Le scénario catastrophe en Afghanistan continue, un an après le retrait américain

Un an après la prise de contrôle du pays par les talibans, les Afghans paient au prix fort le retour au pouvoir des militants en Afghanistan. (AFP/photo d'archives)
Un an après la prise de contrôle du pays par les talibans, les Afghans paient au prix fort le retour au pouvoir des militants en Afghanistan. (AFP/photo d'archives)
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Publié le Samedi 13 août 2022

Le scénario catastrophe en Afghanistan continue, un an après le retrait américain

  • L'économie qui dépend des dons continue sa chute libre depuis la prise de contrôle par les talibans de ce pays ravagé par la guerre
  • Les prix des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité ont grimpé en flèche, la sécheresse aggravant l'effondrement financier

KABOUL : Lorsque les talibans ont pris Kaboul le 15 août 2021, au moment du retrait des forces américaines d'Afghanistan, leur retour au pouvoir a marqué la fin de deux décennies d’une guerre qui a fait des dizaines de milliers de victimes afghanes sur leur propre sol. 

Un an plus tard, sous la nouvelle direction, alors que le pays est appauvri et isolé sur la scène mondiale, la vie des Afghans a changé, en grande partie pour le pire.

Au cours de leur premier passage au pouvoir, de 1996 à fin 2001, les talibans ont proclamé un émirat islamique, imposant une interprétation stricte de la loi islamique, appliquée au moyen de châtiments publics et d'exécutions brutales. 

Les femmes et les jeunes filles étaient exclues de la vie publique, empêchées de travailler ou d’accéder à l’éducation, et il leur était même interdit de quitter la maison sans le niqab qui les enveloppait entièrement et sans qu'un parent masculin ne les chaperonne.

En octobre 2001, les forces américaines ont envahi l'Afghanistan et chassé les talibans du pouvoir, accusant le groupe d'abriter Oussama ben Laden, le chef d'Al-Qaida jugé responsable des attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3 000 morts aux États-Unis.

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Edi Maa tenant son bébé recevant un traitement contre la malnutrition dans un centre de nutrition de Médecins Sans Frontières (MSF) à Hérat. (AFP)

S'ensuivirent 20 années de combats sanglants entre les forces nationales afghanes, soutenues par l'OTAN, et les guérilleros talibans désireux de reprendre le pouvoir.

Sous l'administration soutenue par l'Occident, l'Afghanistan a progressé, a vu des médias indépendants émerger et un nombre croissant de filles aller à l'école et à l'université. 

Cependant, dans de nombreuses régions situées au-delà des grandes villes, les Afghans n'ont connu que la guerre, ce qui les a privés des nombreux projets de développement mis en œuvre ailleurs par les donateurs étrangers.

Maintenant que les forces dirigées par les États-Unis se sont retirées et que les talibans s’occupent de la gestion quotidienne du pays, la sécurité s'est considérablement améliorée.

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Au cours de leur premier mandat au pouvoir, de 1996 à la fin de 2001, les talibans ont déclaré un émirat islamique, imposant une interprétation stricte de la loi islamique, imposée par des punitions et des exécutions publiques brutales. (AFP)

« Nous n'avons connu que la guerre au cours des dernières années. Chaque jour, nous vivions dans la peur. Maintenant, c'est calme et nous nous sentons en sécurité », a déclaré à Arab News Mohammad Khalil, un agriculteur de 69 ans du nord-ouest de la province de Balkh. « Nous pouvons enfin respirer ».

Mais cette paix précaire a un coût.

L'économie afghane, qui dépend de l'aide, est en chute libre depuis le retour au pouvoir des talibans. Des milliards de dollars d'aide étrangère ont été suspendus et quelque 9,5 milliards de dollars d'actifs de la banque centrale afghane à l'étranger ont été gelés.

Privé de reconnaissance internationale, l'aide étant suspendue et le système financier paralysé, l'Afghanistan est confronté à une catastrophe humanitaire, selon les Nations unies. Environ 20 % des 38 millions d'habitants du pays sont déjà au bord de la famine.

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Le prix des produits de base est monté en flèche alors que la valeur de la monnaie afghane s'est effondrée. Une sécheresse persistante a encore aggravé la situation dans les zones rurales.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge estime qu'environ 70 % des familles afghanes ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

« La plupart du temps, nous mangeons du pain et buvons du thé ou simplement de l'eau. Nous ne pouvons pas nous procurer de viande, de fruits ou même de légumes pour les enfants. Seules quelques personnes ont des chèvres ou des vaches qui fournissent le lait pour les enfants », a déclaré Khalil.

Dans la capitale, Kaboul, les denrées alimentaires sont largement disponibles, mais peu de gens peuvent s'offrir un régime alimentaire riche et nutritif.

« Il y a beaucoup de produits alimentaires sur le marché, mais nous n'avons pas l'argent pour les acheter », a déclaré à Arab News Mohammad Barat, un salarié journalier de 52 ans.

