Une immigration record en France, symbole de nouvelles «priorités»

Le ministre français de l'intérieur, Gérald Darmanin, s'exprime lors d'un débat sur le projet de loi visant à contrôler l'immigration à l'Assemblée nationale à Paris le 11 décembre 2023 (Photo de Ludovic MARIN / AFP).
Le ministre français de l'intérieur, Gérald Darmanin, s'exprime lors d'un débat sur le projet de loi visant à contrôler l'immigration à l'Assemblée nationale à Paris le 11 décembre 2023 (Photo de Ludovic MARIN / AFP).
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Publié le Jeudi 25 janvier 2024

Une immigration record en France, symbole de nouvelles «priorités»

PARIS: Une immigration qui bat des records, pendant que les expulsions s'accélèrent, tout comme les régularisations de travailleurs sans-papiers: le bilan migratoire de 2023 reflète les "priorités politiques" du gouvernement contenues dans son projet de loi immigration, selon le ministère de l'Intérieur.

"Les chiffres de l'immigration 2023 reflètent nos priorités politiques", a écrit jeudi sur X (ex-Twitter) Gérald Darmanin, dont le ministère a publié ses statistiques provisoires de l'immigration, quelques heures avant la décision très attendue du Conseil constitutionnel sur ce texte controversé.

"Réorienter notre immigration régulière" vers l'"accueil des réfugiés" et l'"immigration économique", moins vers l'immigration familiale, a-t-il résumé, alors que les Sages pourraient ouvrir la voie à une promulgation du projet de loi adopté mi-décembre, notamment avec les voix du Rassemblement national (RN).

En 2023, 323 260 premiers titres de séjour ont été délivrés, un record. Une dynamique (+1,4%) portée d'abord par la progression de l'immigration économique (+5%), qui a concerné 54 630 documents délivrés.

Les titres de séjour ont principalement été délivrés à des étudiants (103 500), qui ont supplanté l'immigration familiale (91 000, -5%) pour la deuxième année consécutive. Les ressortissants du Maghreb, dans l'ordre Maroc, Algérie et Tunisie, ont reçu le plus de titres.

La demande d'asile est également historique. Avec plus de 145 000 premières demandes enregistrées dans les guichets uniques dédiés (+6%), le nombre de demandeurs dépasse le précédent record de 2019, quand 138 420 dossiers avaient été déposés avant la crise de la Covid-19.

«Nécessité» d'une loi

Ce rythme s'inscrit dans un contexte européen d'accélération des flux de réfugiés et reste nettement inférieur à la moyenne européenne, nuance-t-on au ministère de l'Intérieur.

Les demandes d'asile ont par exemple doublé sur un an en Allemagne (351 000 demandes en 2023), selon Beauvau.

La France comptait également plus de 62 400 déplacés ukrainiens sur le territoire fin 2023, grâce à un mécanisme qui leur permet de s'installer régulièrement sans solliciter le statut de réfugié.

"Les chiffres attestent que ni la France ni l'Europe ne sont des forteresses, mais (...) les enjeux sociaux et d'intégration nécessitent bien une maîtrise de flux de plus en plus importants. D'où la nécessité de lois nouvelles", a commenté pour l'AFP Didier Leschi, patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), organe du ministère de l'Intérieur chargé d'orchestrer l'accueil.

Le texte initial du gouvernement - qui a depuis connu un sérieux tour de vis - reposait sur un volet pour faciliter les expulsions et un autre sur l'intégration, notamment des travailleurs sans-papiers.

Sur le premier sujet, "nous avons une augmentation très importante des expulsions", s'est félicité Gérald Darmanin.

Elles ont augmenté de 10% l'an dernier pour dépasser la barre des 17 000, selon le rapport. Une hausse notamment "liée à la reprise de la coopération consulaire avec l'Algérie", dont les ressortissants sont les premiers éloignés (2 562, +36%), selon Beauvau. Cela reste toutefois bien inférieur à 2019: 23 746.

