Étrangers condamnés à mort en Ukraine: un chef séparatiste pro-russe ne veut pas changer leur peine

Un dirigeant séparatiste prorusse de l'est de l'Ukraine a affirmé dimanche ne pas vouloir modifier la peine des deux Britanniques et du Marocain condamnés à mort (Photo, AFP).
Un dirigeant séparatiste prorusse de l'est de l'Ukraine a affirmé dimanche ne pas vouloir modifier la peine des deux Britanniques et du Marocain condamnés à mort (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 12 juin 2022

Étrangers condamnés à mort en Ukraine: un chef séparatiste pro-russe ne veut pas changer leur peine

  • Samedi, le porte-parole de Boris Johnson a indiqué que ce dernier était «consterné» par la condamnation à mort des Britanniques Aiden Aslin et Shaun Pinner et du Marocain Brahim Saadoun
  • Vendredi, l'ONU a exprimé son inquiétude après la condamnation à mort de ces prisonniers de guerre par les rebelles pro-russes

MARIOUPOL: Un dirigeant séparatiste prorusse de l'est de l'Ukraine a affirmé dimanche ne pas vouloir modifier la peine des deux Britanniques et du Marocain condamnés à mort pour avoir combattu avec l'armée ukrainienne, la trouvant "juste".

"Ils sont venus en Ukraine tuer des civils pour de l'argent. C'est pourquoi je ne vois pas de conditions à une quelconque atténuation ou modification de peine", a déclaré aux journalistes Denis Pouchiline, le dirigeant de la région séparatiste de Donetsk, qui les a condamnés.

Selon Denis Pouchiline, "le tribunal à infligé une punition parfaitement juste" aux trois combattants. Il a aussi accusé le Premier ministre britannique, Boris Johnson, de ne pas s'être inquiété de leur sort et de n'avoir pas pris contact avec les autorités séparatistes.

Denis Pouchiline s'exprimait lors d'une rencontre avec la presse à laquelle a participé l'AFP à Marioupol,

dans le cadre d'un voyage organisé par le ministère russe de la Défense dans cette ville ukrainienne ravagée par les combats et conquise par les forces russes et séparatistes en mai.

Samedi, le porte-parole de Boris Johnson a indiqué que ce dernier était "consterné" par la condamnation à mort des Britanniques Aiden Aslin et Shaun Pinner et du Marocain Brahim Saadoun.

"Clairement, ils servaient dans les forces armées ukrainiennes et sont des prisonniers de guerre", et non des mercenaires comme les en accusent les autorités séparatistes de Donetsk, a précisé le porte-parole, assurant que Londres travaillait avec Kiev à leur libération.

Selon les familles d'Aiden Aslin et Shaun Pinner, les deux hommes installés dans le pays depuis 2018 et en couple avec des Ukrainiennes servaient dans l'armée ukrainienne depuis plusieurs années.

Vendredi, l'ONU a exprimé son inquiétude après la condamnation à mort de ces prisonniers de guerre par les rebelles pro-russes.

Une amie du Marocain capturé en Ukraine appelle Londres à l'aider

Une amie du Marocain Brahim Saadoun condamné à mort après avoir été capturé en Ukraine où il combattait contre les forces russes a appelé dimanche le gouvernement britannique à le "sauver"

Zina Kotenko, une réfugiée ukrainienne vivant au Royaume-Uni a décrit son ami Brahim Saadoun, 21 ans, comme un homme "gentil", "ouvert d'esprit" et "joyeux".

Interviewée par la chaîne de télévision SkyNews elle a appelé le gouvernement britannique à "prendre soin des gens qui prennent soin de la démocratie".

"S'il vous plait, sauvez-le", a-t-elle dit.

Brahim Saadoun ainsi que les Britanniques Aiden Aslin, 28 ans, et Shaun Pinner, 48 ans, ont été faits prisonniers en Ukraine où ils combattaient pour Kiev, et condamnés à mort jeudi pour activités mercenaires par la justice des autorités séparatistes de Donetsk.

Un autre ami du soldat marocain, Dmytro Khrabstov, 20 ans, a déclaré que Brahim, connu par ses amis en Ukraine sous le nom de "Brian" avait rejoint l'armée ukrainienne l'été dernier et leur avait dit qu'il voulait "mourir en héros".

"(M. Brahim) est un gars brillant et enthousiaste, rêvant de la technologie du futur et de la façon dont il pourrait changer les choses", a déclaré M. Khrabstov à l'agence de presse PA.

Il a qualifié d'"inhumaine" sa condamnation à mort.

Le père du jeune Marocain, Tader Saadoun, a affirmé jeudi sur le site d'information marocain Madar21 que son fils "n'est pas un mercenaire". En avril, il avait accusé les autorités ukrainiennes de "recruter les étudiants étrangers pour les exploiter dans la guerre".

La cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss - a qualifié jeudi le verdict visant les trois hommes de "simulacre de jugement sans légitimité".

La famille d'Aiden Aslin avait expliqué fin avril que ce dernier avait déménagé en 2018 en Ukraine, où il avait rencontré sa compagne et s'était installé à Mykolaïv (sud). Il avait décidé de rejoindre les Marines ukrainiens et a servi dans cette unité pendant près de quatre ans.

La famille de Shaun Pinner avait elle indiqué que celui-ci n'était "ni un volontaire ni un mercenaire, mais sert officiellement dans l'armée ukrainienne conformément à la législation ukrainienne". Il s'était lui aussi installé en 2018 en Ukraine et a épousé une Ukrainienne.

Dans une déclaration diffusée samedi par le ministère des Affaires étrangères britannique, la famille de Shaun Pinner a expliqué être "anéantie" par la décision de la justice, dénonçant un "procès-spectacle illégal".

Elle a demandé que lui soit "accordés tous les droits d'un prisonnier de guerre conformément à la Convention de Genève".


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.