Taïwan élit son prochain président, sous la menace de Pékin

Un homme vote à l'élection présidentielle dans un bureau de vote d'une école primaire de la ville de New Taipei, le 13 janvier 2024 (Photo, AFP).
Un homme vote à l'élection présidentielle dans un bureau de vote d'une école primaire de la ville de New Taipei, le 13 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 13 janvier 2024

Taïwan élit son prochain président, sous la menace de Pékin

  • Des millions de Taïwanais se rendent samedi aux urnes pour élire leur prochain président, malgré les menaces de la Chine qui revendique l'île
  • L'élection est à un tour et les résultats sont attendus dans la soirée

TAIPEI: "Exercer son droit de citoyen": des millions de Taïwanais se rendent samedi aux urnes pour élire leur prochain président, malgré les menaces de la Chine qui revendique l'île et promet d'"écraser" toute velléité d'indépendance.

Les images des médias taïwanais montrent de longues queues face aux bureaux de vote, qui ont ouvert à 08H00 (00H00 GMT) et fermeront à 16H00 (08H00 GMT). Sur d'autres on voit des Taïwanais revenus au pays pour l'occasion, le vote à l'étranger n'étant pas autorisé.

En 2020, la participation avait frôlé les 75% dans ce territoire de 23 millions d'habitants situé à 180 kilomètres des côtes chinoises et salué comme un modèle de démocratie en Asie.

L'élection est à un tour et les résultats sont attendus dans la soirée.

"Je pense que c'est une bonne chose que tout le monde puisse venir voter et exercer son droit de citoyen", confie à l'AFP Eve, 27 ans, venue participer dès l'ouverture.

"J'ai regardé dans l'urne et j'ai senti que je n'avais jamais été aussi enthousiaste qu'en ce moment, parce que je crois qu'il y a un candidat qui peut apporter de l'espoir à l'avenir de Taïwan", témoigne aussi Karen, enseignante de 54 ans, sans révéler son choix.

Favori du scrutin, le vice-président Lai Ching-te, du Parti démocratique progressiste (DPP), est vu par Pékin comme "un grave danger" car il est sur la même ligne que la présidente sortante, Tsai Ing-wen, qui clame que l'île est de facto indépendante.

C'est depuis l'élection de cette dernière en 2016 que la Chine a coupé toute communication de haut niveau avec Taïwan, qu'elle considère comme une de ses provinces.

«La paix, pas la guerre»

Face à lui, Hou Yu-ih, candidat du Kuomintang (KMT), principal parti d'opposition, prône un rapprochement avec Pékin. Le troisième candidat, Ko Wen-je, du petit Parti populaire taïwanais (TPP), se présente comme anti-establishment.

Vendredi soir, les trois candidats ont tenu leurs derniers meetings devant des dizaines de milliers de personnes.

"Nous voulons la paix, pas la guerre", clamaient les pancartes colorées brandies par des supporters au meeting du KMT.

Mais "si la Chine déclare la guerre, je resterai à Taïwan", promettait Yoyo Chen, tailleur de 30 ans, au meeting du DPP. Et "je les combattrai, même si tout ce qui me reste, c'est un manche à balai".

Toute la semaine, Pékin a accentué sa pression diplomatique et militaire. Jeudi, cinq ballons chinois ont encore franchi la ligne médiane séparant l'île autonome de la Chine, selon le ministère taïwanais de la Défense, qui a aussi repéré dix avions et six navires de guerre.

La Chine a appelé les électeurs à faire "le bon choix". L'armée chinoise a promis d'"écraser" toute velléité d'"indépendance" de Taïwan.

"Franchement, Pékin devrait cesser de se mêler des élections des autres pays et organiser les siennes", s'est agacé le ministre taïwanais des Affaires étrangères Joseph Wu.

Lai Ching-te a dénoncé "le principe chinois d'+une seule Chine+". "La paix sans la souveraineté, c'est juste comme Hong Kong", a prévenu le candidat.

«Tigre de papier»

Le statut de Taïwan est l'un des sujets les plus explosifs de la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis, premier soutien militaire du territoire, et Washington a prévu d'envoyer une "délégation informelle" sur l'île après le vote.

Vendredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a rencontré à Washington Liu Jianchao, à la tête de la division internationale du Comité central du Parti communiste chinois.

Il lui a rappelé l'importance de "maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan".

Les Taïwanais votent aussi pour renouveler leur Parlement, où le DPP pourrait perdre sa majorité.

"Après huit ans de DPP au pouvoir, c'est vraiment le moment de changer", assurait à l'AFP un retraité taïwanais, installé depuis 20 ans dans la ville chinoise de Xiamen, située face à Taïwan.

Car "une nouvelle victoire du DPP empirerait certainement les relations avec la Chine", ajoutait l'homme, qui disait devoir prendre le ferry samedi pour aller voter.

Mais à Taipei, Liu Pei-chi, professeur de lycée de 40 ans, raille Pékin qu'il qualifie de "tigre de papier".

"Une fois que vous avez compris leurs ruses, vous n'avez plus peur", ajoute cet électeur du DPP. "J'espère pouvoir défendre mon pays, notre démocratie et le faire savoir au monde."

Un conflit dans le détroit de Taïwan serait désastreux pour l'économie: l'île fournit 70% des semi-conducteurs de la planète et plus de 50% des conteneurs transportés dans le monde transitent par le détroit.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.