Priorité «délinquants»

Les expulsions d'étrangers dits "délinquants", cible prioritaire du ministre de l'Intérieur, ont grimpé de 30% (4 686), a également vanté Gérald Darmanin sur X. Sur ce point, l'application de la loi "permettra d'aller plus loin encore", assure son entourage auprès de l'AFP.

Pour améliorer sa politique d'éloignement, étrillée dans un récent rapport de la Cour des comptes, le gouvernement veut diviser par trois le nombre de recours judiciaires possibles contre l'expulsion et lever l'essentiel des protections accordées à certaines catégories de personnes, par exemple les étrangers arrivés en France avant 13 ans.

Côté intégration, 11 411 travailleurs sans-papiers ont été régularisés en 2023 (+5%), alors que la nouvelle loi prévoit de créer un titre de séjour dédié à la main d'oeuvre dans les métiers dits en "tension".

Au total, 34 400 personnes ont été régularisées l'an dernier, tous motifs confondus (travail, famille, études), un niveau stable.

Si la loi était promulguée, la mesure pour les travailleurs sans-papiers permettrait notamment à ces derniers de demander un titre sans l'aval de leur employeur. Le gouvernement anticipe que la mesure permettra, dès 2024, de "doubler" les régularisations de travailleurs.

La loi prévoit également de conditionner l'octroi de titres de séjour à un niveau minimal de langue. Gérald Darmanin s'est félicité d'une dynamique déjà enclenchée: les acquisitions de la nationalité française ont chuté de 22% l'an dernier.


JO-2024: jour J pour Paris, qui accueille la flamme un 14 juillet

L'ancien champion olympique français de handball Cédric Paty tient la flamme olympique dans le cadre du relais de la flamme olympique à son arrivée au Château du Clos de Vougeot, à Vougeot, dans le centre-est de la France, le 12 juillet 2024, avant les Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo ARNAUD FINISTRE / AFP)
L'ancien champion olympique français de handball Cédric Paty tient la flamme olympique dans le cadre du relais de la flamme olympique à son arrivée au Château du Clos de Vougeot, à Vougeot, dans le centre-est de la France, le 12 juillet 2024, avant les Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo ARNAUD FINISTRE / AFP)
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  • Une fête olympique calée sur la Fête nationale: le relais de la flamme olympique dans Paris, dimanche à l'issue du défilé du 14 juillet, puis lundi, est le premier grand rendez-vous pour la ville-hôte des JO
  • La folle course de la flamme doit débuter vers 12H00 sur l'avenue Foch, en clôture d'une parade militaire au format réduit pour l'occasion

PARIS: Une fête olympique calée sur la Fête nationale: le relais de la flamme olympique dans Paris, dimanche à l'issue du défilé du 14 juillet, puis lundi, est le premier grand rendez-vous pour la ville-hôte des JO, 12 jours avant la cérémonie d'ouverture.

La folle course de la flamme doit débuter vers 12H00 sur l'avenue Foch, en clôture d'une parade militaire au format réduit pour l'occasion, pour s'achever place de la République lundi soir (20h45), avec un concert gratuit.

Entre les deux, elle doit parcourir environ 60 kilomètres, portée par quelque 540 relayeurs - 200 dimanche, 340 lundi - et encadrée par 1.600 policiers et gendarmes, parmi 18.000 forces de l'ordre mobilisées pour l'événement.

- Test grandeur nature -

Un test grandeur nature, à plus d'un titre, avant la cérémonie du 26 juillet qui présentera les mêmes défis: faire vibrer et rassurer sur l'aspect sécuritaire et logistique, dans un coeur de capitale qui s'agace déjà des perturbations de circulation.

Parmi les relayeurs, des inconnus et de nombreuses personnalités, dont la sprinteuse Marie-José Pérec, l'humoriste Jamel Debbouze, le journaliste Gilles Bouleau...

Tous les grands monuments parisiens auront droit à la flamme, à l'exception des sites de compétition (Concorde, Invalides, tour Eiffel), où les préparatifs empêchent son passage.

