La faim dans le monde augmente mais le financement des programmes d'aide diminue, alerte le PAM

Abdel-Mageed Yahia, directeur du bureau des Émirats arabes unis et représentant auprès du CCG, Programme alimentaire mondial des Nations Unies, lors d'une interview avec Ali Itani, directeur régional d'Arab News en français (Photo AN).
Abdel-Mageed Yahia, directeur du bureau des Émirats arabes unis et représentant auprès du CCG, Programme alimentaire mondial des Nations Unies, lors d'une interview avec Ali Itani, directeur régional d'Arab News en français (Photo AN).
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Publié le Lundi 04 septembre 2023

La faim dans le monde augmente mais le financement des programmes d'aide diminue, alerte le PAM

  • Si les changements climatiques, les guerres et les pandémies n'ont rien de nouveau, la conjonction de tous ces événements a contraint le PAM à «établir des priorités»
  • Alors que la crise soudanaise et le changement climatique font des ravages parmi les populations affamées du Sahel et de la Corne de l'Afrique, un conflit menace la sécurité alimentaire du monde entier : l'invasion de l'Ukraine par la Russie

DUBAΪ : Alors que les conflits, les catastrophes naturelles et le changement climatique frappent des régions du monde, une épidémie parallèle se propage : environ 345 millions de personnes dans 79 pays sont confrontées à une famine sévère.

Abdel-Mageed Yahia, directeur du bureau du Programme alimentaire mondial aux Émirats arabes unis et représentant de la région du Conseil de coopération du Golfe, affirme que si les besoins alimentaires ne sont pas satisfaits, ce fléau pourrait devenir catastrophique.

« Il est vrai que cette année, nous sommes confrontés à un niveau de famine sans précédent », a-t-il déclaré lors d'une interview spéciale avec Arab News Japan enregistrée à Dubaï.

« Nous avons dit que 2023 serait une année difficile, bien que nous ayons eu beaucoup de succès en 2022, lorsque nous avons pu atteindre environ 140 millions de personnes. »

Sur les plus de 340 millions de personnes confrontées à la faim dans le monde, a-t-il ajouté, 40 millions se trouvent « au niveau extrême de la faim, qui est à un pas de la famine ».

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Des jeunes filles soudanaises qui ont fui le conflit à Geneina, dans la région soudanaise du Darfour, reçoivent des portions de riz de la part de volontaires de la Croix-Rouge à Ourang, dans la banlieue d'Adre, au Tchad, le 25 juillet 2023 (Photo, Reuters).

Selon Yahia, « tout cela commence par les conflits auxquels nous assistons dans différentes parties du monde, du Moyen-Orient à l'Afrique, de la Corne de l'Afrique et du Sahel à l'Afghanistan ».

Le changement climatique joue également un rôle majeur, a-t-il ajouté : « Le ralentissement économique est une autre cause, et c'est la conséquence du Covid-19 ».

Les variations à long terme des températures et des conditions météorologiques peuvent être naturelles, mais la quasi-totalité des recherches indiquent que l'homme est le principal responsable du réchauffement de la planète au cours des 200 dernières années.

Cependant, les conflits sont le facteur « numéro un » de l'insécurité alimentaire, a affirmé Yahia.

« Je peux vous donner l'exemple du Soudan, ou, en l'espace de quatre mois seulement depuis le début du conflit, quatre millions de personnes déplacées, se sont installées ailleurs au Soudan ou ont fui le pays pour se réfugier dans les pays voisins. »

« Cela a créé un fardeau pour les pays de destination, tels que le Sud-Soudan, qui avaient déjà du mal à offrir une assistance (aux populations déplacées existantes) ».

Cette situation n'est pas propre au Soudan et à ses voisins. Yahia, qui a été représentant du PAM, directeur de pays et coordinateur d'urgence en Jordanie, responsable de l'une des plus importantes opérations d'urgence du PAM dans la région du Moyen-Orient, a une expérience de terrain en matière de crises alimentaires.

