Calais: des membres d'une «milice» anti-migrants condamnés à jusqu'à 18 mois de prison ferme

Ils molestaient leurs victimes à coups de barre de fer, de matraque ou de poing, avant de dérober leur argent et leurs téléphones portables. (Photo, AFP)
Ils molestaient leurs victimes à coups de barre de fer, de matraque ou de poing, avant de dérober leur argent et leurs téléphones portables. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 juin 2023

Calais: des membres d'une «milice» anti-migrants condamnés à jusqu'à 18 mois de prison ferme

  • Ils molestaient leurs victimes à coups de barre de fer, de matraque ou de poing, avant de dérober leur argent et leurs téléphones portables.
  • La bande a fait au moins six victimes, dont un adolescent et trois ressortissants syriens, molestés et détroussés le 21 janvier 2016 à Calais. Deux s'étaient vu décerner 10 jours d'ITT (incapacité totale de travail)

BOULOGNE-SUR-MER: Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer a infligé vendredi des peines allant jusqu'à 18 mois de prison ferme à l'encontre de huit hommes accusés d'avoir formé "une milice" et passé à tabac des migrants à Calais début 2016.

Le tribunal est allé sur le total des peines au-delà des réquisitions du parquet, qui avait requis jusqu'à un an de prison ferme, pointant un "discours de haine, transformé en passages à l'acte violent".

Cagoulés, gantés, vêtus de noir, ces hommes, âgés de 26 à 51 ans, agressaient de nuit, selon l'enquête, des migrants isolés, généralement en lisière de la "Jungle". Le tribunal les a tous reconnus coupables de violences.

Ils molestaient leurs victimes à coups de barre de fer, de matraque ou de poing, avant de dérober leur argent et leurs téléphones portables.

La peine la plus lourde, de 36 mois de prison dont 18 avec sursis, a été prononcée à l'encontre de Johnny P., également reconnu coupable de "port d'arme", et considéré dans l'enquête comme le bras droit du "meneur" présumé du groupe, Christophe G.

Le cas de ce dernier a été disjoint, sa citation à comparaître ayant été délivrée hors délai.

Seuls cinq des huit prévenus, aux profils contrastés, étaient présents jeudi à l'audience.

«Craintes des migrants»

Trois autres ont été condamnés à deux ans de prison, dont un avec sursis, et un quatrième à six mois ferme et 18 mois de sursis, pour certains d'entre eux également reconnus coupables de participation à un groupement formé en vue d’une atteinte aux personnes.

Parmi eux, Jefferson G., 31 ans, a qualifié jeudi le meneur présumé de "gourou". Mains tremblantes sur son sweat-shirt noir à l'effigie du super-héros déjanté Deadpool, il a juré avoir été "manipulé".

Un autre, Arnaud L., âgé à l'époque de 19 ans, a expliqué s'être "laissé enrôler" par son beau-père Johnny P..

"J'avais une crainte des migrants à cause de ce qu’on voyait sur les médias, sur les réseaux sociaux", a-t-il lâché à la barre. Mais lors de l'agression du 21 janvier, "j'ai vu les violences, et j’ai été choqué. Ca a été un déclic".

Placé deux mois en détention provisoire, le jeune homme s'est engagé en 2020 au sein de la Société nationale de sauvetage en mer, participant à de nombreuses opérations de secours aux migrants dans la Manche, qui lui ont valu une médaille et les félicitations du préfet maritime.

"Je n'ai pas les mots pour expliquer à quel point je regrette maintenant", a-t-il réagi à la décision, s'affirmant "soulagé" que l'affaire se termine.

«Patriotique»

Aucun mandat de dépôt n'a été ordonné pour ces peines aménageables, assorties pour tous les prévenus de l'interdiction de détenir une arme soumise à autorisation pendant cinq ans.

Les trois autres prévenus ont été condamnés à des peines avec sursis, la plus lourde, de 18 mois, prononcée à l'encontre de Nino P. Âgé de 35 ans, T-shirt moulant sur muscles tatoués, ce dernier a assumé avoir rejoint ce "commando".

Sa réponse, quand le président lui a demandé s'il se sentait en "croisade": "Oui, pour moi, c’était ça. Je suis patriotique: la France, on ne nous l'enlèvera pas".

La bande a fait au moins six victimes, dont un adolescent et trois ressortissants syriens, molestés et détroussés le 21 janvier 2016 à Calais. Deux s'étaient vu décerner 10 jours d'ITT (incapacité totale de travail).

"Traumatisme crâno-facial, fracture de l’orbite, hémorragie méningée": la cour a souligné la violence des blessures infligées aux victimes.

Christophe G., rencontré dans des manifestations anti-migrants ou sur les réseaux sociaux, disait vouloir "défendre les habitants" proches de la "Jungle", peuplée alors de plusieurs milliers de migrants, a expliqué Jefferson G.

Selon l'enquête, l'homme, qui nie tout rôle d'organisateur,  aurait d'abord proposé à ses complices de l'accompagner "prendre des photos" des "exactions" supposées des migrants, avant de suggérer la création d'une "garde calaisienne".

"Il voulait faire une milice", s'est souvenu jeudi le père de Jefferson, Stéphane G., 52 ans.


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.