Le gouvernement veut réformer le congé parental, boudé par les familles

La nouvelle ministre des Solidarités Aurore Bergé (ci-dessus) veut réformer le congé parental. (AFP).
La nouvelle ministre des Solidarités Aurore Bergé (ci-dessus) veut réformer le congé parental. (AFP).
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Publié le Mercredi 02 août 2023

Le gouvernement veut réformer le congé parental, boudé par les familles

  • Créé en 1977 et réformé à plusieurs reprises depuis, le congé parental permet aux parents de suspendre leur activité professionnelle jusqu'aux trois ans de l'enfant. Le parent qui arrête de travailler reçoit une indemnité de 429 euros par mois
  • Augmenter la rémunération de ce congé permettrait à plus d'hommes et femmes d'y recourir sans trop réduire leur niveau de vie

PARIS : Un congé parental plus court mais mieux rémunéré? La nouvelle ministre des Solidarités Aurore Bergé veut réformer le congé parental, dont le nombre de bénéficiaires a diminué de moitié ces dernières années.

"Pourquoi ne pas réfléchir ensemble à un congé parental plus court mais mieux indemnisé pour laisser un vrai choix aux familles?", s'interrogeait la ministre fin juillet.

"Trop de femmes prennent un congé parental long parce qu’elles n’ont pas de solution pour faire garder leur enfant" et "trop de mères et de pères renoncent au congé parental parce qu’il est trop faiblement indemnisé", a-t-elle ajouté.

Créé en 1977 et réformé à plusieurs reprises depuis, le congé parental permet aux parents de suspendre leur activité professionnelle jusqu'aux trois ans de l'enfant. Le parent qui arrête de travailler reçoit une indemnité de 429 euros par mois.

Valérie, 43 ans, mère de trois enfants à Paris, a pris en tout cinq ans de congé parental. "Je n’avais pas de place en crèche et mon travail de consultante en ressources humaines m’obligeait à de longues heures et des déplacements. Mon salaire serait passé dans les gardes d’enfant. Je n’aurais pas eu un troisième enfant sans l'existence du congé parental", explique-t-elle.

"J'ai pu allaiter dix mois sans être trop fatiguée par les réveils nocturnes et être là aux moments clés de mon bébé". Elle a profité de ce congé pour se former et devenir psychologue en libéral.

Laurence, 54 ans, qualifie le congé parental de deux ans qu'elle a pris pour son quatrième enfant de "parenthèse enchantée" dans une carrière qui l'a conduite à devenir directrice marketing à Paris.

"Quand je reprenais le travail, mon bébé faisait enfin ses nuits, donc j'étais en forme, j'avais envie de retrouver le boulot", explique cette Parisienne qui a allongé son congé maternité à chaque naissance.

Les parents «bricolent»

Augmenter la rémunération de ce congé permettrait à plus d'hommes et femmes d'y recourir sans trop réduire leur niveau de vie. En Allemagne, Autriche, dans les pays scandinaves et de nombreux pays de l'Est, il est rémunéré à au moins 66% du salaire.

Ce congé avait été réformé sous la présidence Hollande en 2014: l'indemnité a diminué et la durée a été réduite à deux ans s'il n'est pris que par un seul parent. La troisième année ne pouvait être prise que par l'autre parent. L'objectif était que 25% des pères le prennent.

Or le taux de recours des pères n’a presque pas augmenté avec cette réforme: moins de 1% des pères le prennent, selon une étude de l'OFCE de 2021.

Et le nombre de parents y recourant a chuté de quelque 500 000 en 2013 à 246 000 en 2020, selon les chiffres du gouvernement.

"On a deux fois moins de bénéficiaires du congé parental en 10 ans, donc c'est un échec, c'est un échec de politique familiale menée à l'époque par la gauche", a déclaré Aurore Bergé, qui veut rouvrir le chantier avec les associations familiales et les professionnels de la petite enfance.

L’Union nationale des associations familiales (Unaf) recommande un congé parental "bien indemnisé", à 75% du revenu professionnel comme en Suède, pouvant aller jusqu’au un an de l’enfant.

Après, ils doivent pouvoir trouver un mode de garde ou bien pouvoir prendre un congé parental indemnisé "jusqu’à l’entrée en maternelle", recommande l'Unaf.

"La plupart des jeunes parents éprouvent le besoin de lever le pied professionnellement au cours de la première année de vie de leur enfant". Ils "+bricolent+ des solutions: arrêts maladie, ruptures de contrat de travail, allocations chômage...", relève-t-elle.


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.


Après les annonces fracassantes de Trump, Macron réunit les filières concernées en France

 Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
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  • Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.
  • « La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières, a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

PARIS : Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump. Une riposte européenne est attendue de la part de Bruxelles.

Les États-Unis sont le quatrième marché à l'exportation de la France, derrière l'Allemagne, l'Italie et la Belgique, selon les douanes françaises.

Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.

Sont notamment attendus à la réunion les représentants des secteurs de l'aéronautique (dont Airbus), de l'industrie et de la chimie (dont la patronne d'Eramet), de l'agriculture et de la viticulture, ainsi que du secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25 % sur les voitures importées. 

« La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières. Ensuite, nous verrons comment soutenir nos industries de production », a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

« On voit bien que tous les marchés d'exportation, notamment ceux des vins et spiritueux, sont en train de se fermer. Il va falloir soutenir notre production européenne », a-t-elle ajouté.

Le président américain a signé un décret généralisant des droits de douane minimum de 10 % sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20 % pour les produits provenant de l'UE.

Le Premier ministre François Bayrou a jugé que cette décision était une « immense difficulté » pour l'Europe et une « catastrophe » pour les États-Unis. 

Face au « choc » des tarifs douaniers américains, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a appelé, sur la radio RMC, à un « front économique et politique uni », disant craindre la disparition de petites et moyennes entreprises.

Jeudi en milieu de matinée, la Bourse de Paris perdait 1,70 %, affichant ainsi une tendance largement dans le rouge, à l'instar de la plupart des autres places mondiales.

Chez Airbus, un porte-parole a indiqué jeudi à l'AFP que le groupe avait évalué « les impacts potentiels ».

« Nous vendons aux États-Unis, nous y fabriquons, nous y assemblons et nous y développons, comme peu d'autres entreprises », avait expliqué en février le PDG Guillaume Faury. 

En 2024, ce sont quelque 2,4 milliards d'euros de « vins de raisin » qui ont traversé l'Atlantique pour les États-Unis, auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d'euros de « boissons alcoolisées distillées », notamment le cognac ou l'armagnac.

La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint « un recul des exportations de 800 millions d'euros aux États-Unis », ce qui aurait « un impact énorme sur l'emploi et l'économie du secteur ».

Donald Trump semble toutefois avoir abandonné l'idée d'une taxation à 200 % des alcools européens qu'il avait envisagée à la mi-mars.

La France dépend moins des exportations américaines que d'autres pays européens, comme l'Allemagne (3,8 % de son PIB contre 1,6 % pour la France).