Face aux tempêtes de sable et de poussière, la lassitude des Irakiens

Des personnes roulent pendant une tempête de sable dans la ville de Khalis, dans la province de Diyala en Irak, le 3 juillet 2022. (AFP).
Des personnes roulent pendant une tempête de sable dans la ville de Khalis, dans la province de Diyala en Irak, le 3 juillet 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 04 juillet 2022

Face aux tempêtes de sable et de poussière, la lassitude des Irakiens

  • Avec une dizaine de tempêtes depuis la mi-avril, l'Irak a désormais pris l'habitude de découvrir au réveil un ciel grisâtre lourd de poussière
  • Maintes fois les aéroports ont dû suspendre leurs vols pour cause de visibilité réduite

BAGDAD : Malgré les tempêtes de sable ou de poussière, le livreur Milad Mitti ne peut se payer le luxe de manquer une journée de travail. Comme l'écrasante majorité des Irakiens, il ne cache pas sa lassitude face à un phénomène ayant pris une ampleur inédite ces derniers mois.

Pour parcourir à moto les rues de Bagdad et livrer les repas aux clients, le jeune homme de 30 ans s'équipe comme il peut: des lunettes "pour la poussière" et un cache-cou gris remonté sur la bouche et le nez "pour pouvoir respirer".

Avec une dizaine de tempêtes depuis la mi-avril, l'Irak a désormais pris l'habitude de découvrir au réveil un ciel grisâtre lourd de poussière -- quand ce n'est pas un halo orangé qui enveloppe les villes du pays.

Maintes fois les aéroports ont dû suspendre leurs vols pour cause de visibilité réduite. Dimanche encore, l'aéroport international de Bagdad a interrompu pendant plusieurs heures ses opérations. Et plus de 500 personnes se sont rendues dans les hôpitaux du pays pour soigner leurs troubles respiratoires, a annoncé lundi le ministère de la Santé au lendemain de cette énième "vague de poussière".

"C'est probablement la première année que l'Irak connaît autant de tempêtes de sable", déplore M. Mitti, sur une place animée de Bagdad.

En ce premier dimanche de juillet, il doit composer avec une température de 40 degrés Celsius et une énième tempête de poussière. "On y voit très difficilement. On étouffe. Il fait chaud. Il faut boire des jus et des liquides pour se préserver", ajoute le trentenaire.

Marié, il ne peut pas manquer son travail qui lui permet de gagner environ 600 dollars par mois. "J'ai une famille, j'ai des responsabilités".

Asthme, insuffisances respiratoires

Malgré la chaleur écrasante dans une ville ultra-bétonnée, les piétons sont plus nombreux à porter un masque -- dans un pays où même le coronavirus n'avait pas suffi à généraliser son utilisation.

Sur la terrasse -déserte- d'un café, les chaises en similicuir noir sont recouvertes d'une fine pellicule de poussière. Un serveur, tablier marron noué à la taille, les essuie d'un chiffon mouillé. Il déroule un tuyau d'arrosage pour laver à grande eau le sol.

Au mois de mai, les tempêtes de sable avaient fait un mort, tandis qu'au moins 10 000 personnes ont dû se faire soigner à l'hôpital pour des troubles respiratoires.

Il s'agit principalement de personnes âgées, ou d'individus souffrant d'asthme, d'insuffisances respiratoires ou de maladies cardiaques, qui sont considérés comme les catégories les plus à risque, selon les autorités sanitaires.

"Plus les tempêtes montent en intensité, plus il y a de jours de tempêtes, comme ça a été le cas ces dernières semaines, plus il y aura des cas de suffocation", reconnaît le chef des résidents de l'hôpital al-Kindy, le médecin Seif Ali Abdel-Hamza.

"La majorité des patients souffrent de maladies chroniques, comme l'asthme ou la bronchite allergique, la majorité sont des personnes âgées", ajoute M. Abdel-Hamza.

«Laver toute la maison»

Les autorités présentent l'Irak comme l'un des cinq pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique et à la désertification, un des facteurs les plus importants derrière la multiplication des tempêtes de sable.

