DUBAÏ: Cinq réalisatrices saoudiennes présenteront leur nouveau drame, Becoming, au Festival international du film de la mer Rouge à Djeddah.
Ce film de fiction de soixante-dix minutes en langue arabe présente cinq courts histoires qui reflètent la société saoudienne et les changements qu’elle subit. Produit par le festival, Becoming se focalise sur les problèmes auxquels sont confrontés les personnages féminins dans le Royaume: on suit y suit une mère divorcée souffrant de crises d’angoisse ou une coiffeuse d’âge moyen envisageant un avortement.
Parmi les cinq cinéastes à l’origine de Becoming, Hind al-Fahhad est une figure centrale. Ses œuvres tournent principalement autour des femmes et des défis psychologiques et physiques qu’elles rencontrent. «Je sens que leurs histoires sont pertinentes pour moi», confie-t-elle à Arab News. «Je les vis toujours et elles sont tout autour de moi.»
La réalisatrice saoudienne a commencé une carrière créative comme photographe en 2006. «Je suis attirée par les images et l’expression visuelle», affirme-t-elle. Quand elle a fait ses premiers pas comme réalisatrice, il n’existait aucune école de cinéma en Arabie saoudite. Hind al-Fahhad s’est donc formée elle-même en lisant, en regardant des films et en participant à des ateliers.

Cinq ans plus tard, elle réalise ses premiers courts-métrages, comme le film primé Basta («Colporteurs»), et présente ses productions dans les festivals de films du Golfe. «Ce que j’aime le plus dans ce métier artistique, c’est que j’apprends chaque jour», dit-elle. «Dans chaque film, j’ai l’impression d’entrer dans la maison des gens et de vivre leurs histoires.»
Comme la plupart des professionnels du cinéma, l’intérêt de Hind al-Fahhad pour les films a commencé dès son plus jeune âge, quand elle a regardé des cassettes vidéo et écouté les histoires de sa grand-mère qui visitait les cinémas locaux dans les années 1970.

C’est son histoire familiale qui a notamment inspiré la réalisatrice saoudienne pour son prochain film, Sharshaf («Draps»), qui sera tourné en 2022. Interrogée sur la renaissance du cinéma dans le Royaume et l’émergence de cinéastes en herbe indépendants dans son pays, elle se montre optimiste. «La situation est différente maintenant. Nous pouvons vivre notre rêve», lance-t-elle. «La société saoudienne commence à ressembler aux autres sociétés du monde, avec ses rêves, ses histoires et ses expériences.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com