Les enfants détenus au camp d'Al-Hol en Syrie croupissent dans les incertitudes politiques

Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Des combattants de Daech défilent dans un cortège à Syrte, en Libye, en 2015. (Photo, AFP)
Des combattants de Daech défilent dans un cortège à Syrte, en Libye, en 2015. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
Les enfants vivent et meurent dans des conditions épouvantables dans les camps syriens, ce qui les rend très vulnérables à la radicalisation face à la recrudescence potentielle du militantisme de Daesh. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 05 juin 2022

Les enfants détenus au camp d'Al-Hol en Syrie croupissent dans les incertitudes politiques

  • Les familles des combattants de Daesh détenus dans le camp d'Al-Hol sont témoins de violences pouvant causer des dommages psychologiques durables
  • Des conditions très inférieures aux normes internationales en termes d'accès à la nourriture, à l'eau, aux soins de santé et à l'éducation

IRBIL, Irak: Les femmes et les enfants détenus à Al-Hol, un camp tentaculaire de quelques 57 000 personnes dans le nord-est de la Syrie, endurent des conditions sordides et des violences quasi quotidiennes, infligées par ses nombreux détenus intransigeants qui s'accrochent encore à l'idéologie extrémiste de Daesh.

La violence est endémique à l'intérieur du camp, où l'on compte au moins 130 meurtres depuis mars 2019, selon Save the Children. Rien qu'en 2021, deux personnes par semaine en moyenne ont été tuées, souvent en toute impunité et à la vue des enfants.

L'écrasante majorité de ces attaques ont eu lieu dans le camp principal d'Al-Hol, qui abrite des citoyens syriens et irakiens. L'annexe d'Al-Hol, qui a également connu sa part d'insécurité, abrite des femmes et des enfants originaires d'au moins 60 autres pays.

«Nous fournissons des services, mais au final, il s'agit toujours d'un camp et il est donc inadéquat en tant que projet de logement», a déclaré à Arab News le Dr Alan Dahir, un responsable du Croissant-Rouge kurde, qui gère le camp.

«La plupart des enfants sont orphelins. Bien que je ne pense pas qu'ils aient été oubliés, notamment les femmes étrangères, leurs pays respectifs ne se sont pas encore manifestés pour les réclamer», a-t-il indiqué.

Imene Trabelsi, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, qui fournit une aide de base à Al-Hol, a déclaré que les conditions de vie sont très inférieures aux normes internationales en termes d'accès à la nourriture, à l'eau, aux soins de santé et à l'éducation.

«Il y a des enfants qui ont tragiquement passé toute leur courte vie dans des camps comme Al-Hol, y étant nés et y mourant sans jamais quitter le périmètre», a déclaré Trabelsi à Arab News.

Elle a ajouté: «Des dizaines de milliers d'autres enfants passent leurs premières années, si importantes pour leur développement, dans de telles conditions, au vu et au su de la communauté internationale et de leurs propres gouvernement d'origine.»

En février dernier, un incendie a ravagé une partie du camp, faisant au moins huit morts et de nombreux gravement blessés, dont plus d'une douzaine d'enfants. En raison du climat souvent extrême et du manque d'installations, les infections des voies respiratoires et la malnutrition sont très répandues.

«Les enfants sont sans cesse exposés à des dangers et leurs droits sont souvent ignorés. Le monde ne peut continuer à détourner le regard alors que des enfants rendent leur premier et dernier souffle dans des camps ou grandissent apatrides et dans l’incertitude», a révélé Trabelsi.

EN BREF

*En février 2021, un incendie a ravagé une partie du camp d'Al-Hol, faisant au moins huit morts et de nombreux gravement blessés.

*Les gouvernements occidentaux ont été réticents à reprendre leurs citoyens, craignant les retombées politiques.

«C'est l'une des urgences les plus importantes et les plus complexes de notre époque en matière de protection de l'enfance et il est grand temps de trouver la volonté politique pour agir avant que d'autres vies ne soient perdues.»

