Patrimoine à Paris: Les projets d'Hidalgo dans le viseur de Dati

La nouvelle ministre française de la Culture Rachida Dati arrive avec l'ancienne ministre de la Culture Rima Abdul-Malak lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au ministère de la Culture à Paris le 12 janvier 2024. (Photo de Bertrand GUAY / AFP)
La nouvelle ministre française de la Culture Rachida Dati arrive avec l'ancienne ministre de la Culture Rima Abdul-Malak lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au ministère de la Culture à Paris le 12 janvier 2024. (Photo de Bertrand GUAY / AFP)
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Publié le Vendredi 12 janvier 2024

Patrimoine à Paris: Les projets d'Hidalgo dans le viseur de Dati

  • Pour Aurélien Véron, élu du groupe LR et apparentés mené par Rachida Dati au conseil municipal, cette dernière va bien «mettre des bâtons dans les roues de la mairie de Paris, qui a pris la culture à la légère»
  • Le réaménagement des abords du monument fait polémique depuis que la mairie a montré vouloir enlever les grilles du square historique attenant, et y installer une vaste pelouse accessible au public

PARIS: Outre qu'elle change totalement la donne du jeu politique parisien en vue des municipales de 2026, la nomination surprise de Rachida Dati au ministère de la Culture pourrait contraindre encore plus certains projets de la maire PS Anne Hidalgo.

Toute "instrumentalisation" de cette fonction ministérielle "serait une grave faute", a prévenu vendredi Emmanuel Grégoire, premier adjoint (PS) d'Anne Hidalgo.

"On espère qu'elle ne se servira pas de ce poste pour faire de la politique politicienne", glisse à l'AFP l'entourage du premier adjoint Emmanuel Grégoire.

Mais pour Aurélien Véron, élu du groupe LR et apparentés mené par Rachida Dati au conseil municipal, cette dernière va bien "mettre des bâtons dans les roues de la mairie de Paris, qui a pris la culture à la légère" depuis 2020 et la réélection de Mme Hidalgo face à Mme Dati.

"Tous les dossiers incontournables à Paris, elle va se pencher dessus", insiste M. Véron, pour qui l'opposante à Mme Hidalgo entend ainsi "conforter" sa position d'opposante numéro 1 en vue des municipales de 2026.

Trois dossiers emblématiques pourraient illustrer cette "convergence stratégique", selon M. Véron, du président de la République, Emmanuel Macron, et Rachida Dati face à Anne Hidalgo.

 

L'ombre de Sarkozy se renforce avec Dati au gouvernement

L'ombre de Nicolas Sarkozy, qui plane sur le macronisme depuis 2017, s'est renforcée avec le nouveau gouvernement de Gabriel Attal, marqué par l'entrée de Rachida Dati, l'une des figures emblématiques que l'ancien président a lancées dans l'arène politique.

Symbole de la diversité sous le quinquennat de M. Sarkozy, l'ex garde des Sceaux (2007-2009) a effectué un retour fracassant avec son entrée au gouvernement comme ministre de la Culture aux côtés de Catherine Vautrin, autre proche de l'ex président.

Elles se joignent à Gérald Darmanin, qui revendique sa filiation avec l'ancien chef de l'Etat. Ce dernier avait d'ailleurs adoubé l'actuel ministre de l'Intérieur dans son dernier livre en lui "souhaitant" de franchir "l'ultime étape" qui mène à l'Elysée.

"Nicolas Sarkozy n’a jamais fait mystère de son souhait de voir des personnalités de droite entrer au gouvernement", affirme Annie Genevard, secrétaire générale de LR, un parti pris en étau depuis 2017 entre le macronisme et le RN, qui plus est chamboulé par des débauchages à répétition de la majorité.

Une source LR au Sénat convient qu'il "est difficile de ne pas voir la patte de Nicolas Sarkozy derrière les nominations de Mme Dati et Mme Vautrin", et est persuadée qu'il "parvient à vendre" au chef de l'Etat que la droite doit choisir "entre la majorité présidentielle ou le Rassemblement national pour exister".

