« La crise alimentaire mondiale aura un impact énorme sur le Moyen-Orient », estime l'agro-entrepreneur David Mezaros

David Meszaros, Directeur général de Smartkas (fournie)
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Publié le Lundi 03 octobre 2022

« La crise alimentaire mondiale aura un impact énorme sur le Moyen-Orient », estime l'agro-entrepreneur David Mezaros

  • Un entrepreneur en technologie parle du « revers critique « de la guerre entre la Russie et l'Ukraine et révèle son intention de construire une «méga ferme intelligente» pour fournir des produits alimentaires aux EAU, au Qatar et à l'Arabie saoudite
  • Meszaros pense que la planète peut nourrir 10 milliards de personnes d'ici 2050, mais pas avec le système actuel, car elle manquera de nourriture "dans la prochaine décennie environ"

DUBAÏ : La crise alimentaire mondiale qui se prépare aura un « impact énorme » dans l'immédiat sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, dont les populations et les économies ont subi « un revers critique » en raison du conflit Russie-Ukraine.

C'est ce qu'affirme le Dr David Meszaros, entrepreneur technologique et directeur général de SmartKas, une entreprise d'agritech qui construit la plus grande ferme intelligente des Pays-Bas en utilisant l'intelligence artificielle, les drones et la robotique.

« Si nous parlons d'aujourd'hui, si nous parlons des prochaines semaines, l’impact sera énorme pour eux », a-t-il déclaré à Katie Jensen, l'animatrice de « Frankly Speaking », l'émission d'entretiens vidéo avec des décideurs et des chefs d'entreprise régionaux et internationaux de premier plan.

M. Meszaros a également révélé son intention de construire une « méga ferme intelligente » - gérée de manière totalement durable et autonome, en utilisant uniquement des sources d'énergie et d'eau renouvelables - afin de fournir de la nourriture aux Émirats arabes unis, au Qatar et à l'Arabie saoudite.

De manière plus générale, il a déclaré que le monde peut nourrir 10 milliards de personnes, mais pas avec le système alimentaire actuel. « Nous allons manquer de nourriture d'ici une dizaine d'années », a-t-il dit, sans ambages.

Ces propos interviennent alors que les Nations unies avertissent que les niveaux de la faim dans le monde atteignent un nouveau record, les prix des denrées alimentaires ayant augmenté d'environ 30 % depuis le début de la guerre, les exportations de denrées alimentaires ayant chuté de manière significative dans le monde entier et l'inflation ayant explosé dans de nombreux pays.

Dans l'interview, M. Meszaros a également donné son avis sur les véritables raisons de la crise alimentaire, sur les personnes qui en souffriront le plus, sur les raisons pour lesquelles les nouvelles technologies pourraient être la solution et sur la question de savoir si elles peuvent se concrétiser assez rapidement.

Faisant référence aux pays de la région MENA actuellement confrontés à l'insécurité alimentaire, il a déclaré : « Leur forte dépendance à l'égard du blé importé, du riz importé, de toutes sortes de céréales (et d’engrais) ... perturbe complètement leur économie, en particulier l'agroéconomie. Et le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'acheter des aliments à un prix plus élevé pour essayer de répondre à la demande. »

Sur une note positive, pour Meszaros, il n'est pas encore trop tard car le moment critique arrivera d'ici cinq à dix ans. « S'ils prennent la décision consciente de changer maintenant, mais vraiment maintenant », a-t-il averti, « alors d'ici six à douze mois, nous pourrions voir apparaître des fermes intelligentes alimentées par les ressources naturelles dont elles disposent qui produisent leurs propres aliments. »

Charles Michel, le président de l'UE, a accusé la Russie d'utiliser les approvisionnements alimentaires comme une « arme » contre les pays en développement, mais Meszaros estime que les causes de la crise sont plus profondes que la simple guerre en Ukraine. « Il est un peu exagéré de dire que les Russes sont les seuls à blâmer. Nous pouvons tous nous rappeler que nous avons connu une crise de la chaîne d'approvisionnement les années précédentes, ainsi qu'une pandémie qui continue - et des rumeurs circulent sur une autre vague qui atteindra bientôt l'Europe et la région MENA », a-t-il poursuivi.

