De la technologie à l’astronautique, des domaines autrefois fermés désormais accessibles aux Saoudiennes

Au cours de la dernière décennie, les femmes saoudiennes se sont retrouvées sous les feux des projecteurs (Photo fournie).
Au cours de la dernière décennie, les femmes saoudiennes se sont retrouvées sous les feux des projecteurs (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 08 mars 2023

De la technologie à l’astronautique, des domaines autrefois fermés désormais accessibles aux Saoudiennes

  • Les Saoudiennes ont retrouvé la place qui leur revient dans la société et sur le marché du travail grâce aux réformes des dirigeants saoudiens qui redessinent le paysage social
  • Les femmes saoudiennes sont aujourd’hui plus engagées que jamais dans les secteurs public et privé ainsi que dans la société civile

DJEDDAH: Au cours de la dernière décennie, les femmes saoudiennes se sont retrouvées sous les feux des projecteurs. Des milliers d’entre elles ont entamé pour la première fois des études et sont entrées sur le marché du travail, réussissant dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes et assumant des fonctions de direction.

Partout dans le monde, dans de nombreuses cultures différentes, les femmes sont confrontées à la stigmatisation sociale et à des obstacles professionnels. Elles sont régulièrement marginalisées, souvent au nom de la religion et de la coutume. Pendant de nombreuses années, cela a été le cas en Arabie saoudite.

Les autorités avaient déformé les enseignements fondamentaux de l’islam, alors qu’en réalité ces enseignements avaient accordé aux femmes un statut égal et des positions de premier plan dans la société bien avant que les concepts de droits de l’homme et d’égalité des sexes ne soient inscrits dans la loi.

Depuis la mise en œuvre des réformes par le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane ces dernières années, les Saoudiennes ont retrouvé la place qui leur revient dans la société et sur le marché du travail, mettant leurs compétences à l’épreuve dans presque tous les secteurs imaginables.

La conductrice Raneem Azzouz aux commandes d'un train à grande vitesse en direction de La Mecque (Photo fournie).

Le mois dernier, la Commission spatiale saoudienne (SSC) a annoncé que deux astronautes feraient partie de la mission privée Axiom 2 à destination de la Station spatiale internationale (ISS), dont le lancement est prévu l’année prochaine à bord du vaisseau spatial SpaceX Dragon.

Ali Alqarni et Rayyanah Barnawi, la première femme astronaute saoudienne, feront partie de l’équipage de quatre personnes qui passeront dix jours à bord de l'ISS, où ils mèneront 14 expériences biomédicales et physiques.

Mariam Fardous et Ali al-Ghamdi, qui font actuellement partie du Programme saoudien de vols spatiaux habités, seront également formés comme membres d’équipage de réserve pour la mission.

Un mois avant l’annonce de la Commission spatiale saoudienne, les autorités des transports ont déclaré que 34 conductrices de train avaient rejoint la neuvième force de recrutement chargée de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre La Mecque et Médine via Djeddah, dans la région occidentale du Royaume.

Ces astronautes et ces conductrices de train ne représentent qu’une infime partie des milliers de Saoudiennes qui affluent aujourd’hui dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques, des secteurs autrefois dominés par les hommes.

Le Royaume a lancé plusieurs programmes pour aider à développer le capital humain dans divers domaines – comme l’énergie, l’ingénierie, la technologie, la construction, la fabrication, l’intelligence artificielle, la recherche et l’innovation – afin de constituer une main-d’œuvre nationale qualifiée.

Le programme de réformes Vision 2030 de l’Arabie saoudite, conçu pour diversifier l’économie du Royaume afin de la rendre moins dépendante du pétrole et d’améliorer la qualité de vie en général, comprend une stratégie visant à égaliser les chances et à permettre aux candidats les plus qualifiés de progresser sur le marché du travail.

Les femmes sont aujourd’hui plus engagées que jamais dans les secteurs public et privé ainsi que dans la société civile, car ces réformes incitent les femmes à entrer sur le marché du travail, en protégeant leurs droits dans les secteurs traditionnellement dominés par les hommes.

De nos jours, les Saoudiennes suivent des formations pour devenir astronautes, ingénieures, architectes, mécaniciennes, soldates et professionnelles de la cybersécurité. Beaucoup d’autres se lancent dans les industries créatives, partageant le patrimoine et la culture du Royaume avec le reste du monde.

