Chef de la Ligue arabe : les tensions de la Turquie « ne finiront pas bien »

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, s’exprime lors d'une conférence de presse à la fin du 29e sommet arabe à Dhahran, en Arabie saoudite, le 15 avril 2018 (Crédit : REUTERS).
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, s’exprime lors d'une conférence de presse à la fin du 29e sommet arabe à Dhahran, en Arabie saoudite, le 15 avril 2018 (Crédit : REUTERS).
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Publié le Lundi 05 octobre 2020

Chef de la Ligue arabe : les tensions de la Turquie « ne finiront pas bien »

  • Aboul Gheit a souligné l’existence d’une ingérence étrangère à grande échelle en Libye
  • Erdogan est intervenu dans le Caucase entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, il est entré en collision avec la Grèce et Chypre, et a attaqué l’est de la Méditerranée dans les zones riches en gaz.

LE CAIRE:  Le secrétaire général de la Ligue arabe a mis en garde la Turquie sur son rôle dans l'accroissement des tensions régionales dans les régions du Caucase et de la Méditerranée, tout en affirmant que « cela ne se terminera pas bien » pour cette puissance régionale.

Ahmed Aboul Gheit a déclaré dans une déclaration télévisée : « La Turquie est confrontée à un raz-de-marée d’opposition provenant de parties régionales et de superpuissances au point où cela ne se terminera pas bien pour elle ou ses dirigeants.

« Le président turc Recep Tayyip Erdogan intervient militairement en Égypte, en Syrie, en Irak et en Libye », a-t-il ajouté.

« Erdogan est également intervenu dans le Caucase entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, il est entré en collision avec la Grèce et Chypre et a attaqué la Méditerranée dans les zones riches en gaz, ce qui a obligé un grand pays influent comme la France à envoyer des chasseurs et un porte-avions à Chypre ». 

« Même l'Italie, qui avait une attitude compréhensive face à de nombreuses positions turques, s’est alliée avec la France. Tout le monde signifie à Erdogan que le temps de faire face aux conséquences de ses actes viendra. Je trouve fâcheux que les Syriens utilisent des mercenaires pour combattre avec l'Azerbaïdjan contre l'Arménie ... Il est très triste de voir des mercenaires syriens utilisés par Erdogan dans des affaires qui ne sont pas liées à la Turquie", a déclaré Aboul Gheit.

Il a affirmé par ailleurs que l'ancien président américain Barack Obama avait causé des ravages dans les pays arabes en soutenant le Printemps arabe en 2011.

Selon lui, l’administration américaine a une vision immuable de la question palestinienne. Si le mandat du président américain Donald Trump est renouvelé, il poursuivrait cette politique. « Toutes les idées de Trump et de son administration sont fidèles au côté israélien ».

Aboul Gheit a ajouté qu’une éventuelle défaite électorale de Trump pourrait détenir la clé d'un changement dans la bonne direction. 

Le chef de la Ligue arabe a également déclaré que l'invasion irakienne du Koweït (Le 2 août 1990) était le début d'un déclin dans le monde arabe.

« L’invasion du Koweït a été un acte stupide dont le prix a été payé par les Arabes, les Irakiens et le peuple koweïtien. Ce qui se passe en Irak, en Syrie et au Yémen affecte tous les Arabes et rend la situation tendue », a-t-il déclaré. Pour lui, les tensions persistent car l'ancien président irakien Saddam Hussein avait créé une instabilité entre les puissances régionales.

Il a également dénoncé les déclarations de Trump dans lesquelles il affirmait que les États-Unis saisiraient le pétrole irakien.

Aboul Gheit a souligné l’existence d’une ingérence étrangère à grande échelle en Libye. « L'Égypte a agi dans l'intérêt du peuple libyen en annonçant la Déclaration du Caire, avec la détermination de la ligne Syrte-Jufra, qui a conduit à plus de stabilité. Le Caire a fait avancer la solution politique en Libye, traité avec l'ONU et le Maroc dans un processus politique et calmé l'affrontement entre les parties libyennes », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.