Israël repasse à l’attaque pour s'emparer des terres palestiniennes

 Un bulldozer israélien démolit un atelier de métal palestinien construit dans la zone "C", dans la ville cisjordanienne d'Hébron. (Dossier/AFP)
Un bulldozer israélien démolit un atelier de métal palestinien construit dans la zone "C", dans la ville cisjordanienne d'Hébron. (Dossier/AFP)
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Publié le Samedi 25 septembre 2021

Israël repasse à l’attaque pour s'emparer des terres palestiniennes

  • L'ancienne maire de Bethléem Vera Baboun déclare à Arab News que cette décision vise à séparer le gouvernorat de Bethléem du gouvernorat d'Hébron Isaac déclare que, depuis 1967, Isr
  • Israël a utilisé une panoplie d'ordres militaires pour freiner la croissance palestinienne

AMMAN : Un an avant que les représentants d'Israël et de la Palestine ne se réunissent à la Maison Blanche le 13 septembre 1993 et ​​ne s’entendent sur une proposition de paix, les autorités israéliennes ont confisqué 48 kilomètres carrés de terres palestiniennes au sud de Bethléem et les ont converties en réserve naturelle.

L'armée israélienne a, 28 ans plus tard, redonné ordre de confisquer pour bloquer l’octroi de permis de construire aux Palestiniens qui possèdent des terres privées dans certaines de ces zones.

Jad Isaac, directeur de l'Institut de recherche appliquée de Jérusalem, déclare qu'une grande partie de ces zones a été marquée zone C, ce qui confère aux Israéliens un contrôle total sur qui pouvait construire dessus.

« L'ordre militaire n°51-21 du 18 novembre 1992 a pris une grande partie des zones à l'est et au sud de Bethléem, à proximité des villes de Saer, Arab Al-Rashida et Shioukh », dit-il à Arab News.

Isaac souligne que les Palestiniens ne sont pas autorisés à construire sur 29,7 kilomètres carrés de terrain bien qu'ils soient répertoriés comme zone A, ce qui signifie que les municipalités palestiniennes locales ont le droit de prendre des décisions administratives à leur sujet.

Il précise que 10 875 kilomètres carrés de cette terre ont été convertis en réserves naturelles, bloquant les droits des Palestiniens dans ces zones.

Les autorités israéliennes ont recours au terme réserve naturelle pour empêcher les Palestiniens de construire dans ces zones afin qu'au moment opportun, elles puissent être ouvertes à l'expansion des colonies, indique-t-il.

Au fil des ans, la communauté internationale – en particulier les États-Unis – a demandé aux Israéliens de permettre aux Palestiniens de construire dans ces zones.

L'ancienne maire de Bethléem, Vera Baboun, déclare à Arab News que cette décision vise à séparer le gouvernorat de Bethléem du gouvernorat d'Hébron.

L'objectif était de séparer les zones palestiniennes peuplées, ainsi que de fermer les zones à l'agriculture et au pâturage, y compris en bloquant la capacité des agriculteurs palestiniens à accéder à leurs propres terres, tout en donnant aux colons juifs la liberté de se déplacer sur les terres palestiniennes, ajoute-t-elle.

Un rapport du Times of Israël révèle que l'organisme du ministère de la Défense chargé d'autoriser la construction dans la zone C n'a délivré qu'une poignée de permis de construire.

Les projets de 26 unités de logement ont été proposés lors de réunions de sous-comités, avec seulement six d’entre elles - situées dans un seul bâtiment - qui ont effectivement reçu un permis de construire.

« Apparemment, la décision du Cabinet de sécurité que Netanyahu s'est empressé de promouvoir comme si Israël avait réellement l'intention d'approuver tout développement réservé aux millions de Palestiniens dans les territoires occupés, s'est avérée être un gros bluff, et les quelques permis qui ont été approuvés n'ont même pas été émis », déclare au journal Hagit Ofran, de l'organisme de surveillance des colonies Peace Now.

Isaac déclare que, depuis 1967, Israël a utilisé une panoplie d'ordres militaires pour freiner la croissance palestinienne.

« Ils ont adopté des dizaines de lois qui leur permettent de prendre possession des terres palestiniennes ou d'empêcher les Palestiniens de les utiliser, sous prétexte de réglementations démocratiques.

Il dit qu'en plus de la confiscation des terres de l'État ou des terres des Palestiniens absents, de vastes étendues de terres palestiniennes ont été converties en réserves naturelles pour freiner la croissance palestinienne.

« En utilisant l'ordonnance militaire 363 de 1969, l'administration civile israélienne peut déclarer n'importe quelle terre en Cisjordanie occupée réserve naturelle où il est extrêmement difficile d'obtenir un permis de construire. »

En janvier 2020, le ministre de la Défense de l'époque, Naftali Bennett, qui est maintenant Premier ministre, a approuvé la création de sept réserves sur une superficie de 112,5 kilomètres carrés, en plus des 12 réserves naturelles existantes en vue d’empêcher tout développement immobilier palestinien dans la région de la vallée du Jourdain.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.