L'Arabie saoudite et les États-Unis «partagent la vision d'une région plus sûre, plus stable et plus prospère»

Joe Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane ont tenu une réunion vendredi (Photo, SPA).
Joe Biden et le prince héritier Mohammed ben Salmane ont tenu une réunion vendredi (Photo, SPA).
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Publié le Samedi 16 juillet 2022

L'Arabie saoudite et les États-Unis «partagent la vision d'une région plus sûre, plus stable et plus prospère»

  • Les États-Unis ont fait l'éloge de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, saluant «le projet de réformes économiques et sociales»
  • Les deux pays ont souligné leurs engagements sur les questions auxquelles sont confrontés divers pays arabes et islamiques, notamment la Palestine

RIYAD: L'Arabie saoudite et les États-Unis ont affirmé que les deux pays partagent une vision pour un Moyen-Orient stable et prospère, selon un communiqué conjoint, après que le président américain Joe Biden a rencontré les dirigeants saoudiens, vendredi.

Le «partenariat américano-saoudien a été un élément fondamental pour la sécurité régionale pendant des décennies et a démontré que les deux pays partagent la vision d'une région plus sûre, plus stable et plus prospère, interconnectée avec le monde », a indiqué le communiqué publié par l'agence de presse saoudienne tôt samedi.

Le document a mis en évidence divers domaines de coopération entre les deux alliés, allant de la sécurité énergétique à l'exploration spatiale. Dans le domaine de la défense, Biden a réaffirmé l'engagement des États-Unis à l'égard de la sécurité et de la défense territoriale de l'Arabie saoudite, et à «faciliter la capacité du Royaume à obtenir les moyens nécessaires pour défendre son peuple et son territoire contre les menaces extérieures».

Le communiqué précise que les troupes américaines vont confier l'île de Tiran aux autorités compétentes, ouvrant ainsi la voie à son développement. En outre, le survol de l'espace aérien du Royaume a été étendu vendredi, ce dont les États-Unis se sont félicités.

Les États-Unis ont fait l'éloge de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, saluant «le projet de réformes économiques et sociales transformatrices, ainsi que les efforts déployés pour accroître la participation économique des femmes et promouvoir le dialogue interconfessionnel».

Les deux pays ont également souligné leurs engagements sur les questions auxquelles sont confrontés divers pays arabes et islamiques, notamment la Palestine, la Syrie, le Liban et l'Afghanistan.

Texte intégral du communiqué :

Communiqué conjoint entre le Royaume d'Arabie saoudite et les États-Unis d'Amérique

L'invitation du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane Ben Abdulaziz Al-Saud, le Président Joseph R. Biden a effectué une visite officielle au Royaume d'Arabie saoudite les 15 et 16 juillet 2022. Suite à la rencontre avec le Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane Ben Abdelaziz Al-Saud, le président Biden et Son Altesse Royale le prince héritier Mohammed ben Salmane Al-Saud, vice-Premier ministre, ont tenu une réunion officielle à laquelle ont participé de hauts responsables des deux pays.

Les participants ont passé en revue les priorités communes aux deux pays constituant le socle sur lequel est fondé le partenariat entre le Royaume d'Arabie saoudite et les États-Unis.

À l'issue de cette rencontre, les deux partenaires ont publié ce communiqué décrivant le partenariat stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et les États-Unis au cours des prochaines décennies dans le but de faire progresser leurs intérêts mutuels et de faire avancer une vision commune pour un monde plus pacifique, plus sûr, plus prospère et plus stable au Moyen-Orient.

Partenariat stratégique

Les participants ont passé en revue les relations historiques et le partenariat noué entre le Royaume d'Arabie saoudite et les États-Unis d'Amérique qui datent d’il y a près de huit décennies après la rencontre entre le roi Abdulaziz Al-Saud et le président Franklin D. Roosevelt à bord du USS Quincy.

Les deux parties ont, par ailleurs, souligné l'importance de continuer à renforcer leur partenariat stratégique pour servir les intérêts des peuples du Royaume d'Arabie saoudite et des États-Unis. Les deux partenaires ont également souligné le rôle central que ce partenariat historique a joué dans la promotion de la stabilité et de la prospérité régionales en mettant en avant le fait que le partenariat américano-saoudien était la pierre angulaire de la sécurité régionale depuis des décennies. À la suite de cette rencontre, les deux parties ont affirmé que les deux pays partagent la vision d'une région plus sûre, stable et prospère et ouverte sur le monde.

Les deux parties ont exprimé leur volonté de résoudre les différends politiques par des moyens pacifiques et diplomatiques en mettant en place un soutien économique et financier aux pays de la région qui en ont le plus besoin, afin d’atténuer les crises humanitaires grâce à un soutien économique et financier. Ils ont, par ailleurs, conformément au droit international, réaffirmé l'importance du respect des principes de souveraineté et d'intégrité territoriale.

Les deux partenaires ont, aussi, souligné la nécessité de soutenir les gouvernements de la région confrontés aux menaces terroristes ou de groupes armés soutenus par des puissances étrangères.

Les deux parties ont mis en avant les liens historiques entre les peuples du Royaume d'Arabie saoudite et des États-Unis, se félicitant, à cet égard, de l'extension de la validité des visas d'affaires et de tourisme à 10 ans pour favoriser la coopération économique et renforcer des liens toujours plus étroits entre les deux pays.

Les deux partenaires ont ensuite examiné la coopération bilatérale et les réalisations communes dans les domaines suivants :

Sécurité énergétique et coopération climatique

Les deux parties ont souligné l’importance d’une coopération stratégique en matière d’économie et d’investissement, en particulier à la lumière de la crise actuelle en Ukraine et de ses conséquences, et ont réaffirmé leur engagement à l’égard d’un marché mondial stable de l’énergie. Les États-Unis ont salué l’engagement de l’Arabie saoudite à soutenir l’équilibre des marchés pétroliers mondiaux en vue d’une croissance économique durable. Les deux parties ont décidé de se consulter régulièrement en ce qui concerne les marchés mondiaux de l’énergie, à court et à long terme, ainsi que de travailler ensemble en tant que partenaires stratégiques sur les initiatives de transition climatique et énergétique, reconnaissant le rôle de premier plan de l’Arabie saoudite dans l’avenir de l’énergie.

Les États-Unis ont salué l’Initiative verte saoudienne et l’Initiative verte du Moyen-Orient, et se sont félicités de la participation de l’Arabie saoudite au Forum des grandes économies sur l'énergie et le climat, son adhésion au Pacte mondial sur le méthane, son statut de membre fondateur du Forum des producteurs Net-Zero, et l’annonce de son intention de couvrir 50% de sa production d’électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030.

Les deux parties se sont félicitées de la finalisation d’un cadre de partenariat pour la promotion de l’énergie propre, avec des investissements substantiels dans la transition vers l’énergie propre et la lutte contre les changements climatiques. Elles ont également mis l’accent sur l’énergie renouvelable, l’hydrogène propre, le développement des capacités humaines dans le domaine de l’énergie nucléaire, et la coopération dans les aspects liés à la réglementation nucléaire, l’utilisation du captage et de la séquestration du carbone, le développement de matériaux durables, ainsi que sur d’autres initiatives dans le cadre de l’économie circulaire du carbone, où l’Arabie saoudite compte jouer un rôle de leader mondial.

Le Partenariat mondial pour les infrastructures et les investissements

Les deux parties ont souligné que la transition énergétique et la sécurité nationale des deux pays nécessitent des chaînes d’approvisionnement stables et diversifiées. Les États-Unis ont salué à cet égard le soutien de l’Arabie saoudite au Partenariat mondial pour les infrastructures et les investissements, que le président Biden a annoncé au Sommet du G7 le 26 juin 2022. Grâce à ce partenariat historique, les États-Unis et l’Arabie saoudite visent à investir stratégiquement dans des projets qui soutiennent la connectivité numérique, la durabilité de la chaîne d’approvisionnement, et la sécurité climatique et énergétique axée sur les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Sécurité et défense

Le président Biden a fermement affirmé l’engagement continu des États-Unis à soutenir la sécurité et la défense territoriale de l’Arabie saoudite, et à faciliter la capacité du Royaume à acquérir les moyens nécessaires pour défendre son peuple et son territoire contre les menaces extérieures.

Les deux parties ont souligné la nécessité de mettre fin à l’ingérence de l’Iran dans les affaires intérieures d’autres pays, à son soutien au terrorisme par l’intermédiaire de ses mandataires armés, et à ses efforts pour déstabiliser la sécurité et la stabilité de la région. Le royaume d’Arabie saoudite et les États-Unis ont rappelé la nécessité d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Les deux parties ont souligné l’importance de préserver la libre circulation des marchandises à travers les voies navigables internationales stratégiques comme Bab al-Mandab et le détroit d’Hormuz. Elles se sont félicitées de la nouvelle Force opérationnelle combinée 153, qui se concentre sur le passage Bab al-Mandab de la mer Rouge et la lutte contre le trafic illicite au Yémen. Elles ont également salué la prise de commandement par l’Arabie saoudite de la Force opérationnelle combinée 150, qui consolide les objectifs communs de sécurité maritime dans le golfe d’Oman et le nord de la mer d’Arabie.

Afin d’améliorer et de rationaliser l’échange d’informations dans le domaine maritime, la coopération entre les Forces navales royales saoudiennes et la Force opérationnelle combinée 153 sera renforcée dans le centre de coordination en réseau régional dirigé depuis le quartier général de la Cinquième Flotte américaine à Bahreïn. Les États-Unis ont également mis l’accent sur la coopération croissante entre les Forces navales royales saoudiennes et la Force opérationnelle 59 de la Cinquième Flotte américaine, qui dirige une flotte croissante de navires de surface de pointe sans pilotes intégrés, et qui utilise l’intelligence artificielle pour améliorer la sécurité maritime et la connaissance du domaine à l’appui de la sécurité régionale.

 

L’Irak

Le président souligne le rôle de premier plan joué par le royaume d’Arabie saoudite dans le renforcement des relations avec l’Irak et les accords historiques qui seront signés en marge du sommet sur la sécurité et le développement de Djeddah le 16 juillet 2022. Ils permettront de relier les réseaux électriques de l’Arabie saoudite et des pays du Conseil de coopération du Golfe au réseau irakien, afin de fournir à l’Irak et à son peuple des sources d’électricité nouvelles et diversifiées.

La Palestine

En ce qui concerne les enjeux israélo-palestiniens, les deux parties soulignent leur engagement durable en faveur d’une solution à deux États, grâce à laquelle un État palestinien souverain et contigu vivrait côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël. Cela apparaît comme le seul moyen de résoudre la question palestinienne conformément aux normes internationalement reconnues et à l’Initiative de paix arabe. Les dirigeants font part de leur détermination à coordonner étroitement leurs efforts pour encourager les parties à témoigner – au moyen de politiques et d’actions – de leur engagement en faveur d’une solution à deux États. Les États-Unis et l’Arabie saoudite encouragent tous les efforts qui contribuent à parvenir à une paix juste et globale dans la région.

La Syrie

Les deux parties réitèrent leur engagement à préserver l’unité, la stabilité et l’intégrité territoriale de la Syrie et expriment leur soutien aux efforts déployés par l’émissaire spécial du Secrétaire général de l’ONU pour parvenir à une solution politique au conflit, conforme à la formule décrite dans la résolution 2254 (en date de 2015) du Conseil de sécurité des Nations unies. Elles insistent, en même temps, sur la nécessité d’empêcher une reprise de la violence, de maintenir les cessez-le-feu établis et de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire à tous les Syriens dans le besoin.

Le Liban

Les deux parties réaffirment leur soutien continu à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité du Liban, ainsi que leur soutien aux Forces armées libanaises qui protègent ses frontières et résistent aux menaces des groupes extrémistes violents et terroristes. Elles notent également l’importance de former un gouvernement libanais et de mettre en œuvre des réformes politiques et économiques structurelles globales pour s’assurer que le Liban surmonte sa crise politique et économique et qu’il ne devienne pas un point de départ pour les terroristes, le trafic de drogue ou d’autres activités criminelles qui menacent la stabilité et la sécurité de la région.

Elles soulignent par ailleurs l’importance de l’autorité du gouvernement sur tout le territoire libanais, y compris en ce qui concerne le respect des dispositions des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’accord de Taëf. Il pourra ainsi exercer sa pleine souveraineté, de manière à ce qu’il n’y ait pas d’armes sans le consentement du gouvernement libanais ou d’une autorité autre que le gouvernement libanais.

L’Ukraine

Les deux parties affirment qu’un ordre fondé sur des règles est au cœur même de la sécurité internationale, mettant en lumière l’importance du respect du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale. Elles réaffirment les principes énoncés dans la résolution ES-11/1 de l’Assemblée générale des Nations unies du 2 mars 2022, approuvée par tous les membres du CCG.

Les dirigeants renouvellent leur engagement à fournir une aide essentielle au peuple ukrainien et à assurer l’exportation sans entrave de produits céréaliers et de blé pour atténuer les crises alimentaires mondiales qui menacent d’avoir une incidence aiguë sur un certain nombre de pays du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Le Soudan

Les deux parties insistent sur l’importance du dialogue entre les parties soudanaises et de la relance du processus politique. Elles saluent les efforts déployés par la mission des Nations unies pour soutenir le retour aux principes d’une solution politique au Soudan et expriment leur satisfaction quant au rôle actif du Quad pour le Soudan, souhaitant paix et prospérité au pays et à son peuple.

La Libye

Les deux parties témoignent de leur soutien au peuple libyen au moment où il s’engage dans le processus politique négocié par l’ONU pour préparer les élections présidentielles et parlementaires dès que possible. Elles expriment leur plein soutien à l’accord de cessez-le-feu libyen conclu le 23 octobre 2020 et à l’appel libyen pour le départ définitif et imminent des forces étrangères, des combattants étrangers et des mercenaires, conformément à la résolution 2570 (en date de 2021) du Conseil de sécurité des Nations unies.

L’Afghanistan

Les deux parties insistent sur la nécessité de soutenir la sécurité de l’Afghanistan et de faire face à la menace posée par les terroristes basés dans le pays. Elles soulignent par ailleurs l’importance de continuer à acheminer l’aide humanitaire vers l’Afghanistan. Elles veulent répondre aux besoins du peuple afghan et promouvoir ses droits, y compris les droits des filles à l’éducation et à jouir du meilleur état de santé possible et, pour les femmes, le droit au travail.

Le contreterrorisme

Les deux parties font part de leur volonté de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

 
Elles expriment leur engagement continu à contrer Al-Qaïda et Daech, à endiguer le flux de combattants étrangers, à faire face à la propagande extrémiste violente et à couper tout financement au terrorisme.

Les deux parties saluent les efforts conjoints par l’intermédiaire du Centre de ciblage du financement d’activités terroristes, basé au royaume d’Arabie saoudite. Elles passent en revue le succès exceptionnel de la Coalition mondiale pour vaincre Daech, établie à Djeddah en 2014, et soulignent la nécessité pour cette coalition de déployer des efforts à long terme et pluriannuels pour renvoyer à la fois les combattants de Daech et les dizaines de milliers de membres de la famille de Daech du nord-est de la Syrie vers leur pays d’origine. Elles se félicitent de la prochaine réunion ministérielle de la Coalition mondiale pour vaincre Daech qui se tiendra en Arabie saoudite au début de 2023.

Conclusion

Les deux parties ont décidé d’élargir et de renforcer la coopération bilatérale dans tous les domaines abordés lors de cette réunion, avant que le prochain dialogue stratégique annuel entre l’Arabie saoudite et les États-Unis ne se tienne au Royaume plus tard cette année. Ce communiqué de Djeddah devrait constituer la base du plan de travail à venir pour consolider et renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.


Amnesty appelle la Syrie à enquêter sur les massacres d'alaouites en tant que «crimes de guerre»

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
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  • Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux
  • Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués

BEYROUTH: Amnesty International a appelé jeudi les autorités syriennes à veiller à ce que les auteurs des massacres d'alaouites en mars rendent des comptes et à enquêter sur ces tueries en tant que "crimes de guerre".

"Le gouvernement syrien doit veiller à ce que les responsables d’une vague de massacres visant des civils alaouites dans des zones côtières soient amenés à rendre des comptes", a affirmé l'ONG dans un communiqué.

Amnesty a également réclamé que ces massacres fassent "l'objet d'enquêtes en tant que crimes de guerre".

Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués.

Ces massacres ont eu lieu après des attaques sanglantes de partisans de l'ancien pouvoir contre les forces de sécurité. Ces dernières, des groupes qui leur sont alliés et des jihadistes étrangers ont été pointés du doigt dans le bain de sang.

L'ONU a indiqué avoir recueilli des témoignages selon lesquels les auteurs des massacres "ont effectué des descentes dans les maisons, demandant aux habitants s'ils étaient alaouites ou sunnites avant de les tuer ou de les épargner en fonction de leur réponse".

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats.

"Les éléments de preuve que nous avons recueillis indiquent que des milices affiliées au gouvernement ont délibérément pris pour cible des civils de la minorité alaouite dans le cadre de graves attaques de représailles, abattant des personnes de sang-froid et à bout portant", a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

"Pendant deux jours, les autorités ne sont pas intervenues pour mettre fin aux homicides. Une fois de plus, c’est la population civile syrienne qui paie le prix des actions des parties au conflit qui règlent leurs comptes", a-t-elle ajouté.

Amnesty a demandé au gouvernement syrien de "prendre des mesures immédiates pour qu’aucune personne et aucun groupe ne soit pris pour cible en raison de son appartenance confessionnelle".

Lundi, douze autres civils, en majorité des alaouites, ont été tués par des hommes armés dans l'ouest et le centre de la Syrie selon l'OSDH.


L'Arabie saoudite condamne la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par un ministre israélien d'extrême droite

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
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  • Le ministère des Affaires étrangères critique les atteintes au caractère sacré du lieu saint.
  • Les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

RIYAD :  l'Arabie saoudite a condamné la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa dans la partie occupée de Jérusalem, mercredi, par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, un homme d'extrême droite.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'il condamnait fermement « la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par le ministre israélien de la Sécurité nationale sous la protection de la police d'occupation ».

Le ministère a réitéré sa condamnation des attaques contre le caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Il a également condamné les forces israéliennes pour avoir pris pour cible une clinique de l'UNRWA dans le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, et a dénoncé les attaques contre les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires ainsi que leur personnel. 

Le ministère a déclaré : « Le Royaume condamne les violations persistantes par Israël du droit international et du droit humanitaire international et affirme son rejet catégorique de tout ce qui pourrait porter atteinte au statut historique et juridique de Jérusalem et de ses lieux saints.

Il ajoute que les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

Le ministère a souligné l'importance de protéger les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires, ainsi que leur personnel, et a demandé que les autorités israéliennes soient tenues responsables de toutes les violations.

La visite de M. Ben-Gvir dans l'enceinte d'Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, a été vivement condamnée par la Jordanie et le groupe militant palestinien Hamas.

Réintégration du gouvernement israélien

Le ministre, chef du parti israélien anti-arabe Otzma Yehudit, s'est rendu sur le site après avoir réintégré le gouvernement le mois dernier, à la suite de la reprise de la guerre à Gaza.

Ben Gvir avait quitté le cabinet en janvier pour protester contre l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Depuis la formation du gouvernement de Benjamin Netanyahu à la fin de l'année 2022, M. Ben Gvir s'est rendu à plusieurs reprises sur le site d'Al-Aqsa, suscitant à chaque fois l'indignation de la communauté internationale.

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a également condamné la visite de mercredi en la qualifiant de « prise d'assaut » et de « provocation inacceptable ».

Le Hamas a parlé d'une « escalade provocatrice et dangereuse », affirmant que cette visite s'inscrivait dans le cadre du génocide en cours contre le peuple palestinien. 

« Nous appelons le peuple palestinien et les jeunes de Cisjordanie à intensifier la confrontation pour défendre notre terre et nos valeurs sacrées, au premier rang desquelles la mosquée Al-Aqsa », a déclaré l'organisation dans un communiqué.

Ce site est le troisième lieu saint de l'islam et un symbole de l'identité nationale palestinienne.

Connu des juifs sous le nom de Mont du Temple, il est également le lieu le plus sacré du judaïsme, car il abrite le second temple détruit par les Romains en 70 après Jésus-Christ.

Selon le statu quo maintenu par Israël, qui occupe l'est de Jérusalem et sa vieille ville depuis 1967, les juifs et les autres non-musulmans sont autorisés à visiter l'enceinte pendant des heures précises, mais ils n'ont pas le droit d'y prier ou d'y exposer des symboles religieux.

Le porte-parole de M. Ben Gvir a déclaré à l'AFP que le ministre « s'y est rendu parce que le site a été ouvert aux non-musulmans après 13 jours », période durant laquelle l'accès était réservé aux musulmans pour la fête de l'Aïd Al-Fitr et la fin du mois sacré musulman du Ramadan.

Ces dernières années, un nombre croissant d'ultranationalistes juifs ont défié les règles, notamment Ben Gvir, qui y a prié publiquement en 2023 et 2024.

Le gouvernement israélien a déclaré à plusieurs reprises qu'il avait l'intention de maintenir le statu quo dans le complexe, mais les craintes des Palestiniens quant à son avenir en ont fait un point chaud de la violence.

Rapport complémentaire de l'AFP.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com