Il a souligné que l'accueil d'environ un demi-million de réfugiés syriens que le PAM soutient en Jordanie, et d'un million d'autres au Liban, ne fait qu'ajouter aux défis auxquels les pays bénéficiaires sont déjà confrontés.

Si les changements climatiques, les guerres et les pandémies n'ont rien de nouveau, la survenue de tous ces événements en même temps a contraint le PAM à « établir des priorités », a expliqué Yahia.

« En d'autres termes, il faut prendre à ceux qui ont faim pour donner à ceux qui sont affamés. C'est exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons. Lorsque vous êtes confronté à un nombre croissant de populations ayant besoin d'une aide humanitaire d'une part et à une diminution des fonds d'autre part, c'est exactement ce que vous faites », a-t-il déclaré.

« Nous nous débattons également avec le financement, parce qu'il y a maintenant des priorités concurrentes, de l'Afghanistan au Yémen, à la Syrie, à la Corne de l'Afrique, au Sahel, au Soudan ».

Selon lui, le PAM ne sera probablement pas en mesure de réunir les 24 milliards de dollars dont il a besoin pour venir en aide à 170 millions de personnes parmi les plus vulnérables de la planète.

« Je me souviens qu'il y a une quinzaine d'années, le PAM se demandait s'il serait capable de gérer deux crises à la fois. Mais aujourd'hui, nous parlons de plus de 10 crises qui se produisent en ce moment. Et vous en voyez bien les répercussions », a poursuivi Yahia. 

« L'année dernière a été un succès, car nous avons pu récolter 14 milliards de dollars et toucher 140 millions de personnes. Mais cette année, nous estimons que nous pourrions atteindre ou même collecter 10 milliards de dollars. La situation est donc la suivante : d'un côté, la faim augmente et de l'autre, les fonds diminuent, ce qui nous met dans une situation très délicate. »

Dans ce contexte, l'Arabie saoudite est intervenue pour sauver un programme d'aide alimentaire d'une importance capitale en Jordanie. En août, le PAM a accueilli un don de 6,8 millions de dollars de KSrelief, qui a permis la poursuite de ses programmes d'aide alimentaire aux réfugiés syriens vivant dans des camps en Jordanie.

Cette dernière contribution est loin d'être la première du Royaume : depuis sa création en 2015, KSrelief a versé plus de 1,25 milliard de dollars au PAM pour des programmes dans 26 pays.

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L'afflux de personnes déplacées augmentant la demande alimentaire dans des pays déjà ravagés par la guerre, le conflit au Soudan a perturbé les chaînes d'approvisionnement et les routes commerciales essentielles (Photo, Reuters).

« Ce don a permis de sauver les opérations en Jordanie, ... la filière alimentaire que nous avons maintenue pour les réfugiés à l'intérieur des camps. Le 1er septembre, nous étions censés annoncer que nous réduisions l'assistance à la population des camps. La donation est venue à point nommé pour prêter main forte a notre opération en Jordanie et nous en observerons les effets immédiats », a précisé Yahia.

« Les réfugiés dans les camps continueront à recevoir leurs tickets ou leurs rations alimentaires de manière continue. Cependant, il y a encore d'autres réfugiés, car cette contribution est destinée aux réfugiés dans les camps. »

« Il y a des réfugiés en dehors des camps. Si nous ne recevons pas de contributions d'autres donateurs, nous serons obligés d'opter pour cette solution, ce qui est une décision très difficile à prendre. Mais la contribution saoudienne a permis de financer notre opération en Jordanie et elle est arrivée au bon moment. »

L'afflux de personnes déplacées augmentant la demande alimentaire dans des pays déjà ravagés par la guerre, le conflit au Soudan a perturbé des chaînes d'approvisionnement et des routes commerciales essentielles.

