Incendie de Sarouja: La Syrie pleure la perte d’un quartier historique de Damas

Le palais d’Al-Azm et plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins, situés le long de la rue Al-Thawra, ont été endommagés (Photo fournie).
Le palais d’Al-Azm et plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins, situés le long de la rue Al-Thawra, ont été endommagés (Photo fournie).
Short Url
Publié le Vendredi 21 juillet 2023

Incendie de Sarouja: La Syrie pleure la perte d’un quartier historique de Damas

  • Des bâtiments dotés d'une grande valeur historique, dont le palais d'Abderrahmane Pacha al-Yusuf, ont été détruits dans l'incendie du 16 juillet
  • Sarouja est un quartier très apprécié qui a joué un rôle central dans le passé ottoman de la Syrie et au début de son indépendance

LONDRES: Dans la nuit du 16 juillet, un incendie a ravagé le quartier historique de la ville, détruisant le palais d'Abderrahmane Pacha al-Yusuf dans le Souk Sarouja de la vieille ville.

Le feu s'est déclaré dans une maison adjacente au palais vers 3 heures du matin, heure locale, avant de se propager rapidement, selon l'agence de presse d'État SANA. Des rapports locaux estiment qu’une panne électrique est à l’origine de l’incendie. Sur les réseaux sociaux, la thèse criminelle était privilégiée.

L'incendie a également endommagé de façon partielle le palais d’Al-Azm, qui abrite le Centre des documents historiques, et a ravagé plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins dans la rue Al-Thawra.

Il a fallu plus de quatre heures aux pompiers pour maîtriser les flammes. Malgré leurs efforts, la vieille ville, classée au patrimoine mondial de l'Unesco et l'une des plus anciennes agglomérations au monde, a subi d'immenses dégâts.

Les récents incendies dans la vieille ville de Damas, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, ont causé des dégâts irréversibles (Photo fournie).

Pour une ville aussi ancienne que Damas, «Souk Sarouja est relativement récent», a déclaré à Arab News Sami Moubayed, historien et écrivain basé à Damas et ancien chercheur invité au Centre Carnegie du Moyen-Orient.

Le quartier a environ huit-cent ans : il avait été construit à l’époque par les Mamelouks pour loger les soldats.

Moubayed a indiqué : «Au milieu du XIXe siècle, Sarouja s'est développée pour abriter certaines des plus belles demeures de Damas.»

Le quartier était qualifié de «Petite Istanbul» parce plusieurs plus hauts responsables de la capitale ottomane y résidaient et parce que sa grandeur ressemblait étrangement à celle de la ville.

«À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, elle a acquis une importance politique parce qu'une poignée de hauts fonctionnaires arabes de la cour impériale d'Istanbul y ont établi leurs palais», a ajouté Moubayed.

Parmi ces personnalités historiques de premier plan, on trouve Abderrahmane Pacha al-Yusuf, l'émir du Hajj, qui était également le chef adjoint du Congrès pan-syrien avant de devenir président du Conseil de la Choura. C'est la maison d'Al-Yusuf qui a été détruite dans l'incendie du 16 juillet.

L'incendie a également endommagé de façon partielle le palais d’Al-Azm, qui abrite le Centre des documents historiques, et a ravagé plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins dans la rue Al-Thawra (Photo fournie).

«La maison d'Al-Yusuf a perdu son importance politique à la suite de son assassinat en 1920, mais sa pertinence culturelle et sociale a été préservée», a expliqué Moubayed.

Un autre personnage important de l'histoire de Damas est Mohammed Fawzi Pacha al-Azm, père de Khaled al-Azm, dont la maison était adjacente à celle de Yusuf et qui a été partiellement endommagée dans l'incendie.

«Al-Azm a été nommé ministre ottoman des Awqafs en 1912, mais avant cela, il était à la tête de la municipalité de Damas, puis a été élu président du Congrès national syrien, le premier Parlement syrien de l'après-Ottomane.

«Après la mort de Mohammed Fawzi Pacha al-Azm en 1919, son fils Khaled, qui a formé cinq gouvernements dans l'histoire moderne de la Syrie, a continué à vivre dans le palais», a indiqué Moubayed.

Ahmad Izzat Pacha al-Abid, deuxième secrétaire et confident du sultan ottoman Abdülhamid II, figure également parmi les habitants historiques notables de Sarouja.

«La maison a conservé son importance politique pendant la vie de son fils Mohammed Ali al-Abid, qui, lorsqu'il est devenu le premier président de la République syrienne en 1932, a choisi de gouverner depuis Sarouja pendant une brève période. Il s'est ensuite installé dans le palais d’Al-Abid, dans le quartier de Muhajirin», a précisé Moubayed. 

Sarouja a eu la chance de survivre aux catastrophes précédentes.

INCENDIES RÉCENTS DANS LA VIEILLE VILLE DE DAMAS

23 avril 2016

Au moins 80 magasins du Souk al-Asrouniyah ont été gravement endommagés par un incendie prolongé qui a mis sept heures à s'éteindre.

13 septembre 2017

Une famille de trois personnes a été tuée dans un incendie qui a ravagé 15 magasins et plusieurs échoppes à Souk Al-Hal.

1er octobre 2017

Un incendie s'est déclaré dans le souk Al-Asrouniyah, au sud du souk Al-Hamidiyeh.

22 janvier 2019

Sept enfants ont péri dans l'incendie de leur maison dans le quartier d'Al-Amarah, à quelques mètres de la mosquée des Omeyyades.

25 janvier 2019

Un incendie d'origine électrique a été maitrisé en quelques minutes dans une vieille maison de Sarouja.

25 juillet 2020

L'incendie d'un entrepôt à Souk al-Buzuriyah a endommagé plusieurs magasins et unités adjacentes.

«En 1945, Sarouja a été touchée par le bombardement de Damas par la France. Le 29 mai 1945, Jamil Mardam Bey, qui était ministre des Affaires étrangères de la Syrie et Premier ministre par intérim, se trouvait au siège du gouvernement lorsque l'agression française a atteint ses abords.»

«Il s'est enfui avec d'autres fonctionnaires de Zukak Ramy au coucher du soleil et s'est réfugié dans la maison de Khaled al-Azm à Sarouja car il y avait un mandat d'arrêt contre eux. Cette même maison a été partiellement endommagée ce dimanche», a-t-il poursuivi.

«En 1945, la maison a servi de refuge à plus de 100 personnes. Lorsque les Français ont découvert que Mardam Bey se trouvait dans la maison d'Al-Azm, ils ont commencé à bombarder massivement Sarouja», a ajouté Moubayed.

Bien que Sarouja ait déjà rebondi par le passé, les dégâts causés par l'incendie du 16 juillet sont considérables et laisseront des traces durables, tant pour le quartier que pour ses habitants.

«Le feu n'a pas seulement brûlé l'histoire de ma ville»

Loujein Haj Youssef, une journaliste basée à Paris, a déclaré que la vue de Sarouja engloutie dans les flammes lui a fait monter les larmes aux yeux. Elle a grandi et passé le début de sa vie d'adulte à Damas et a indiqué que l'ampleur des destructions lui brisait le cœur.

«Je pensais que Damas était une ville éternelle. Je n'ai jamais pensé, par exemple, à prendre une photo dans le palais de Khaled al-Azm, un chef-d'œuvre architectural exquis, bien que j'y passe régulièrement beaucoup de temps.

Le palais d’Al-Yusuf avant l'incendie (Photo fournie).

«Notre mémoire récente de Damas est perdue. Un jour, nous chercherons dans notre mémoire des photos de la vieille ville, mais nous constaterons qu'elles ont été remplacées par des images de cendres et de murs de ciment nus», a ajouté Youssef.

Marwah Morhly, écrivaine damascène résidant actuellement en Turquie, a eu le sentiment qu'une partie de son identité avait disparu dans les flammes.

«Le feu n'a pas seulement brûlé l'histoire de ma ville, il a aussi brûlé notre jeunesse, les rires qui résonnaient dans les anciennes ruelles et notre goût précoce de la liberté, lorsque nous avons quitté pour la première fois les limites de l'école et de l'université.»

