Les enfants détenus au camp d'Al-Hol en Syrie croupissent dans les incertitudes politiques

Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Des combattants de Daech défilent dans un cortège à Syrte, en Libye, en 2015. (Photo, AFP)
Des combattants de Daech défilent dans un cortège à Syrte, en Libye, en 2015. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
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Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 05 juin 2022

Les enfants détenus au camp d'Al-Hol en Syrie croupissent dans les incertitudes politiques

  • Les familles des combattants de Daesh détenus dans le camp d'Al-Hol sont témoins de violences pouvant causer des dommages psychologiques durables
  • Des conditions très inférieures aux normes internationales en termes d'accès à la nourriture, à l'eau, aux soins de santé et à l'éducation

IRBIL, Irak: Les femmes et les enfants détenus à Al-Hol, un camp tentaculaire de quelques 57 000 personnes dans le nord-est de la Syrie, endurent des conditions sordides et des violences quasi quotidiennes, infligées par ses nombreux détenus intransigeants qui s'accrochent encore à l'idéologie extrémiste de Daesh.

La violence est endémique à l'intérieur du camp, où l'on compte au moins 130 meurtres depuis mars 2019, selon Save the Children. Rien qu'en 2021, deux personnes par semaine en moyenne ont été tuées, souvent en toute impunité et à la vue des enfants.

L'écrasante majorité de ces attaques ont eu lieu dans le camp principal d'Al-Hol, qui abrite des citoyens syriens et irakiens. L'annexe d'Al-Hol, qui a également connu sa part d'insécurité, abrite des femmes et des enfants originaires d'au moins 60 autres pays.

«Nous fournissons des services, mais au final, il s'agit toujours d'un camp et il est donc inadéquat en tant que projet de logement», a déclaré à Arab News le Dr Alan Dahir, un responsable du Croissant-Rouge kurde, qui gère le camp.

«La plupart des enfants sont orphelins. Bien que je ne pense pas qu'ils aient été oubliés, notamment les femmes étrangères, leurs pays respectifs ne se sont pas encore manifestés pour les réclamer», a-t-il indiqué.

Imene Trabelsi, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, qui fournit une aide de base à Al-Hol, a déclaré que les conditions de vie sont très inférieures aux normes internationales en termes d'accès à la nourriture, à l'eau, aux soins de santé et à l'éducation.

«Il y a des enfants qui ont tragiquement passé toute leur courte vie dans des camps comme Al-Hol, y étant nés et y mourant sans jamais quitter le périmètre», a déclaré Trabelsi à Arab News.

Elle a ajouté: «Des dizaines de milliers d'autres enfants passent leurs premières années, si importantes pour leur développement, dans de telles conditions, au vu et au su de la communauté internationale et de leurs propres gouvernement d'origine.»

En février dernier, un incendie a ravagé une partie du camp, faisant au moins huit morts et de nombreux gravement blessés, dont plus d'une douzaine d'enfants. En raison du climat souvent extrême et du manque d'installations, les infections des voies respiratoires et la malnutrition sont très répandues.

«Les enfants sont sans cesse exposés à des dangers et leurs droits sont souvent ignorés. Le monde ne peut continuer à détourner le regard alors que des enfants rendent leur premier et dernier souffle dans des camps ou grandissent apatrides et dans l’incertitude», a révélé Trabelsi.

EN BREF

*En février 2021, un incendie a ravagé une partie du camp d'Al-Hol, faisant au moins huit morts et de nombreux gravement blessés.

*Les gouvernements occidentaux ont été réticents à reprendre leurs citoyens, craignant les retombées politiques.

«C'est l'une des urgences les plus importantes et les plus complexes de notre époque en matière de protection de l'enfance et il est grand temps de trouver la volonté politique pour agir avant que d'autres vies ne soient perdues.»

Al-Hol a hébergé des personnes déplacées par les conflits qui ont secoué la région au fil des ans. Mais sa population a soudainement grimpé en flèche en mars 2019 après la défaite de Daesh à Baghouz, le dernier bastion territorial du groupe, dans la province orientale de Deir ez-Zor.

Des milliers de femmes et d'enfants, dont de nombreuses familles de combattants capturés ou tués, ont été transportés par camion de Baghouz à Al-Hol, dans la province voisine de Hasakah, où la plupart sont restés depuis, sous la garde des Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis.

«Je n'avais pas mangé depuis ce qui semblait être des semaines à l'époque. On nous a littéralement laissé manger de l'herbe», a confié Ayman, un jeune yézidis qui a été forcé de combattre dans les rangs de Daech à Baghouz après avoir été enlevé alors qu'il était enfant.

Il a ajouté: «Nous n'avions rien. Je ne sais pas comment j'ai survécu. Je me suis retrouvé à Al-Hol et j'ai ensuite été secouru grâce aux efforts locaux de ceux qui recherchent les survivants yazidis.»

Lorsque les combattants de Daesh ont pris d'assaut les terres ancestrales des Yazidis à Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, en été 2014, des milliers de femmes et d'enfants ont été enlevés et convertis de force à l'interprétation déformée de l'islam par le groupe.

Au moment où le groupe a été territorialement vaincu au début de 2019, beaucoup de ces anciens captifs étaient trop effrayés pour s'identifier comme Yazidi ou trop endoctrinés pour se séparer de leurs anciens ravisseurs à l'intérieur d'Al-Hol.

«Je m'estime chanceux», a déclaré Ayman à Arab News. «Certains de mes amis et des femmes que je connais ont refusé d'être secourus. Ils avaient subi un tel lavage de cerveau et un tel traumatisme qu'ils ont choisi de rester dans le camp, sous le radar. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus maintenant.»

Les organisations humanitaires appellent depuis longtemps les gouvernements à soutenir le retour sûr, volontaire et digne des familles syriennes et irakiennes d'Al-Hol dans leurs communautés, et à rapatrier les enfants des combattants étrangers et leurs mères dans leur pays d'origine.

«Je m'occupe de cette question depuis 2018, et j'ai réussi à ramener une quarantaine de personnes dans leur pays d'origine. La plupart étaient des enfants», a déclaré Peter Galbraith, un ancien diplomate américain, à Arab News.

Les gouvernements occidentaux ont été réticents à reprendre leurs citoyens, craignant les retombées politiques, les dépenses et même les risques pour la sécurité, si les autorités ne parviennent pas à poursuivre les radicaux islamistes présumés.

«Une partie du problème est que les Nations unies et d'autres ONG affirment que les pays devraient reprendre leurs citoyens, mais en réalité, personne ne le fait vraiment», a signalé Galbraith. «Cela ne sert à rien de continuer à crier à propos d’un sujet et de ne pas y parvenir.»

«Certains pays comme le Royaume-Uni, le Canada et la France, trouvent que garder leurs citoyens dans le nord-est de la Syrie est moins compliqué et moins cher. Les ramener chez eux et leur faire subir un procès, une condamnation, puis les envoyer en prison coûterait des milliers de dollars, au lieu de les garder dans le camp pour quelques centaines de dollars», a-t-il expliqué.

En conséquence, des milliers d'enfants qui se sont retrouvés dans le camp sans que ce soit de leur faute ont été effectivement abandonnés par les gouvernements occidentaux et laissés vulnérables à la violence, à la maladie et à la radicalisation.

«Les enfants finissent par payer pour les fautes de leurs parents», a précisé Galbraith. «Chaque homme et chaque femme qui a décidé de rejoindre Daesh avait la capacité d'agir d'une manière ou d'une autre. Les enfants amenés ou nés ici n'avaient pas le choix. Ils sont maintenant condamnés à une vie en prison.»

Galbraith a soutenu: «Ils risquent également d'être mariés à des enfants et d'être élevés par les femmes extrémistes radicales qui dirigent les camps. Un orphelin américain que nous avons sauvé était élevé par une femme extrémiste somalienne lorsque nous l'avons trouvé.»

Il a ajouté que «ces enfants risquent de se retrouver entre les mains de contrebandiers impitoyables, de trafiquants d'êtres humains, prêts à tout pour gagner de l'argent. Certaines femmes yazidies, après toutes leurs épreuves avec Daesh, ont fini par être livrées à la prostitution par ces trafiquants».

«Ces enfants doivent être retirés du camp et placés dans des villages ou des familles d'accueil», a-t-il insisté.

Loin d'accélérer les programmes de rapatriement, les gouvernements occidentaux ont plutôt cherché à confier le problème aux prisons contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS), au système judiciaire rudimentaire de l'Irak voisin, ou aux autorités et agences d'aide kurdes à court d'argent qui gèrent Al-Hol.

Les dangers posés par l'externalisation du problème ont été amplement démontrés en janvier de cette année, lorsque les restes de Daesh ont lancé une attaque massive et hautement sophistiquée contre une prison à Hasakah où des milliers de ses anciens combattants étaient détenus sous la garde des FDS.

Selon certains rapports, 374 combattants de Daesh ont été tués au cours de l'attaque, ainsi que 77 membres du personnel pénitentiaire, 40 membres des FDS et quatre civils. Environ 400 détenus sont toujours portés disparus, ce qui indique qu'un nombre important d'entre eux se sont échappés.

Cet incident n'est que le dernier en date d'une série d'attaques et de tentatives d'évasion dans des camps et des prisons de la région, qui laissent penser que Daesh pourrait faire une réapparition dans une zone où il était considéré comme une force épuisée.

Pendant ce temps, les enfants d'Al-Hol deviennent rapidement des adultes, radicalisés par leurs mères et leurs pairs, et rancuniers des mauvais traitements qu'ils ont subis. Si l'on ne s'occupe pas d'urgence de leur situation et si l'on ne répond pas correctement à leurs besoins psychologiques, les groupes d'aide mettent en garde contre des dommages extrêmes et durables.

«Les enfants ne peuvent pas continuer à vivre dans des conditions aussi pénibles», a signalé Sonia Khush, directrice de l'intervention Save the Children en Syrie, dans un récent communiqué.

Khush a averti que «le niveau de violence qu'ils subissent quotidiennement à Al-Hol est effroyable. L'insécurité dans le camp doit être traitée efficacement sans ajouter plus de stress et de peur à la vie de ces enfants. Ils ont besoin de toute urgence d'un soutien psychosocial plus important pour faire face à leurs expériences».

«Mais la seule solution durable à cette situation est d’aider les enfants et leurs familles pour qu'ils puissent quitter le camp de manière sûre et volontaire», a-t-elle soutenu.

Khush a admis: «Ce n'est pas un endroit où les enfants peuvent grandir.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au moins 9 morts dans des raids israéliens contre le sud du Liban

Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 9 morts et plusieurs blessés, tandis que des ordres d’évacuation ont été donnés dans la banlieue sud de Beyrouth
  • Les tensions s’intensifient : Israël affirme cibler des infrastructures du Hezbollah, tandis que le mouvement riposte par des attaques de roquettes vers le nord d’Israël

BEYROUTH: Au moins neuf personnes, selon les médias officiels libanais, ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, qu'Israël considère comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.

D'après l'Agence nationale d'information (ANI), une attaque israélienne a fait au moins trois morts et 18 blessés dans la région de Nabatiyeh, et une autre quatre morts et un blessé à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, également appelée Sidon.

Selon la même source, une frappe israélienne contre un appartement du camp de réfugiés de Mieh Mieh, également près de Saïda, a par ailleurs fait deux morts et quatre blessés.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Elle a aussi annoncé avoir, au cours de son opération terrestre dans le sud du Liban, avoir "démantelé des centres de commandement du Hezbollah" ainsi qu'un dépôt d'armes, et avoir tué plusieurs combattants du mouvement, sans en préciser le nombre.

De son côté, le Hezbollah a affirmé mercredi matin avoir attaqué un char et des soldats israéliens près de la frontière, et tiré un "barrage de roquettes" vers Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël.

Les sirènes d'alerte ont retenti dans cette ville de la vallée de la Houla, proche de la frontière libanaise. Les autorités israéliennes n'ont fait état d'aucune victime.

Mardi, une Israélienne d'une trentaine d'années avait été tuée dans le nord du pays par un autre tir de roquettes depuis le Liban.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

- Traces de sang -

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi, des frappes israéliennes avaient déjà tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud.

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, un village dans les montagnes au sud-est de Beyrouth qui est pourtant à l'écart des zones contrôlées par le Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

Beyrouth accuse les Gardiens de la révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël, et a interdit leurs activités sur son territoire.

Mardi, la décision des autorités d'expulser l'ambassadeur d'Iran a provoqué une vive réaction du Hezbollah, qui leur a demandé de se rétracter.

"Nous demanderons à l’ambassadeur iranien de rester à Beyrouth et de considérer la mesure comme nulle et non avenue", a affirmé une source de l'organisation à l'AFP.


Nouvelles vagues d'attaques au Moyen-Orient, les négociations Washington-Téhéran restent à confirmer

Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
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  • L’Iran a intensifié les frappes (missiles et drones) contre Israël et plusieurs pays du Golfe, tandis qu’Israël poursuit ses bombardements en Iran et au Liban, aggravant le conflit régional
  • Les États-Unis proposent un plan de paix incluant un cessez-le-feu temporaire, des restrictions sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, alors que le détroit d’Ormuz rouvre partiellement, faisant baisser les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a tiré mercredi des salves de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe et Israël, et celui-ci continue de bombarder Téhéran et le Liban, malgré la promesse américaine de négociations de paix qui a calmé les marchés.

Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi Donald Trump, ajoutant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent au processus.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés de l'Iran dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.

- L'Iran desserre l'étreinte sur Ormuz -

L'Iran a justement affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.

Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit.

En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.

Mais l'Iran, pour l'heure, n'a pas confirmé la moindre négociation.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu en début de semaine avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".

- Incendie à l'aéroport de Koweït -

La presse américaine évoque en outre l'envoi de 3.000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient, où la guerre ne donne aucun signe d'accalmie avec de nouvelles vagues d'attaques israéliennes contre l'Iran et le Liban, et de nouveaux tirs de missiles et de drones iraniens vers Israël, la Jordanie et plusieurs pays du Golfe.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que sur deux bases militaires américaines au Koweït, une en Jordanie et une au Bahreïn.

Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens.

Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile du pays, qui n'a pas fait état de victime.

De son côté, comme au cours des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran".

"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l'AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.

- Au moins 9 morts au Liban -

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids dans le sud du pays, région considérée par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.


Liban: Israël veut s'emparer d'une zone du sud, trois morts près de Beyrouth

Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • "Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée"
  • Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani

BEYROUTH: Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.

Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, Israël mène des frappes massives à travers le pays, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi à l'aube, des frappes israéliennes ont tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait?" 

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, au sud-est de Beyrouth.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

La frappe a notamment tué une fillette de quatre ans et fait quatre blessés, selon le ministère de la Santé.

Bchamoun n'est pas un bastion du Hezbollah, dont l'armée israélienne dit viser les combattants.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

Lundi après-midi, une frappe ciblée avait visé un immeuble de la ville d'Hazmieh, dans une zone résidentielle surplombant Beyrouth, proche du palais présidentiel et abritant de nombreuses ambassades, faisant un mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'un "terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, était visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que des membres des Gardiens de la Révolution iraniens, se trouvant au Liban, dirigeaient les opérations du Hezbollah.

L'accréditation de l'ambassadeur d'Iran a été retirée, Beyrouth lui donnant jusqu'à dimanche pour quitter le pays.

Incursion 

Dans la nuit, une série de frappes a visé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

L'Ani a aussi rapporté des frappes sur plusieurs régions de l'est et du sud, où des stations essence de la société al-Amana, qui selon Israël finance le Hezbollah, ont été visées.

Dans le sud, l'armée israélienne a visé la région de la ville côtière de Tyr, faisant cinq morts selon le ministère de la Santé.

Dans le même temps, elle a à nouveau frappé un pont sur le Litani, visé la veille, dans le cadre de son opération de destruction de plusieurs ponts sur ce fleuve reliant une partie du sud au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé s'opposer à la progression des forces israéliennes dans des localités frontalières, revendiquant notamment des attaques contre des soldats dans le village de al-Qaouzah ainsi que sur le nord d'Israël.

Selon l'Ani, une unité israélienne a effectué une incursion dans le village frontalier de Halta, où les soldats "ont effectué des perquisitions dans plusieurs maisons et ouvert le feu sur les habitants", tuant l'un d'entre eux et en blessant un autre.