Un alpiniste émirati escalade le K2 dans le cadre d'une mission de paix

Saeed al-Memari, le premier alpiniste émirati à avoir atteint le sommet du K2 (Photo, AN).
Saeed al-Memari, le premier alpiniste émirati à avoir atteint le sommet du K2 (Photo, AN).
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Publié le Dimanche 31 juillet 2022

Un alpiniste émirati escalade le K2 dans le cadre d'une mission de paix

  • Al-Memari a été le premier alpiniste émirati à escalader la plus haute montagne du monde, le Mont Everest
  • Le 22 juillet, Saeed al-Memari est devenu le premier alpiniste émirati à escalader le K2

GILGIT: Après avoir escaladé le K2 la semaine dernière, Saeed al-Memari est devenu le premier émirati à atteindre le sommet de la montagne la plus dangereuse du monde, un exploit qui, selon lui, est également devenu une étape importante dans sa «mission spéciale de paix».

Le K2, d'une hauteur de 8 611 mètres, est situé dans la chaîne de montagnes du Karakoram, qui se trouve en partie dans la partie du Gilgit-Baltistan de la région du Cachemire sous l'administration du Pakistan et en partie dans une enclave du Cachemire administrée par la Chine dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang.

Il s'agit de la deuxième plus haute montagne du monde après le mont Everest (8 849 mètres). Cette montagne est connue sous le nom de Savage Mountain (montagne sauvage) car son terrain difficile et son climat dangereux en font l'un des sommets les plus difficiles à escalader. Une personne sur six ayant tenté l'ascension du K2 est morte au cours de cette tentative.

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«J'ai escaladé plus de 100 montagnes à travers le monde jusqu'à présent. Et ce (K2) était un grand défi pour moi, mais par la bénédiction de Dieu, j’y suis arrivé.»

Saeed al-Memari

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Le 22 juillet, Al-Memari a rejoint le nombre record de 87 alpinistes qui ont atteint le K2 cet été. Al-Memari n'en est pas à son premier record d'alpinisme aux Émirats arabes unis ; en 2011, il est devenu le premier alpiniste émirati à escalader l'Everest.

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Saeed al-Memari, né à Fujairah, avec d'autres alpinistes essayant d’escalader le sommet du K2 le 22 juillet (Photo/Saeed Al-Memari).

«J'ai escaladé plus de 100 montagnes à travers le monde jusqu'à présent. Et ce (K2) était un grand défi pour moi, mais par la bénédiction de Dieu, j’y suis arrivé», a déclaré Al-Memari à Arab News dans une interview exclusive en début de semaine.

Le nombre record d'ascensions de cette année, estime-t-il, pourrait encourager davantage d'alpinistes arabes à conquérir le sommet le plus difficile du monde.

«De nombreux alpinistes du monde arabe aimeraient monter le K2», a-t-il signalé. «Je crois que cette année a été marquée par le plus grand nombre de réussites sur le K2. Cela ouvrira la porte aux alpinistes arabes pour escalader le K2.»

Pour cet alpiniste de 45 ans, né à Fujairah, ce succès s'inscrit dans le cadre de sa mission «Peak for Peace», qui l'amène à escalader les plus hauts sommets du monde pour diffuser un message de tolérance et d'amour depuis sa patrie.  

«Je suis né dans la région montagneuse des Émirats arabes unis. Et mon rêve était de voir le drapeau de mon pays et le message de paix au sommet des plus hautes montagnes du monde», a-t-il signalé. «Je veux juste envoyer un message de paix, car notre religion est basée sur la paix.»

Parmi les montagnes qu'Al-Memari a déjà escaladées figurent les sept sommets — les sept plus hauts sommets de chacun des sept continents — et le Broad Peak (8 051 mètres), la première montagne qu'il a escaladée au Pakistan. Et il a déjà les yeux rivés sur un deuxième sommet pakistanais.

«Si j'ai l'occasion d'ici l'année prochaine, je ferai le Nanga Parbat», a-t-il confié, en faisant référence au sommet himalayen de 8 126 mètres d'altitude.

Le Pakistan et son peuple occupent une place particulière dans le cœur d'Al-Memari. «Ils sont si humbles. J'ai l'impression qu'ils sont ma famille», a-t-il estimé.

«J'ai vu l'amour que le peuple pakistanais porte aux Émirats arabes unis. C'est quelque chose que je ne peux pas expliquer avec des mots», a-t-il poursuivi. «Une fois que vous aurez visité le Pakistan, vous vous sentirez comme chez vous et vous apprécierez sa beauté.»

Mais Al-Memari s'inquiète pour l'avenir de cette beauté, en particulier pour les sommets emblématiques du pays, qui ont récemment été exploités par des alpinistes inexpérimentés en quête de sensations fortes.

«Ils sont en train de détruire les belles montagnes», a prévenu Al-Memari. «Nous avons besoin de plus de règles pour gérer les montagnes, afin que la prochaine génération puisse aussi profiter de leur beauté.»

 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Paris s’inquiète des évolutions au Liban et tente un déblocage

Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants
  • Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention international

PARIS: Soucieuse des évolutions alarmantes de la situation au Liban, Paris a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité, alors que l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, doit se rendre à Beyrouth demain mercredi.

La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants, notamment les centaines de milliers de déplacés disséminés à travers le territoire au gré des ordres d’évacuation israéliens.

Derrière cette initiative, une question centrale se pose : à quoi peut encore servir une réunion d’urgence à l’ONU dans un contexte où les rapports de force semblent verrouillés ?

Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention internationale, alors que les regards sont largement tournés vers l’Iran.

Il est clair, pour la diplomatie française, que la situation a franchi un seuil critique ces derniers jours. D’autant que, déjà fragile, le cessez-le-feu apparaît désormais vidé de sa substance.

Les frappes se poursuivent, les menaces israéliennes s’intensifient, y compris contre Beyrouth, et les conditions minimales d’un dialogue crédible semblent s’effondrer.

Canal de discussion entre le Liban et Israël

On ne peut même plus parler de cessez-le-feu, reconnaît-on en substance du côté français, et cette dégradation inquiète d’autant plus qu’elle intervient au moment où un canal de discussion s’est ouvert entre le Liban et Israël sous médiation américaine.

Un choix jugé courageux par la diplomatie française, mais qui place Beyrouth dans une position extrêmement délicate car, faute de réciprocité sur le terrain, ces négociations risquent de perdre toute crédibilité.

Paris insiste sur ce point : si l’on veut que les autorités libanaises puissent avancer dans ces discussions, encore faut-il leur en laisser la possibilité. Or, l’intensification des opérations militaires israéliennes réduit cet espace politique à néant.

Pire encore, elle pourrait renforcer les acteurs que ces négociations cherchent précisément à contenir, au premier rang desquels figure le Hezbollah.

Dans cette équation, la France tente de défendre une approche pragmatique. Elle continue de rappeler la responsabilité du Hezbollah dans l’engrenage du conflit, tout en soulignant que la stratégie actuelle d’Israël est contre-productive, estimant que, s’il fallait saboter les discussions, on ne s’y prendrait pas autrement.

Dès lors, la priorité affichée est le rétablissement d’un cessez-le-feu « robuste », condition indispensable à toute avancée politique, ainsi que la réactivation et l’amélioration du mécanisme mis en place fin 2024, aujourd’hui largement inopérant.

Paris insiste sur le fait que, sans cadre crédible de vérification et de désescalade, les initiatives diplomatiques risquent de rester lettre morte.

Mais au-delà de l’urgence immédiate, la France travaille sur une stratégie de plus long terme qui repose notamment sur un renforcement de l’État libanais, à commencer par son armée. L’objectif est d’aider le Liban à retrouver progressivement sa souveraineté en limitant l’influence des acteurs armés non étatiques.

Cela passe par un soutien accru — financier, logistique mais aussi politique — aux forces armées libanaises, sans pour autant leur demander une confrontation directe avec le Hezbollah, jugée irréaliste dans le contexte actuel. Il s’agit plutôt de renforcer leur présence sur le terrain, de contrôler les flux logistiques et financiers et de sécuriser des zones clés, notamment la frontière avec la Syrie.

Sur ce dernier point, Paris voit un levier important car, contrairement aux années précédentes, un certain niveau de coopération avec les autorités syriennes semble possible, ouvrant la voie à un meilleur contrôle des flux qui alimentent le Hezbollah.

Autre chantier majeur du point de vue français : l’avenir de la présence internationale au Liban. Le retrait annoncé de la FINUL d’ici à la fin de l’année suscite de vives inquiétudes.

Les leviers de la France demeurent limités

La France estime qu’un tel vide sécuritaire serait dangereux et plaide donc pour une réflexion rapide sur un nouveau dispositif, potentiellement plus adapté aux réalités actuelles.

Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large consistant à remobiliser les partenaires internationaux. À ce propos, Paris travaille étroitement avec plusieurs pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, ainsi qu’avec certains partenaires européens, afin de tenter de recréer une dynamique collective autour du Liban.

Reste toutefois une réalité difficile à contourner : les leviers de la France demeurent limités face au rôle central des États-Unis dans la médiation. La diplomatie française s’efforce néanmoins de peser indirectement en multipliant les échanges avec Washington et en délivrant un message constant : sans cessez-le-feu, aucune avancée durable n’est possible.

Par ailleurs, Paris explore d’autres pistes de pression, notamment au niveau européen. Le débat sur l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pourrait ainsi évoluer sous l’effet conjugué des situations à Gaza, en Cisjordanie et désormais au Liban.

Enfin, la mission de l’envoyé spécial Jean-Yves Le Drian à Beyrouth revêt une dimension politique essentielle puisque, au-delà du soutien affiché, il s’agira pour lui de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques libanaises afin de favoriser un minimum de cohésion interne.

Un enjeu jugé crucial par la diplomatie française dans un pays profondément fragmenté, où les divisions communautaires affaiblissent toute stratégie nationale.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.