Si le feu d'artifice sera bien tiré de la tour Eiffel ce dimanche soir, la mairie insiste sur le fait qu'il ne sera visible que de loin ou à la télévision, mais pas du Champ-de-Mars ou du Trocadéro, inaccessibles.

Ce spectacle pyrotechnique, conçu comme une série "d'hommages à la capitale et aux valeurs de l'olympisme", selon la mairie de Paris, sera lancé une fois la flamme arrivée sur le parvis de l'Hôtel de Ville, aux alentours de 23H10, pour clôturer un concert et allumer le chaudron.

La flamme passera ensuite la nuit dans les salons dorés de l'Hôtel de Ville, où le public préalablement inscrit pourra venir la veiller toute la nuit, de 00H30 à 05H00.

Avant cela, elle doit déjà parcourir le coeur de la capitale pendant presque douze heures.

D'abord escortée, dans le tableau final du défilé militaire, par les écuyers du Cadre noir de Saumur et portée par leur chef Thibaut Vallette, médaillé d'or à Rio en 2016.

Puis lancée, à 13H00 à partir des Champs-Elysées, par le sélectionneur de l'équipe olympique de football Thierry Henry, icône des Bleus champions du monde 1998.

Traversant la Seine, où s'est baignée samedi la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, elle éclairera ensuite les grands symboles de la rive gauche (Assemblée nationale, Sénat, Panthéon, Sorbonne, Notre-Dame) avant de revenir rive droite (place des Vosges, Bastille, canal Saint-Martin, Louvre, Centre Pompidou).

Un défilé annoncé comme grandiose et gai, avec bal populaire, concerts et animations en tous genres.

- Quartiers chic et populaires -

Lundi matin, le relais s'élancera dès 8H15 de la porte de la Chapelle, où s'élève désormais l'Arena, seul équipement construit pour les JO intra-muros, pour un nouveau tour de Paris, cette fois dans les arrondissements extérieurs.

A Montmartre, après le Sacré-Coeur, les danseuses du Moulin Rouge, qui a retrouvé ses ailes tombées en avril, la salueront d'un inévitable French Cancan (09H20).

De l'ouest chic - Arc de Triomphe, Trocadéro, île aux Cygnes - aux quartiers plus populaires de la Butte-aux-Cailles et de Belleville, avec un hommage en chorale à sa plus célèbre figure, Edith Piaf, les organisateurs promettent "deux jours de festivités inoubliables".

De quoi oublier la situation politique du pays, qui a plongé les JO dans une zone d'incertitudes ?

Lancé avec éclat le 8 mai à Marseille, le parcours olympique a rencontré un franc succès en France, rassemblant quelque 5 millions de spectateurs, selon les organisateurs.

Mais il a été éclipsé par les soubresauts politiques, déclenchés par la victoire du RN aux européennes et l'annonce surprise de la dissolution.

Les tractations ont commencé en vue de la formation d'un nouveau gouvernement, mais elles sont rendues difficiles par l'absence de majorité.

D'autres observateurs estiment au contraire que les JO peuvent servir d'échappatoire face à l'actualité politique pesante.


JO-2024: la ministre des Sports Oudéa-Castera s'est baignée dans la Seine

La ministre française des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudea-Castera, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 3 juillet 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
La ministre française des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudea-Castera, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 3 juillet 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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  • La ministre française des Sports et des JO Amélie Oudéa-Castéra s'est baignée samedi matin dans la Seine, selon des images diffusées par BFMTV, quelques jours avant la baignade programmée de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo
  • Le débit du fleuve en revanche reste élevé, encore au-delà de 500 mètres cubes/seconde samedi matin, ce qui est problématique tant pour la cérémonie que pour les épreuves

PARIS: La ministre française des Sports et des JO Amélie Oudéa-Castéra s'est baignée samedi matin dans la Seine, selon des images diffusées par BFMTV, quelques jours avant la baignade programmée de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo.

