Le scénario catastrophe en Afghanistan continue, un an après le retrait américain

Un an après la prise de contrôle du pays par les talibans, les Afghans paient au prix fort le retour au pouvoir des militants en Afghanistan. (AFP/photo d'archives)
Un an après la prise de contrôle du pays par les talibans, les Afghans paient au prix fort le retour au pouvoir des militants en Afghanistan. (AFP/photo d'archives)
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Publié le Samedi 13 août 2022

Le scénario catastrophe en Afghanistan continue, un an après le retrait américain

  • L'économie qui dépend des dons continue sa chute libre depuis la prise de contrôle par les talibans de ce pays ravagé par la guerre
  • Les prix des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité ont grimpé en flèche, la sécheresse aggravant l'effondrement financier

KABOUL : Lorsque les talibans ont pris Kaboul le 15 août 2021, au moment du retrait des forces américaines d'Afghanistan, leur retour au pouvoir a marqué la fin de deux décennies d’une guerre qui a fait des dizaines de milliers de victimes afghanes sur leur propre sol. 

Un an plus tard, sous la nouvelle direction, alors que le pays est appauvri et isolé sur la scène mondiale, la vie des Afghans a changé, en grande partie pour le pire.

Au cours de leur premier passage au pouvoir, de 1996 à fin 2001, les talibans ont proclamé un émirat islamique, imposant une interprétation stricte de la loi islamique, appliquée au moyen de châtiments publics et d'exécutions brutales. 

Les femmes et les jeunes filles étaient exclues de la vie publique, empêchées de travailler ou d’accéder à l’éducation, et il leur était même interdit de quitter la maison sans le niqab qui les enveloppait entièrement et sans qu'un parent masculin ne les chaperonne.

En octobre 2001, les forces américaines ont envahi l'Afghanistan et chassé les talibans du pouvoir, accusant le groupe d'abriter Oussama ben Laden, le chef d'Al-Qaida jugé responsable des attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3 000 morts aux États-Unis.

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Edi Maa tenant son bébé recevant un traitement contre la malnutrition dans un centre de nutrition de Médecins Sans Frontières (MSF) à Hérat. (AFP)

S'ensuivirent 20 années de combats sanglants entre les forces nationales afghanes, soutenues par l'OTAN, et les guérilleros talibans désireux de reprendre le pouvoir.

Sous l'administration soutenue par l'Occident, l'Afghanistan a progressé, a vu des médias indépendants émerger et un nombre croissant de filles aller à l'école et à l'université. 

Cependant, dans de nombreuses régions situées au-delà des grandes villes, les Afghans n'ont connu que la guerre, ce qui les a privés des nombreux projets de développement mis en œuvre ailleurs par les donateurs étrangers.

Maintenant que les forces dirigées par les États-Unis se sont retirées et que les talibans s’occupent de la gestion quotidienne du pays, la sécurité s'est considérablement améliorée.

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Au cours de leur premier mandat au pouvoir, de 1996 à la fin de 2001, les talibans ont déclaré un émirat islamique, imposant une interprétation stricte de la loi islamique, imposée par des punitions et des exécutions publiques brutales. (AFP)

« Nous n'avons connu que la guerre au cours des dernières années. Chaque jour, nous vivions dans la peur. Maintenant, c'est calme et nous nous sentons en sécurité », a déclaré à Arab News Mohammad Khalil, un agriculteur de 69 ans du nord-ouest de la province de Balkh. « Nous pouvons enfin respirer ».

Mais cette paix précaire a un coût.

L'économie afghane, qui dépend de l'aide, est en chute libre depuis le retour au pouvoir des talibans. Des milliards de dollars d'aide étrangère ont été suspendus et quelque 9,5 milliards de dollars d'actifs de la banque centrale afghane à l'étranger ont été gelés.

