Climat: Anthony Albanese promet de réparer l'image de l'Australie

Le chef du Parti travailliste australien Anthony Albanese fait des gestes lorsqu'il rencontre le candidat travailliste de Reid, Sally Sitou et ses partisans après avoir remporté les élections générales à la bibliothèque et au pavillon de Marrickville à Sydney le 22 mai 2022. (AFP)
Le chef du Parti travailliste australien Anthony Albanese fait des gestes lorsqu'il rencontre le candidat travailliste de Reid, Sally Sitou et ses partisans après avoir remporté les élections générales à la bibliothèque et au pavillon de Marrickville à Sydney le 22 mai 2022. (AFP)
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Publié le Dimanche 22 mai 2022

Climat: Anthony Albanese promet de réparer l'image de l'Australie

  • «Je veux vraiment changer le pays», a déclaré M. Albanese, qui doit prendre ses fonctions lundi et s'envoler peu après pour Tokyo
  • Selon les résultats officiels partiels, les travaillistes pouvaient déjà compter dimanche sur 74 sièges à la Chambre des représentants, et disposaient d'une légère avance dans une 75e circonscription

SYDNEY: Le travailliste Anthony Albanese, qui s'apprête à devenir Premier ministre de l'Australie après sa victoire aux législatives, a promis dimanche de réparer l'image de son pays, largement considéré à l'étranger comme à la traîne de la lutte contre le changement climatique.


"Je veux vraiment changer le pays", a déclaré M. Albanese, qui doit prendre ses fonctions lundi et s'envoler peu après pour Tokyo. Il y participera mardi au sommet du Quad (Etats-Unis, Japon, Inde, Australie), et rencontrera séparément ses homologues indien Narendra Modi et japonais Fumio Kishida, ainsi que le président américain Joe Biden.


"Cela nous permet de faire savoir au monde qu'il y a un changement de gouvernement", a-t-il déclaré aux journalistes. "Il y aura quelques changements dans la politique, en particulier en ce qui concerne le changement climatique et notre engagement envers le monde sur ces questions", a-t-il ajouté.


Mais à deux jours de ce premier déplacement officiel à l'étranger, M. Albanese attendait toujours dimanche de savoir si son Parti travailliste disposera au Parlement australien d'une majorité absolue, ou bien s'il devra trouver des alliés pour gouverner.


Selon les résultats officiels partiels, les travaillistes pouvaient déjà compter dimanche sur 74 sièges à la Chambre des représentants, et disposaient d'une légère avance dans une 75e circonscription.


La majorité absolue (76 sièges) à la Chambre, qui compte 151 députés, paraissait donc à leur portée, l'issue étant encore incertaine dans plus d'une dizaine de circonscriptions.

Joe Biden félicite le prochain Premier ministre australien qu'il va rencontrer mardi à Tokyo

Le président américain Joe Biden a appelé dimanche le prochain Premier ministre australien Anthony Albanese pour le féliciter de sa victoire la veille à des élections législatives et souligner la force de l'alliance unissant leurs pays, selon la Maison Blanche.


"Le président Biden a réaffirmé l'engagement inébranlable des Etats-Unis envers l'alliance américano-australienne et son intention de travailler en étroite collaboration avec le nouveau gouvernement pour la rendre encore plus forte", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.


Les deux dirigeants se rencontreront mardi à Tokyo lors d'un sommet du Quad, une alliance informelle qui réunit Etats-Unis, Australie, Inde et Japon et qui vise notamment à contrebalancer les ambitions grandissantes de la Chine en Asie.


M. Biden vient d'arriver dimanche au Japon, seconde étape après la Corée du Sud de sa première tournée en Asie depuis sa prise de fonction à la Maison Blanche début 2021.

Irruption des «teals»
"Le peuple australien a voté pour le changement", a exulté dimanche Anthony Albanese, 59 ans, dont la victoire a mis fin à neuf ans de gouvernement conservateur.


La coalition libérale du Premier ministre sortant Scott Morrison a perdu de nombreux sièges à travers le pays. Mais elle a connu ses pires défaites dans des circonscriptions qui étaient jusqu'à présent ses chasses gardées, face à une poignée de candidats indépendants.


Ces candidats sont surnommés les "teals", un terme qui signifie "sarcelles" mais qui désigne aussi la couleur entre le bleu (des conservateurs) et le vert (des écologistes). Il s'agit pour la plupart de femmes élues sur des programmes pro-environnement, anti-corruption et pour l'égalité des genres.


Le ministre sortant des Finances, Josh Frydenberg, a notamment été humilié dans son fief de Melbourne par la "teal" Monique Ryan.


Mme Ryan s'est dite prête à soutenir le gouvernement de M. Albanese si celui-ci s'engageait sur un objectif de 60% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, et s'il créait dans les six mois une puissante agence fédérale anticorruption.


"Je suis vraiment très impatiente de travailler avec lui", a-t-elle dit dans une interview à une chaîne de télévision dimanche.


M. Albanese a promis de réduire de 43% les émissions d'ici 2030. Son prédécesseur avait été critiqué pour s'en tenir à un objectif de -28% en 2030 par rapport à 2005.

«Superpuissance» des énergies renouvelables 
Les "teals" ont exploité la colère des banlieues aisées de Sydney et de Melbourne contre le soutien inconditionnel de Scott Morrison à l'industrie du charbon, malgré trois années d'incendies, de sécheresses et d'inondations aggravés par le réchauffement climatique qui ont bouleversé la vie de millions de personnes.


Dans son discours de victoire, Anthony Albanese a promis de transformer l'Australie en "superpuissance" des énergies renouvelables. Mais il est jusqu'à présent resté sourd aux appels pour en finir avec le charbon, qui reste un des moteurs de l'économie du pays et compte de nombreux partisans chez les travaillistes.


Sa victoire a été saluée par les dirigeants de plusieurs pays insulaires du Pacifique, dont l'existence-même est, pour beaucoup d'entre eux, menacée par le changement climatique.


"Parmi vos nombreuses promesses de soutien au Pacifique, aucune n'est la plus bienvenue que votre projet de donner la priorité au climat. L'avenir commun de nos peuples en dépend", a déclaré le Premier ministre des Iles Fidji Frank Bainimarama.


Le climato-scepticisme affiché par le précédent Premier ministre australien avait envenimé les relations entre Canberra et ses voisins et alliés du Pacifique, une région où la Chine cherche à étendre son influence.


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
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  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.


Amnesty International demande à la Hongrie d'arrêter M. Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
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  • Le Premier ministre israélien doit se rendre cette semaine dans un pays membre de la Cour pénale internationale
  • Cette visite " ne doit pas devenir un indicateur de l'avenir des droits humains en Europe "

LONDRES : Amnesty International a demandé à la Hongrie d'arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, à la suite d'informations selon lesquelles il se rendra dans cet État membre de l'UE mercredi à l'invitation de son homologue hongrois Viktor Orban.

M. Netanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en novembre par la Cour pénale internationale en raison de la conduite d'Israël à Gaza.

M. Orban, proche allié de M. Netanyahu, a déclaré qu'il n'exécuterait pas le mandat. En tant qu'État membre, la Hongrie est tenue d'exécuter tout mandat d'arrêt délivré par la CPI.