« Lorsqu'un pays traverse une telle crise, l'importation de denrées alimentaires est interrompue, les routes commerciales sont perturbées, et ainsi de suite. La situation n'est donc pas bonne. La situation n'était pas bonne même avant la crise, et maintenant elle prend une tournure résolument mauvaise » , a dit Yahia.

« Mais nous sommes présents sur le terrain. Nous avons lancé une opération transfrontalière du Tchad vers le Darfour occidental, puis nous avons atteint d'autres régions du Soudan. Avec difficulté, nous avons pu atteindre Khartoum, mais (comme je l'ai dit) avec difficulté. L'accès reste un problème pour nous ».

LA FAIM EN BREF

  • 783 millions de personnes dans le monde ne sont pas certaines de de garantir leur prochain repas
  • 345 millions de personnes confrontées à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire dans le monde en 2023
  • 129 000 personnes au Burkina Faso, au Mali, en Somalie et au Sud-Soudan risquent de connaître la famine
  • 25,6 millions de dollars de dons saoudiens au PAM pour les réfugiés syriens dans les camps jordaniens depuis 2021

Yahia a rappelé que près de la moitié de la population soudanaise souffre d'insécurité alimentaire. La situation était déjà désastreuse avant que les violences n'éclatent entre les forces armées soudanaises et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide, le 15 avril.

« Le conflit est venu ajouter de l'huile sur le feu qui brûlait déjà », a-t-il déclaré. « Le Soudan a également accueilli des réfugiés d'autres pays, malgré une situation économique (précaire). On prévoit donc que 19 millions de personnes auront besoin d'une aide humanitaire. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des problèmes d'accès en raison de la situation sécuritaire ».

Alors que la crise soudanaise et le changement climatique font des ravages parmi les populations affamées du Sahel et de la Corne de l'Afrique, un conflit menace la sécurité alimentaire du monde entier : l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Étant donné que les deux pays fournissent plus d'un quart du blé mondial - 40 % des réserves de céréales du PAM - l'invasion de 2022 risque de provoquer une pénurie alimentaire massive et une flambée des prix des denrées alimentaires dans le monde entier, en particulier pour les pays qui dépendent de l'aide alimentaire.

« Nous avons constaté, bien sûr, de fortes augmentations en avril 2022 à la suite de l'éclatement de la guerre dans ce pays, ce qui à ce moment-là (a aggravé la hausse) des coûts d'expédition en raison de l'effet de la Covid, de la perturbation de la chaîne d'approvisionnement à ce moment-là », a déclaré Yahia.

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Abdel-Mageed Yahia, directeur du bureau des Émirats arabes unis et représentant auprès du CCG, Programme alimentaire mondial des Nations Unies, lors d'une interview avec Ali Itani, directeur régional d'Arab News en français. (Photo AN)

Les prix mondiaux des denrées alimentaires sont revenus à leur niveau d'avant l'invasion, mais les conflits en cours pourraient entraîner une nouvelle détérioration de la situation de l'approvisionnement.

« Nous continuerons à observer une réduction de la production alimentaire en Ukraine parce que les agriculteurs ne peuvent pas accéder à leurs fermes à cause des mines terrestres, des problèmes d'accès aux ports, etc. »

Selon Yahia, le PAM a pu fournir environ deux milliards de repas aux Ukrainiens touchés par la guerre et a maintenu sa présence sur le terrain alors qu'un tiers des Ukrainiens sont toujours confrontés à l'insécurité alimentaire.

En juillet, la Russie s'est retirée d'un accord conclu il y a un an sous l'égide des Nations unies et de la Turquie, qui permettait d'acheminer des céréales, des denrées alimentaires, des engrais et d'autres produits de base depuis les ports ukrainiens de la mer Noire, soumis à un blocus, vers certains des pays les plus touchés par l'insécurité alimentaire dans le monde.

Selon Yahia, l'effondrement de l'accord sur les céréales et la fermeture du corridor crucial de la mer Noire pourraient avoir des effets bien au-delà des frontières de l'Ukraine. « Cela pourrait entraîner une augmentation des coûts d'expédition pour se procurer ces produits ailleurs dans le monde », a-t-il déclaré.