Privé de reconnaissance internationale, l'aide étant suspendue et le système financier paralysé, l'Afghanistan est confronté à une catastrophe humanitaire, selon les Nations unies. Environ 20 % des 38 millions d'habitants du pays sont déjà au bord de la famine.

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Le prix des produits de base est monté en flèche alors que la valeur de la monnaie afghane s'est effondrée. Une sécheresse persistante a encore aggravé la situation dans les zones rurales.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge estime qu'environ 70 % des familles afghanes ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

« La plupart du temps, nous mangeons du pain et buvons du thé ou simplement de l'eau. Nous ne pouvons pas nous procurer de viande, de fruits ou même de légumes pour les enfants. Seules quelques personnes ont des chèvres ou des vaches qui fournissent le lait pour les enfants », a déclaré Khalil.

Dans la capitale, Kaboul, les denrées alimentaires sont largement disponibles, mais peu de gens peuvent s'offrir un régime alimentaire riche et nutritif.

« Il y a beaucoup de produits alimentaires sur le marché, mais nous n'avons pas l'argent pour les acheter », a déclaré à Arab News Mohammad Barat, un salarié journalier de 52 ans.

La catastrophe qui s'annonce n'est pas seulement due à des niveaux de pauvreté choquants, mais aussi à la perte d'espoir et au manque d'opportunités.

Des dizaines de milliers d'Afghans ont fui le pays en plusieurs jours chaotiques en août dernier, lorsque les forces américaines et leurs partenaires de la coalition ont hâtivement évacué les Afghans de l'aéroport de Kaboul par voie aérienne. De nombreux autres, y compris des professionnels, ont depuis suivi leurs traces.

« Les médecins partent, les ingénieurs partent, les professeurs et les experts quittent également le pays », a déclaré Abdel Hamid, étudiant à l'université de Kaboul, à Arab News. « Il n'y a pas d'espoir pour un avenir meilleur ».

Ceux qui ont travaillé pour l'administration précédente soutenue par l'Occident ont été écartés de la vie publique, en particulier les femmes, qui sont désormais obligées de se couvrir le visage, n'ont pas le droit de faire seule de longs voyages et ne peuvent pas travailler dans la plupart des secteurs hormis ceux de la santé et l'éducation.

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Les femmes sont confrontées à un nombre croissant de restrictions dans leur vie quotidienne. (AFP)

L'accès des femmes à l'éducation a également été strictement limité, bien que l'autorisation de scolariser les filles dans les écoles et les collèges ait été l'une des principales demandes de la communauté internationale depuis que les talibans ont repris le contrôle du pays.

À la mi-mars, après des mois d'incertitude, les talibans ont déclaré qu'ils allaient autoriser les filles à retourner à l'école. Toutefois, lorsqu'elles sont arrivées dans les écoles du pays pour reprendre leurs études, celles âgées de plus de 13 ans ont reçu l'ordre de rentrer chez elles.

Dans une décision de dernière minute, les talibans avaient annoncé que les lycées resteraient fermés aux filles jusqu'à ce qu'un plan soit prêt pour les accueillir conformément à la loi islamique.

Près de six mois plus tard, les adolescentes craignent de ne pas retourner en classe de sitôt.

« Il n'y a aucune raison d'interdire aux filles d’aller à l'école », a déclaré à Arab News Amal, une élève de 11e année au lycée Rabia Balkhi de Kaboul. « Ils ne veulent tout simplement pas que nous accédions à l’éducation ».

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Maintenant que les forces dirigées par les États-Unis se sont retirées et que les talibans ont échangé la guérilla contre la gestion quotidienne du pays, la sécurité s'est considérablement améliorée. (AFP)

Malgré les affirmations répétées du groupe fondamentaliste islamique à prédominance pachtoune selon lesquelles le temps et l'expérience ont assoupli ses principes, les rues de Kaboul ressemblent de plus en plus à l'époque d'avant 2002 gouvernée par les talibans.

