L’Allemagne ravit à l’Italie la deuxième place dans le cœur des Tunisiens

Les citoyens et résidents français embarquent sur un bateau au port de La Goulette dans la capitale tunisienne Tunis le 4 juin 2020, pour un voyage de rapatriement à destination de Marseille dans le sud de la France, après avoir été bloqués pendant trois mois à cause de la pandémie de COVID-19. (AFP).
Les citoyens et résidents français embarquent sur un bateau au port de La Goulette dans la capitale tunisienne Tunis le 4 juin 2020, pour un voyage de rapatriement à destination de Marseille dans le sud de la France, après avoir été bloqués pendant trois mois à cause de la pandémie de COVID-19. (AFP).
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Publié le Mardi 17 mai 2022

L’Allemagne ravit à l’Italie la deuxième place dans le cœur des Tunisiens

  • Si pour plus de 86,3 % des mille personnes interrogées, l’Hexagone demeure «le pays avec lequel la Tunisie a les relations les plus étroites», elles ne sont plus que 41,6 % à s’en sentir proches
  • «L’Allemagne va bientôt supplanter la France en Tunisie»

TUNIS: C’est un très beau cadeau que l’Allemagne s’est offert à l’occasion de la célébration par la fondation Konrad Adenauer – du nom du premier chancelier fédéral de la République fédérale d’Allemagne (1949-1963) – du quarantième anniversaire de son implantation en Tunisie. D’après les premières conclusions (les autres seront dévoilées à partir du 16 juin) d’un sondage, mené par Sigma Conseil, sur la perception de l’Allemagne et de l’Europe en Tunisie commandé par cette organisation, affiliée à l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le pays de Goethe est en train de conquérir le cœur et l’esprit de ces derniers.

Certes, la France demeure solide à la première place de ce hit-parade, mais peut être plus pour longtemps encore, car l’Allemagne arrive derrière.

Ainsi, si pour plus de 86,3 % des mille personnes interrogées, l’Hexagone demeure «le pays avec lequel la Tunisie a les relations les plus étroites», elles ne sont plus que 41,6 % à s’en sentir proches.

L’Allemagne est très loin derrière en ce qui concerne la densité des relations (4,4 %), en revanche, elle fait mieux pour ce qui est de la proximité avec les Tunisiens (24,5 %). «Il y a dix ans, c’est l’Italie qui était deuxième», rappelle Hassen Zargouni, directeur général de Sigma Conseil.

L’image de l’Allemagne est bonne pour plus de 90 % des Tunisiens et même très bonne pour près de la moitié. Quand on leur demande ce que ce pays représente pour eux, une majorité de Tunisiens «ne cite que des attributs positifs», relève le patron de Sigma Conseil: «Organisée, sérieuse, industrie, développée, puissance technologique, crédibilité, etc.» et, last but not least, «un pays ouvert qui accepte d’accueillir la main-d’œuvre de tous les pays».

D’ailleurs, 74 % des Tunisiens se déclarent prêts à aller travailler en Allemagne.

D’une façon générale, plus de 60 % des sondés sont satisfaits des relations tuniso-allemandes, et plus de 85 % les jugent très bonnes. Plus important encore, plus de 88 % les veulent plus étroites. Ce qui fait dire à Hassen Zargouni qu’«il y a une très grande appétence des Tunisiens pour l’Allemagne».

La preuve en est que de plus en plus de bacheliers tunisiens choisissent d’effectuer leurs études supérieures en Allemagne (près de cinq mille cinq cents contre treize mille pour la France), et que le nombre de Tunisiens suivant des cours d’allemand – soixante mille, selon Hassen Chaari, président de l’Association d’amitié tuniso-allemande –, est largement supérieur à celui apprenant le français (treize mille).

Ce qui fait prédire à Samy Allagui que «l’Allemagne va bientôt supplanter la France en Tunisie». Ce médecin généraliste, de mère allemande, n’est guère étonné que ce pays monte dans l’estime des Tunisiens. Il l’impute à l’accroissement de son engagement –politique, économique et financier – en Tunisie, après la révolution du 14 janvier 2011.

«À la faveur du Printemps arabe, l’Allemagne s’est déployée dans plusieurs pays, dont la Tunisie. Dans notre pays, on a vu arriver plusieurs associations et organisations allemandes, dont la banque de développement allemande (KFW), et le nombre des fonctionnaires de l’ambassade d’Allemagne est passé de dix-sept à soixante-dix, rendant nécessaire la construction d’un nouveau siège (sur les berges du lac Nord de Tunis)», souligne Samy Allagui.

Mais si la fondation Konrad Adenauer a commandé cette enquête réalisée par le cabinet de sondages et d’études de marché de Hassen Zargouni, ce n’est pas seulement pour pouvoir se gargariser de cette germanophilie naissante des Tunisiens.

Les Allemands veulent aussi mieux comprendre ces derniers et peut-être essayer de prévoir l’avenir de ce pays à court et moyen terme. En réalité, concernant la Tunisie, l’Allemagne a deux motifs d’inquiétude.

Comme l’explique Caroline Schmidt, la représentante adjointe de la fondation Konrad Adenauer en Tunisie, «les bouleversements profonds sur la scène mondiale, comme les retombées de la crise de la Covid-19 et la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, auront des conséquences dont on ne peut pas encore prévoir l’ampleur en ce moment. Non seulement pour l’Europe, mais surtout pour les pays de la région de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, dont la Tunisie, qui sont avant tout exposés à des risques sur leur sécurité alimentaire.»

Deuxième motif d’inquiétude, «l’évolution politique et économique en Tunisie depuis le 25 juillet est suivie avec inquiétude en Europe, non seulement par les parlementaires, mais également par la société civile». Les Allemands s’inquiètent plus particulièrement de «l’opinion publique tunisienne (…) généralement favorable aux développements depuis le 25 juillet», alors que «l’opposition et le mécontentement ne sont exprimés publiquement que par certains acteurs. Cet écart d’attitudes et de perceptions pourrait poser de nouveaux défis aux relations entre les deux rives», s’alarme Caroline Schmidt.


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.