Les présidents américains morts ou gravement malades pendant leur mandat

La Maison Blanche à Washington, DC, le 18 juillet 2020, en l'honneur du représentant américain John Lewis, représentant du 5e district de la Géorgie, mort le 17 juillet à l'âge de 80 ans (Photo, AFP)
La Maison Blanche à Washington, DC, le 18 juillet 2020, en l'honneur du représentant américain John Lewis, représentant du 5e district de la Géorgie, mort le 17 juillet à l'âge de 80 ans (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 05 octobre 2020

Les présidents américains morts ou gravement malades pendant leur mandat

  • En 1790, le premier président des Etats-Unis, George Washington, attrape une grippe qui se transforme rapidement en pneumonie
  • Woodrow Wilson a été infecté par un virus létal à l'origine d'une pandémie mondiale: celui de la grippe espagnole

WASHIGNTON : L'annonce de la contamination de Donald Trump au Covid-19 a provoqué une onde de choc aux Etats-Unis. Il est pourtant loin d'être le premier président américain à souffrir d'une grave maladie pendant son mandat. 

Voici un récapitulatif des présidents des Etats-Unis ayant connu la maladie ou la mort.

La pneumonie de George Washington

En 1790, le premier président des Etats-Unis, George Washington, attrape une grippe qui se transforme rapidement en pneumonie, mettant en péril le sort de la jeune nation américaine. 

Les rues près de la résidence présidentielle, alors installée à New York, capitale de 1785 à 1790, sont bloquées à la circulation et tapissées de foin pour étouffer le bruit et faciliter le repos du dirigeant, rappelle le Washington Post.  

« Submergé par des hoquets, (George) Washington émit des gargouillements étranges qui furent interprétés comme un râle », raconte Ron Chernow dans la biographie, « Washington, A Life ». Malgré cela, il survécut. 

Avec le mandat le plus court de l'histoire américaine, 32 jours, William Henry Harrison, a aussi été frappé par une pneumonie en 1841. Lui n'en réchappe pas et devient le premier président à mourir pendant son mandat. 

La tumeur secrète de Cleveland

En 1893, quelques mois après le début de son second mandat, le président Grover Cleveland participe à une opération digne d'un film d'espionnage pour cacher au grand public son cancer du palais. 

Le chef d'Etat feint de partir pêcher quatre jours en mer alors qu'il se fait en réalité retirer sa tumeur. Sur un yacht flottant près de la côte new-yorkaise, les chirurgiens lui retirent les tissus cancéreux, cinq dents et un bout de la mâchoire supérieure.  

Le président cherchait à ne pas affoler Wall Street alors que les Etats-Unis traversaient déjà une grave crise économique. Il y est parvenu en cachant les séquelles de son opération sous sa grande moustache. 

Wilson et la grippe espagnole

Avant Donald Trump, Woodrow Wilson a été infecté par un virus létal à l'origine d'une pandémie mondiale: celui de la grippe espagnole. 

Le président américain est contaminé à Paris en avril 1919 alors qu'il négocie le traité de Versailles mettant fin à la Première Guerre mondiale. 

Toux, fièvre, fatigue et confusion mentale, Woodrow Wilson est « gravement malade », selon les notes confidentielles de son médecin. Son administration cherche à cacher son état de santé par tous les moyens, attribuant sa maladie à une surcharge de travail ou à un simple rhume dû à la pluie parisienne.

Assassinats en série

Dans la capitale, les Américains peuvent visiter la Peterson House, où est décédé Abraham Lincoln après avoir reçu en 1865 une balle dans la tête au théâtre Ford situé en face. 

En tout, quatre présidents américains ont été assassinés au cours de leur mandat, tous tués par arme à feu. James Garfield se fait tirer dans le dos à deux reprises en 1881 puis meurt deux mois plus tard d'une infection liée à ses blessures. 

William McKinley se fait lui abattre par un anarchiste en 1901 tandis que John F. Kennedy est criblé de balles en 1963 alors qu'il parade à Dallas en limousine.

Indigestion fatale

En 1850, Zachary Taylor assiste à une cérémonie où sont posées les premières pierres du Washington Monument. Il aurait alors mangé des cerises, des pommes, des baies sauvages, le tout accompagné de grande quantité d'eau et de lait glacé. 

Une heure après, Zachary Taylor est saisi de violentes crampes, selon l'historien et biographe Holman Hamilton. Il meurt quelques jours plus tard, sans que la raison exacte de son décès ne soit jamais déterminée, même si la thèse d'un empoisonnement a été écartée par les scientifiques. 

Attaques cardiaques

Dwight Eisenhower subit un AVC en pleine réunion à la Maison Blanche en 1957, qui le laisse en partie aphasique. Une crise cardiaque emporte le 29e président des Etats-Unis, Warren Harding en 1923 tandis qu'une hémorragie cérébrale massive condamne Franklin D. Roosevelt en 1945.  

Après avoir lutté contre la grippe espagnole, le président Wilson subit quelques mois plus tard une attaque cérébrale en octobre 1919. Encore une fois, la loi du secret prédomine et sa femme Edith prend dans l'ombre la charge du pouvoir jusqu'à la fin de son mandat en 1921, année où Woodrow Wilson s'éteint.


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.