Al-Hol a hébergé des personnes déplacées par les conflits qui ont secoué la région au fil des ans. Mais sa population a soudainement grimpé en flèche en mars 2019 après la défaite de Daesh à Baghouz, le dernier bastion territorial du groupe, dans la province orientale de Deir ez-Zor.

Des milliers de femmes et d'enfants, dont de nombreuses familles de combattants capturés ou tués, ont été transportés par camion de Baghouz à Al-Hol, dans la province voisine de Hasakah, où la plupart sont restés depuis, sous la garde des Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis.

«Je n'avais pas mangé depuis ce qui semblait être des semaines à l'époque. On nous a littéralement laissé manger de l'herbe», a confié Ayman, un jeune yézidis qui a été forcé de combattre dans les rangs de Daech à Baghouz après avoir été enlevé alors qu'il était enfant.

Il a ajouté: «Nous n'avions rien. Je ne sais pas comment j'ai survécu. Je me suis retrouvé à Al-Hol et j'ai ensuite été secouru grâce aux efforts locaux de ceux qui recherchent les survivants yazidis.»

Lorsque les combattants de Daesh ont pris d'assaut les terres ancestrales des Yazidis à Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, en été 2014, des milliers de femmes et d'enfants ont été enlevés et convertis de force à l'interprétation déformée de l'islam par le groupe.

Au moment où le groupe a été territorialement vaincu au début de 2019, beaucoup de ces anciens captifs étaient trop effrayés pour s'identifier comme Yazidi ou trop endoctrinés pour se séparer de leurs anciens ravisseurs à l'intérieur d'Al-Hol.

«Je m'estime chanceux», a déclaré Ayman à Arab News. «Certains de mes amis et des femmes que je connais ont refusé d'être secourus. Ils avaient subi un tel lavage de cerveau et un tel traumatisme qu'ils ont choisi de rester dans le camp, sous le radar. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus maintenant.»

Les organisations humanitaires appellent depuis longtemps les gouvernements à soutenir le retour sûr, volontaire et digne des familles syriennes et irakiennes d'Al-Hol dans leurs communautés, et à rapatrier les enfants des combattants étrangers et leurs mères dans leur pays d'origine.

«Je m'occupe de cette question depuis 2018, et j'ai réussi à ramener une quarantaine de personnes dans leur pays d'origine. La plupart étaient des enfants», a déclaré Peter Galbraith, un ancien diplomate américain, à Arab News.

Les gouvernements occidentaux ont été réticents à reprendre leurs citoyens, craignant les retombées politiques, les dépenses et même les risques pour la sécurité, si les autorités ne parviennent pas à poursuivre les radicaux islamistes présumés.

«Une partie du problème est que les Nations unies et d'autres ONG affirment que les pays devraient reprendre leurs citoyens, mais en réalité, personne ne le fait vraiment», a signalé Galbraith. «Cela ne sert à rien de continuer à crier à propos d’un sujet et de ne pas y parvenir.»

«Certains pays comme le Royaume-Uni, le Canada et la France, trouvent que garder leurs citoyens dans le nord-est de la Syrie est moins compliqué et moins cher. Les ramener chez eux et leur faire subir un procès, une condamnation, puis les envoyer en prison coûterait des milliers de dollars, au lieu de les garder dans le camp pour quelques centaines de dollars», a-t-il expliqué.

En conséquence, des milliers d'enfants qui se sont retrouvés dans le camp sans que ce soit de leur faute ont été effectivement abandonnés par les gouvernements occidentaux et laissés vulnérables à la violence, à la maladie et à la radicalisation.

«Les enfants finissent par payer pour les fautes de leurs parents», a précisé Galbraith. «Chaque homme et chaque femme qui a décidé de rejoindre Daesh avait la capacité d'agir d'une manière ou d'une autre. Les enfants amenés ou nés ici n'avaient pas le choix. Ils sont maintenant condamnés à une vie en prison.»

Galbraith a soutenu: «Ils risquent également d'être mariés à des enfants et d'être élevés par les femmes extrémistes radicales qui dirigent les camps. Un orphelin américain que nous avons sauvé était élevé par une femme extrémiste somalienne lorsque nous l'avons trouvé.»

Il a ajouté que «ces enfants risquent de se retrouver entre les mains de contrebandiers impitoyables, de trafiquants d'êtres humains, prêts à tout pour gagner de l'argent. Certaines femmes yazidies, après toutes leurs épreuves avec Daesh, ont fini par être livrées à la prostitution par ces trafiquants».

«Ces enfants doivent être retirés du camp et placés dans des villages ou des familles d'accueil», a-t-il insisté.

Loin d'accélérer les programmes de rapatriement, les gouvernements occidentaux ont plutôt cherché à confier le problème aux prisons contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS), au système judiciaire rudimentaire de l'Irak voisin, ou aux autorités et agences d'aide kurdes à court d'argent qui gèrent Al-Hol.

Les dangers posés par l'externalisation du problème ont été amplement démontrés en janvier de cette année, lorsque les restes de Daesh ont lancé une attaque massive et hautement sophistiquée contre une prison à Hasakah où des milliers de ses anciens combattants étaient détenus sous la garde des FDS.

Selon certains rapports, 374 combattants de Daesh ont été tués au cours de l'attaque, ainsi que 77 membres du personnel pénitentiaire, 40 membres des FDS et quatre civils. Environ 400 détenus sont toujours portés disparus, ce qui indique qu'un nombre important d'entre eux se sont échappés.

Cet incident n'est que le dernier en date d'une série d'attaques et de tentatives d'évasion dans des camps et des prisons de la région, qui laissent penser que Daesh pourrait faire une réapparition dans une zone où il était considéré comme une force épuisée.

Pendant ce temps, les enfants d'Al-Hol deviennent rapidement des adultes, radicalisés par leurs mères et leurs pairs, et rancuniers des mauvais traitements qu'ils ont subis. Si l'on ne s'occupe pas d'urgence de leur situation et si l'on ne répond pas correctement à leurs besoins psychologiques, les groupes d'aide mettent en garde contre des dommages extrêmes et durables.

«Les enfants ne peuvent pas continuer à vivre dans des conditions aussi pénibles», a signalé Sonia Khush, directrice de l'intervention Save the Children en Syrie, dans un récent communiqué.

Khush a averti que «le niveau de violence qu'ils subissent quotidiennement à Al-Hol est effroyable. L'insécurité dans le camp doit être traitée efficacement sans ajouter plus de stress et de peur à la vie de ces enfants. Ils ont besoin de toute urgence d'un soutien psychosocial plus important pour faire face à leurs expériences».

«Mais la seule solution durable à cette situation est d’aider les enfants et leurs familles pour qu'ils puissent quitter le camp de manière sûre et volontaire», a-t-elle soutenu.

Khush a admis: «Ce n'est pas un endroit où les enfants peuvent grandir.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: trois ans et demi de prison pour deux célèbres chroniqueurs

 Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
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  • Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux
  • Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel

TUNIS: Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux.

Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux.

Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel.

Ils auraient dû sortir de prison en janvier 2025 mais sont restés en détention pour une affaire de "blanchiment d'argent" et d'"évasion fiscale".

"Trois ans et demi pour Mourad et Borhen", a écrit sur Facebook la soeur de M. Zeghidi, Meriem Zeghidi Adda.

Jeudi, lors de la dernière audience du procès, M. Zeghidi a réclamé sa libération tandis que M. Bsaies a demandé à ce que justice lui soit rendue, a rapporté à l'AFP l'avocat du premier, Ghazi Mrabet.

Un autre avocat de M. Zeghidi, Fethi Mouldi, a affirmé que son client avait été inculpé en raison d'une déclaration fiscale incomplète, "une situation qui a été réglée ce qui invalide l'inculpation pour blanchiment d'argent" selon lui.

Les arrestations de MM. Zeghidi et Bsaies avaient coïncidé avec celles de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, libérée fin novembre, et d'une dizaine de militants de l'aide aux migrants.

Depuis le coup de force du président Saied, qui s'est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, des ONG locales et internationales dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie.

Des dizaines d'opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d'un décret présidentiel visant officiellement à lutter contre "les fausses informations" mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains.

