du champ gazier de South Pars et a promis de cibler des infrastructures énergétiques dans tout le Golfe. Les autorités d'Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis ont signalé le même jour des attaques contre des installations pétrolières et gazières.

Dans la capitale saoudienne, les défenses aériennes ont intercepté quatre missiles balistiques visant Riyad, selon le ministère de la défense. Les débris des projectiles interceptés sont tombés près d'une raffinerie au sud de la ville, tandis que les habitants ont signalé avoir entendu des explosions et reçu des alertes d'urgence, ce qui constitue un rare moment où le conflit a été directement ressenti dans la capitale.

Les responsables saoudiens de la défense affirment que les défenses aériennes ont intercepté au moins 457 drones, 40 missiles balistiques et sept missiles de croisière depuis le début de l'escalade. Les Émirats arabes unis auraient été confrontés à un volume d'attaques encore plus important, tandis que d'autres États du Golfe ont également été touchés.

"Préparés à l'avance

Le prince Faisal a déclaré que les frappes semblaient avoir été "préparées à l'avance" et a accusé l'Iran de mener des "actions hostiles préméditées" contre ses voisins, à la fois directement et par l'intermédiaire de mandataires régionaux.

Il a également confirmé que deux raffineries de pétrole saoudiennes avaient été visées, contredisant ainsi les affirmations de l'ambassadeur iranien selon lesquelles les frappes se limitaient aux installations américaines.

"L'Iran n'a pas traité ses voisins dans un esprit de fraternité, mais dans une optique hostile", a-t-il déclaré, ajoutant que les États du Golfe avaient à plusieurs reprises exhorté Téhéran à cesser de soutenir des groupes armés et à assurer la sécurité de la navigation maritime.

L'Iran est accusé de soutenir le mouvement Houthi, qui a pris pour cible la navigation commerciale dans le Bab el-Mandeb, ainsi que le Hezbollah, dont la confrontation avec Israël a intensifié la crise au Liban.

Les frappes israéliennes au Liban depuis le début du mois de mars - déclenchées par les attaques du Hezbollah en soutien à l'Iran - ont tué au moins 968 personnes et en ont blessé plus de 2 400, selon l'Associated Press, citant le ministère libanais de la santé. Plus d'un million de personnes ont été déplacées à la suite d'avertissements d'évacuation généralisés.

Malgré l'escalade, le prince Faisal a déclaré que l'Arabie saoudite préférait toujours la diplomatie, mais il a averti que la poursuite des attaques pourrait fermer la porte à une désescalade.

Plus d'un million de personnes ont été déplacées, Israël ayant émis de nombreux avis d'évacuation dans certaines parties du pays.


L'Arabie saoudite abat 4 missiles balistiques visant Riyad

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Short Url
  • Le quartier des ambassades à Riyad est la cible d'un drone, des débris de missiles balistiques tombent près de la base aérienne Prince Sultan.
  • Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït interceptent également les attaques de drones

RIYAD: Les systèmes de défense aérienne de l'Arabie saoudite ont intercepté des vagues de drones et de missiles balistiques tirés sur le Royaume mercredi.

Un drone a été intercepté et détruit alors qu'il s'approchait du quartier diplomatique de Riyad, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense vers midi.

Vers 19h30, le ministère a déclaré que les défenses aériennes traitaient une menace balistique à Riyad.

Plus tôt, un missile balistique lancé vers le gouvernorat d'Al-Kharj a été abattu et les débris de l'interception sont tombés près de la base aérienne Prince Sultan "sans causer de dommages", a déclaré un porte-parole.

Deux autres missiles balistiques lancés vers la province orientale ont été interceptés et détruits dans la soirée.

Le ministère a fait état de neuf drones ciblant la même région depuis minuit heure locale.

Les attaques contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle journée de tentatives iraniennes de frapper les pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la défense a déclaré avoir abattu 13 missiles balistiques et 27 drones lancés depuis l'Iran mercredi.

De fortes détonations ont été entendues au-dessus de Dubaï dans la matinée.

Les Émirats ont également cité les six victimes civiles des attaques iraniennes depuis le début du conflit, le 28 février.

Il s'agit notamment de la Palestinienne Alaa Mushtaha, qui a été tuée lundi à Abou Dhabi lorsqu'un missile est tombé sur sa voiture. Ses funérailles ont eu lieu mardi soir, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah, a exprimé mercredi ses "sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes des attaques terroristes non provoquées de l'Iran contre les Émirats arabes unis".

Il a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens visant des infrastructures civiles essentielles, des aéroports, des zones résidentielles et des sites civils dans l'ensemble des Émirats arabes unis.

Le Qatar et le Koweït ont également signalé avoir intercepté des attaques de drones mercredi.


Liban: effroi et destructions au coeur de Beyrouth, pilonné par Israël avec et sans avertissement

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Short Url
  • Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • "Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger

BEYROUTH: Sarah Saleh et sa famille ont fui en pyjama mercredi, après que l'armée israélienne a averti d'une frappe sur un immeuble du coeur de Beyrouth, proche de l'école reconvertie en centre d'accueil qui les abrite.

Mais plusieurs autres bombardements contre deux quartiers populaires voisins, sans avertissement, ont violemment pris par surprise les habitants, en pleine nuit et au petit matin.

Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

"Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger.

Avec ses parents, son frère, ses soeurs et leurs enfants, "nous avons fui en pyjama", vers une place du centre-ville, ajoute-t-elle.

Les enfants "se sont mis à pleurer et à paniquer, c'était déchirant", dit-elle, portant un masque pour se protéger de la poussière qui se dégage des décombres du bâtiment visé, dans le quartier de Bachoura, proche d'une des principales artères de la capitale.

"Le bruit était terrifiant (...) Tout Beyrouth a été secoué", affirme cette déplacée de la banlieue sud de Beyrouth, réfugiée dans la même école qui l'avait abritée lors de la guerre précédente de 2024.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran en menant une attaque contre Israël en représailles des frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Israël a riposté en lançant une vaste campagne de frappes aériennes, notamment sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en parallèle d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a également bombardé à plusieurs reprises des bâtiments en plein coeur de la capitale, parfois sans avertissement.

"Ce qui est effrayant, c'est qu’ils sont en train de frapper sans prévenir", déclare la jeune femme.

"Heureusement qu'ils ont émis un avertissement ici, parce que dans l’école qui nous accueille il y a des enfants et des bébés", ainsi que des personnes âgées, soupire-t-elle.

"Terrifiant" 

A quelques encablures de là, à Zokak al-Blatt, quartier densément peuplé proche du siège du gouvernement et de plusieurs ambassades, des habitants déblayent les débris et les éclats de verre laissés par la dernière frappe sur les voitures et dans les rues.

Des engins dégagent la route et transportent les décombres, tandis que des commerçants vont et viennent devant des devantures brisées, sous le bourdonnement d'un drone israélien survolant la capitale.

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir.

"Ma famille et moi avons été terrifiés", raconte Haidar, 68 ans, qui habite à proximité. "Quand il n’y a pas d’avertissement, c’est très difficile", ajoute ce commerçant.

Il explique que sa femme, cédant à l'effroi, tente de trouver refuge ailleurs après que le quartier a été visé plusieurs fois depuis le début de la guerre.

Dans la rue, une femme pleure et une famille avec enfants, portant des sacs et une poupée rose, quitte les lieux.

L'une des frappes, menée sans avertissement, a tué le directeur des programmes politiques de la télévision du Hezbollah, al-Manar, selon la chaîne.

Les bombardements israéliens ont tué au moins 912 personnes, dont 111 enfants, depuis début mars, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes - plus du sixième de la population du petit pays.

"Nous pouvons à peine parler (...) Nous sommes épuisés", dit Zainab, 65 ans, qui vit à proximité  et se trouvait chez elle avec des proches lors de la dernière frappe.

Le bombardement "était très fort (..) comme s'il se produisait au-dessus de nos têtes", dit-elle.

"Nous avons peur (..) toutes les heures ou deux heures, ils frappent quelque part", ajoute-t-elle. Mais "où sommes-nous censés partir?".