Depuis le rétablissement du ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, qui fait respecter l'interprétation austère de l'islam par le groupe, les vêtements traditionnels, les turbans et les burqas ont remplacé les costumes et les jeans, qui étaient considérés comme des tenues normales dans la capitale afghane il y a seulement un an.

Les symboles clés de l'identité de la nation sont également en train de changer, la bannière blanche et noire des talibans apparait désormais sur les bâtiments gouvernementaux et dans les espaces publics et remplace progressivement le drapeau tricolore de l'Afghanistan, malgré les promesses antérieures de ne pas y toucher.  

Pour certains, le remplacement de l'ancien drapeau national est plus que symbolique et témoigne de la mainmise des talibans sur le pays. 

« Il ne représente aucun gouvernement ou régime. Les talibans pourraient garder les deux », a déclaré Shah Rahim, un résident de 43 ans de Kaboul, à Arab News. 

« Le drapeau est une représentation de notre nation, de nos valeurs et de notre histoire ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.


Les présidents américain et iranien signent à distance le protocole d'accord

Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
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  • Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France
  • "Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron

WASHINGTON: Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington.

Washington et Téhéran sont convenus cette semaine d'un accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France.

"Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron, le pouce levé et sourire aux lèvres.

Le texte a été signé par le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue américain, a déclaré de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï.

Réouverture d'Ormuz 

Cela signifie que le détroit d'Ormuz sera "instantanément" rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin "immédiatement", a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Il a par ailleurs confirmé qu'une cérémonie aura lieu vendredi en Suisse pour "commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Une signature formelle par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, était initialement prévue en Suisse à la fin de la semaine.

"Cet accord acte l'échec des Etats-Unis" face à l'Iran, a déclaré mercredi soir M. Ghalibaf à la télévision d'Etat.

Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de "grande victoire" pour l'Iran, qu'il a remercié d'avoir insisté pour y inclure le front libanais.

Dans un message télévisé, il a appelé à "tirer profit" de cet accord pour "expulser Israël" du Liban. Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à l'Iran.

Le chef du Hezbollah a également appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l'égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était "indépendant" de l'accord américano-iranien.

Période de négociations de deux mois 

Le texte du protocole d'accord, lu mercredi par un haut responsable américain à des journalistes, prévoit que les Etats-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s'engagent également à lever l'ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d'un accord définitif, au terme d'une période de négociations de 60 jours.

Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d'un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)", a souligné ce responsable, voulant y voir une "victoire majeure" pour Washington.

Selon la même source, l'Iran devra permettre de son côté, dans un délai de 30 jours, le plein rétablissement de la circulation maritime dans le stratégique détroit d'Ormuz, dont le blocage persistant pèse sur l'économie mondiale.

Les Etats-Unis s'engagent par ailleurs, en cas d'accord définitif, à faciliter "avec leurs partenaires régionaux", notamment du Golfe, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.

L'Iran a publié mercredi le texte de l'accord, via l'agence de presse gouvernementale Irna.

Les pays membres du G7, réunis en France pour un sommet, ont salué dans une déclaration commune "une opportunité historique d'empêcher l'Iran d'acquérir toute arme nucléaire et de s'attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques".

La Chine a de son côté estimé "essentiel" que "toutes les parties" appliquent scrupuleusement cet accord et évitent les "ingérences" extérieures, lors d'un entretien téléphonique de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, selon Pékin.

Le chef de la diplomatie chinoise, dont le pays est largement dépendant des importations de pétrole du Golfe, a insisté sur la nécessité que la navigation dans le détroit d'Ormuz soit "correctement gérée, en répondant avec prudence aux vives préoccupations de la communauté internationale".

Les cours du pétrole ont terminé en légère progression mercredi, les opérateurs se montrant prudents quant à la signature du protocole d'accord, le Brent, référence mondiale du brut, progressant de 0,75 %, à 79,55 dollars le baril.


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.