Biden et Macron affichent une entente parfaite malgré les différends

Le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 02 décembre 2022

Biden et Macron affichent une entente parfaite malgré les différends

  • «Nous resterons unis pour s'opposer à la brutalité» de la Russie en Ukraine, a affirmé le président américain lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français
  • «Les Etats-Unis ne pourraient pas demander de meilleur partenaire avec qui travailler que la France», a affirmé le dirigeant américain

WASHINGTON: Joe Biden et Emmanuel Macron ont affiché jeudi avec force leur bonne entente et proximité personnelle, s'engageant d'une même voix à soutenir l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra" et à "coordonner" leur réponse vis-à-vis de la Chine, ainsi qu'à gérer leurs différends pour cette visite en grande pompe du président français aux Etats-Unis.

"Nous resterons unis pour s'opposer à la brutalité" de la Russie en Ukraine, a affirmé le président américain lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français, qui a lancé: "On veut réussir ensemble, pas l'un contre l'autre".

Les présidents américain et français se sont notamment engagés à fournir à l'Ukraine "une aide politique, sécuritaire, humanitaire et économique aussi longtemps qu'il le faudra", y compris en renforçant la défense anti-aérienne de ce pays, selon un communiqué conjoint publié à l'issue d'une rencontre de plus d'une heure dans le Bureau ovale à la Maison Blanche.

Sur la Chine, ils se sont engagés à "coordonner" la réponse de leurs pays aux "défis posés" par le géant asiatique, notamment en matière de droits humains et à travailler "avec la Chine sur des sujets mondiaux d'importance, comme le changement climatique".

Les deux dirigeants ont aussi exprimé leur désir de "renforcer le partenariat entre les Etats-Unis et l'Union européenne sur l'énergie propre et le climat" et se sont engagés à travailler pour "synchroniser" leurs approches en matière d'industrie verte, après des frictions autour des subventions accordées par les Etats-Unis aux produits "Made in USA". M. Macron a dénoncé des mesures "super agressives" pour les entreprises européennes.

Les deux hommes avaient auparavant réaffirmé la solidité de l'alliance entre les Etats-Unis et la France.

"Les Etats-Unis ne pourraient pas demander de meilleur partenaire avec qui travailler que la France", a affirmé le dirigeant américain depuis les jardins de la Maison Blanche.

"Notre destin commun est de répondre ensemble" aux défis du monde, lui a répondu le président français. "Nos deux nations sont sœurs dans leur combat pour la liberté", a-t-il assuré, appelant à ce que la France et les Etats-Unis redeviennent "frères d'armes".

Vingt-et-un coups de canon, les hymnes nationaux, une fanfare... le tout sous un grand soleil d'hiver: Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont été fastueusement reçus lors de cette visite d'Etat, soigneusement calibrée pour afficher la bonne entente.

En route vers le Bureau ovale, le président français a d'ailleurs été vu la main sur l'épaule de Joe Biden... à plus de trois reprises.

Le chef d'Etat est le premier à qui le président américain réserve un tel traitement depuis son investiture en janvier 2021.

L'octogénaire démocrate se fait fort, après les convulsions de la présidence de Donald Trump, de resserrer les liens avec les partenaires traditionnels des Etats-Unis, dont leur "plus vieil allié", la formule consacrée à Washington pour désigner la France.

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Le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden accueillent le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron à la Maison Blanche à Washington, DC, le 1er décembre 2022. (Photo, AFP)

Sous-marins

Cela n'avait pourtant pas très bien commencé avec son homologue français. En septembre 2021, les Etats-Unis avaient annoncé une spectaculaire nouvelle alliance militaire avec le Royaume-Uni et l'Australie, soufflant à la France un énorme contrat de sous-marins.

Joe Biden, sans revenir sur le fond de la décision, avait reconnu une "maladresse". Il a depuis tout fait pour apaiser Emmanuel Macron, un processus qui, selon les analystes, culmine dans cet accueil solennel à Washington.

Depuis un autre sujet de dissension est apparu: voulant redynamiser son industrie et rassurer une classe moyenne ébranlée par la mondialisation, tout en tenant tête à Pékin, le président démocrate a en particulier fait voter un gigantesque programme d'investissements, le "Inflation Reduction Act" qui inquiète les Européens.

Mais jeudi, il a assuré que les créations d'emplois ne se fassent pas aux dépens de l'Europe.

Macron confirme qu'il parlera dans les prochains jours avec Poutine

Le président français Emmanuel Macron a confirmé qu'il s'entretiendrait dans les prochains jours avec son homologue russe Vladimir Poutine, dans une interview à la télévision américaine.

"Je voulais d'abord faire la visite d'Etat et avoir une discussion poussée avec le président Biden et nos équipes ensemble", a expliqué M. Macron sur la chaîne ABC, indiquant qu'il parlerait au président russe "dans les prochains jours".

Emmanuel Macron a appelé jeudi à "une paix durable" pour mettre fin à ce conflit.

"Une paix juste n'est pas une paix qui sera imposée aux Ukrainiens", a-t-il souligné. "Une paix juste n'est pas une paix qui ne serait pas acceptée à moyen ou long terme par l'une des deux parties".

Vladimir Poutine "a fait une erreur", a martelé Emmanuel Macron.

"Est-il impossible de revenir à la table des discussions et négocier quelque chose? Je pense que c'est toujours possible", a-t-il poursuivi.

Le dernier entretien officiel entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine remonte au 11 septembre.

Le président français avait déclaré la semaine dernière qu'il comptait avoir "un contact direct avec le président russe "sur les sujets nucléaire civil en premier chef et la centrale de Zaporijjia".

Emmanuel Macron souhaite rappeler à M. Poutine les exigences de la France: "que les troupes russes quittent l'Ukraine et que la souveraineté ainsi que l'intégrité territoriale de l'Ukraine soient rétablies", avait expliqué l'Elysée.

Diplomatie et gala 

"Vous allez peut-être régler votre problème mais vous allez aggraver le mien", a dit Emmanuel Macron à des parlementaires américains, en insistant sur la nécessité pour la France aussi de soutenir la classe moyenne et l'emploi.

Ces choix "vont fragmenter l'Occident", a-t-il ensuite martelé devant la communauté française. Ils "ne peuvent fonctionner que s'il y a une coordination entre nous, si on se décide ensemble, si on se resynchronise".

Le président Macron devait encore se rendre jeudi au département d'Etat pour un déjeuner en présence la vice-présidente Kamala Harris avant de participer au dîner de gala dans la soirée à la Maison Blanche.

Sur des tables chargées de chandeliers et de fleurs aux couleurs des deux pays seront servis du homard, du boeuf et un gâteau à l'orange.

Mais aussi - et la First Lady Jill Biden a particulièrement insisté sur ce point - des fromages américains.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.