Incendie de Sarouja: La Syrie pleure la perte d’un quartier historique de Damas

Le palais d’Al-Azm et plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins, situés le long de la rue Al-Thawra, ont été endommagés (Photo fournie).
Le palais d’Al-Azm et plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins, situés le long de la rue Al-Thawra, ont été endommagés (Photo fournie).
Short Url
Publié le Vendredi 21 juillet 2023

Incendie de Sarouja: La Syrie pleure la perte d’un quartier historique de Damas

  • Des bâtiments dotés d'une grande valeur historique, dont le palais d'Abderrahmane Pacha al-Yusuf, ont été détruits dans l'incendie du 16 juillet
  • Sarouja est un quartier très apprécié qui a joué un rôle central dans le passé ottoman de la Syrie et au début de son indépendance

LONDRES: Dans la nuit du 16 juillet, un incendie a ravagé le quartier historique de la ville, détruisant le palais d'Abderrahmane Pacha al-Yusuf dans le Souk Sarouja de la vieille ville.

Le feu s'est déclaré dans une maison adjacente au palais vers 3 heures du matin, heure locale, avant de se propager rapidement, selon l'agence de presse d'État SANA. Des rapports locaux estiment qu’une panne électrique est à l’origine de l’incendie. Sur les réseaux sociaux, la thèse criminelle était privilégiée.

L'incendie a également endommagé de façon partielle le palais d’Al-Azm, qui abrite le Centre des documents historiques, et a ravagé plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins dans la rue Al-Thawra.

Il a fallu plus de quatre heures aux pompiers pour maîtriser les flammes. Malgré leurs efforts, la vieille ville, classée au patrimoine mondial de l'Unesco et l'une des plus anciennes agglomérations au monde, a subi d'immenses dégâts.

Les récents incendies dans la vieille ville de Damas, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, ont causé des dégâts irréversibles (Photo fournie).

Pour une ville aussi ancienne que Damas, «Souk Sarouja est relativement récent», a déclaré à Arab News Sami Moubayed, historien et écrivain basé à Damas et ancien chercheur invité au Centre Carnegie du Moyen-Orient.

Le quartier a environ huit-cent ans : il avait été construit à l’époque par les Mamelouks pour loger les soldats.

Moubayed a indiqué : «Au milieu du XIXe siècle, Sarouja s'est développée pour abriter certaines des plus belles demeures de Damas.»

Le quartier était qualifié de «Petite Istanbul» parce plusieurs plus hauts responsables de la capitale ottomane y résidaient et parce que sa grandeur ressemblait étrangement à celle de la ville.

«À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, elle a acquis une importance politique parce qu'une poignée de hauts fonctionnaires arabes de la cour impériale d'Istanbul y ont établi leurs palais», a ajouté Moubayed.

Parmi ces personnalités historiques de premier plan, on trouve Abderrahmane Pacha al-Yusuf, l'émir du Hajj, qui était également le chef adjoint du Congrès pan-syrien avant de devenir président du Conseil de la Choura. C'est la maison d'Al-Yusuf qui a été détruite dans l'incendie du 16 juillet.

L'incendie a également endommagé de façon partielle le palais d’Al-Azm, qui abrite le Centre des documents historiques, et a ravagé plusieurs maisons, magasins et ateliers voisins dans la rue Al-Thawra (Photo fournie).

«La maison d'Al-Yusuf a perdu son importance politique à la suite de son assassinat en 1920, mais sa pertinence culturelle et sociale a été préservée», a expliqué Moubayed.

Un autre personnage important de l'histoire de Damas est Mohammed Fawzi Pacha al-Azm, père de Khaled al-Azm, dont la maison était adjacente à celle de Yusuf et qui a été partiellement endommagée dans l'incendie.

«Al-Azm a été nommé ministre ottoman des Awqafs en 1912, mais avant cela, il était à la tête de la municipalité de Damas, puis a été élu président du Congrès national syrien, le premier Parlement syrien de l'après-Ottomane.

«Après la mort de Mohammed Fawzi Pacha al-Azm en 1919, son fils Khaled, qui a formé cinq gouvernements dans l'histoire moderne de la Syrie, a continué à vivre dans le palais», a indiqué Moubayed.

