Frappée par le coronavirus à 75 ans, la Sécu plus vitale que jamais

La Sécurité Sociale fête ses 75 ans en pleine crise du coronavirus (Photo, Jean-Pierre MULLER/AFP).
La Sécurité Sociale fête ses 75 ans en pleine crise du coronavirus (Photo, Jean-Pierre MULLER/AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 11 octobre 2020

Frappée par le coronavirus à 75 ans, la Sécu plus vitale que jamais

  • Née d'un compromis historique, la Sécu fait aujourd'hui l'unanimité. « On ne peut pas s'en passer », reconnaît Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale de la CFDT
  • « Il y aura des débats et des décisions à prendre », prédit von Lennep, convaincu que « si le peuple est très attaché à la Sécu, elle ne peut pas tomber »

PARIS: Fondée sur les ruines de l'après-guerre, la Sécurité sociale célèbre ses 75 ans au cœur d'une crise sanitaire sans précédent, qui démontre à quel point cette vieille dame est indispensable, mais peut-être pas éternelle.

Les pères fondateurs de la Sécu, le communiste Ambroise Croizat et le gaulliste Pierre Laroque, n'avaient sans doute pas imaginé que leur œuvre serait un jour le dernier « rempart » contre un virus incontrôlable.

Et pourtant, c'est bien elle qui a « empêché l'effondrement de la France », a résumé jeudi le Premier ministre, Jean Castex, lors d'un colloque en forme d'hommage minimaliste, épidémie oblige.

Née d'un compromis historique, la Sécu fait aujourd'hui l'unanimité. « On ne peut pas s'en passer », reconnaît Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale de la CFDT.

D'abord limité aux salariés, le système des « assurances sociales » (maladie, retraite, famille, accidents du travail) s'est progressivement étendu à la quasi-totalité de la population.

Il reste toutefois « des trous dans la raquette », notamment chez les travailleurs précaires et indépendants, preuve qu'il s'agit d'un « acquis social à faire progresser en permanence », estime-t-elle.

La CGT y voit au contraire un terrain de « reconquête » : sa secrétaire confédérale Catherine Perret dresse le constat d'une Sécu « de plus en plus étatisée », financée par l'impôt plutôt que par les cotisations, et qui « répond de moins en moins à l'intégralité des besoins ».

Défendant un retour « aux principes d'origine » où « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », elle appelle aussi à « élargir le périmètre » à d'autres droits comme le chômage et le logement.

La création cette année d'une « cinquième branche » consacrée à l'autonomie des personnes âgées et handicapées est toutefois le signe que le système « s'adapte et couvre de nouveaux risques », affirme le directeur de la Sécurité sociale, Franck von Lennep.

« Indispensable et fragilisée »

Si l'on se fie à « sa part dans la richesse nationale (qui) continue d'augmenter », la Sécu serait un univers en perpétuelle expansion.

« Il n'y a eu de recul dans aucun des champs de la protection sociale », soutient-il, reconnaissant tout de même un « affaiblissement » du côté des allocations familiales, calculées depuis peu en fonction des revenus.

Un moindre mal comparé aux enjeux colossaux provoqués par le Covid : des recettes en chute libre, des dépenses en roue libre et un déficit abyssal sans perspective de retour à l'équilibre.

De quoi remettre en cause sa pérennité ? « La Sécu rencontre des difficultés », mais elle n'est « pas menacée dans ses fondements », veut croire Cabanal.

« Il ne faut pas exagérer la situation », abonde Mme Perret, pointant la manne dont la Sécu pourrait bénéficier si le gouvernement renonçait aux exonérations de cotisations, tout en redoutant « que la dette serve de prétexte pour continuer à l'affaiblir ».

« Il y aura des débats et des décisions à prendre », prédit von Lennep, convaincu que « si le peuple est très attaché à la Sécu, elle ne peut pas tomber ».

Mais son prédécesseur Dominique Libault, qui dirigea cette administration durant dix ans (2002-2012), se montre moins optimiste : « Il faut prendre conscience de la vulnérabilité de nos systèmes, qui peuvent mourir si l'on n'y prend pas garde ».

Aujourd'hui à la tête de l'Ecole nationale supérieure de sécurité sociale (EN3S) à Saint-Etienne, il constate que « la Sécu est essentielle, indispensable et en même temps fragilisée financièrement ».

Et met en garde : « Aucune création humaine n'est éternelle. Si on croit le contraire, on court à la catastrophe ».


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Short Url
  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Short Url
  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
Short Url
  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.