«Sarouja a été le lieu de rencontre des amoureux et des politiciens, des rires et des larmes, des rêves de notre jeunesse. C'est aujourd'hui un lieu qui nous brûle de l'intérieur, comme si nos cœurs n'étaient pas assez fatigués par tous les feux qui y font rage», s’est-elle desolée.

Malgré l'affection que lui portent de nombreux Syriens, le quartier a longtemps été négligé. En 2013, l'Unesco a inscrit l'ancienne ville de Damas, qui comprend Sarouja, sur sa liste du patrimoine mondial en péril.

Sami Moubayed, historien et écrivain basé à Damas (Photo fournie).

D’après Moubayed, «le quartier de Sarouja s'est dégradé, comme le reste de la vieille ville, parce qu'avec l'arrivée des Français, de nombreuses familles damascènes ont déménagé pour s'installer dans des appartements.

«Des quartiers dotés de logements modernes, comme Al-Chuhadaa, Al-Abid et Chaalan, ont vu le jour, et les gens ont abandonné leurs vieilles maisons pour de nombreuses raisons, notamment les difficultés d'accès et d'entretien et les inconvénients liés au fait que plusieurs familles vivent au même endroit.

«Les femmes ont également progressé et ont commencé à exiger d'avoir leur propre résidence. Les gens ont commencé à posséder des voitures et les ruelles étroites sont difficiles à emprunter», a-t-il clarifié.

Moubayed a souligné que la restauration des vieilles maisons de la ville n'a suscité que peu d'intérêt jusqu'aux années 1990, lorsque les travaux de récupération et de réaffectation des quartiers chrétiens de Bab Touma et Bab Charqi, où des hôtels-boutiques et des restaurants ont vu le jour.

Il a fallu plus de quatre heures aux pompiers pour maîtriser l'incendie (Photo fournie).

«Souk Sarouja, ne bénéficiant pas du même niveau d'attention, s'est peu à peu détérioré pour devenir un quartier délabré, à faible revenu, avec de petits cafés, contrairement à d'autres parties de la vieille ville, qui sont réputées pour être des quartiers huppés, abritant des hôtels prestigieux tels que Talisman et Beit al-Mamlouka», a ajouté Moubayed.

Si la région ne suscite pas le même intérêt, ce qui reste des bâtiments historiques de Sarouja pourrait bientôt être perdu dans le temps.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


«Si le Liban echoue, cela impactera sur la région et sur l'Europe», déclare Haneen Sayed, ministre des Affaires sociales, à Arab News

Short Url
  • Haneen Sayed avertit que la guerre et les déplacements risquent d'accélérer l'effondrement institutionnel et le déclin économique du Liban
  • Beyrouth appelle à un cessez-le-feu et à un soutien mondial pour reconstruire l'autorité de l'État et contenir l'influence du Hezbollah

NEW YORK CITY : Haneen Sayed, ministre libanaise des Affaires sociales, a profité de sa visite à New York et à Washington cette semaine pour souligner le besoin urgent de renforcer les institutions de l'État alors que le pays est confronté aux pressions combinées de la guerre, des déplacements massifs de population et de la pression économique.

Elle a déclaré que le renforcement de l'État libanais, de l'armée aux services sociaux, est essentiel non seulement pour répondre à la crise humanitaire immédiate, mais aussi pour restaurer la confiance du public et prévenir toute nouvelle érosion institutionnelle à un moment critique.

Mme Sayed a également souligné l'importance des pourparlers directs entre le Liban et Israël qui auront lieu cette semaine à Washington et qui visent à obtenir un cessez-le-feu entre Israël et la milice du Hezbollah soutenue par l'Iran, affirmant que l'arrêt de la violence est une première étape nécessaire pour rendre les négociations viables.

S'adressant à Arab News au siège des Nations unies à New York avant de participer aux réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, M. Sayed a décrit l'ampleur de la crise à laquelle le Liban est confronté.

"Lorsque le Hezbollah a décidé de lancer six missiles sur la frontière (israélienne) le 2 mars, ce qui nous a entraînés dans cette guerre, notre économie ne s'était pas encore rétablie", a-t-elle déclaré.