Ahmad Izzat Pacha al-Abid, deuxième secrétaire et confident du sultan ottoman Abdülhamid II, figure également parmi les habitants historiques notables de Sarouja.

«La maison a conservé son importance politique pendant la vie de son fils Mohammed Ali al-Abid, qui, lorsqu'il est devenu le premier président de la République syrienne en 1932, a choisi de gouverner depuis Sarouja pendant une brève période. Il s'est ensuite installé dans le palais d’Al-Abid, dans le quartier de Muhajirin», a précisé Moubayed. 

Sarouja a eu la chance de survivre aux catastrophes précédentes.

INCENDIES RÉCENTS DANS LA VIEILLE VILLE DE DAMAS

23 avril 2016

Au moins 80 magasins du Souk al-Asrouniyah ont été gravement endommagés par un incendie prolongé qui a mis sept heures à s'éteindre.

13 septembre 2017

Une famille de trois personnes a été tuée dans un incendie qui a ravagé 15 magasins et plusieurs échoppes à Souk Al-Hal.

1er octobre 2017

Un incendie s'est déclaré dans le souk Al-Asrouniyah, au sud du souk Al-Hamidiyeh.

22 janvier 2019

Sept enfants ont péri dans l'incendie de leur maison dans le quartier d'Al-Amarah, à quelques mètres de la mosquée des Omeyyades.

25 janvier 2019

Un incendie d'origine électrique a été maitrisé en quelques minutes dans une vieille maison de Sarouja.

25 juillet 2020

L'incendie d'un entrepôt à Souk al-Buzuriyah a endommagé plusieurs magasins et unités adjacentes.

«En 1945, Sarouja a été touchée par le bombardement de Damas par la France. Le 29 mai 1945, Jamil Mardam Bey, qui était ministre des Affaires étrangères de la Syrie et Premier ministre par intérim, se trouvait au siège du gouvernement lorsque l'agression française a atteint ses abords.»

«Il s'est enfui avec d'autres fonctionnaires de Zukak Ramy au coucher du soleil et s'est réfugié dans la maison de Khaled al-Azm à Sarouja car il y avait un mandat d'arrêt contre eux. Cette même maison a été partiellement endommagée ce dimanche», a-t-il poursuivi.

«En 1945, la maison a servi de refuge à plus de 100 personnes. Lorsque les Français ont découvert que Mardam Bey se trouvait dans la maison d'Al-Azm, ils ont commencé à bombarder massivement Sarouja», a ajouté Moubayed.

Bien que Sarouja ait déjà rebondi par le passé, les dégâts causés par l'incendie du 16 juillet sont considérables et laisseront des traces durables, tant pour le quartier que pour ses habitants.

«Le feu n'a pas seulement brûlé l'histoire de ma ville»

Loujein Haj Youssef, une journaliste basée à Paris, a déclaré que la vue de Sarouja engloutie dans les flammes lui a fait monter les larmes aux yeux. Elle a grandi et passé le début de sa vie d'adulte à Damas et a indiqué que l'ampleur des destructions lui brisait le cœur.

«Je pensais que Damas était une ville éternelle. Je n'ai jamais pensé, par exemple, à prendre une photo dans le palais de Khaled al-Azm, un chef-d'œuvre architectural exquis, bien que j'y passe régulièrement beaucoup de temps.

Le palais d’Al-Yusuf avant l'incendie (Photo fournie).

«Notre mémoire récente de Damas est perdue. Un jour, nous chercherons dans notre mémoire des photos de la vieille ville, mais nous constaterons qu'elles ont été remplacées par des images de cendres et de murs de ciment nus», a ajouté Youssef.

Marwah Morhly, écrivaine damascène résidant actuellement en Turquie, a eu le sentiment qu'une partie de son identité avait disparu dans les flammes.

«Le feu n'a pas seulement brûlé l'histoire de ma ville, il a aussi brûlé notre jeunesse, les rires qui résonnaient dans les anciennes ruelles et notre goût précoce de la liberté, lorsque nous avons quitté pour la première fois les limites de l'école et de l'université.»

«Sarouja a été le lieu de rencontre des amoureux et des politiciens, des rires et des larmes, des rêves de notre jeunesse. C'est aujourd'hui un lieu qui nous brûle de l'intérieur, comme si nos cœurs n'étaient pas assez fatigués par tous les feux qui y font rage», s’est-elle desolée.

Malgré l'affection que lui portent de nombreux Syriens, le quartier a longtemps été négligé. En 2013, l'Unesco a inscrit l'ancienne ville de Damas, qui comprend Sarouja, sur sa liste du patrimoine mondial en péril.

Sami Moubayed, historien et écrivain basé à Damas (Photo fournie).

D’après Moubayed, «le quartier de Sarouja s'est dégradé, comme le reste de la vieille ville, parce qu'avec l'arrivée des Français, de nombreuses familles damascènes ont déménagé pour s'installer dans des appartements.

«Des quartiers dotés de logements modernes, comme Al-Chuhadaa, Al-Abid et Chaalan, ont vu le jour, et les gens ont abandonné leurs vieilles maisons pour de nombreuses raisons, notamment les difficultés d'accès et d'entretien et les inconvénients liés au fait que plusieurs familles vivent au même endroit.

«Les femmes ont également progressé et ont commencé à exiger d'avoir leur propre résidence. Les gens ont commencé à posséder des voitures et les ruelles étroites sont difficiles à emprunter», a-t-il clarifié.

Moubayed a souligné que la restauration des vieilles maisons de la ville n'a suscité que peu d'intérêt jusqu'aux années 1990, lorsque les travaux de récupération et de réaffectation des quartiers chrétiens de Bab Touma et Bab Charqi, où des hôtels-boutiques et des restaurants ont vu le jour.

Il a fallu plus de quatre heures aux pompiers pour maîtriser l'incendie (Photo fournie).

«Souk Sarouja, ne bénéficiant pas du même niveau d'attention, s'est peu à peu détérioré pour devenir un quartier délabré, à faible revenu, avec de petits cafés, contrairement à d'autres parties de la vieille ville, qui sont réputées pour être des quartiers huppés, abritant des hôtels prestigieux tels que Talisman et Beit al-Mamlouka», a ajouté Moubayed.

Si la région ne suscite pas le même intérêt, ce qui reste des bâtiments historiques de Sarouja pourrait bientôt être perdu dans le temps.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au moins 9 morts dans des raids israéliens contre le sud du Liban

Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 9 morts et plusieurs blessés, tandis que des ordres d’évacuation ont été donnés dans la banlieue sud de Beyrouth
  • Les tensions s’intensifient : Israël affirme cibler des infrastructures du Hezbollah, tandis que le mouvement riposte par des attaques de roquettes vers le nord d’Israël

BEYROUTH: Au moins neuf personnes, selon les médias officiels libanais, ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, qu'Israël considère comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.

D'après l'Agence nationale d'information (ANI), une attaque israélienne a fait au moins trois morts et 18 blessés dans la région de Nabatiyeh, et une autre quatre morts et un blessé à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, également appelée Sidon.

Selon la même source, une frappe israélienne contre un appartement du camp de réfugiés de Mieh Mieh, également près de Saïda, a par ailleurs fait deux morts et quatre blessés.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Elle a aussi annoncé avoir, au cours de son opération terrestre dans le sud du Liban, avoir "démantelé des centres de commandement du Hezbollah" ainsi qu'un dépôt d'armes, et avoir tué plusieurs combattants du mouvement, sans en préciser le nombre.

De son côté, le Hezbollah a affirmé mercredi matin avoir attaqué un char et des soldats israéliens près de la frontière, et tiré un "barrage de roquettes" vers Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël.

Les sirènes d'alerte ont retenti dans cette ville de la vallée de la Houla, proche de la frontière libanaise. Les autorités israéliennes n'ont fait état d'aucune victime.

Mardi, une Israélienne d'une trentaine d'années avait été tuée dans le nord du pays par un autre tir de roquettes depuis le Liban.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

- Traces de sang -

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi, des frappes israéliennes avaient déjà tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud.

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, un village dans les montagnes au sud-est de Beyrouth qui est pourtant à l'écart des zones contrôlées par le Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

Beyrouth accuse les Gardiens de la révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël, et a interdit leurs activités sur son territoire.

