Sept ans de prison pour une Française restée six ans en Syrie en terre djihadiste

Benjamine d'une fratrie née de parents sénagalais, Oumou S. a grandi dans la ville des Mureaux (Yvelines), près de Paris (Photo, AFP).
Benjamine d'une fratrie née de parents sénagalais, Oumou S. a grandi dans la ville des Mureaux (Yvelines), près de Paris (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 février 2023

Sept ans de prison pour une Française restée six ans en Syrie en terre djihadiste

  • À 19 ans, l'étudiante en BTS enfouit quelques vêtements dans un sac-poubelle et s'envole clandestinement pour la Syrie
  • Elle sera incarcérée en France en avril 2021 à son retour de Syrie via la Turquie

PARIS: Une Française de 28 ans a été condamnée jeudi à Paris à sept ans de prison pour "association de malfaiteurs terroriste", pour avoir gagné la Syrie en 2014 et y avoir vécu plus de six ans au sein de groupes djihadistes.

Benjamine d'une fratrie née de parents sénagalais, Oumou S. a grandi dans la ville des Mureaux (Yvelines), près de Paris. Sa famille musulmane est peu pratiquante, contrairement à elle.

À 19 ans, l'étudiante en BTS enfouit quelques vêtements dans un sac-poubelle et s'envole clandestinement pour la Syrie. Elle sera incarcérée en France en avril 2021 à son retour de Syrie via la Turquie.

"J'étais en manque de repères, de stabilité psychologique et sociale", a-t-elle expliqué, au tribunal correctionnel, robe rouge et noire, et cheveux très courts.

Elle dit avoir insisté pour accompagner Damien Omet, visé aujourd'hui par un mandat d'arrêt européen et international. "On était deux pauvres gamins mal dans leur peau", lâche-t-elle pour expliquer son départ avec celui qu'elle n'avait vu physiquement que "deux ou trois fois seulement".

Lui deviendra "un combattant investi", notamment dans le groupe armé du Jaysh Mohamed, proche du Front Al-Nosra alors allié à Al-Qaïda.

Elle assure s'être cantonnée aux tâches ménagères avant d'avoir deux enfants en 2016 et 2018, dont elle est aujourd'hui sans nouvelle. Ils seraient encore à Idlib, "peut-être ensevelis", après le séisme de lundi, s'est-elle désolée dans un rare moment d'émotion où sa colère et les larmes ont percé.

"Je ne me suis jamais intéressée à la question du djihad", mais "j'étais avide de liberté", dit-elle pour expliquer sa fuite tant de sa famille décrite comme non aimante, que de la katiba du groupe d’Oumar Diaby (alias Omar Omsen), qu'elle avait rejoint dès son arrivée en Syrie. Elle décrit cet ancien délinquant franco-sénégalais - soupçonné d'avoir convaincu de nombreux Français de rejoindre le djihad armé - comme "le fou du village", "un fieffé manipulateur" lubrique abusant des femmes.

Alors qu'elle assure avoir voulu quitter très vite les "hommes abjects" de ce groupe, elle ne prendra attache avec les autorités consulaires françaises qu'en 2020 après avoir été arrêtée, dit-elle, lors d'un repérage sans ses enfants pour franchir la frontière avec la Turquie.

"Son départ interroge sur sa véritable motivation et ses enjeux" et elle "ne pouvait ignorer les activités criminelles de ces groupes djihadistes", a dit le tribunal en rendant sa décision qui comprend également un suivi socio-judiciaire de trois ans. Il a souligné toutefois "sa bonne conduite en détention" et "son évolution positive assez rassurante".

"La vie de cette éternelle incomprise, sans attaches ni personne pour la soutenir, n'est qu'une fuite en avant", avait plaidé son avocat Louis Heloun, qui voit comme "une lueur d'espoir" le fait que le tribunal n'a pas retenue la peine de sûreté de deux tiers demandé par le procureur qui avait requis par ailleurs huit ans de prison.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».