"Notre secteur financier et les réformes que nous avons entreprises l'année dernière en tant que gouvernement n'ont pas encore porté leurs fruits. Au niveau régional, nos partenaires du Golfe font face à leurs propres défis et, au niveau mondial, les financements sont en baisse depuis deux ans.

"Nous comprenons les contraintes, mais notre message à la communauté internationale est que le Liban ne peut pas échouer : en tant que pays, en tant que gouvernement ou en tant qu'idée. L'échec du Liban aurait des conséquences pour ses voisins, la région et même l'Europe."

Le 2 mars, le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones sur le nord d'Israël en représailles à l'assassinat par les États-Unis et Israël du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 28 février. Israël a répondu par une nouvelle offensive aérienne et terrestre contre le Liban.

liban
Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Les perspectives de paix restent incertaines après qu'Israël a déclaré le 11 avril qu'il ne discuterait pas d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors des discussions avec les responsables libanais à Washington, selon les médias.

À ce jour, le conflit a fait plus de 2 000 morts, plus de 6 500 blessés et plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays, selon les autorités libanaises.

M. Sayed a vivement critiqué le rôle du Hezbollah dans le conflit et son impact plus large sur le pays. "Le Hezbollah est un groupe armé dont les activités sont illégales", a-t-elle déclaré.

"Je ne crois pas que le Hezbollah ait réussi à défendre le pays et son peuple. Il n'a fait qu'apporter la dévastation à son peuple, à son pays.

Ces propos ont été tenus alors que le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a appelé le gouvernement libanais à annuler les pourparlers directs avec Israël à Washington, les qualifiant d'"inutiles" et d'une forme de "soumission et de capitulation".

Il a également promis que le Hezbollah poursuivrait ses opérations militaires et ne rendrait jamais ses armes, affirmant que le groupe se battrait "jusqu'à son dernier souffle" et qu'il était prêt à une confrontation prolongée.

liban
Environ 85 % des personnes déplacées ne se trouvent pas dans des abris officiels. (AFP)



La réponse de M. Sayed à cette menace reflète une réalité difficile mais inéluctable. Nous ne nous attendions pas à ce que Naim Qassem vienne nous dire : "D'accord, nous allons nous asseoir à la table avec vous", a-t-elle déclaré.

"Et bien sûr, il y a un facteur externe majeur, à savoir les soutiens du Hezbollah, y compris l'Iran, et cela se joue sur un autre front. Je pense que les décisions ne sont pas prises uniquement par le Hezbollah lui-même.

Il y a, en quelque sorte, un "grand frère" qui prend ces décisions, ce qui est préjudiciable à notre pays. Nous espérons que cette question sera abordée dans le cadre d'un accord régional plus large.

La priorité du Liban reste le renforcement de l'État lui-même, a-t-elle déclaré. "Il faut du temps et de la patience, et maintenir le cap en voulant ce qu'il y a de mieux pour le pays.

"Nous voulons une armée forte. Si l'armée libanaise est en mesure de protéger les citoyens, c'est ce que nous voulons, plutôt qu'une faction armée, qui n'a pas réussi à protéger les gens. Elle a semé la dévastation sur son propre territoire".

M. Sayed a également souligné que l'État devait être le principal fournisseur de services et de sécurité. "Les gens ont besoin d'être rassurés sur la présence de l'État et sur le fait qu'en fin de compte, seul l'État peut vraiment les protéger.

Elle a ajouté que le renforcement des capacités de l'État doit aller de pair avec le soutien international, car le Liban est confronté à des pressions à la fois sécuritaires et sociales. Ces pressions ont alimenté les craintes d'instabilité interne.

Si Mme Sayed s'est déclarée convaincue que le Liban pourrait éviter un retour à la guerre civile, elle a néanmoins reconnu la pression qu'elle subit. "Pour être honnête, nous sommes à bout de souffle", a-t-elle déclaré. "On ne peut pas s'en cacher, et toutes les communautés sont anxieuses.

liban
Une pelleteuse dégage les décombres d'un bâtiment dans le quartier de Hay al-Selloum à Beyrouth, visé par une frappe israélienne. (AFP)
 


Elle a expliqué qu'elle se rendait régulièrement dans des abris pour personnes déplacées et qu'elle était témoin des difficultés croissantes. "On voit le désespoir sur les visages des mères, les maris et les fils assis dans les abris, attendant que quelque chose se passe.

