Au procès des attentats de janvier 2015, les retrouvailles glaciales d'ex-coaccusés

Ali Riza Polat a été condamné à trente ans de réclusion criminelle en première instance (Image, AFP).
Ali Riza Polat a été condamné à trente ans de réclusion criminelle en première instance (Image, AFP).
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Publié le Jeudi 29 septembre 2022

Au procès des attentats de janvier 2015, les retrouvailles glaciales d'ex-coaccusés

  • Les deux hommes s'étaient quittés en décembre 2020 après trois mois d'audience où avaient fusé insultes et invectives
  • La tête posée sur ses bras, Ali Riza Polat reste coi dans le box, jetant quelques brèves œillades à son ex-coaccusé Willy Prevost

PARIS: "C'est pas ma faute s'il a pris 30 ans !". Deux ans après leurs condamnations dans le dossier des attentats de janvier 2015, deux proches d'Amedy Coulibaly ont de nouveau confronté leurs versions mercredi au procès en appel de ces attaques, où l'un est le principal accusé et l'autre un témoin à charge.

L'air las dans le box, Ali Riza Polat, rejugé pour complicité d'assassinats terroristes, n'a pas un regard vers les écrans où apparaît son ancien coaccusé, Willy Prevost, auditionné depuis la prison où il purge une peine - définitive - de treize ans de réclusion pour terrorisme.

Les deux hommes s'étaient quittés en décembre 2020 après trois mois d'audience où avaient fusé insultes et invectives, Ali Riza Polat accusant Willy Prevost de l'avoir "balancé" à la juge d'instruction et d'avoir "menti" à son égard pour "protéger sa peau".

Crâne rasé, doudoune sombre sur le dos, Willy Prevost semble se demander ce qu'on attend de lui. "Ce que j'ai dit en première instance, c'est toujours pareil", explique-t-il à la cour d'assises spéciale de Paris, qui rejuge M. Polat et un autre homme, Amar Ramdani, accusé de soutien logistique.

Peu expansif, il reconfirme avoir acheté du matériel pour Amedy Coulibaly, avec lequel il a grandi à Grigny (Essonne). Il admet encore une fois par un "ouais, c'est ça" avoir enlevé le traqueur GPS de la moto utilisée par Coulibaly pour l'attaque de Montrouge.

Willy Prevost maintient aussi ses déclarations à la juge d'instruction, à laquelle il avait dit qu'Ali Riza Polat avait convoyé des armes en août 2014 pour Amedy Coulibaly.

Il opine également quand on lui demande si le 7 janvier 2015, quelques heures après le massacre perpétré par les frères Chérif et Saïd Kouachi à Charlie Hebdo, il a bien remis des "éléments compromettants" - dont ses téléphones - à Ali Riza Polat sur sa demande "insistante", voire "menaçante".

«Perdre la tête»

Ali Riza Polat, qui a toujours contesté tout lien avec les attentats qui ont fait 17 morts entre les 7 et 9 janvier 2015, a été condamné à trente ans de réclusion criminelle en première instance pour son "rôle particulièrement actif et transversal" dans la logistique des attaques.

Lui assure connaître les "vrais protagonistes" et répète à la cour qu'il a "donné tous les noms" des "personnes concernées", qu'elles pourront "donner les détails" et qu'ainsi "la vérité sortira".

"Faut arrêter d'impliquer des gens comme ça dans ce dossier, (...) d'inventer des choses", maugrée Willy Prevost. "Tout ce que j'ai dit, je le maintiens."

"Polat a été impliqué, comme moi (...), sauf que lui il ouvre pas les yeux", poursuit le témoin.

La tête posée sur ses bras, Ali Riza Polat reste coi dans le box, jetant quelques brèves œillades à son ex-coaccusé.

Son avocat Moad Nefati, lui, attaque: "Plus on dit de choses, plus on dit de bêtises, M. Prevost. Et on s'expose au retour du réel".

"Vous maintenant, vous êtes tiré d'affaire", poursuit-il, aussitôt interrompu par un Willy Prevost piqué au vif.

"Comment je suis tiré d'affaire? C'est pas ma faute s'il a pris 30 ans! Je réponds plus aux questions, j'ai plus rien à dire", s'emporte le témoin, avant de poursuivre toutefois.

"Là vous êtes en train de retourner la situation: comme je suis condamné, vous dites que j'ai fait plus de choses que Polat, vous êtes en train de me faire porter le chapeau, là vous êtes en train de me dire 'T'as pris 13 ans, c'est rien'", s'énerve Willy Prevost.

Ses dernières paroles sont pour son ancien coaccusé: "Là, t'es en train de perdre la tête, mec! C'est toi qui devais de l'argent à Amedy (Coulibaly), c'est toi qui es allé chercher les armes. C'est toi, c'est pas moi !".

Plusieurs autres ex-coaccusés d'Ali Riza Polat et d'Amar Ramdani, définitivement condamnés dans le dossier, doivent témoigner vendredi et mardi.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.