Durant les deux prochaines décennies, le pays devrait connaître "272 jours de poussière" par an et en 2050, le seuil des 300 jours sera atteint, selon un responsable du ministère de l'Environnement.

Parmi les mesures préconisées pour lutter contre ce phénomène, les autorités citent la création de ceintures vertes autour des villes. Mais le pays de 41 millions d'habitants souffre aussi des pénuries d'eau et de précipitations en baisse.

"Avant, il y avait une ceinture verte autour de Bagdad --si on replante, ça sera très utile", assure l'électricien Razzak Jassem, qui fustige les "manquements" des autorités et "des milliards dépensés pour des bêtises" dans un pays riche en hydrocarbures.

Il s'est résigné aux tempêtes, même si ces épisodes compliquent et ralentissent le rythme du travail.

"Tu mets un masque, ça te gêne, tu étouffes, tu veux l'enlever. Tu le retires et c'est la poussière", lâche-t-il, lors d'une pause dans une boutique où il installe l'éclairage.

Il y a aussi les incessants nettoyages dans les foyers. "Chaque tempête terminée, il faut laver toute la maison. Tu as beau isoler, la poussière entre".

Pour l'homme de 35 ans, marié et papa de trois enfants, pas question de lever le pied.

"Tout est payant, le gouvernement ne peut rien nous apporter", ajoute-t-il. "On arrêtera de travailler quand on mourra. Tant qu'on est en vie il faut travailler", s'amuse-t-il.


Attentats à Damas: les autorités arrêtent des membres d'une cellule «affiliée à l'EI»

Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
  • Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers
  • Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad

DAMAS: Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron.

"La cellule responsable des attaques terroristes qui ont ciblé Damas il y a deux jours est désormais entre nos mains", a déclaré sur X le ministre de l'Intérieur Anas Khattab.

"Une fois l'enquête terminée, nous révélerons au public l'identité des membres de la cellule, leur rôle ainsi que leurs affiliations", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Ahmad al-Dalati, chef de la sécurité intérieure pour la région de Damas, a plus tard déclaré à la télévision d'Etat syrienne que les premières investigations avaient montré que "la cellule était affiliée au groupe EI (Etat islamique)".

Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers. Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad.

Une personne est morte et 36 autres ont été blessées dans l'explosion quasi simultanée de deux bombes artisanales mardi matin, déposées à proximité de l'hôtel Four Seasons où M. Macron venait de passer la nuit.

L'une des bombes "artisanales" était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule près de l'hôtel, dans le centre de la capitale, ont précisé les autorités.

Des journalistes de l'AFP ont vu des traces de sang sur le trottoir près du luxueux hôtel et les fenêtres du ministère du Tourisme, qui lui fait face, brisées.

A ce moment-là, le chef d'Etat était déjà parti pour s'entretenir avec son homologue Ahmad al-Chareh.

"A vos côtés" 

Lors d'une conférence de presse conjointe organisée après l'explosion, Emmanuel Macron a affirmé que ces attentats ne devaient pas "déstabiliser" la Syrie, qui sort d'une guerre civile de près de 14 ans (2011-2024).

Ahmad al-Chareh a pour sa part salué "le courage" du président français qui a maintenu sa visite.

Les deux pays se sont entendus pour reprendre les relations au niveau des ambassadeurs "le plus tôt possible" selon M. Chareh.

Il s'agissait de la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste après plus de 13 années de guerre civile.

Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste.

Soutenue par Washington, la Syrie a rejoint l'an dernier la coalition internationale contre l'Etat islamique.

Le groupe jihadiste s'était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie avant d'être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par la coalition antijihadiste. Il conserve cependant des cellules dormantes et a appelé à défier le pouvoir.

Damas a connu plusieurs incidents au cours des derniers mois. Le 2 juillet, un attentat à la bombe perpétré dans un café du centre de la capitale a fait 10 morts et un vingtaine de blessés.


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.