TotalEnergies: la CGT dénonce un «chantage» à l'emploi de la direction à l'égard des grévistes

Sur cette photo d'archive prise le 19 octobre 2022, un drapeau syndical CGT flotte devant des travailleurs qui ont voté la fin de la grève à la raffinerie TotalEnergies de Donges, dans l'ouest de la France. (AFP).
Sur cette photo d'archive prise le 19 octobre 2022, un drapeau syndical CGT flotte devant des travailleurs qui ont voté la fin de la grève à la raffinerie TotalEnergies de Donges, dans l'ouest de la France. (AFP).
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Publié le Lundi 06 mars 2023

TotalEnergies: la CGT dénonce un «chantage» à l'emploi de la direction à l'égard des grévistes

  • Les responsables des raffineries de Normandie et de Feyzin (Rhône) ont diffusé des vidéos en interne «pour dire qu'en gros, on sortait déjà d'une période compliquée, que remettre le couvert en termes de grève, ce serait mettre en péril les sites»
  • Sur la plateforme de Normandie, M. Sellini dénonce un «chantage à l'investissement sur l'environnement», confirmant une information de BFM Business

PARIS : La CGT du groupe TotalEnergies a dénoncé lundi un "chantage" à l'emploi et à l'investissement exercé par la direction de deux raffineries à l'égard des salariés souhaitant faire grève mardi contre le projet de réforme des retraites.

Les responsables des raffineries de Normandie et de Feyzin (Rhône) ont diffusé des vidéos en interne "pour dire qu'en gros, on sortait déjà d'une période compliquée, que remettre le couvert en termes de grève, ce serait mettre en péril les sites", a déclaré à l'AFP Eric Sellini, coordinateur CGT pour le groupe, qui a dénoncé un "chantage à l'emploi".

Sur la plateforme de Normandie, M. Sellini dénonce un "chantage à l'investissement sur l'environnement", confirmant une information de BFM Business.

La raffinerie de Normandie, en pointe dans un mouvement de grève pour les salaires à l'automne dernier, avait subi un arrêt de sa production pendant plusieurs semaines.

"J'appelle à votre responsabilité afin de préserver notre outil industriel qui génère beaucoup d'emploi et de fierté. Une bonne disponibilité de nos installations est nécessaire pour justifier les investissements futurs dont la plateforme a besoin tels que notre transition énergétique", écrit dans un message interne, transmis à l'AFP et authentifié par la direction du site, le directeur du site de Normandie David Marion.

Des éléments de langage repris peu ou prou par le directeur de la plateforme de Feyzin, Gilles Noguérol, dans une vidéo que l'AFP a pu visionner: soulignant une lourde perte financière subie par la raffinerie l'an dernier, il a fait lui aussi appel à la "responsabilité" des employés pour "préserver" l'outil de travail "qui génère tant d'emplois et tant de fierté", estimant que l'avenir du site "passait par une disponibilité technique, mais (...) aussi par une disponibilité sociale".

"On trouve indécent ce genre de propos et ça ne fait qu'accroître la motivation des camarades pour que le mouvement de grève soit d'ampleur", a assuré M. Sellini.

Contactée par l'AFP, la direction du groupe a indiqué être "au courant des messages adressés par les directeurs de raffinerie aux employés sur site" et assuré qu'"il ne s'agissait en aucun cas de chantage à l'investissement puisque les investissements d'efficacité énergétique pour limiter [les] émissions de CO2 étaient un engagement de la direction générale et seraient maintenus".

"Dans le cadre du mouvement social cette semaine, TotalEnergies rappelle que la compagnie respecte scrupuleusement le droit de grève tout en appelant l'ensemble des acteurs à la responsabilité", a-t-elle ajouté.

"On n'a jamais eu un tel dispositif de tournée de l'encadrement auprès des salariés, on n'a jamais connu ça en amont d'une grève", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la CGT de la plateforme de Normandie Alexis Antonioli, qui y voit de la "fébrilité".

En cas de réquisitions dans les raffineries pour mettre fin aux grèves, "cette fois-ci on les empêchera, par la convergence de masse devant les sites réquisitionnés", a-t-il prévenu.


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen «n'est pas un coup de force», dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »