L’année 2020 renoue avec l’héritage de la calligraphie arabe

Plusieurs villes saoudiennes proposent des sessions destinées aux hommes et aux femmes, qui permettent à leurs participants de renouer avec l'héritage de la calligraphie arabe (Photo, fournie)
Plusieurs villes saoudiennes proposent des sessions destinées aux hommes et aux femmes, qui permettent à leurs participants de renouer avec l'héritage de la calligraphie arabe (Photo, fournie)
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Publié le Mardi 15 décembre 2020

L’année 2020 renoue avec l’héritage de la calligraphie arabe

  • 2020 ayant été proclamée par le Royaume «année de la calligraphie arabe», cette forme d'art connaît un nouveau souffle
  • Ceux qui se lancent dans la calligraphie apprennent vite qu'elle est «caractérisée par l'ordre, l'équilibre et les proportions», et que son exécution exige de la patience

LA MECQUE: 2020 ayant été proclamée par le Royaume «année de la calligraphie arabe», cette forme d'art connaît un nouveau souffle. 

Plusieurs villes saoudiennes proposent des sessions destinées aux hommes et aux femmes, qui permettent à leurs participants de renouer avec l'héritage de la calligraphie arabe. Une pratique de plus en plus populaire chez les amateurs d'art. D'autres plates-formes sont lancées afin d’accueillir et d’accompagner idées et propositions. 

Interrogée sur la raison pour laquelle de nombreuses femmes sont actuellement intéressées par le renouveau de la calligraphie arabe, la calligraphe Reem al-Qahtani indique à Arab News: «Cela s’explique par leur amour pour la beauté.» 

L'esthétique, cependant, ne constitue pas la seule motivation. Ceux qui se lancent dans la calligraphie apprennent vite qu'elle est «caractérisée par l'ordre, l'équilibre et les proportions», et que son exécution exige de la patience. 

C'est une priorité pour nous, habitants des deux Saintes Mosquées, que de préserver ce formidable patrimoine. 
Reem al-Qahtani 

L'interaction entre les hommes et les femmes s'est accrue au cours de l'initiative de l'année de la calligraphie arabe, déclare Reem al-Qahtani, en particulier en raison des différentes activités mises à la disposition de toutes les catégories sociales. 

«Cette passion demeurera sûrement pour tous ceux qui ont eu l'honneur d'apprendre la calligraphie arabe et le modelage islamique», précise-t-elle à Arab News. 

Concernant la défense ce patrimoine auprès des jeunes, l’artiste souligne que la calligraphie arabe est historiquement liée à l'écriture de révélations. 

Avant de devenir une forme d'art à part entière, la calligraphie était un outil de documentation, explique-t-elle. 

«C'est une priorité pour nous, habitants des deux Saintes Mosquées, que de préserver ce formidable patrimoine. Nous devons l'apprendre et le transmettre aux jeunes générations, afin qu'elles soient fières de nos valeurs islamiques ancestrales», confie encore la calligraphe. 

Elle appelle toutes les institutions gouvernementales et privées à lancer diverses activités et initiatives afin de promouvoir le rôle de la calligraphie arabe. 

Le calligraphe de la Grande Mosquée, Ibrahim al-Rafei, indique à Arab News qu’«à la lumière du développement technologique moderne, l'importance de la calligraphie arabe réside dans le fait qu'elle est considérée comme un moyen de communication appris par un nombre croissant de personnes, en dépit de toutes les avancées fulgurantes du progrès.» 

Ibrahim al-Rafei ajoute que, quel que soit l’âge des outils du calligraphe, il lui est possible de les intégrer à la technologie informatique. 

Cependant, si les lettres informatiques sont standardisées, les lettres du calligraphe n’appartiennent qu’à lui. «Le calligraphe possède sa propre empreinte. Ses lignes expriment son identité, sa personnalité, son originalité et la fierté qu’il éprouve à mêler l'écriture classique à l'esprit et l'esthétique de l'époque», indique le calligraphe de la Grande Mosquée. 

L'écriture en arabe protège la langue et la pérennité de son usage comme moyen de communication, poursuit M. Al-Rafei. Il ajoute que la calligraphie arabe, qui parvient même à capter le regard des non-arabophones, est l'un des outils les plus importants de la langue, esthétiquement et visuellement parlant. 

L’artiste souligne également l'importance de l'enseigner aux jeunes générations, car elle renforce leur confiance et leur fierté dans la culture arabe. 

«Tout au long de mes trente-deux années d'apprentissage de la calligraphie arabe, à partir de la Grande Mosquée où j’ai étudié ces dix-sept dernières années, toutes les composantes de la société ont montré une passion pour l'apprentissage des différents styles de calligraphie arabe», révèle M. Al-Rafei. 

Esthétiquement, la calligraphie arabe développe le goût artistique de l’élève. 

Ibrahim al-Rafei 

Il ajoute que certains des étudiants sont très déterminés, ce qui leur donne de grandes compétences en écriture ainsi que la discipline nécessaire pour poursuivre leur apprentissage de cette forme d'art. «Esthétiquement, la calligraphie arabe développe le goût artistique de l’élève», explique-t-il. 

La calligraphie est une expérience sociale, affirme Ibrahim al-Rafei, car l'art rassemble les gens. Nombreux sont ceux qui demandent à l'artiste d'écrire leurs noms ou les expressions de leur choix. 

«C'est ce qui relie un calligraphe aux autres. Plus il maîtrise son métier, plus il devient connecté à tous les groupes de la société», conclut le calligraphe. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com 


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com