Selon elle, l'aggravation des conditions pourrait intensifier la pression sur des communautés déjà fragiles, d'autant plus que la plupart des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels mais restent dans des communautés d'accueil ou comptent sur des économies qui s'épuisent rapidement.

La situation humanitaire est gérée sous une forte pression financière. Le Liban a lancé un appel d'urgence de 308 millions de dollars auprès des Nations unies, mais n'a reçu qu'à peine 30 % des fonds nécessaires.

"Nous sommes déjà dans le deuxième mois, et nous ne savons pas exactement où cela va nous mener", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné la nécessité d'un soutien urgent en matière d'abris, de nourriture, d'eau et de services d'assainissement, notant que les municipalités sont également soumises à une forte pression alors que les systèmes d'infrastructure luttent pour absorber l'impact des déplacements massifs.

Environ 85 % des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels - elles vivent avec des proches, louent un logement ou comptent sur leurs économies.

"Ces économies s'épuiseront si la guerre se prolonge", a-t-elle averti, ajoutant que l'économie libanaise, déjà fragile, pourrait voir sa croissance récente s'inverser si le conflit se poursuit.

"L'économie se contracte et les 5 % de croissance atteints en 2025 pourraient être effacés en quelques mois. Si la guerre se poursuit pendant l'été, période où le Liban reçoit habituellement des envois de fonds et des activités touristiques, la contraction de l'économie devrait s'aggraver de manière significative."


Les services municipaux des régions accueillant des populations déplacées, notamment Beyrouth, Sidon et le Mont-Liban, sont particulièrement sollicités, avec une demande accrue d'eau, d'électricité et de services de gestion des déchets.

Malgré la crise, M. Sayed a déclaré que le renforcement des institutions de l'État était une priorité essentielle. "Les institutions de l'État sont encore plus importantes aujourd'hui, c'est une priorité absolue", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné que l'armée libanaise était une institution clé nécessitant un soutien, aux côtés des services publics tels que l'éducation et les programmes de protection sociale.

"Nous avons mis au point un programme très solide", a-t-elle déclaré, faisant référence aux transferts directs d'argent liquide conçus pour créer un lien plus fort entre les citoyens et l'État. "Le citoyen sait alors que c'est le gouvernement qui l'aide.

Elle a également souligné l'importance de maintenir la présence de l'État sur le terrain. "L'État est là, nous sommes là pour aider les gens", a-t-elle déclaré.

Mme Sayed a déclaré que la crise libanaise avait des implications plus larges au-delà des frontières du pays. "Le Liban ne peut pas échouer en tant que pays, en tant que gouvernement, en tant qu'idée", a-t-elle déclaré. "L'échec du Liban aura des conséquences ... pour les voisins, pour la région et même pour l'Europe.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exhorté Israël et le Liban à saisir une "occasion historique" lors de l'ouverture mardi à Washington de pourparlers directs - les premiers depuis 1993 - afin de tracer la voie vers un cessez-le-feu et une stabilité à long terme.

Ces pourparlers interviennent alors que les États-Unis craignent que le conflit entre Israël et le Hezbollah ne déstabilise le fragile cessez-le-feu lié à l'impasse plus large avec l'Iran, après que la diplomatie avec Téhéran la semaine dernière n'a pas abouti à une percée.

Le Hezbollah a lancé des salves de roquettes simultanées sur 13 villes du nord d'Israël peu après le début des pourparlers, soulignant ainsi l'instabilité de la situation.

liban
Une boule de feu s'élève d'un bâtiment touché par une frappe aérienne israélienne dans la région d'Abbasiyeh, à la périphérie de la ville de Tyr, au sud du Liban, le 8 avril. (AFP)



Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré mardi qu'il était peu probable que les pourparlers aboutissent à une percée immédiate. "Personne ne s'attend à ce que ces pourparlers aujourd'hui résolvent tous les problèmes", mais il a souligné qu'ils pourraient contribuer à modifier des dynamiques de longue date.