« Nous pouvons en fait remonter le temps jusqu'aux années 1960, car c'est à cette époque que tout a commencé. La population mondiale est aujourd'hui deux fois et demie supérieure à ce qu'elle était dans les années 1960. »

La crise alimentaire mondiale est « un problème continu, prévu de longue date, qui couve, couve et couve » et qui n'a « jamais été pris au sérieux », a déclaré M. Meszaros. À titre d'exemple, il a cité l'utilisation d'engrais, qui, selon lui, a été multipliée par huit depuis les années 1960 « mais, en raison des rendements décroissants, son efficacité a chuté d'environ 95 %. »

Il a comparé la situation à la gestion d'une entreprise sans assurance. « Vous espérez simplement que rien ne se passe mal, mais c'est arrivé », a-t-il dit, « et la fréquence de ces événements catastrophiques ne fait qu'augmenter. »

Cela dit, M. Meszaros ne minimise pas l'importance du rôle de la Russie en tant que premier exportateur mondial d'engrais, ni celui de la Russie et de l'Ukraine conjointement en tant que fournisseurs de 30 % des réserves mondiales de blé et de 70 % de l'huile de tournesol. Les approvisionnements alimentaires mondiaux sont « soumis à un stress extrême qui a porté un coup énorme non seulement à l'approvisionnement alimentaire régional, mais aussi mondial », a-t-il déclaré.

« Le problème est que nous nous sommes de plus en plus appuyés sur un système alimentaire dépassé, très, très ancien, obsolète. Ce système alimentaire repose sur les champs agricoles et, de ce fait, présente un aspect non renouvelable », a déclaré M. Meszaros.

« Le besoin permanent d'engrais est nouveau, qu'il s'agisse d'engrais à base de phosphore, d'azote ou de potassium. On a toujours besoin de ces engrais et on ne peut pas s'attendre à ce que le système alimentaire change en quelques semaines ou quelques mois.

« C'est pourquoi les gens considèrent la guerre Russie-Ukraine comme un déclencheur important qui nous a finalement fait prendre conscience que le système actuel, non durable et non renouvelable, ne peut tout simplement pas perdurer. »

Meszaros qui a créé la plus grande ferme intelligente autonome aux Pays-Bas en est un grand défenseur. Mais comment fonctionne-t-elle exactement ?

Il la présente comme suit : « Imaginez que vous avez un champ agricole. Vous essayez d'y faire pousser des fraises. Habituellement, vous obtenez un rendement de 10 à 15 tonnes sur un hectare. Mais sur la même superficie, lorsqu'une ferme verticale à 10 ou 12 couches est construite par SmartKas, vous pouvez faire pousser plus de 2 000 tonnes, soit environ 200 fois plus de fraises fraîches de haute qualité, sans pesticides et cultivées de manière durable.

« De plus, elles sont cultivées 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, du 1er janvier au 31 décembre, et à proximité immédiate de la ville où elles sont vendues. »

« Nous faisons recirculer l'eau, nous utilisons l'énergie solaire ou éolienne ou toute autre énergie possible - et tout cela est cultivé sans pesticides et vendu localement. Nous supprimons donc les intermédiaires, il n'y a pas d'importation, pas d'exportation et, par ordre de grandeur, des quantités plus importantes. Je suis ici, à Amsterdam, mais nous avons aussi un site à Londres, un centre de R&D en Hongrie et nous construisons une énorme serre au Brésil. »

Élaborant sur ses projets de création d'une « méga ferme » pour plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe, il a déclaré que des discussions sont en cours avec des responsables gouvernementaux ainsi que des particuliers aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Arabie saoudite. « Ce à quoi nous croyons, c'est que, en particulier pour les pays du CCG, nous pourrions construire une méga installation qui - fonctionnant de manière totalement durable, autonome en utilisant uniquement des sources d'énergie et d'eau renouvelables - pourrait nourrir les trois pays », a-t-il déclaré.

M. Meszaros envisage « un format triangulaire, où une pièce égale du triangle se trouverait dans l'un des trois pays », soutenu par l'introduction de « véhicules électriques autonomes - des camions, essentiellement - pour fournir des fruits et légumes frais aux plus grandes villes de ces trois pays. »

En ce qui concerne l'emplacement du projet, il a précisé : « Nous choisirons le lieu le plus convenable du point de vue du climat, des lignes électriques, de l'eau, etc. »

Quant au coût total, il estime qu'il se situerait entre 900 millions et 1,1 milliard de dollars, avec une capacité de production « d'environ 50 000 tonnes de fruits et légumes frais, ce qui, selon les études, serait plus que suffisant pour l'approvisionnement en fruits et légumes frais de ces pays. »

M. Meszaros espère largement compter sur l'énergie solaire car, comme il le dit, « le soleil ne manque pas dans ces pays, la terre est disponible et vous pouvez l'utiliser, et il existe des technologies de plus en plus récentes en matière de panneaux photovoltaïques (PV) - certains surélevés, d'autres transparents. »

Il a déclaré que SmartKas expérimente des panneaux photovoltaïques transparents « qui permettent de produire encore plus d'énergie par zone cible », ajoutant « nous avons des robots automatisés, des chaînes, des drones qui peuvent nettoyer la poussière et le sable des panneaux régulièrement sans intervention humaine ».