Moins de deux semaines avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, la ministre s'est baignée en combinaison de plongée en plein centre de Paris, vers le Pont des Invalides, pas très loin du lieu où doivent se dérouler les épreuves olympiques de triathlon et de natation en eau libre.

Elle n'a pas échappé à la glissade en entrant dans le fleuve, accompagnée par le tout nouveau porte-drapeau de l'équipe de France paralympique, le paratriathlète Alexis Hanquinquant, selon les images de la chaîne d'information en continu.

Elle devance donc de quelques jours Anne Hidalgo avec qui elle entretient notoirement de mauvaises relations et qui a prévu de se baigner le 17 juillet si la qualité de l'eau reste bonne, selon une organisation partenaire.

Les épreuves olympiques de triathlon et de nage en eau libre doivent se dérouler au niveau du Pont Alexandre III.

"Techniquement et artistiquement, il est difficile de qualifier le geste de plongeon, nous sommes plutôt dans le registre de la glissade, ce qui finalement résume assez bien les choses", a-t-on ironisé samedi matin à la mairie de Paris.

"Dans quelques heures, Amélie Oudéa-Castéra ne sera plus ministre. L’important, c’est la fête populaire et l’engouement collectif des Parisiennes et des Parisiens en ce week-end d'arrivée de la flamme olympique", a-t-on ajouté de même source auprès de l'AFP.

La flamme olympique va en effet parcourir une première fois Paris durant deux jours, dimanche et lundi.

Après plusieurs salves de mauvais résultats en raison d'une météo très pluvieuse, les autorités locales ont annoncé vendredi de bons résultats de l'analyse de l'eau, à deux semaines du début des JO.

Le débit du fleuve en revanche reste élevé, encore au-delà de 500 mètres cubes/seconde samedi matin, ce qui est problématique tant pour la cérémonie que pour les épreuves.

Les organisateurs des JO, l'Etat, la mairie, et la préfecture de région suivent avec attention la météo très pluvieuse depuis le printemps qui a obligé le report des répétitions de la cérémonie d'ouverture et d'un entraînement de l'équipe de France de nage en eau libre.

Une répétition de la cérémonie d'ouverture a été, elle, reprogrammée au 16 juillet, a indiqué vendredi le ministère des Sports et des JO à quelques journalistes, avant trois autres les 20, 22 et 24 juillet soit deux jours avant l'ouverture des JO.


Assemblée: Attal officiellement élu président du groupe des députés Renaissance

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours après les premiers résultats du deuxième tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours après les premiers résultats du deuxième tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
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  • M. Attal a obtenu 84 voix sur les 98 députés inscrits à ce scrutin interne. 7 ont voté blanc et 7 autres se sont abstenus.
  • M. Attal prendra réellement ses fonctions de président de groupe jeudi.

PARIS : Le Premier ministre Gabriel Attal, seul candidat en lice, a été officiellement élu samedi président des députés Renaissance, a annoncé le groupe parlementaire dans un communiqué.

M. Attal a obtenu 84 voix sur les 98 députés inscrits à ce scrutin interne. 7 ont voté blanc et 7 autres se sont abstenus.

Faute de concurrence, l'élection de M. Attal ne faisait aucun doute: le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ou encore l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne, à qui était prêtée l'ambition de se présenter, ne s'étant finalement pas portés candidats.

Une députée - Stella Dupont - s'étant rattachée trop tard, n'a pas pu prendre part à l'élection au sein de ce groupe qui compte à date 99 membres.

M. Attal prendra réellement ses fonctions de président de groupe jeudi, à l'ouverture de la 17e législature, marquée par l'élection à la présidence de l'Assemblée. D'ici là, au nom de la séparation entre pouvoirs exécutif et législatif, le gouvernement devra avoir été déclaré comme démissionnaire, ce qui pourrait intervenir mardi à l'issue d'un Conseil de ministres, selon une source gouvernementale.