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Des garçons font la queue en attendant de recevoir des repas d'une cuisine caritative à Sanaa, au Yémen (Photo, Reuters).

Bien que les conflits soient la principale raison de la propagation de la faim dans le monde, le changement climatique joue également un rôle majeur dans l'insécurité alimentaire, selon Yahia, qui a plus de 30 ans d'expérience dans le domaine humanitaire et a exercé ses fonctions dans des régions dévastées par les guerres, les génocides, les famines et les catastrophes naturelles. 

Le rapport 2019 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat « Climate Change and Land » indique que le changement climatique a déjà commencé à affecter la sécurité alimentaire, en particulier dans les régions de basse latitude et les climats arides d'Afrique.

Les sociétés pastorales, ajoute le rapport, sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique.

« Le climat joue un rôle similaire à celui des conflits lorsqu'il s'agit de réduire la production alimentaire et de déplacer des populations, comme nous l'avons vu l'année dernière dans la Corne de l'Afrique, en Somalie et en Éthiopie, entre autres », a ajouté Yahia.

« Je pense que le climat joue un rôle important à cet égard. On ne peut plus en parler à huis clos. Le climat est une réalité qui affecte la sécurité alimentaire mondiale ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Qatar: Les attaques contre les installations énergétiques au Moyen-Orient auront des «répercussions à travers le monde» 

Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
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  • "Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde"
  • Dans un communiqué publié sur X, le ministère de la Défense a dit avoir "intercepté une attaque de missile". Le ministère de l'Intérieur a de son côté fait état d'un "niveau de menace sécuritaire élevé"

DOHA: Le Qatar a mis en garde mardi contre les conséquences économiques mondiales des attaques contre les infrastructures énergétiques, au onzième jour de la guerre au Moyen-Orient.

"Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde", a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

 

 


L'Iran défie les Etats-Unis, menace Donald Trump

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  • "Les forces armées iraniennes (...) n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre", a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution
  • Le pouvoir iranien contrôle de facto le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL)

TEHERAN: L'Iran a menacé mardi le président américain, en rejetant ses avertissements de la veille et en promettant que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre".

"L'Iran n'a pas peur de vos menaces vides. Des plus puissants que vous ont essayé d'éliminer la nation iranienne et n'ont pas réussi. Faites attention à ne pas être éliminé vous-même!", a écrit Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, sur X.

La République islamique a balayé les propos lundi de Donald Trump, qui parlait de guerre "quasiment" terminée et jurait de frapper "plus fort" si Téhéran continuait de paralyser la circulation du pétrole dans la région.

Une perspective qui angoisse les marchés, face à un conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis le 28 février.

"Les forces armées iraniennes (...) n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre", a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique.

Le pouvoir iranien contrôle de facto le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Et il affiche sa détermination après avoir désigné dimanche l'ayatollah Mojtaba Khamenei nouveau guide suprême, dix jours après la mort de son père par des frappes israélo-américaines dans lesquelles il a lui même été blessé.

Les efforts "pour réduire et contrôler le prix du pétrole et du gaz seront ponctuels et vains. En temps de guerre, le commerce est tributaire de la sécurité régionale", a assuré le porte-parole des Gardiens, selon l'agence de presse Tasnim.

Ces derniers ont même promis de laisser transiter par le précieux passage "tout pays arabe ou européen qui expulserait les ambassadeurs israélien et américain de son territoire".

Des propos qui tranchent singulièrement avec ceux de Donald Trump la veille. "La guerre va se terminer bientôt", avait-il assuré, pour sa première conférence de presse depuis le début du conflit.

Laissant, comme souvent, planer le doute sur ses projets, il a menacé de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" si Téhéran "prenait le monde en otage" en bloquant le détroit d'Ormuz.

Le dirigeant américain a aussi annoncé qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole "afin de réduire les prix" qui se sont envolés ces derniers jours. Sans préciser pour autant de quelles sanctions il s'agissait, ni quels pays étaient concernés.

Volatilité "rare" des marchés 

De fait, l'or noir était sur toutes les lèvres mardi.

La reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz est "absolument cruciale", a affirmé le PDG de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, mettant en garde contre de potentielles "conséquences catastrophiques" d'un blocage prolongé sur les marchés pétroliers.

Le Qatar a dénoncé des attaques contre les installations énergétiques "des deux côtés", qui constituent selon lui "un précédent dangereux".

L'Inde a fait le même constat de la perturbation de l'acheminement du gaz et décidé de l'affecter en priorité à la consommation des ménages et aux transports.

En attendant d'y voir plus clair, les marchés mondiaux ont fait volte-face après la panique de lundi. Les prix du pétrole ont reculé de 5% en fin d'échanges asiatiques et le gaz européen a perdu 15%.

Les Bourses européennes, au diapason, se sont redressées à l'ouverture. Paris, Francfort et Londres ont repris entre 1,29 et 2,04%, dans la foulée du regain des bourses asiatiques (Séoul +5,35%, Tokyo +2,88%).

Les analystes ont pourtant du mal à s'y retrouver, entre déclarations contradictoires et frappes tous azimuts. "Il est rare que les marchés connaissent une telle volatilité", constate Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Les propos de Donald Trump ont permis d'enrayer la chute des marchés. Mais le conflit se poursuit "à plein régime (...) et les intentions des Etats-Unis dans cette guerre restent floues".

"Briser les os" 

Israël "brisera les os" du pouvoir iranien, mais n'en a "pas encore fini" avec lui, a déclaré de son côté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Son armée a annoncé une nouvelle série de frappes sur Téhéran, où des journalistes de l'AFP ont entendu peu après des explosions.

Elle frappe aussi toujours le Liban, disant viser les fiefs du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud et l'est du pays, victime collatérale de la guerre avec l'Iran.

Les forces israéliennes ont prévenu de frappes sur Tyr et Saïda (sud) contre le mouvement, appelant les habitants de plusieurs immeubles à évacuer leur logement.

Un scénario désormais courant, notamment pour Beyrouth, dont la banlieue sud a été quasiment vidée. Plus de 667.000 personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes sur son voisin, dont 100.000 en 24 heures, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Les monarchies du Golfe tentent elles tant bien que mal de protéger des infrastructures d'hydrocarbures constamment visées.

Les Emirats arabes unis ont indiqué qu'une attaque de drone avait provoqué un incendie dans une zone industrielle. Koweït et Arabie saoudite ont dit avoir eux même abattu des aéronefs sans pilote, omniprésents dans le conflit. Et Bahreïn a déploré deux morts dans la frappe d'un immeuble résidentiel.

Dernier avatar en date du risque d'extension régionale du conflit, un second missile iranien a été intercepté lundi au-dessus de la Turquie. Le président iranien Massoud Pezeshkian a proposé à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan qu'une "équipe conjointe" enquête sur ces incidents, selon les médias iraniens.

Sans confirmer, la Turquie a annoncé le déploiement d'un système de défense antiaérien Patriot dans le centre du pays "pour soutenir la protection de (son) espace aérien".


L'Iran poursuivra ses attaques «aussi longtemps que nécessaire»

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
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  • Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël
  • Une explosion a été entendue mardi matin à Jérusalem, où les sirènes d'alerte ont retenti après une alerte aux missiles iraniens de l'armée israélienne, ont rapporté des journalistes de l'AFP

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël, contredisant le président américain Donald Trump qui avait assuré la veille que la guerre allait "se terminer bientôt".

"Nous sommes prêts à poursuivre les frappes de missiles contre eux aussi longtemps que nécessaire et chaque fois que cela sera nécessaire", a déclaré le ministre iranien à la chaîne américaine PBS News, ajoutant que des négociations avec Washington "ne sont plus à l'ordre du jour".