L'éducation constitue un pilier central de cette égalisation des chances. L’Arabie saoudite est parvenue à une alphabétisation quasi universelle, 95% des adultes et 99% des jeunes sachant désormais lire et écrire.

Le Dr Amal Shougair, vice-ministre des bourses au ministère de l’Éducation (Photo fournie).

En outre, le Royaume a enregistré une augmentation spectaculaire du nombre de jeunes qui s’inscrivent dans les universités et participent à des programmes d’études de niveau international. En effet, l’Arabie saoudite consacre une part importante de son PIB – davantage que la moyenne mondiale – à l’éducation.

Des milliers d’étudiants ont reçu des bourses par l’intermédiaire du ministère de l’Éducation et d’autres programmes pour fréquenter certaines des meilleures universités du monde. Ils rentrent chez eux avec les compétences et le savoir-faire nécessaires pour contribuer à la construction d’une économie moderne, dynamique et diversifiée.

Le Dr Amal Shougair, vice-ministre des bourses au ministère de l’Éducation, explique à Arab News que les filières proposées dans le cadre du programme de bourses sont fondées sur les besoins du marché du travail local. Elle indique que le ministère de l’Éducation mène ses recherches en coordination avec d’autres ministères et départements tous les ans afin de répondre à la demande de compétences spécifiques et de domaines d’expertise.

«Environ 40% des boursiers en 2023 étaient des femmes. C’est le plus grand nombre depuis le lancement du programme de bourses», précise-t-elle. «Le ministère sélectionne les 200 meilleures universités du monde dans divers domaines susceptibles de répondre aux besoins du marché du travail saoudien, proposant ainsi davantage de possibilités à tous», ajoute-t-elle.

Pour la prochaine décennie, la stratégie du ministère est de soutenir et de responsabiliser certains membres de la société afin d’assurer l’égalité des chances (Photo fournie).

«Nous sommes sélectifs en raison des besoins du marché, et nous avons donc autorisé les étudiants à s’inscrire dans des programmes de master et de doctorat, mais uniquement dans des domaines et des disciplines spécifiques, sur la base des recommandations de l’Autorité du Royaume pour le développement de la recherche et de l’innovation.»

Pour la prochaine décennie, la stratégie du ministère est de soutenir et de responsabiliser certains membres de la société afin d’assurer l’égalité des chances entre les hommes et les femmes par le biais de diverses initiatives, comme l’inscription d’étudiants à des programmes de stage ou de formation coopérative dans des entreprises avant l’obtention de leur diplôme.

«La stratégie de 2022 était différente des stratégies précédentes car elle a mis l’accent sur la qualité des résultats plutôt que sur la quantité d’étudiants», souligne le Dr Shougair. «Notre objectif est que nos étudiants s’inscrivent dans des universités d’élite, les 30 meilleures universités du monde.»

Bien que le nombre de femmes médecins et scientifiques continue de croître en Arabie saoudite, le Dr Shougair affirme que la mentalité a changé pour beaucoup d’entre elles, qui cherchent à se spécialiser dans des domaines autrefois fermés aux générations précédentes. «Les femmes d’aujourd’hui réfléchissent de manière plus stratégique, en trouvant des voies qui peuvent les soutenir et les aider à exceller si elles en ont l’occasion», poursuit le Dr Shougair. «Elles n’ont plus peur de l’inconnu et font les premiers pas vers leur avenir.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: 400 tonnes d'aide alimentaire envoyées par la France arrivent en Egypte

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
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  • L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber
  • Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza

PORT-SAID: Un porte-conteneur transportant près de 400 tonnes d'aide alimentaire envoyée par la France à Gaza est arrivé mercredi sur les côtes égyptiennes, ont annoncé le gouverneur de Port-Saïd et l'ambassade française en Egypte.

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich, la ville la plus proche du territoire palestinien, dans le nord de l'Egypte.

L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber.

Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza.

L'aide est destinée à "plus de 42.000 enfants âgés de 6 mois à 2 ans", a indiqué l'ambassade française dans un communiqué, sans dire quand la marchandise devait arriver à Gaza.

M. Habachi a assuré dans un communiqué de son bureau que "toutes les dispositions ont été prises pour garantir le passage fluide" du convoi humanitaire français vers Gaza.

"Il est impératif qu'Israël supprime tous les obstacles entravant la capacité de l'ONU et des ONG à acheminer l'aide humanitaire de manière indépendante et neutre dans l'ensemble de la bande de Gaza", a indiqué l'ambassade.

