Les menaces des Houthis sur la navigation en mer Rouge devraient continuer, estiment des experts

Cette photo satellite montre des manifestants défilant dans une rue de Saada, au Yémen, le 12 janvier 2024, après des frappes aériennes menées par les États-Unis et la Grande-Bretagne. (Photo par image satellite ©2024 Maxar Technologies  AFP)
Cette photo satellite montre des manifestants défilant dans une rue de Saada, au Yémen, le 12 janvier 2024, après des frappes aériennes menées par les États-Unis et la Grande-Bretagne. (Photo par image satellite ©2024 Maxar Technologies AFP)
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Publié le Samedi 13 janvier 2024

Les menaces des Houthis sur la navigation en mer Rouge devraient continuer, estiment des experts

  • Les Houthis affirment viser des navires liés à Israël en solidarité avec la population de la bande de Gaza
  • Le général américain Douglas Sims a indiqué vendredi que les Houthis soutenus par Téhéran avaient déjà tiré un missile antinavire «en riposte» aux frappes américano-britanniques, et que les Etats-Unis s'attendaient à des «tentatives de représailles»

WASHINGTON : Les frappes américano-britanniques sur les Houthis ont peu de chances de mettre fin aux menaces posées par les militants yéménites en mer Rouge, estiment des experts.

Plus de 30 sites militaires tenus par les Houthis ont été ciblés par plus de 150 frappes menées par les Etats-Unis et le Royaume-Uni au cours de la nuit de jeudi à vendredi. Et vendredi soir, Washington a annoncé avoir mené une nouvelle frappe au Yémen.

Leur but: détruire les infrastructures de drones, de missiles, et de radar que les militants ont utilisées de manière répétée ces dernières semaines pour cibler des navires marchands, dans l'un des couloirs de navigation les plus essentiels au commerce international.

Les Houthis affirment viser des navires liés à Israël en solidarité avec la population de la bande de Gaza, territoire palestinien assiégé par Israël depuis l'attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

Une campagne aérienne appuyée des Etats-Unis et du Royaume-Uni sur le Yémen risque cependant d'entraîner une escalade des tensions avec l'Iran, ce que Washington cherche à éviter.

Le général américain Douglas Sims a indiqué vendredi que les militants soutenus par Téhéran avaient déjà tiré un missile antinavire «en riposte» aux frappes américano-britanniques, et que les Etats-Unis s'attendaient à des «tentatives de représailles» de la part des militants, qui ont adopté une «rhétorique assez virulente».

Jon Alterman, directeur du programme Moyen-Orient au cercle de réflexion Center for Strategic and International Studies à Washington, affirme que les frappes des Etats-Unis et du Royaume-Uni vont faire «diminuer» la menace des Houthis sur la navigation commerciale, mais «sans y mettre un terme».

«Le défi consiste à faire que les Houthis en viennent à se dire que davantage de frappes (de leur part) iraient à l'encontre de leurs intérêts», affirme-t-il.

«Il est loin d'être évident qu'ils en soient arrivés à ce constat», note-t-il cependant.

- «Pas un geste symbolique» -

Si les attaques venaient à se poursuivre, les Etats-Unis pourraient continuer de frapper les Houthis, mais également cibler des sites où se trouvent des formateurs et experts iraniens, avance Jon Alterman.

Mark Schwartz, général américain à la retraite et chercheur au cercle de réflexion RAND, s'attend également à ce que les attaques des Houthis sur les navires en mer Rouge continuent, mais peut-être davantage sur les navires commerciaux que militaires.

Si l'opération américano-britannique a touché pour le moment des infrastructures militaires, de nouvelles frappes pourraient viser les hauts responsables militaires Houthis, selon l'expert. Mais les militants yémenites opèrent en cellules, et «se cachent au sein de la population» civile, explique Mark Schwartz, ce qui complique la possibilité d'atteindre ces hautes instances.

Selon Elliott Abrams, chercheur sur le Moyen-Orient au cercle de réflexion Council on Foreign Relations, les frappes américano-britanniques n'étaient «pas un geste symbolique».

«Il est probable que les Houthis frapperont à nouveau, mais à une fréquence et une intensité moins élevées», explique-t-il, ajoutant que «l'Iran leur dira de se calmer».

Le président Joe Biden a déjà prévenu qu'il «répondrait» si les Houthis poursuivaient leur «comportement inacceptable», et le chef du Pentagone Lloyd Austin a déclaré que les militants subiraient de «nouvelles conséquences» s'ils ne mettaient pas fin à leurs «attaques illicites».


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com