Arabie saoudite: Le puissant symbolisme du Jour de la fondation

L'identité du jour de la fondation de l'Arabie saoudite est la plus exquise et la plus profonde et résonne chez chaque citoyen saoudien (Photo, AFP).
L'identité du jour de la fondation de l'Arabie saoudite est la plus exquise et la plus profonde et résonne chez chaque citoyen saoudien (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Arabie saoudite: Le puissant symbolisme du Jour de la fondation

Arabie saoudite: Le puissant symbolisme du Jour de la fondation
  • L'identité du Jour de la fondation de l'Arabie saoudite, si raffinée et profonde, a le pouvoir d'entrer en résonance avec la conscience de chaque citoyen
  • Un ordre royal a été émis pour désigner le 11 mars comme un jour spécial pour honorer et célébrer le drapeau saoudien

Toute identité de marque s'appuie sur des objectifs de marketing pour créer un lien émotionnel avec la société. 

Lorsque je découvre l'identité d'une marque, d'un gouvernement ou d'une entité privée, je suis très curieux et désireux de déchiffrer son symbolisme et d'en comprendre la signification. 

De tous ces symboles, je crois fermement que l'identité du Jour de la fondation de l'Arabie saoudite est la plus raffinée et la plus profonde, avec le pouvoir d'entrer en résonance avec la conscience de chaque citoyen. 

Alors que les Saoudiens commémorent cette journée spéciale, qui les relie à leur patrimoine national depuis près de 300 ans, prenons le temps de réfléchir à ses symboles, à leur signification et aux liens profonds qui ont été établis depuis la fondation du premier État saoudien et de sa capitale historique, Diriyah. 

Le drapeau du Royaume symbolise la gloire et l'héroïsme du peuple saoudien, dirigé par ses imams, depuis que son drapeau a été hissé pour la première fois en 1727. Il représente notre identité nationale saoudienne, avec sa couleur verte et son témoignage du monothéisme. Le drapeau est un véritable miroir de notre héritage arabe. 

Pour honorer cet ancrage historique, un ordre royal a été émis pour désigner le 11 mars comme un jour spécial pour honorer et célébrer le drapeau saoudien. Cette journée commémore le moment où le drapeau a flotté pour la première fois après l'unification de la péninsule arabique, et suscite un sentiment de fierté et d'appartenance qui renforce le lien émotionnel entre les générations.

Dans le cadre de l'identité du Jour de la fondation, je suis également attiré par l'image des chevaux arabes. Ils représentent la bravoure et le courage des imams du premier État saoudien. 

L'imam Saud ben Abdelaziz, le troisième imam du premier État saoudien, possédait environ 1 400 chevaux pur-sang. Son écurie était l'une des plus grandes écuries royales du XVIIIe siècle. Ses chevaux, répartis entre Diriyah et Al-Ahsa, étaient réputés pour leur beauté et leur pureté de sang arabe. 

L'imam appliquait des règles spécifiques en matière de chevaux et payait généreusement pour acquérir les meilleures races. Un jour, il a dépensé 600 livres sterling (1 livre sterling = 1,17 euro), une somme considérable à l'époque, pour une seule jument. Si l'on considère qu'il disposait de 600 chevaliers, soigneusement choisis dans toute la péninsule arabique, pour s'occuper de ces chevaux, on peut aisément se faire une idée de l'ampleur de ses écuries. 

Jacob Burckhardt, un célèbre orientaliste européen du XVIIIe siècle qui a visité la péninsule arabique, a écrit que l'imam Saoud montait toujours sa jument préférée, Kreaah, pendant les campagnes militaires et que le cheval est devenu célèbre dans toute l'Arabie. 

L'Al-Majlis, lieu de rencontre où les membres de la communauté se réunissent pour discuter des événements et des problèmes locaux, échanger des nouvelles, recevoir des invités, socialiser et se divertir, est un autre symbole important de l'identité du Jour de la fondation. Il représente l'idée d'unité et d'harmonie au sein de la société et de la culture, et joue un rôle de premier plan dans la gouvernance de l'Arabie saoudite. 

La tradition des Al-Majlis en Arabie saoudite remonte au fondateur du premier État saoudien, l'imam Mohammed ben Saoud, qui a établi plusieurs Majlis (conseils) à Diriyah. L'un de ces conseils se tenait à Souq Al-Mawsim (marché saisonnier), le Majlis du palais, au cours duquel les participants abordaient des questions publiques, scientifiques et sociales, et discutaient des moyens de répondre aux besoins de la population. L'imam Mohammed a reconnu l'importance de l'Al-Majlis et lui a alloué un espace dédié dans le palais Salwa, démontrant ainsi son engagement à son égard. 

Les sujets abordés au cours du Majlis ne se limitaient pas à la politique et à la science. Par exemple, un Majlis économique avait lieu pendant les marchés saisonniers. L'imam organisait un Majlis quotidien au lever du soleil, au cours duquel les membres de la communauté se réunissaient pour discuter de l'activité commerciale du premier État saoudien et du commerce ; des marchandises étaient importées de plusieurs pays et régions en dehors de la péninsule arabique, notamment de Perse, d'Irak et du Levant. 

Le Majlis économique avait également un aspect éducatif. Il comportait des sections séparées pour les hommes et les femmes, et l'on pouvait entendre les voix résonnantes de ceux qui disposaient d'un fort pouvoir d'achat pour acquérir et vendre. 

L'identité du Jour de la fondation est révélée en caractères arabes inspirés de manuscrits saoudiens de Diriyah. Diriyah était réputée pour ses magnifiques manuscrits saoudiens et sa calligraphie arabe, qui bénéficiaient du soutien total des imams. C'est un lieu qui a toujours été une source d'inspiration, de connaissance et de culture, et de nombreux calligraphes talentueux y ont vu le jour, laissant leur empreinte dans la décoration, l'écriture et la copie. Ils ont été influencés par les écoles de calligraphie et les arts décoratifs de la péninsule arabique, et ont à leur tour influencé d'autres personnes dans la région et au-delà. 

L'industrie de Diriyah, consacrée à la fabrication du papier et de l'encre, est devenue célèbre grâce au soutien généreux apporté par les imams aux calligraphes, notamment en encourageant une concurrence loyale et la poursuite du savoir. 

Les hommes comme les femmes ont contribué à faire connaître les manuscrits saoudiens, certaines femmes rivalisant même avec les hommes pour s'imposer dans cette forme d'art. Plus particulièrement, les femmes de la famille royale saoudienne et de Diriyah ont apporté des contributions significatives qui ont permis d'enrichir les connaissances et de faire revivre l'art de l'écriture. 

Burckhardt a décrit la bibliothèque de l'imam Saud ben Abdelaziz comme « la plus riche bibliothèque de manuscrits saoudiens de l'époque, et c'est la bibliothèque des imams de Diriyah, depuis l'imam fondateur, Mohammed ben Saoud jusqu’aux imams qui lui ont succédé ».

Badran Al-Honaihen est directeur associé de la recherche et des études historiques à la Diriyah Gate Development Authority.

NDLRL’opinion exprimée dans cette page est celle de l’auteuret ne reflète pas nécessairement le point de vue d’Arab News en français.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com