Mardi, la décision des autorités d'expulser l'ambassadeur d'Iran a provoqué une vive réaction du Hezbollah, qui leur a demandé de se rétracter.

"Nous demanderons à l’ambassadeur iranien de rester à Beyrouth et de considérer la mesure comme nulle et non avenue", a affirmé une source de l'organisation à l'AFP.


Nouvelles vagues d'attaques au Moyen-Orient, les négociations Washington-Téhéran restent à confirmer

Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
Short Url
  • L’Iran a intensifié les frappes (missiles et drones) contre Israël et plusieurs pays du Golfe, tandis qu’Israël poursuit ses bombardements en Iran et au Liban, aggravant le conflit régional
  • Les États-Unis proposent un plan de paix incluant un cessez-le-feu temporaire, des restrictions sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, alors que le détroit d’Ormuz rouvre partiellement, faisant baisser les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a tiré mercredi des salves de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe et Israël, et celui-ci continue de bombarder Téhéran et le Liban, malgré la promesse américaine de négociations de paix qui a calmé les marchés.

Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi Donald Trump, ajoutant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent au processus.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés de l'Iran dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.

- L'Iran desserre l'étreinte sur Ormuz -

L'Iran a justement affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.

Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit.

En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.

Mais l'Iran, pour l'heure, n'a pas confirmé la moindre négociation.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu en début de semaine avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".

- Incendie à l'aéroport de Koweït -

La presse américaine évoque en outre l'envoi de 3.000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient, où la guerre ne donne aucun signe d'accalmie avec de nouvelles vagues d'attaques israéliennes contre l'Iran et le Liban, et de nouveaux tirs de missiles et de drones iraniens vers Israël, la Jordanie et plusieurs pays du Golfe.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que sur deux bases militaires américaines au Koweït, une en Jordanie et une au Bahreïn.

Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens.

Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile du pays, qui n'a pas fait état de victime.

De son côté, comme au cours des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran".

"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l'AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.

- Au moins 9 morts au Liban -

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids dans le sud du pays, région considérée par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.


Liban: Israël veut s'emparer d'une zone du sud, trois morts près de Beyrouth

Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • "Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée"
  • Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani

BEYROUTH: Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.

Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, Israël mène des frappes massives à travers le pays, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi à l'aube, des frappes israéliennes ont tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait?" 

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, au sud-est de Beyrouth.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

La frappe a notamment tué une fillette de quatre ans et fait quatre blessés, selon le ministère de la Santé.

Bchamoun n'est pas un bastion du Hezbollah, dont l'armée israélienne dit viser les combattants.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

Lundi après-midi, une frappe ciblée avait visé un immeuble de la ville d'Hazmieh, dans une zone résidentielle surplombant Beyrouth, proche du palais présidentiel et abritant de nombreuses ambassades, faisant un mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'un "terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, était visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que des membres des Gardiens de la Révolution iraniens, se trouvant au Liban, dirigeaient les opérations du Hezbollah.

L'accréditation de l'ambassadeur d'Iran a été retirée, Beyrouth lui donnant jusqu'à dimanche pour quitter le pays.

Incursion 

Dans la nuit, une série de frappes a visé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

L'Ani a aussi rapporté des frappes sur plusieurs régions de l'est et du sud, où des stations essence de la société al-Amana, qui selon Israël finance le Hezbollah, ont été visées.

Dans le sud, l'armée israélienne a visé la région de la ville côtière de Tyr, faisant cinq morts selon le ministère de la Santé.

Dans le même temps, elle a à nouveau frappé un pont sur le Litani, visé la veille, dans le cadre de son opération de destruction de plusieurs ponts sur ce fleuve reliant une partie du sud au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé s'opposer à la progression des forces israéliennes dans des localités frontalières, revendiquant notamment des attaques contre des soldats dans le village de al-Qaouzah ainsi que sur le nord d'Israël.

Selon l'Ani, une unité israélienne a effectué une incursion dans le village frontalier de Halta, où les soldats "ont effectué des perquisitions dans plusieurs maisons et ouvert le feu sur les habitants", tuant l'un d'entre eux et en blessant un autre.