Un objectif atteint et même renforcé avec le gouvernement de Gabriel Attal où figurent toujours plusieurs poids lourds recrutés dans les rangs de la droite en 2017, comme Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin.

Issu du PS et élu député dans le fief de la droite qu'est le département des Hauts-de-Seine, M. Attal cultive d'ailleurs un discours empruntant aux codes de la droite sarkozyste, parlant notamment de "la France laborieuse, qui se lève tous les matins en ayant le sentiment de travailler pour d'autres."

Square de Notre-Dame

Projet inscrit dans le cadre de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame après son incendie de 2019, le réaménagement des abords du monument fait polémique depuis que la mairie a montré vouloir enlever les grilles du square historique attenant, et y installer une vaste pelouse accessible au public.

En mai 2023, les opposants à cette transformation du site ont demandé à M. Macron et à la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, "d'arrêter d'urgence ce projet et de le revoir en privilégiant la simple restauration du square Jean-XXIII".

En Conseil de Paris, Brigitte Kuster, l'élue LR du groupe de Rachida Dati, avait demandé que le square "demeure fermé pour des raisons de sécurité" et que le mobilier urbain historique "soit conservé".

Ce mobilier urbain, notamment les bancs Davioud, "restera", a réaffirmé vendredi l'entourage d'Emmanuel Grégoire, pour qui le projet "est dans une phase trop avancée" pour être interrompu.

"on a passé les deux CNPA (Commissions nationales du patrimoine et de l'architecte), suivies par les ABF (Architectes des bâtiments de France)", deux organismes placés sous la tutelle du ministère, poursuit la même source.

En mai 2023, la CNPA, dont l'avis est simplement consultatif, avait approuvé le projet mais à quatre conditions, dont le maintien de la grille du square.

Tour Eiffel et Champ-de-Mars

En 2022, Mme Hidalgo avait renoncé à son projet de réfection des abords de la Tour Eiffel, qui impliquait l'abattage d'une vingtaine d'arbres, devant la percée médiatique d'associations de défense de l'environnement.

A ce moment-là, Mme Dati avait demandé "un statut de protection patrimoniale du site du Champ-de-Mars et de l'axe Tour Eiffel-Trocadéro, livrés au déboisement, à la délinquance et à la bétonnisation".

Le projet plus large de réaménagement de la perspective allant du Trocadéro au Champ-de-Mars, auquel elle s'opposait, a été bloqué par la préfecture de police.

Les recours devant la justice de la mairie ont été retoqués, mais Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire ont laissé entendre espérer relancer les travaux après les Jeux olympiques.

Pavillon des Sources

Ce n'est pas un projet de la mairie, mais cette dernière l'a soutenu en délivrant le permis: la démolition du Pavillon des Sources, un petit bâtiment du site historique des travaux de Marie Curie, tout près du Panthéon, a été arrêtée in extremis début janvier par Rima Abdul Malak, remplacée vendredi par Rachida Dati.

A la place, l'Institut Curie voulait y construire un bâtiment de cinq étages pour y installer "le premier centre de chimie biologique sur le cancer en Europe".

Mme Abdul Malak lui a finalement demandé d'envisager "toute alternative possible".

Or Mme Dati avait en octobre écrit à Mme Abdul Malak pour lui demander l'inscription du site "à l'inventaire des monuments historiques", déplorant que la "préservation du patrimoine parisien" soit "trop peu prise en compte par la mairie de Paris dans les opérations d'urbanisme qu'elle autorise".

"Dans le domaine du patrimoine, je sais, chère Rachida, que tu vas veiller au destin du Pavillon des Sources de Marie Curie", a déclaré Mme Abdul Malak lors de la passation.