En ce qui concerne l'approvisionnement en eau, il a déclaré qu'il existe des solutions potentielles. « D’abord, parce que les systèmes eux-mêmes sont hermétiquement fermés, nous pouvons tout recycler. Le recyclage ne sera pas parfait, nous aurons quelques pertes. Donc, nous pourrions introduire deux unités de capture de l'eau », a-t-il déclaré.

« L'une serait une usine de dessalement et l'autre une unité de génération d'eau atmosphérique qui capte l'humidité de l'air. Et, le long du littoral, nous avons déjà fait des études sur place à ce sujet. Il y a juste assez d'humidité dans l'air pour capter entre quatre et six mille litres d'eau par unité et par jour. »

Meszaros a déclaré que SmartKas « a déjà des investisseurs ... dans les trois pays », et discute avec des investisseurs et entités publiques européens également. « Nous prévoyons d'achever la phase initiale de pré-ingénierie et de conception au cours des deux prochaines années, après quoi nous aborderons la construction », a-t-il déclaré. « Certainement pas dans les deux prochaines années. C'est probablement dans trois, quatre ans (à partir de maintenant) que nous verrons les prémisses de ce projet. »

Pour conclure, M. Meszaros a présenté quelques mesures qui, selon lui, devraient être mises en place si le monde veut nourrir une population de 10 milliards d'habitants d'ici 2050.

« La première consiste à réduire la dépendance aux engrais et aux méthodes agricoles inefficaces », a-t-il déclaré.

« Tous les pays n'ont pas besoin d'avoir une ferme autonome gérée par l'IA. Vous pouvez commencer petit. Vous pouvez utiliser des drones pour mieux répartir les pesticides, et certaines technologies de feuilles, de polytunnels - ce que l'Espagne et le Maroc utilisent - pour protéger les cultures et ensuite, lentement, chaque pays peut faire la transition.

« Mais, en substance, la technologie et les solutions innovantes sont la clé pour assurer la sécurité alimentaire dans le monde. »

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Syrie: écoles et administrations fermées à Alep, accrochages intermittents

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
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  • Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien
  • L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté

DAMAS: Les écoles, les administrations et l'aéroport sont restés fermés mercredi à Alep, la grande ville du nord de la Syrie où des accrochages sporadiques opposent les forces gouvernementales et kurdes, au lendemain de violences qui ont fait neuf morts, selon les médias officiels.

Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien.

"C'était une ville fantôme cette nuit, aucune activité, les magasins fermés, les rues plongées dans le noir en raison des coupures de courant", a raconté à l'AFP Abdel Karim Baqi, un homme de 50 ans qui a fui avec sa femme le quartier kurde d'Achrafieh pour se réfugier chez des proches.

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté.

Le représentant de l'autorité autonome kurde à Damas, Abdel Karim Omar, a déclaré à l'AFP que "des efforts sont en cours pour calmer la situation, car l'escalade n'est dans l'intérêt de personne".

Il a ajouté que les deux quartiers kurdes d'Achrafieh et cheikh Maqsoud étaient "encerclés" et démenti tout bombardement depuis ces zones, soulignant qu'elles sont tenues par les forces de sécurité intérieures kurdes (Asayish) "qui ne disposent que d'armes légères".

Face aux violences, les autorités avaient décidé mardi soir de suspendre pour 24 heures tous les vols de l'aéroport de la deuxième ville de Syrie et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux.

Les affrontements de mardi "nous ont rappelé la guerre. Nous n'avons nulle part où fuir", a déclaré à l'AFP Joud Serjian, une mère de famille de 53 ans habitant le quartier syriaque d'Alep.

Au cours de la guerre civile en Syrie (2011-2024), Alep avait connu des combats entre les rebelles et les forces du président Bachar al-Assad avant qu'il ne reprenne le contrôle de la cité en 2016.

Les affrontements ont éclaté mardi alors que les discussions patinent pour la mise en oeuvre de l'accord signé en mars, qui était censé intégrer avant fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l'Etat syrien.


Yemen: Turki Al-Malki affirme qu' Aidrous Al-Zubaidi s'est enfuit vers une destination inconnue

La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
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  • Aidrous Al-Zubaidi ne parvient pas à monter à bord d'un avion à destination de l'Arabie saoudite
  • Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud

RIYAD : Le porte-parole officiel de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que le chef du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidrous Al-Zubaidi, s'était enfui vers une destination inconnue.

Le général de division Al-Malki a annoncé que le 4 janvier 2026, le commandement des forces conjointes de la coalition a informé Al-Zubaidi qu'il devait se rendre en Arabie saoudite dans les 48 heures pour rencontrer le président du Conseil de direction présidentielle (PLC) de la République du Yémen, Rashad Mohammed Al-Alimi, et le commandement des forces de la coalition afin d'aborder les raisons de l'escalade et des attaques menées par les forces affiliées au CST contre les gouvernorats de Hadhramaut et d'Al-Mahra.

Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud, et a affirmé sa participation active pour garantir le succès de la conférence.

En conséquence, Al-Zubaidi a informé le Royaume de son intention d'être présent le 6 janvier, et la délégation s'est rendue à l'aéroport.

Cependant, le départ du vol IYE 532 de Yemenia Airways, prévu à 22 h 10 et transportant la délégation, a été retardé de plus de trois heures. Le gouvernement légitime et la coalition ont reçu des informations indiquant qu'Al-Zubaidi avait déplacé une importante force armée, comprenant des véhicules blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions, des camps de Jabal Hadid et Al-Solban vers Al-Dhale' vers minuit.

Par la suite, le vol susmentionné a été autorisé à décoller, transportant un grand nombre de dirigeants du STC, à l'exception du chef du conseil, Aidrous Al-Zubaidi, qui s'était enfui vers une destination inconnue.

Il a quitté les membres et les dirigeants du STC sans donner aucune information sur l'endroit où il se trouvait. Cela s'est produit après qu'il ait distribué des armes et des munitions à des dizaines d'éléments à Aden, dirigés par Mu'min Al-Saqqaf et Mukhtar Al-Nubi, dans le but de créer des troubles à Aden dans les heures à venir.

Cela a incité les Forces du Bouclier national et la coalition à demander au vice-président du Conseil de direction présidentiel, Abdul Rahman Al-Mahrami (Abu Zara'a), d'imposer la sécurité, d'empêcher tout affrontement à Aden, d'épargner aux habitants toute perturbation, de protéger les vies et les biens, et de coopérer avec les Forces du Bouclier national.

Les forces de la coalition ont surveillé les mouvements des unités militaires susmentionnées lorsqu'elles ont quitté les camps et pris position dans un bâtiment situé près du camp d'Al-Zand, dans le gouvernorat d'Al-Dhale'. À 4 heures du matin, les forces de la coalition, en coordination avec les forces gouvernementales légitimes et les Forces du bouclier national, ont lancé des frappes préventives limitées afin de perturber ces forces et de contrecarrer les tentatives d'Al-Zubaidi d'intensifier le conflit et de l'étendre à Al-Dhale'.

Le commandement des forces conjointes de la coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen affirme qu'il travaille avec le gouvernement yéménite et les autorités locales à Aden pour soutenir et maintenir les efforts de sécurité et faire face à toute force militaire qui prendrait pour cible des villes et des civils. Le commandement exhorte tous les habitants à rester à l'écart des camps d'Aden et d'Al-Dhale', à éviter tout rassemblement de véhicules militaires pour leur propre sécurité et à fournir des informations aux agences de sécurité concernant tout mouvement militaire suspect.


Le ministre israélien des Affaires étrangères au Somaliland, colère de la Somalie

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
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  • M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa
  • Le ministère somalien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que la visite de Saar constituait une « ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures

MOGADISCIO : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'est rendu mardi au Somaliland dans le cadre d'un voyage dénoncé par la Somalie, dix jours après qu'Israël ait officiellement reconnu la république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.

Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la sécession du Somaliland, que la Somalie a qualifiée de « mesure illégale » et a déclaré que la visite de Saar constituait une « grave violation » de sa souveraineté.

Dans une déclaration publiée sur X, M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa.

« Nous sommes déterminés à faire progresser vigoureusement les relations entre Israël et le Somaliland », a écrit Saar sur X, accompagnant son message de photos de sa rencontre avec le dirigeant du Somaliland au palais présidentiel.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "Etat indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie qui sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

Si Israël a invoqué le 30 décembre son droit à "entretenir des relations diplomatiques" avec les pays de son choix, sa décision a été critiquée par de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman et vue comme une attaque contre la souveraineté somalienne.

Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud a lui affirmé mercredi que le Somaliland avait accepté trois conditions d'Israël: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux accords d'Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël.

Les deux premières allégations ont été qualifiées de "mensongères" jeudi par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, pour qui l'accord entre les deux pays est "purement diplomatique".

La reconnaissance du pays "et l'arrivée d'Israël ne causeront pas de violences, n’apporteront pas de conflits et ne nuiront jamais à quiconque", avait affirmé fin décembre le ministre de la Présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi.

"Cela ne nuira ni à la Somalie, ni aux Arabes, ni à qui que ce soit", avait-il avancé, ajoutant que la collaboration avec Israël se ferait "dans les domaines de l'amélioration de notre économie, de la production agricole, dans lesquels Israël excelle, et de l’eau".

Des analystes estiment aussi qu'une alliance avec le Somaliland est particulièrement avantageuse pour Israël en raison de sa position stratégique sur le détroit de Bab-el-Mandeb, face aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et qui ont mené de nombreuses attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza.