Gaza: un cadre pour une trêve et la libération des otages sera transmis au Hamas

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) rencontre le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdulrahman Al Thani (à gauche), dans la salle des traités du département d'État à Washington, DC, le 29 janvier 2024. (Photo Mandel Ngan AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) rencontre le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdulrahman Al Thani (à gauche), dans la salle des traités du département d'État à Washington, DC, le 29 janvier 2024. (Photo Mandel Ngan AFP)
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Publié le Lundi 29 janvier 2024

Gaza: un cadre pour une trêve et la libération des otages sera transmis au Hamas

  • Le Qatar, avec l'Egypte et les Etats-Unis, dirige les efforts de médiation depuis que la guerre a éclaté le 7 octobre entre Israël et le Hamas, à la suite d'une attaque sans précédent du mouvement palestinien sur le sol israélien
  • Le Premier ministre qatari a annoncé que les réunions avec le directeur de la CIA, William Burns, et de hauts responsables des services de sécurité israéliens et égyptiens, avaient abouti à l'élaboration d'un cadre pour une trêve par étapes

WASHINGTON : Un cadre pour une trêve à Gaza et la libération d'otages détenus depuis l'attaque du Hamas doit être transmis au mouvement islamiste palestinien, a annoncé lundi à Washington le Premier ministre du Qatar après des réunions avec des responsables américains, israéliens et égyptiens.

Le Qatar, avec l'Egypte et les Etats-Unis, dirige les efforts de médiation depuis que la guerre a éclaté le 7 octobre entre Israël et le Hamas, à la suite d'une attaque sans précédent du mouvement palestinien sur le sol israélien.

Des «progrès notables» ont été réalisés cette semaine au cours de pourparlers à Paris, a déclaré Mohammed ben Abdulrahmane Al-Thani, qui s'exprimait lors d'un événement organisé par le groupe de réflexion américain Atlantic Council.

Le Premier ministre qatari a annoncé que les réunions avec le directeur de la CIA, William Burns, et de hauts responsables des services de sécurité israéliens et égyptiens, avaient abouti à l'élaboration d'un cadre pour une trêve par étapes qui verrait les femmes et les enfants pris en otage être libérés en premier, et l'aide humanitaire entrer dans la bande de Gaza assiégée.

Les différentes parties «espèrent transmettre cette proposition au Hamas et l'amener à s'engager de manière positive et constructive dans le processus», a-t-il poursuivi.

Mohammed ben Abdulrahmane Al-Thani a affirmé que le Hamas avait «clairement demandé» un «cessez-le-feu permanent avant les négociations», ajoutant que la proposition actuelle «pourrait conduire à un cessez-le-feu permanent à l'avenir».

- Tensions régionales -

L'attaque du Hamas le 7 octobre a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, selon les autorités israéliennes.

Le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis avaient négocié une première trêve d'une semaine qui a permis la libération fin novembre d'une centaine d'otages en échange de prisonniers palestiniens.

Au total, 132 otages sont toujours captifs dans le territoire palestinien, dont 28 seraient morts.

Le Qatar, qui accueille la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, héberge notamment le bureau politique du Hamas et constitue la résidence principale du chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh.

Le Premier ministre qatari a par ailleurs averti qu'une attaque de drone dimanche, imputée à des groupes pro-Iran et qui a tué trois militaires américains en Jordanie, pourrait aggraver les tensions régionales.

«Nous avons prévenu dès le premier jour que cette guerre risquait de s'étendre et de déborder sur la région», a-t-il dit. «J'espère que rien ne viendra saper les efforts que nous déployons ou mettre en péril le processus, mais il est certain que cela aura un impact».

En riposte à l'attaque du Hamas, Israël a juré «d'anéantir» le mouvement palestinien, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et a lancé une vaste opération militaire qui a fait 26.637 morts, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.