Afghanistan: le séisme après des bombardements, la double peine des rescapés

Des volontaires transportent l'aide reçue de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour les personnes touchées par le récent séisme dans le village Afghan-Dubaï, dans l'est de la province de Khost, le 26 juin 2022. (Photo, AFP)
Des volontaires transportent l'aide reçue de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour les personnes touchées par le récent séisme dans le village Afghan-Dubaï, dans l'est de la province de Khost, le 26 juin 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 27 juin 2022

Afghanistan: le séisme après des bombardements, la double peine des rescapés

Des volontaires transportent l'aide reçue de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour les personnes touchées par le récent séisme dans le village Afghan-Dubaï, dans l'est de la province de Khost, le 26 juin 2022. (Photo, AFP)
  • Afghan-Dubaï, dans l'est de la province de Khost, a été l'un des villages visés. Gul Nayeb Khan, 30 ans, et sa famille élargie habitent là
  • «Mon cœur souffre tellement. Nous sommes confrontés à tous les malheurs qu'on puisse imaginer. Je pense que j'aurais aimé être parmi les morts, il n'y a pas d'autre moyen», pour échapper à cette malédiction, se lamente Gul

AFGHANISTAN: « J'aurais aimé être parmi les morts »: déjà victimes de bombardements pakistanais il y a deux mois, des habitants de l'est de l'Afghanistan vivent un nouveau cauchemar après avoir été frappés par le séisme. 

Mi-avril, dans le district frontalier de Spera, des hélicoptères pakistanais ont bombardé des villages, tuant une cinquantaine de personnes. 

Le Pakistan affirme que des groupes armés, comme le Tehreek-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais, mènent des attaques depuis le sol afghan, à travers la frontière notoirement poreuse. 

Afghan-Dubaï, dans l'est de la province de Khost, a été l'un des villages visés. Gul Nayeb Khan, 30 ans, et sa famille élargie habitent là. 

Son père, ses sœurs, ses oncles et leurs femmes... Pas moins de 28 membres de sa famille élargie ont été tués dans les frappes pakistanaises. 

L'armée pakistanaise n'a pas confirmé avoir mené ces attaques. Mais Islamabad a demandé aux talibans au pouvoir en Afghanistan, avec lesquels les tensions se sont accrues depuis leur prise du pouvoir en août, de prendre des « mesures sévères » contre les militants qui visent son propre territoire. 

Les talibans afghans, qui sont un groupe distinct du TTP mais en partagent l'idéologie, ont insisté sur le fait que toutes les victimes des bombardements étaient des civils innocents. 

Dans la famille de Gul Nayeb Khan, ceux qui ont été blessés commençaient à peine à rebâtir leurs maisons détruites quand le séisme est survenu. 

« Des membres de ma famille sont morts (lors des bombardements), et maintenant, alors que nous reconstruisions notre maison, elle a été détruite par le tremblement de terre » du 22 juin, qui a fait plus d'un millier de morts,  se lamente-t-il en retenant ses larmes. 

« Mon cœur souffre »  

« Mon cœur souffre tellement. Nous sommes confrontés à tous les malheurs qu'on puisse imaginer. Je pense que j'aurais aimé être parmi les morts, il n'y a pas d'autre moyen », pour échapper à cette malédiction, ajoute-t-il. 

Il est venu pour obtenir de l'aide d'urgence distribuée par l'Organisation internationale des migrations (OIM). 

Dans la localité d'Afghan-Dubaï - nom donné à une époque où le commerce de pignons de pins était florissant dans cette région montagneuse couverte de conifères, et comparé à celui du pétrole -, la distribution de l'aide d'urgence est organisée par un comité local ad-hoc et strictement encadrée par des talibans armés. 

Elle se déroule au sommet d'une petite colline au centre du village, sur un espace grand comme un terrain de basket-ball. 

L'aire de distribution est délimitée par des cordes et ceux qui tentent de les franchir sans en avoir le droit risquent des coups de bâtons ou de ceinture distribués par les talibans. 

Gul Nayeb Khan n'a pas eu le droit d'avoir son lot, car son nom n'était pas inscrit sur la liste. 

Hazrat Omar, 25 ans, espère y avoir droit. Il habite près d'Afghan-Dubaï et six personnes de sa famille sont mortes dans le séisme. 

« Il était minuit, nous avons entendu un grand bruit, le toit de notre maison s'est effondré. Comme c'est une zone frontalière, nous avons pensé que le Pakistan bombardait nos maisons comme il l'a fait dernièrement », témoigne-il. 

« La vie est très dure »  

Dans la queue de ceux qui ont été enregistrés et vont recevoir une tente et un kit d'aide, Sharifullah Khan tient bien son petit ticket donné par l'OIM et aussi un papier d'identité. 

Il a fui le Waziristan, au Pakistan, quand l'armée d'Islamabad a lancé au milieu des années 2010 des opérations contre le TTP. 

Réfugié, il s'est installé de l'autre côté de la frontière, que l'on peut voir courir sur les crêtes des montagnes, à moins de deux kilomètres de là. 

« Le Pakistan a détruit nos maisons (au Waziristan). Nous sommes venus ici en Afghanistan, et cela fait huit ans que nous n'avons pas reçu d'aide. Puis le Pakistan nous a bombardé sur le sol afghan. Cela a rendu nos enfants très instables mentalement », relate-t-il. 

« Et maintenant, après le tremblement de terre, les répliques, les enfants ne peuvent plus dormir la nuit », poursuit-il. 

Dans la nuit de dimanche à lundi, la terre a de nouveau tremblé, ont constaté des journalistes à Aghan-Dubaï. 

« La vie ici est très dure. Nous supportons toutes les difficultés. Les pays voisins et le gouvernement (afghan) devraient aider les gens de cette région (...). Les enfants vivent sans toit et sous la pluie, et personne ne s'intéresse à notre sort »,  soupire Hazrat Omar. 

Lundi matin, dès 05h00, le soleil à peine levé, des habitants des environs s'approchaient déjà du centre de distribution. 

Une ONG afghane installait des lots de sacs de farine, tapis et couvertures. Les talibans eux préparaient leurs bâtons. 


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
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  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.