En Irak, des Yazidis retrouvent les camps après les combats au Sinjar

Des réfugiés Yézidis devant de leur tente au camp de Chamishko pour personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) dans la ville de Zakho, dans le nord de la région kurde autonome d'Irak, le 5 mai 2022. (Safin Hamed /AFP)
Des réfugiés Yézidis devant de leur tente au camp de Chamishko pour personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) dans la ville de Zakho, dans le nord de la région kurde autonome d'Irak, le 5 mai 2022. (Safin Hamed /AFP)
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Publié le Lundi 09 mai 2022

En Irak, des Yazidis retrouvent les camps après les combats au Sinjar

  • Les Unités de résistance du Sinjar, dont les combattants sont aussi affiliés aux ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi, accusent l'armée de vouloir prendre le contrôle de leur région
  • Dans cette poudrière, les Yazidis sont des victimes collatérales

ZAKHO, Irak :  Joundi Khodr Kalo est policier dans un village de la région du Sinjar. Quand des affrontements ont éclaté entre des combattants yazidis et l'armée irakienne, il a dû quitter une nouvelle fois sa terre natale, comme des milliers d'autres.

La majorité des 10.000 déplacés accueillis ces derniers jours au Kurdistan irakien, dans le nord de l'Irak, ont déjà goûté aux conditions de vie précaires des camps. Ils avaient fui une première fois Sinjar, foyer historique de la minorité yazidie, avec l'arrivée en 2014 du groupe Etat islamique (EI).

«La dernière fois, on a été déplacé par peur de l'EI. On était resté six ans dans un camp», se souvient M. Kalo, 37 ans, arrivé le 2 mai avec sa femme et ses cinq enfants dans le camp de Chamishko, près de la ville de Zakho.

Cela faisait deux ans à peine qu'il avait retrouvé son village. »Malgré les difficultés, on se débrouillait au quotidien, soupire-t-il. Mais dernièrement, la situation s'était détériorée».

Deux jours de combats d'une rare intensité ont opposé les 1er et 2 mai l'armée irakienne et les Unités de résistance du Sinjar, faction armée affiliée aux rebelles kurdes turcs Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Mais depuis longtemps, la région vit au rythme des escarmouches. «Quotidiennement on entendait les bruits des tirs et des explosions, on a eu peur pour nos familles», raconte M. Kalo.

- «Surpopulation» -

Communauté kurdophone pluricentenaire adepte d'une religion ésotérique monothéiste, la minorité yazidie a été persécutée des siècles durant en raison de ses croyances. Avant de subir de plein fouet la violence de l'EI.

Parmi les déplacés récemment arrivés au Kurdistan autonome, nombreux sont ceux qui, après avoir fui une première fois l'EI, étaient rentrés chez eux en 2020 seulement, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Le long des allées de Chamishko, où vivent plus de 22.000 personnes, s'alignent les tentes faites de bâches épaisses. A l'intérieur, les mêmes matelas de fine mousse posés au sol, où sont assises de vieilles femmes au visage soucieux.

Près des bureaux de l'administration, des dizaines d'hommes et de femmes forment deux files devant un camion distribuant des cartons d'aides alimentaires: un kilo de sucre, du thé, du riz, de la farine, du lait. De quoi tenir une semaine.

Quelque 1.711 familles du Sinjar, soit 10.261 personnes, sont arrivées la première semaine de mai au Kurdistan, selon un responsable local. Aujourd'hui, 964 familles vivent dans des camps. Les autres ont trouvé refuge chez des proches.

«Les camps sont surpeuplés et il y a un risque d'accès limité aux services de base, à cause d'une baisse de financements humanitaires», a indiqué un porte-parole du HCR, Firas al-Khateeb.

Son agence soutient les «solutions durables» permettant aux gens de retrouver leurs maisons, dit-il. «Mais tout retour doit être volontaire, respecter la dignité humaine, et se faire dans un environnement pacifique.»

Selon les autorités irakiennes, le calme est revenu au Sinjar. Mais la dernière poussée de fièvre illustre les tensions qui couvent dans un secteur où sont impliqués une multitude d'acteurs.

- «Personne ne rentrera» -

Les Unités de résistance du Sinjar, dont les combattants sont aussi affiliés aux ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi, accusent l'armée de vouloir prendre le contrôle de leur région.

L'armée souhaite, elle, faire appliquer un accord négocié par Bagdad avec le Kurdistan irakien, qui stipule le retrait des combattants yazidis et du PKK.

Des «renforts militaires» ont été dépêchés au Sinjar pour «imposer l'hégémonie de l'Etat», a annoncé le commandement conjoint des forces de sécurité irakiennes dans un communiqué le 5 mai: «Nous n'autoriserons pas la présence de groupes armés.»

Le Sinjar est aussi la cible de raids aériens sporadiques menés par la Turquie voisine contre des bases du PKK, un groupe classé «terroriste» par Ankara.

Dans cette poudrière, les Yazidis sont des victimes collatérales.

Zaïm Hassan Hamad, 65 ans, a fui Sinjar une première fois à cause «des attaques de l'EI». Aujourd'hui, avec ses enfants et ses petits-enfants, sa famille de 17 personnes se retrouve à Chamishko.

«Si on ne nous garantit pas sécurité et stabilité, cette fois-ci nous ne retournerons pas à Sinjar. On ne peut pas rentrer et à chaque fois être déplacés», lance-t-il: «Si le Hachd, le PKK et l'armée restent dans la région, les gens auront peur et personne ne rentrera.»


La Jordanie dit avoir intercepté un drone sur son territoire

L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
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  • "Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone
  • Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte

AMMAN: L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance.

"L'armée de l'air royale jordanienne a neutralisé un drone qui avait violé l'espace aérien jordanien à l'aube mardi matin", a indiqué son porte-parole dans un communiqué.

"Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone.

Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte.

La Jordanie a été prise pour cible à plusieurs reprises lors de la reprise des frappes réciproques entre l'Iran et les États-Unis début juillet.


Washington confirme de nouvelles discussions entre le Liban et Israël à Rome

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
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  • Les États-Unis confirment des pourparlers Israël-Liban à Rome (4-6 août) sur les zones pilotes, la frontière et un accord de sécurité
  • L'armée libanaise affirme que les opérations israéliennes entravent son déploiement dans le sud, malgré l'accord de juin

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, dans le cadre de la création de "zones pilotes" avec l'armée libanaise.

"À Rome, les groupes techniques s'attacheront à faire progresser la mise en œuvre intégrale de l'accord-cadre", a déclaré un responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat, citant l'extension du processus des "zones pilotes", le règlement de toutes les questions frontalières en suspens et l'élaboration d'un accord global de paix et de sécurité.

"L'expérience tirée des premières zones nous aidera à perfectionner la mise en œuvre des zones pilotes afin qu'elle puisse s'étendre de manière progressive", a-t-il ajouté.

L'armée libanaise a condamné dimanche la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait annoncé il y a quelques jours la tenue de ces pourparlers.

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud.


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.