Ghislaine Maxwell condamnée à 20 ans de prison pour trafic sexuel de mineures

Sarah Ransome et Elizabeth Stein, victimes de Jeffrey Epstein, sortent du tribunal après la condamnation de Ghislaine Maxwell à New York (Photo, Reuters).
Sarah Ransome et Elizabeth Stein, victimes de Jeffrey Epstein, sortent du tribunal après la condamnation de Ghislaine Maxwell à New York (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 29 juin 2022

Ghislaine Maxwell condamnée à 20 ans de prison pour trafic sexuel de mineures

  • La lourde peine a été accueillie avec soulagement par les victimes
  • Ghislaine Maxwell a rejeté la responsabilité principale sur Jeffrey Epstein

NEW YORK: Elle va probablement finir sa vie en prison à New York: âgée de 60 ans, l'ex-mondaine britannique Ghislaine Maxwell, reconnue coupable fin 2021 de trafic sexuel de mineures pour le compte du financier américain décédé Jeffrey Epstein, a été condamnée mardi à 20 ans d'emprisonnement.

Lorsque la juge du tribunal fédéral de Manhattan Alison Nathan a prononcé cette sentence pour les crimes sexuels "odieux d'une prédatrice", Ghislaine Maxwell, cheveux mi-longs, masquée et vêtue d'un pantalon noir et d'une chemise grise, est restée quasiment impassible.

Mais juste avant d'être fixée sur son sort, la sexagénaire, incarcérée à New York depuis déjà deux ans, avait pour la première fois exprimé sa "sympathie pour toutes les victimes" et s'était dite "désolée pour la souffrance ressentie" pour des crimes sexuels commis entre 1994 et 2004 contre des adolescentes de 14 à 17 ans.

Ghislaine Maxwell a toutefois rejeté la responsabilité principale sur son ancien compagnon et complice Jeffrey Epstein, lequel s'est suicidé en prison à New York en août 2019, "un manipulateur (...) qui a trompé tous ceux qui étaient dans son orbite".

«Crimes odieux sur des enfants»

La juge Nathan lui a répondu qu'elle n'était "pas punie à la place d'Epstein" et le procureur fédéral Damian Williams a fustigé ses "crimes odieux sur des enfants" en se félicitant que "personne ne soit au-dessus des lois" aux États-Unis.

La lourde peine a été accueillie avec soulagement par les victimes.

Annie Farmer, une quadragénaire qui avait raconté dans la douleur lors du procès fin 2021 comment elle était tombée adolescente dans les griffes du couple Maxwell-Epstein, s'est déclarée satisfaite qu'"il ne soit jamais trop tard pour la vérité et la responsabilité".

Une autre, Sarah Ransome, a lancé devant la presse: "Oui, Ghislaine doit mourir en prison".

"J'ai passé les 17 dernières années dans ma propre prison pour ce qu'elle, Jeffrey (Epstein) et tous les complices m'ont fait. J'ai été violée à plusieurs reprises. Parfois, j'étais violée trois fois par jour (...). Il y avait un afflux constant de filles qui étaient violées maintes et maintes fois", a affirmé cette victime reconnue mais qui n'était pas partie civile au procès de Mme Maxwell.

55 années encourues

Après son procès à New York en novembre et décembre derniers qui l'avait jugée coupable de trafic sexuel de mineures pour Jeffrey Epstein, la sexagénaire encourait jusqu'à 55 années de réclusion criminelle.

Ses avocats, qui ont annoncé qu'ils interjetteraient appel de la sentence, avaient déjà demandé mi-juin une peine de moins de 20 ans de prison et dénoncé la mise à l'isolement de leur cliente dans sa prison new-yorkaise, l'administration pénitentiaire invoquant un risque de "suicide".

Les avocats avaient aussi invoqué, en vain, la responsabilité et l'influence néfaste du magnat britannique de la presse Robert Maxwell -- un père "autoritaire" mort en 1991 en tombant mystérieusement de son yacht -- et de Jeffrey Epstein.

Son procès l'avait dépeinte en "prédatrice sophistiquée" qui agissait en "adulte" pour attirer, séduire des jeunes filles et les livrer à Epstein dans ses résidences de Floride, de Manhattan, du Nouveau-Mexique et des Îles Vierges.

"Jane", "Kate", "Carolyn" et Annie Farmer avaient dévoilé leurs vies abîmées par des relations sexuelles forcées avec Epstein alors qu'elles étaient mineures, souvent en présence de Maxwell.

«L'erreur de sa vie» 

Née et élevée dans un milieu hyper privilégié au Royaume-Uni, Ghislaine Maxwell a encore assuré ce mois-ci via ses avocats avoir "eu une enfance difficile, traumatisante" et avoir fait "la plus grave erreur de sa vie" en rencontrant Epstein.

Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein étaient en couple au début des années 1990 avant de devenir collaborateurs professionnels et complices pour leurs crimes sexuels durant près de 30 ans.

Le financier, aux puissants réseaux économiques et politiques aux États-Unis et à l'étranger, était lui-même accusé d'avoir agressé sexuellement et violé des jeunes filles, mais son suicide a éteint l'action publique à son encontre.

Dans un volet distinct de ce dossier aux ramifications internationales, le prince britannique Andrew, ami de la paire Maxwell-Epstein, a scellé le 15 février un accord à l'amiable --pour 13 millions de dollars selon le Daily Telegraph-- avec l'Américaine Virginia Giuffre, elle-même victime présumée du couple, qui l'accusait de l'avoir agressée sexuellement en 2001 quand elle était mineure.

La famille royale britannique s'est ainsi évité un procès au civil à New York aussi retentissant qu'embarrassant.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.