Attentats de janvier 2015 en France: perpétuité et 20 ans de réclusion requis en appel

Ce croquis d'audience réalisé le 26 octobre 2020 montre Ali Riza Polat, accusé de complicité des crimes commis en janvier 2015 par Amedy Coulibaly et les frères Saïd et Chérif Kouachi. (Photo, AFP)
Ce croquis d'audience réalisé le 26 octobre 2020 montre Ali Riza Polat, accusé de complicité des crimes commis en janvier 2015 par Amedy Coulibaly et les frères Saïd et Chérif Kouachi. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 18 octobre 2022

Attentats de janvier 2015 en France: perpétuité et 20 ans de réclusion requis en appel

Ce croquis d'audience réalisé le 26 octobre 2020 montre Ali Riza Polat, accusé de complicité des crimes commis en janvier 2015 par Amedy Coulibaly et les frères Saïd et Chérif Kouachi. (Photo, AFP)
  • Le ministère public a demandé la plus lourde peine, la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, à l'égard du Franco-Turc Ali Riza Polat
  • Pendant trois jours de terreur, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly avaient ciblé Charlie Hebdo à Paris, puis tué une policière à Montrouge, en région parisienne, avant de mener une prise d'otages dans un Hyper Cacher de la capitale

PARIS: Près de huit ans après les attentats djihadistes ayant visé l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un magasin Hyper Cacher en France, l'accusation a requis mardi la perpétuité et 20 ans de réclusion contre les deux accusés rejugés en appel à Paris pour leur rôle présumé dans ces attaques ayant fait 17 victimes. 

Le ministère public a demandé la plus lourde peine, la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, à l'égard du Franco-Turc Ali Riza Polat, accusé de complicité des crimes commis en janvier 2015 par Amedy Coulibaly et les frères Saïd et Chérif Kouachi. 

Pendant trois jours de terreur, du 7 au 9 janvier 2015, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly avaient ciblé Charlie Hebdo à Paris, puis tué une policière à Montrouge, en région parisienne, avant de mener une prise d'otages dans un Hyper Cacher de la capitale, lors d'attaques "coordonnées" bien que revendiquées par deux organisations distinctes, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) et l'Etat islamique (EI). 

Leur périple meurtrier avait pris fin avec leur mort lors d'un double assaut policier. 

Ali Riza Polat, condamné en première instance en décembre 2020 à trente ans de réclusion criminelle, était "au coeur des préparatifs de ces tueries monstrueuses", a estimé l'avocate générale Manon Brignol, qui a souligné la "dangerosité extrême" de cet homme de 37 ans. 

"Je vous demande de nous protéger", a-t-elle dit à la cour d'assises spéciale, en sollicitant la peine maximale contre M. Polat, déjà réclamée par l'accusation lors du premier procès. 

Ali Riza Polat était le "bras droit" d'Amedy Coulibaly, auprès duquel il était "omniprésent" et "jusqu'à la dernière heure", et a "apporté une aide déterminante aux terroristes" à la fois matérielle et dans la recherche et la fourniture d'armes, a appuyé Mme Brignol. 

Dans la première partie d'un réquisitoire à deux voix, sa collègue du parquet général Delphine Thibierge a requis en fin de matinée à l'encontre du second accusé, Amar Ramdani, une peine de vingt ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. 

Pour l'accusation, malgré ses dénégations, Amar Ramdani, un autre proche de Coulibaly, a bien fourni les armes qui ont "servi à tuer" cinq des victimes des attentats. 

« Rien à voir » 

L'enquête titanesque et les débats, en première comme en deuxième instance, n'ont pas permis de lever toutes les zones d'ombre entourant le circuit des armes s'étant retrouvées en possession des trois djihadistes. 

La provenance des fusils d'assaut utilisés par les Kouachi pour commettre leur massacre dans les locaux de Charlie Hebdo et exécuter dans leur fuite le policier Ahmed Merabet n'a pu être établie. 

L'ADN d'Amedy Coulibaly avait été découvert sur l'une des kalachnikovs des Kouachi, ce qui "laisse penser" pour l'accusation que le futur tueur de l'Hyper Cacher aurait pu les leur fournir. 

Les armes de Coulibaly proviennent, elles, de trafiquants de la région de Lille (nord), condamnés dans une procédure distincte. 

Selon le ministère public, Amedy Coulibaly a "actionné" deux filières d'approvisionnement distinctes, l'une lilloise, par l'intermédiaire notamment d'Amar Ramdani, l'autre belge, avec l'aide "très active" d'Ali Riza Polat. 

En l'absence d'aveux et de traces ADN reliant les deux hommes aux pistolets et fusils d'assaut, les accusations se fondent essentiellement sur des déplacements des deux accusés dans le nord de la France ou dans la région de Charleroi, révélés par l'examen de leur téléphonie. 

A l'issue du premier procès, qui s'était soldé par les condamnations des onze accusés présents à des peines allant de quatre ans d'emprisonnement à trente ans de réclusion, seuls Ali Riza Polat et Amar Ramdani, les plus lourdement condamnés, avaient fait appel. 

Amar Ramdani, 41 ans, est lui rejugé pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. 

Lors des débats, souvent vifs, il a répété n'avoir "rien à voir avec les armes, rien à voir avec l'islam, rien à voir avec le terrorisme", avançant une simple "relation amicale" avec Amedy Coulibaly, un ancien "pote de prison" avec lequel il "rigolait bien". 

La défense aura la parole mercredi. Le verdict est attendu jeudi soir. 

 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.