Incendies en France: nouvelles évacuations dans plusieurs communes près de Bordeaux

Vue de la fumée provenant de l’incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon (visible en haut), avec une vue sur une plage et l’océan Atlantique (en bas), près de Lège-Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026. (AFP)
Vue de la fumée provenant de l’incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon (visible en haut), avec une vue sur une plage et l’océan Atlantique (en bas), près de Lège-Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026. (AFP)
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  • Un important incendie en Gironde a entraîné l’évacuation préventive de plusieurs communes proches de Bordeaux, alors que les flammes progressent dans le département
  • Les autorités ont mobilisé d’importants moyens pour contenir le feu, qui a déjà détruit des milliers d’hectares et provoqué des évacuations massives

BORDEAUX: L'incendie qui sévit depuis mercredi en Gironde, dans le sud-ouest de la France, nécessite l'évacuation de "manière préventive" de sept communes aux portes de Bordeaux, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi la préfète du département.

Cette nouvelle mesure concerne les habitants des communes de Saint-Médard-en-Jalles (33.000 habitants), Le Haillan (11.400), Saint-Jean d'Illac (9.600), Martignas-sur-Jalles (8.000) et Saint-Aubin de Médoc (7.800), toutes proches ou faisant partie de la métropole de Bordeaux.

Les communes de Mérignac (78.000) et d'Eysines (24.800), limitrophe de la ville de Bordeaux, sont aussi partiellement concernées.

"Au regard de la progression du feu et malgré les moyens importants mobilisés par les services d'incendie et de secours, la situation nécessite la mise en sécurité des habitants des zones concernées", a indiqué la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, dans un communiqué.

"Cet incendie avec lequel nous vivons, contre lequel nous luttons ici en Gironde depuis trois jours, a pris une ampleur inédite" et "se dirige vers l'est du département et la métropole bordelaise", avait-elle auparavant déclaré lors d'une conférence de presse.

Bison Futé, le service public officiel de l'information routière en France, a en outre appelé dans la nuit de vendredi à samedi les automobilistes à "éviter de se rendre ou de traverser le département de la Gironde" en raison des incendies en cours, alors que la journée est classée rouge au niveau national dans le sens des départs.

Le président Emmanuel Macron a demandé vendredi aux Armées "de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile" face aux violents incendies dans le Sud-Ouest, selon son entourage

Les autorités vont "tout faire pour protéger" la ville de Bordeaux, a assuré quant à lui le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur TF1.

Le feu, qui a débuté au nord du bassin d'Arcachon, a détruit 19.000 hectares et 100 bâtiments en trois jours, selon un dernier bilan donné en préfecture où Sophie Brocas s'exprimait devant la presse.

Au moins 141.000 évacuations ont eu lieu depuis mercredi soir en raison des feux qui ravagent le Sud-Ouest de la France, avec 110.000 personnes évacuées en Gironde et 31.000 dans les Landes, selon le ministère de l'Intérieur.

La préfecture de Gironde avait activé vendredi un plan d'évacuation par la route et par la mer, d'une ampleur inédite, pour mettre les habitants et vacanciers de la presqu'île du Cap-Ferret, dans le bassin d'Arcachon, à l'abri des flammes. Un protocole cadré et anticipé depuis 2023.


Villepin, le quasi-candidat qui attend son heure

L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin visite le Salon international de l’agriculture à Paris Expo Porte de Versailles, à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin visite le Salon international de l’agriculture à Paris Expo Porte de Versailles, à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
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  • Dominique de Villepin retarde l’annonce officielle de sa candidature à la présidentielle, misant sur une entrée en campagne à l’automne et sur une stratégie de rassemblement plutôt qu’une déclaration précoce
  • Malgré des intentions de vote limitées (autour de 3 %) et environ 200 promesses de parrainage, il espère fédérer des soutiens issus du centre, de la gauche modérée et des écologistes

PARIS: Rien ne sert de courir vers l'Elysée. Ou, en tout cas, rien ne sert de se déclarer trop tôt. Dominique de Villepin, clairement en campagne, fait le choix de repousser l'officialisation de sa candidature et parie sur un rassemblement aux contours abstraits.

Au centre, Gabriel Attal et Edouard Philippe s'affrontent déjà. A gauche, une foule de prétendants cherchent à s'imposer.

Et quelque part entre eux, dans un espace politique volontairement indéfini, Dominique de Villepin, 72 ans, poursuit son chemin en sous-marin, sans émerger dans les sondages.

Ces derniers mois, il s'est rendu à Strasbourg, La Rochelle, Aix-en-Provence, Avignon ou encore Lille, pour ne citer que quelques déplacements.

Un "gros Tour de France", comme le dit son entourage, qui a permis à l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac de déployer son amour du discours et sa connaissance de la géopolitique, et d'afficher sa popularité chez une partie de la jeunesse.

Ses fréquentes interventions médiatiques lui ont offert l'occasion d'avancer quelques points de programme, comme le retour d'un impôt sur la fortune (ISF) repensé ou une taxe carbone.

Mais toujours pas de déclaration de candidature.

Son entourage est persuadé qu'il est trop tôt. Et que les candidats qui ont déjà organisé de grands meetings, comme Gabriel Attal, Edouard Philippe ou Bruno Retailleau, commettent une erreur.

Ces évènements, coûteux, "n'ont pas fait bouger grand-chose" et ont "cramé une partie de la caisse", estime un proche.

Pour eux, la présidentielle se jouera en décembre. C'est là, à les croire, que les électeurs plongent vraiment dans la présidentielle et que tout se cristallise.

François Hollande, vu comme un potentiel rival dans le camp Villepin, envisage les choses de la même façon. Il a prévenu que, s'il devait se déclarer, ce serait en décembre.

Dominique de Villepin devrait lui officialiser à l'automne, même si aucune date n'est calée.

- "Assez pour espérer" -

Laisser les plus pressés se lancer dans la bataille, les voir échouer à convaincre, et arriver en rassembleur. Voilà, en résumé, le scénario idéal pour Dominique de Villepin.

Paraît-il le plus probable ? Pas vraiment.

Dans les sondages, à prendre certes avec des pincettes, il peine à dépasser les 3% d'intentions de vote.

"C'est largement assez pour espérer", a-t-il répondu la semaine dernière sur BFMTV. Mais pas assez pour fédérer.

Dominique de Villepin croit qu'à ce stade, personne au sein du bloc central n'a la moindre chance de se qualifier au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Il martèle ces dernières semaines un appel au rassemblement pour dépasser les clivages partisans. Il dit compter sur "un moment de lucidité", un "esprit de responsabilité", qui pousserait les candidats à se ranger derrière un seul (lui, par exemple).

Son entourage assure ne pas s'inquiéter des tièdes sondages, ou de l'absence de ralliement. Un de ses conseillers explique viser les "orphelins" politiques, des responsables qui ne croient dans aucune des candidatures ayant déjà émergé.

Dominique de Villepin pourrait devenir, dans son esprit, le patriarche d'une grande famille recomposée, dont les membres seraient issus de la gauche hors LFI, de la Macronie ou des écologistes.

Une ministre macroniste n'y croit pas.

Pour elle, Dominique de Villepin est "un Fabien Roussel inversé". Comme le patron du Parti communiste français, apprécié à droite, cet ancien de l'UMP est un "candidat de droite que la gauche aime bien", ce qui "ne paye pas au niveau électoral".

Et puis il y a ses lucratives activités et conférences à l'étranger ces deux dernières décennies, notamment en Chine. La ministre pense qu'elles pourraient "lui poser problème" dans la campagne.

Le vraisemblable candidat a réfuté tout conflit d'intérêts. Tout comme dans l'affaire des statuettes reçues lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, qu'il a depuis données au Quai d'Orsay.

Ira-t-il au bout ? Ne pas se déclarer, c'est aussi garder une porte de sortie, si les vents ne paraissent pas favorables.

En 2012, il avait jeté l'éponge après avoir échoué à obtenir les 500 parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater.

Pour l'instant, il a récolté environ 200 promesses, encore loin du compte. Mais son entourage, confiant, rappelle que c'est avant d'avoir annoncé sa candidature, et donc "envoyé la grosse Bertha".


Incendies: Paris sollicite l'aide européenne, état d'urgence en Espagne

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
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  • Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE)
  • "Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque"

LEGE-CAP-FERRET: De violents incendies font toujours rage vendredi en Europe du Sud, en particulier en France qui doit recevoir rapidement de nouveaux renforts européens, et en Espagne où l'état d'urgence a été décrété près de Madrid.

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie.

Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE).

"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a détaillé sur X le président français, en soulignant que "la situation reste sous très forte tension face aux incendies qui frappent le pays, en particulier en Gironde".

Près de Bordeaux (sud-ouest), plus de 400 personnes sont déjà arrivées par bateau à la jetée d'Arcachon pour fuir l'avancée des flammes après un ordre d'évacuation depuis la très touristique presqu'île du Cap-Ferret, a annoncé à l'AFP vendredi matin la mairie d'Arcachon.

L'ensemble des résidents a été priés d'évacuer par route ou voie maritime alors que les pompiers luttent contre un feu de forêt, d'origine probablement accidentelle, qui a parcouru 8.700 hectares au nord du bassin d'Arcachon. Cette région touristique sur la façade atlantique avait déjà été frappée par de violents incendies à l'été 2022.

"C'est une catastrophe, c'est horrible", a témoigné pour l'AFP Jean Gonçalves, 54 ans, qui habite Lège-Cap-Ferret depuis 30 ans et a quitté sa maison en catastrophe.

En short et claquettes, un tee-shirt noué autour du bas de son visage, il explique que la maison de son voisin, un chalet en bois dont les habitants avaient été évacués, a complètement brûlé. "J'ai vu le feu, c'est la maison juste à côté, je me suis dit, je dégage", a-t-il confié tôt vendredi, inquiet pour sa maison "et pour ses poules, dans un poulailler pas loin de la forêt".

La préfecture a ordonné tôt vendredi l'évacuation des "premiers villages de la presqu'île du Cap-Ferret", particulièrement fréquentée, sans préciser le nombre de personnes concernées.

Dans le département voisin des Landes, un autre incendie a été déclenché par un véhicule jeudi près de Biscarrosse et s'est rapidement propagé, parcourant plus de 2.500 hectares jusqu'aux portes de la ville et conduisant à l'évacuation de 23.000 personnes, selon les pompiers.

Le colonel Romain Moutard, directeur adjoint des pompiers du département, avait décrit jeudi un "feu apocalyptique". Vendredi matin, il a déclaré à l'AFP redouter une "journée encore plus criante" car "le vent forcit et change de sens".

Les forêts brûlent d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.

 Vent et sécheresse 

Dans le sud-est de la France, l'incendie qui touche le département du Var depuis trois jours a connu de nombreuses reprises de feu jeudi mais l'amélioration des conditions météo a permis le retour de certains évacués et devrait faciliter le travail des 800 pompiers engagés, selon la préfecture.

Parti mardi d'un champ, l'incendie a parcouru environ 2.700 hectares, et une cinquantaine de maisons ont été impactées, dont 25 détruites, selon la préfecture.

Etat d'urgence en Espagne 

En Espagne, la région de Madrid est traversée par les flammes. Au total, plus de 10.000 personnes ont été évacuées ces derniers jours et heures de la région de la capitale, où plusieurs feux de forêt sont actifs.

Le gouvernement espagnol a décrété l'état d'urgence national dans la région de Madrid et la province d'Avila voisine pour mobiliser davantage de ressources.

Au total, près de 125.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon Effis.

Et dans le sud de l'Italie, des dizaines de feux de forêt et de végétation, attisés par le vent chaud, font rage notamment en Sicile.