Il a décrit un cycle dans lequel "le Hezbollah et Israël se sont toujours aidés mutuellement à déstabiliser le gouvernement libanais", les actions de chaque partie fournissant à l'autre une justification pour l'escalade.

Les opérations israéliennes, a-t-il dit, permettent au Hezbollah d'affirmer que "nous ne pouvons pas désarmer", tandis que les tirs de roquettes du Hezbollah donnent à Israël des raisons de mener de nouvelles attaques à grande échelle.

M. Guterres a souligné que le gouvernement libanais recherchait à la fois l'intégrité territoriale et "le monopole de l'usage de la force", ce qui implique le désarmement du Hezbollah, et a appelé à une évolution vers la coopération afin que le Liban ne soit plus "la victime" de ce cycle "négatif".

M. Sayed a déclaré qu'un arrêt immédiat de la violence était essentiel.

"Avant toute chose, nous avons besoin d'un cessez-le-feu. Nous devons arrêter les bombes qui nous tombent sur la tête", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'un cessez-le-feu rendrait également les négociations plus réalisables.

"J'espère qu'il y aura une désescalade et un cessez-le-feu. Je pense qu'en fin de compte, même pour les Israéliens, ce n'est pas dans leur intérêt. S'il y a un véritable conflit civil au Liban, cela ne fera qu'engendrer le chaos".

Le 8 avril, le Liban a été frappé par une importante vague de frappes aériennes israéliennes qui ont touché plusieurs zones, notamment Beyrouth, la banlieue sud, Sidon, Tyr et la vallée de la Bekaa, quelques heures seulement après l'annonce d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et alors que le Hezbollah signalait une pause dans ses attaques.

Les frappes ont touché sans préavis des quartiers résidentiels et commerciaux très fréquentés, ont submergé les hôpitaux de blessés et ont fait au moins 350 morts et plus de 1 000 blessés, certains rapports libanais et internationaux faisant état d'un bilan encore plus lourd.

liban
Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Certains Libanais craignent qu'Israël n'essaie délibérément d'attiser les divisions sectaires internes au Liban avec de telles attaques.

"C'est possible, c'est possible", a déclaré M. Sayed. "Je pense que ce qu'a fait Israël aurait pu facilement attiser les tensions. Mais heureusement, je fais confiance aux Libanais pour qu'ils voient plus loin. Il y a eu de la retenue et beaucoup de sympathie. Les communautés se sont rassemblées.

Elle a également répondu aux avertissements israéliens selon lesquels le Liban pourrait connaître le même sort que Gaza, en déclarant que la population libanaise est profondément consciente des risques, mais qu'elle s'efforce d'éviter l'escalade.

"Ces menaces, nous les avons entendues à maintes reprises de la part des Israéliens. Il faut prendre au sérieux ce que disent les Israéliens, surtout après ce qui s'est passé lors du 'mercredi noir' il y a une semaine. Ils ne s'arrêteront probablement pas là.

"Le peuple libanais se méfie donc et c'est pourquoi, en tant que gouvernement, nous avons pris des mesures. Le président a déclaré il y a plus d'un mois que nous étions prêts pour des négociations et des pourparlers directs, et c'est ce qui se passe.

"Espérons que ce sera le début d'un processus.

Mme Sayed a déclaré que le but ultime de sa visite était d'obtenir un soutien humanitaire et politique de la part de la communauté internationale - "l'assurance pour le peuple libanais que la communauté internationale est toujours à ses côtés".


Le Hezbollah a tiré une trentaine de roquettes sur le nord d'Israël mercredi matin 

Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah
  • "Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite

JERUSALEM: Les combattants du mouvement libanais Hezbollah ont tiré une trentaine de roquettes sur Israël à partir du Liban mercredi matin, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne.

Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah. A l'issue de ces discussions, Israël et le Liban ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable, selon le département d'Etat américain qui accueillait la rencontre.

"Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite, allié de l'Iran.

 

 


Liban: frappe israélienne au sud de Beyrouth 

Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Short Url
  • "L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle)
  • Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable.

"L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques.