GENÈVE: Le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale a dénoncé vendredi la propagation de stéréotypes racistes à l'encontre des Ukrainiens en Russie, en particulier dans les médias publics.
Il dénonce également le fait que la conscription en Russie touche "de manière disproportionnée" les minorités ethniques.
A l'occasion de sa dernière session qui s'est déroulée ces dernières semaines à Genève, ce comité, qui est composé de 18 experts indépendants, a procédé à l'examen de la situation en Russie, l'ensemble des 193 pays membres des Nations unies ayant l'obligation de se soumettre régulièrement à cette procédure.
Dans ses conclusions concernant la Russie, le comité se dit "profondément préoccupé" par "l'incitation à la haine raciale et la propagation de stéréotypes racistes à l'encontre des Ukrainiens de souche, en particulier à la radio et à la télévision publiques, sur internet et dans les médias sociaux, ainsi que par des personnalités publiques et des représentants du gouvernement".
Il déplore également "le manque d'informations sur les enquêtes, les poursuites, les condamnations et les sanctions" qui pourraient avoir été prises pour de tels actes et demande à Moscou de prendre des mesures pour surveiller et combattre ces discours haineux.
Le comité est également vivement préoccupé par les informations "faisant état de mobilisation et de conscription forcées", tant en Russie que sur d'autres territoires qu'elle contrôle, "qui touchent de manière disproportionnée les membres des minorités ethniques, y compris les peuples autochtones".
Les experts de l'ONU demandent à Moscou de mettre fin à ces pratiques.
Le comité juge par ailleurs que la définition des "activités terroristes" figurant dans le cadre législatif russe est "excessivement large et vague", selon un communiqué.
Une définition aussi floue "met en péril l'exercice légitime des droits à la liberté d'expression et d'association" et "est appliquée pour cibler les opérations et les activités des organisations de la société civile, des journalistes et des défenseurs des droits humains", disent-ils.