Des chefs de l'opposition ont notamment été condamnés à de lourdes peines dans un méga-procès de "complot contre la sûreté de l’Etat".

En 2025, la Tunisie a chuté de 11 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), passant de la 118e à la 129e place sur 180 pays.

 


Le ministre libanais des Finances dément tout projet de zone économique dans le sud gérée par Kushner

Le ministre des Finances libanais, Yassine Jaber, s'est entretenu avec Arab News en marge du Forum économique mondial de Davos. (Photo AN)
Le ministre des Finances libanais, Yassine Jaber, s'est entretenu avec Arab News en marge du Forum économique mondial de Davos. (Photo AN)
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  • La proposition aurait été faite par l’émissaire américaine Morgan Ortagus mais a été « rejetée sur-le-champ »
  • La priorité est de rétablir le contrôle de l’État à tous les niveaux, affirme Yassine Jaber à Arab News

DAVOS : Le ministre libanais des Finances a catégoriquement rejeté toute idée de transformer le sud meurtri du Liban en zone économique spéciale, déclarant à Arab News, en marge du Forum économique mondial de Davos, que la proposition avait été rejetée « sur-le-champ ».

Yassine Jaber a expliqué que l’émissaire américaine au Liban, Morgan Ortagus, avait évoqué cette idée en décembre dernier pour cette région, soumise à des frappes aériennes israéliennes quasi quotidiennes, et qu’elle avait immédiatement été écartée.

Les propos de Jaber, tenus à Arab News à Davos, répondaient à des informations parues en décembre dans les médias libanais, selon lesquelles certaines parties du sud du Liban pourraient être transformées en zone économique, dans le cadre d’un plan attribué à Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.

Par ailleurs, Jaber a également démenti des informations qui ont circulé à Davos ces deux derniers jours au sujet d’une réunion bilatérale entre des ministres libanais, l’émissaire américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff et Jared Kushner.

Le ministre a précisé que la réunion de mardi était en réalité un rassemblement de « tous les ministres arabes des Finances et des Affaires étrangères », au cours duquel Witkoff et Kushner « sont intervenus brièvement pour exposer à l’audience une idée concernant la mise en place d’un conseil pour la paix à Gaza ».

Il a souligné que cela n’avait pas dépassé ce cadre.

Interrogé sur l’attraction des investissements et la relance économique, Jaber a déclaré : « La réalité aujourd’hui, c’est que nous devons parvenir à une situation de stabilité qui permette à l’armée libanaise d’agir — l’agression (israélienne) doit donc cesser. »

Ces dernières années, le Liban a été frappé par une succession de catastrophes : l’une des pires crises économiques au monde, la plus grande explosion non nucléaire survenue dans le port de sa capitale, un Parlement paralysé et une guerre avec Israël.

Un mécanisme officiel a été mis en place entre le Liban et Israël afin de maintenir un cessez-le-feu et de mettre en œuvre le plan de désarmement du Hezbollah dans les zones situées au sud du fleuve Litani.

Mais, selon le ministre, les prochaines étapes d’Israël restent imprévisibles.

« Ils exercent en réalité une pression sur l’ensemble de la région. Beaucoup d’efforts sont donc déployés sur cette question », a-t-il ajouté.

« Il y a toujours des attaques dans le sud du pays. La stabilité est donc une nécessité absolue pour relancer l’économie et rendre les réformes efficaces », a-t-il poursuivi.

Les députés ont également adopté des réformes visant à restructurer le secteur bancaire, réduire l’économie du cash et lever le secret bancaire, parallèlement à un cadre de résolution bancaire.

Jaber a aussi souligné que le gouvernement avait récemment adopté une « loi sur l’écart financier », destinée à aider les déposants à récupérer leurs fonds et à restaurer le fonctionnement du système bancaire.

« L’une de nos priorités est de traiter l’ensemble des pertes causées par la guerre, essentiellement la reconstruction… et nous avons commencé à obtenir des prêts pour reconstruire les infrastructures détruites dans les zones attaquées », a-t-il déclaré.

Alors que le Hezbollah a été durement touché par la guerre, le Liban a connu une percée politique avec l’élection du commandant de l’armée, Joseph Aoun, à la présidence de la République. Il a nommé comme Premier ministre l’ancien président de la Cour internationale de Justice, Nawaf Salam.

Cette année marque la première fois qu’une délégation libanaise solide se rend à Davos, Nawaf Salam étant accompagné de Yassine Jaber, du ministre de l’Économie et du Commerce Amr Bisat, et du ministre des Télécommunications Charles Al-Hage.

« Notre priorité est de rétablir pleinement le rôle de l’État à tous les niveaux, et en particulier dans la reconstruction des institutions », a conclu Jaber.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: un collaborateur de l'AFP et deux autres journalistes tués dans une frappe israélienne

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  • Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat)
  • Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza

GAZA: Une frappe israélienne a tué mercredi un collaborateur régulier de l'AFP et deux autres journalistes palestiniens dans le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne indiquant avoir ciblé les opérateurs d'un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d'al-Zahra et trois journalistes ont été tués, indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat). Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza.

"C'est avec une immense tristesse que nous avons appris la mort d'Abdoul", écrit l'Agence France-Presse dans un communiqué, notant que "ses collègues se souviennent d'un homme généreux, doté d'un engagement journalistique profond".

L'AFP "exige une enquête complète et transparente sur les circonstances de sa mort", notant que "trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza au cours des deux dernières années, tandis que l'accès libre pour les journalistes étrangers demeure impossible."

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s'accusent mutuellement de violer.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, huit autres Palestiniens y ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes.

"Crime de guerre" 

Sur la frappe ayant tué le collaborateur de l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir identifié "plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza", sans plus de détails sur cette affiliation prétendue.

Les forces israéliennes "ont frappé avec précision les suspects qui l'avaient activé", a ajouté l'armée, précisant que les circonstances faisaient l'objet d'un "examen".

Sur place, un témoin a déclaré à l'AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d'aide humanitaire gérée par le Comité égyptien de secours, lorsqu'un véhicule qui les accompagnait a été visé.

"Cette zone est considérée comme sûre et humanitaire", a noté un autre témoin, Mahmoud Azzam, interrogé par l'AFP près du lieu de la frappe, où des hommes en chasuble siglée du logo du Comité égyptien de secours fouillaient la carcasse d'une voiture calcinée.

"Un véhicule appartenant au Comité égyptien a été pris pour cible lors d'une mission humanitaire", a dit Mohammed Mansour, porte-parole de cette organisation à Gaza-ville. Précisant que "tous les véhicules" du Comité portent son logo, il a dénoncé une frappe israélienne "criminelle".

Abdoul Raouf Shaath n'était pas en mission pour l'AFP au moment de la frappe. Son dernier reportage pour l'agence avait été publié lundi.

Dans l'enceinte de l'hôpital Nasser de Khan Younès (sud) où les dépouilles des journalistes ont été amenées, des dizaines de personnes sont venues saluer leur mémoire.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné "avec la plus grande fermeté" cette attaque, dénonçant une "politique systématique et délibérée" d'Israël pour "cibler intentionnellement les journalistes palestiniens".

"Cette frappe isolée sur des journalistes identifiables par leurs équipements de reportage pourrait indiquer un ciblage et constituer un crime de guerre", a déclaré dans un communiqué Martin Roux, responsable du desk Crises de l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).

 "Dangers immenses" 

"Cette attaque rappelle avec force les dangers immenses auxquels les journalistes, comme les autres civils, continuent d'être exposés, même pendant le cessez-le-feu en cours", a relevé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a dénoncé un "crime de guerre".

Le fragile cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est émaillé de tirs quotidiens, tandis que la situation humanitaire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza. L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Selon RSF, "près de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis le début de son offensive il y a plus de deux ans, dont au moins 71 ciblés ou tués dans l'exercice de leur travail."

L'armée israélienne affirme elle que nombre de professionnels de la presse qu'elle reconnaît avoir éliminé étaient des "terroristes" membres de la branche armée du Hamas ou d'autres groupes armés palestiniens.