La catastrophe qui s'annonce n'est pas seulement due à des niveaux de pauvreté choquants, mais aussi à la perte d'espoir et au manque d'opportunités.

Des dizaines de milliers d'Afghans ont fui le pays en plusieurs jours chaotiques en août dernier, lorsque les forces américaines et leurs partenaires de la coalition ont hâtivement évacué les Afghans de l'aéroport de Kaboul par voie aérienne. De nombreux autres, y compris des professionnels, ont depuis suivi leurs traces.

« Les médecins partent, les ingénieurs partent, les professeurs et les experts quittent également le pays », a déclaré Abdel Hamid, étudiant à l'université de Kaboul, à Arab News. « Il n'y a pas d'espoir pour un avenir meilleur ».

Ceux qui ont travaillé pour l'administration précédente soutenue par l'Occident ont été écartés de la vie publique, en particulier les femmes, qui sont désormais obligées de se couvrir le visage, n'ont pas le droit de faire seule de longs voyages et ne peuvent pas travailler dans la plupart des secteurs hormis ceux de la santé et l'éducation.

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Les femmes sont confrontées à un nombre croissant de restrictions dans leur vie quotidienne. (AFP)

L'accès des femmes à l'éducation a également été strictement limité, bien que l'autorisation de scolariser les filles dans les écoles et les collèges ait été l'une des principales demandes de la communauté internationale depuis que les talibans ont repris le contrôle du pays.

À la mi-mars, après des mois d'incertitude, les talibans ont déclaré qu'ils allaient autoriser les filles à retourner à l'école. Toutefois, lorsqu'elles sont arrivées dans les écoles du pays pour reprendre leurs études, celles âgées de plus de 13 ans ont reçu l'ordre de rentrer chez elles.

Dans une décision de dernière minute, les talibans avaient annoncé que les lycées resteraient fermés aux filles jusqu'à ce qu'un plan soit prêt pour les accueillir conformément à la loi islamique.

Près de six mois plus tard, les adolescentes craignent de ne pas retourner en classe de sitôt.

« Il n'y a aucune raison d'interdire aux filles d’aller à l'école », a déclaré à Arab News Amal, une élève de 11e année au lycée Rabia Balkhi de Kaboul. « Ils ne veulent tout simplement pas que nous accédions à l’éducation ».

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Maintenant que les forces dirigées par les États-Unis se sont retirées et que les talibans ont échangé la guérilla contre la gestion quotidienne du pays, la sécurité s'est considérablement améliorée. (AFP)

Malgré les affirmations répétées du groupe fondamentaliste islamique à prédominance pachtoune selon lesquelles le temps et l'expérience ont assoupli ses principes, les rues de Kaboul ressemblent de plus en plus à l'époque d'avant 2002 gouvernée par les talibans.

Depuis le rétablissement du ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, qui fait respecter l'interprétation austère de l'islam par le groupe, les vêtements traditionnels, les turbans et les burqas ont remplacé les costumes et les jeans, qui étaient considérés comme des tenues normales dans la capitale afghane il y a seulement un an.

Les symboles clés de l'identité de la nation sont également en train de changer, la bannière blanche et noire des talibans apparait désormais sur les bâtiments gouvernementaux et dans les espaces publics et remplace progressivement le drapeau tricolore de l'Afghanistan, malgré les promesses antérieures de ne pas y toucher.  

Pour certains, le remplacement de l'ancien drapeau national est plus que symbolique et témoigne de la mainmise des talibans sur le pays. 

« Il ne représente aucun gouvernement ou régime. Les talibans pourraient garder les deux », a déclaré Shah Rahim, un résident de 43 ans de Kaboul, à Arab News. 

« Le drapeau est une représentation de notre nation, de nos valeurs et de notre histoire ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.


Trump avertit qu'il va frapper «fort» l'Iran, après des attaques contre des bases américaines

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
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  • "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News
  • La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran

TEHERAN: Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui s'étend au Moyen-Orient.

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

Cette reprise des hostilités, suspendues depuis samedi, a ravivé les inquiétudes pour l'approvisionnement en or noir. Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'échangeait à 87,99 dollars, en hausse de 4,64%.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont revendiqué une attaque de missiles contre "une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis".

"Violation flagrante" 

Washington a de son côté annoncé des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens -  et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

Cette coalition a dénoncé une "escalade dangereuse".

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins".

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.

"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran a également condamné les frappes dans le pays voisin. Sa télévision d'Etat a fait état dans l'après-midi de bombardements américains sur une ville à la frontière avec l'Irak.

A Téhéran, des habitants exhalent leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières échanges de frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Guerre par procuration" 

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Washington avait dit la semaine dernière vouloir "laisser de la place aux négociations" avec les Iraniens, avec une pause dans les hostilités.

Les nouvelles frappes mercredi sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran le 28 février.