Londres dévoile un budget pour encourager l'investissement et «le travail dur»

Des piétons passent devant un magasin proposant une promotion de réduction du Black Friday dans sa vitrine, à Liverpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 22 novembre 2023 (Photo de Paul ELLIS / AFP).
Des piétons passent devant un magasin proposant une promotion de réduction du Black Friday dans sa vitrine, à Liverpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 22 novembre 2023 (Photo de Paul ELLIS / AFP).
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Publié le Mercredi 22 novembre 2023

Londres dévoile un budget pour encourager l'investissement et «le travail dur»

  • Le ministre a mis en avant des projections officielles anticipant désormais une croissance de 0,6% cette année au Royaume-Uni contre une contraction de 0,2% encore attendue en mars
  • L'inflation a nettement chuté, à 4,6% en octobre, contre plus de 11% il y a un an, et l'emprunt de l'Etat est ressorti inférieur aux prévisions officielles pour l'année fiscale en cours

LONDRES: Le gouvernement conservateur de Rishi Sunak a dévoilé mercredi un budget d'automne qui veut stimuler l'investissement au Royaume-Uni et récompenser le "travail dur" avec des baisses de cotisations sociales destinées à redonner un peu de pouvoir d'achat aux Britanniques avant une année électorale clé.

Lors d'une présentation au Parlement, le ministre des Finances Jeremy Hunt a souligné que l'économie britannique s'était améliorée, notamment grâce à un net ralentissement de l'inflation, après avoir été durement éprouvée par la "pandémie et une crise énergétique".

"Notre plan pour l'économie britannique fonctionne, mais le travail n'est pas terminé", a-t-il ajouté.

Le ministre a mis en avant des projections officielles anticipant désormais une croissance de 0,6% cette année au Royaume-Uni contre une contraction de 0,2% encore attendue en mars.

M. Hunt a notamment annoncé "110 mesures" qui vont permettre de "doper l'investissement dans les entreprises de 20 milliards de livres par an", et "n'impliquent pas plus d'emprunt ou de dette", a-t-il promis.

L'inflation a nettement chuté, à 4,6% en octobre, contre plus de 11% il y a un an, et l'emprunt de l'Etat est ressorti inférieur aux prévisions officielles pour l'année fiscale en cours, mais la croissance stagne et les offres d'emploi se raréfient, tandis que les taux d'intérêt élevés freinent l'activité et minent le budget des ménages.

Conséquence: les prévisions officielles de croissance sont drastiquement abaissées pour l'an prochain, à 0,7% contre 1,8%, et l'OBR se montre aussi plus pessimiste sur l'inflation, qui ne retrouvera pas la cible de 2% fixée par la Banque d'Angleterre avant courant 2025.

Bol d'air 

L'embellie économique comparé aux prévisions de mars a toutefois donné au ministre des Finances Jeremy Hunt un bol d'air fiscal de 27 milliards de livres, relève l'OBR mercredi, dont "la quasi totalité est dépensée" dans le budget d'automne.

Mesure phare: afin d'encourager les Britanniques à "travailler dur" - mantra de cette déclaration budgétaire - Jeremy Hunt a annoncé une baisse des cotisations sociales salariales de 12% à 10% pour quelque 27 millions de personnes "qui gagnent entre 12 570 et 50 270 livres (entre 14 450 et 57 750 euros)" annuels.

Le gouvernement a aussi confirmé que le salaire minimum augmentera l'an prochain, précisant que la hausse sera de près de 10%.

Actuellement fixé à 10,42 livres (douze euros) de l'heure, il sera relevé à compter d'avril 2024 pour atteindre 11,44 livres (13,15 euros), ce qui constitue "la plus forte augmentation" jamais enregistrée, assure l'exécutif.

A l'inverse, l'une des premières mesures annoncées en amont du budget concernait une restriction des aides sociales: le gouvernement prévoit "des sanctions plus sévères" contre les personnes bénéficiant d'allocations qui ne cherchent pas un emploi alors qu'elles le pourraient.

Allègements fiscaux 

M. Hunt a aussi mis l'accent sur les aides aux entreprises: il a pérennisé des allègements fiscaux à hauteur de 50 milliards de livres sur 5 ans, comme l'avaient réclamé ces derniers jours de nombreux grands patrons.

Dès la semaine dernière, le Trésor avait aussi indiqué qu'il allait injecter 4,5 milliards de livres dans huit secteurs industriels dont l'automobile, l'aérospatiale, les énergies vertes ou les sciences de la vie notamment.

La principale organisation patronale, la CBI, s'est félicitée de décisions "qui changent la donne" pour l'économie et le lobby des industries manufacturières Make UK applaudit aussi des deux mains.

La responsable travailliste des Finances Rachel Reeves a quant à elle estimé que "rien de ce qui a été annoncé aujourd'hui ne compensera de quelque manière que ce soit" la crise du coût de la vie qui frappe les ménages britanniques.

Très critique également, l'ONG écologiste Greenpeace a fustigé un chancelier "déconnecté de la réalité à laquelle font face les gens à travers le pays. Aujourd'hui, ce dont nous avons besoin est d'une vision audacieuse pour la stratégie industrielle verte de ce pays".

Après être d'abord restée de marbre après les déclarations du Chancelier, la livre sterling a piqué du nez: vers 15H30 GMT (16H30 à Paris), elle se repliait de 0,65% à 1,2461 dollar.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com