Les macronistes ont gardé des «réflexes de majorité absolue», relève une experte

Une majorité absolue dit 'on a un président qui doit accomplir son programme parce qu'il a été élu pour ça, donc on peut s'en remettre à des pratiques peu orthodoxes'. (AFP).
Une majorité absolue dit 'on a un président qui doit accomplir son programme parce qu'il a été élu pour ça, donc on peut s'en remettre à des pratiques peu orthodoxes'. (AFP).
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Publié le Mercredi 14 décembre 2022

Les macronistes ont gardé des «réflexes de majorité absolue», relève une experte

  • Le camp présidentiel a gardé des «réflexes de majorité absolue» dans sa pratique parlementaire
  • Son usage «inédit» de l'«obstruction» lors de l'examen houleux d'un texte sur les soignants non-vaccinés fin novembre en a donné l'illustration

PARIS : Malgré une majorité désormais relative, le camp présidentiel a gardé des "réflexes de majorité absolue" dans sa pratique parlementaire, au risque de souder les oppositions avant de grandes batailles comme la réforme des retraites, observe la juriste Chloë Geynet-Dussauze.

Son usage "inédit" de l'"obstruction" lors de l'examen houleux d'un texte sur les soignants non-vaccinés fin novembre en a donné l'illustration, estime la maître de conférence en droit public, auteure d'une thèse sur ce procédé parlementaire, dans un entretien avec l’AFP.

Les oppositions se sont offusquées d'une "obstruction" pratiquée par le camp présidentiel. Est-ce une réalité ?

"Habituellement, cette pratique qu'on appelle 'l'obstruction parlementaire' est le fait de l'opposition, pour marquer son rejet total d'un texte et rendre sa politique alternative visible auprès des médias et de l'opinion, en utilisant tous les outils de la procédure à sa disposition.

C'est assez classique et les exemples célèbres ne manquent pas, comme celui de la loi sur le mariage pour tous, ou plus récemment avec le dépôt de milliers d'amendements contre la réforme des retraites en 2020 par LFI. Le gouvernement dispose toutefois d'outils pour contrer cette pratique.

Mais on a vu effectivement un phénomène moins habituel qui est l'utilisation de 'l'obstruction' par la majorité présidentielle et le gouvernement pour empêcher la proposition de loi de LFI sur les soignants non-vaccinés d'être adoptée".

Est-ce quelque chose d'inédit sous la Vème République?

"Il y a déjà eu des cas de gouvernements faisant de l'obstruction, mais pour gagner du temps afin d'empêcher le rejet de leur texte. Par exemple lors du débat sur le Pacs en 1998: lors d'une séance, il n'y avait pas assez de députés de la majorité dans l'hémicycle et la ministre de la Justice Elisabeth Guigou a pris la parole très longuement dans l'espoir de voir sa majorité la rejoindre en séance, sans succès d'ailleurs.

Ce qui est vraiment inédit avec ce qui s'est passé sur le texte LFI, c'est qu'il s'agissait d'empêcher un texte d'être voté. Numériquement minoritaire (avec le soutien du RN, de LR et des députés ultra-marins, le texte aurait probablement été adopté si un vote avait eu lieu, ndlr), la majorité parlementaire a tout mis en œuvre, avec le concours du gouvernement, pour empêcher qu'on arrive au vote, en déposant des centaines de sous-amendements, en faisant des rappels au règlement, des demandes de suspensions de séance...

L'atteinte démocratique est accentuée par le fait que ça s'est passé lors d'une +niche parlementaire+, cet espace dédié aux groupes minoritaires, lors duquel les débats s'achèvent forcément à minuit. Le même scénario s’est en partie reproduit une semaine plus tard pour un texte examiné lors d'une 'niche' LR, auquel le camp présidentiel s'opposait, mais les oppositions se sont mises d'accord pour retirer tous leurs amendements et permettre au texte d'être adopté.

Cette pratique de la majorité dit quelque chose sur sa capacité à tolérer l'expression de l'opposition. D'un point de vue de juriste, ça paraît vraiment contre-nature".

Est-ce que cet épisode peut laisser des traces?

"C'est un basculement et ça illustre une forme de résilience des réflexes d'une majorité absolue, qui dit 'on a un président qui doit accomplir son programme parce qu'il a été élu pour ça, donc on peut s'en remettre à des pratiques peu orthodoxes', mais ça ne peut plus marcher comme cela avec la nouvelle configuration.

La première conséquence, c'est que ça cristallise les rapports entre le bloc majoritaire et le bloc d'opposition. Et c'est justement quand les rapports sont les plus cristallisés que se développe l'obstruction parlementaire. C'est une stratégie contre-productive parce qu'elle facilite l'alliance des oppositions, ce qui peut les mener à se structurer pour mener le combat.

Cela montre aussi la nécessité de revoir ce système des 'niches parlementaires'. Chaque groupe n'en a actuellement qu'une par an et au vu de la configuration de l'Assemblée, on ne peut plus leur consacrer si peu de temps. Les groupes minoritaires ne peuvent pas être mis de côté pendant cinq ans".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.