Affrété par la fondation de l'armateur français CMA CGM, le paquebot Tokyo qui transporte l'aide était parti du Havre mi-janvier, selon l'ambassade.

Le point de passage de Rafah --le seul entre Gaza et le monde extérieur qui ne passe pas par Israël-- a rouvert cette semaine au compte-gouttes.

Les autorités israéliennes, qui l'avaient fermé en mai 2024, n'ont pas accepté pour l'heure l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.

Jusqu'à présent, quelques dizaines de Palestiniens l'ont emprunté dans les deux sens, essentiellement des malades ou des blessés évacués vers l'Egypte et accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer les termes de l'accord de cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Mercredi, des bombardements israéliens ont fait 23 morts dans le territoire palestinien, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Après le cessez-le-feu, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome, avait déclaré que la famine était terminée à Gaza, mais avait alerté sur des niveaux élevés d'insécurité alimentaire.


Nouvelles frappes israéliennes meurtrières à Gaza

Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
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  • Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens
  • "Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant

GAZA: Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Le poste frontalier de Rafah avec l'Egypte, seul accès vers le monde extérieur pour les habitants du territoire assiégé par Israël, reste pendant ce temps entrouvert sous de très strictes conditions.

Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens.

"Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant, Abou Mohammed Haboush, dont le fils a été tué à Gaza-ville, dans le nord. "De jeunes enfants ont été tués, mon fils et mon neveu sont parmi les morts", a-t-il ajouté.

Des images de l'AFP dans cette ville ont montré des proches de victimes priant dans l'enceinte de l'hôpital Al-Chifa, où étaient allongés des corps enveloppés de linceuls blancs.

Un secouriste tué 

Le directeur de l'hôpital, Mohammed Abu Salmiya, a déclaré que 14 morts et des dizaines de blessés y avaient été transportés. Il a dénoncé "une situation extrêmement difficile dans les hôpitaux du territoire, en raison des graves pénuries de médicaments et d'équipements".

D'autres frappes ont visé le secteur d'Al-Mawasi à Khan Younès, dans le sud de Gaza, où des dizaines de milliers de déplacés vivent sous des abris de fortune.

Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé la mort d'un de ses secouristes, Hassan Hussein Al-Samiri, durant une intervention pour évacuer des blessés dans cette zone.

L'armée a déclaré avoir tué mercredi dans une frappe dans le sud de Gaza un commandant du Hamas, Bilal Abou Assi, présenté comme le chef du commando auteur d'un assaut contre le kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023, lors des attaques qui ont déclenché la guerre.

Elle a indiqué avoir mené cette frappe en riposte à des tirs qui ont blessé un officier dans le nord de Gaza.

L'armée a aussi annoncé avoir tué un commandant du Jihad islamique, Ali Raziana, ainsi que le chef d'une "cellule terroriste" du Hamas, Muhammad Issam Hassan al-Habil, accusé d'être l'auteur du meurtre d'une soldate israélienne, Noa Marciano, prise en otage le 7 octobre 2023.

Elle a assuré avoir pris des mesures "afin de limiter autant que possible les dommages aux civils".

"Retrouver mon pays" 

Dans ce contexte de trêve très précaire, Israël avait accepté de rouvrir partiellement lundi le passage de Rafah, fermé depuis mai 2024.

Seuls quelques dizaines de Palestiniens de Gaza ont transité jusqu'à présent dans les deux sens, essentiellement des malades ou blessés évacués vers l'Egypte, accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Pendant la nuit, un autocar transportant des Palestiniens de retour d'Egypte est arrivé à Khan Younès, selon des images de l'AFP. Des femmes et des enfants en sont descendus, accueillis par leurs proches impatients de les serrer dans leurs bras.

"Je ne peux décrire ce que je ressens", a confié une Palestinienne, Fariza Barabakh. "Je suis si heureuse de retrouver mon mari, mes enfants, ma famille, mes bien-aimés, et bien sûr, retrouver mon pays".

"Le sentiment d'appartenir à une terre est plus important que tout autre", a-t-elle ajouté.

Aux termes du plan de Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, le passage de Rafah devait rouvrir une fois libérés les derniers otages retenus à Gaza.

Mais les autorités israéliennes n'ont pas accepté pour l'heure de rouvrir totalement la frontière, comme réclamé par les organisations humanitaires pour permettre un afflux de l'aide internationale.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 556 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le 10 octobre, tandis que l'armée a annoncé avoir perdu quatre soldats.

 


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
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  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com