Abbas avertit l’ONU que les actions israéliennes pourraient conduire à «un seul État»

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, s'adressant par vidéoconférence à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, dans un message préenregistré, le vendredi 24 septembre 2021. (Photo, AP)
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, s'adressant par vidéoconférence à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, dans un message préenregistré, le vendredi 24 septembre 2021. (Photo, AP)
Short Url
Publié le Samedi 25 septembre 2021

Abbas avertit l’ONU que les actions israéliennes pourraient conduire à «un seul État»

  • Abbas a affirmé qu'Israël «détruisait la perspective d'un règlement politique basé sur la solution à deux États» à travers ses colonies sur les terres de Cisjordanie
  • La plupart des pays considèrent les colonies comme illégales, position contestée par Israël

RAMALLAH: Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a accusé vendredi Israël d'anéantir la solution à deux États avec des actions qui, selon lui, pourraient amener les Palestiniens à exiger une égalité des droits au sein d'un État binational comprenant Israël, la Cisjordanie occupée et Gaza.

S'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies par vidéoconférence depuis la Cisjordanie, Abbas, âgé de 85 ans, a exhorté la communauté internationale à agir pour sauver la formule à deux États qui constitue depuis des décennies le socle de la diplomatie en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien.

Abbas a déclaré qu'Israël «anéantissait la perspective d'un règlement politique basé sur la solution à deux États», à travers ses colonies sur les terres de Cisjordanie qu'il avait occupées lors de la guerre du Moyen-Orient en 1967.

La plupart des pays considèrent les colonies comme illégales, position contestée par Israël.

«Si les autorités israéliennes d'occupation continuent à ancrer la réalité d'un État d'apartheid comme c'est le cas aujourd'hui, notre peuple palestinien et le monde entier ne toléreront pas une telle situation», a déclaré Abbas. Israël rejette les accusations d'apartheid.

«Les circonstances sur le terrain imposeront inévitablement des droits politiques égaux et complets pour tous, sur la terre de la Palestine historique, au sein d'un seul État. Dans tous les cas, Israël doit choisir», a affirmé Abbas depuis Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, qui a limité l'autonomie en Cisjordanie.

Il n'y a eu aucun commentaire israélien immédiat sur les propos d'Abbas.

Les critiques affirment que les divisions internes palestiniennes ont également contribué à l’échec des pourparlers de paix parrainés par les États-Unis en 2014.

Dans le cadre des accords de paix intérimaires avec Israël, l'Autorité palestinienne d'Abbas était également censée exercer un contrôle sur Gaza. Mais ses rivaux islamistes du Hamas se sont emparés de l'enclave côtière en 2007, et des années de pourparlers discontinus n'ont pas réussi à dénouer l’impasse.

Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, d'extrême droite, qui se trouve à la tête d'une coalition multipartite, s'oppose à un État palestinien. Son gouvernement s'est engagé à éviter les choix délicats envers les Palestiniens et à se concentrer plutôt sur les questions économiques.

Dans son discours à l'ONU, Abbas a donné un délai d’un an à Israeel pour se retirer de la Cisjordanie, de Gaza, et de Jérusalem-Est, menaçant dans le cas contraire de ne plus reconnaître l'État hébreu.

«Si cela n'a pas lieu, à quoi bon alors maintenir la reconnaissance d'Israël sur la base des frontières de 1967?», a déclaré Abbas.

Alors que certains Palestiniens et Israéliens soutiennent l'idée d'un seul État binational, nombreux sont ceux qui ont des idées très différentes sur ce à quoi ressemblerait cette entité et la façon dont elle serait gouvernée.

La plupart des analystes soutiennent qu'un seul État ne serait pas viable, pour des raisons religieuses, politiques et démographiques. Les gouvernements israéliens considèrent le concept d'un État comme sapant l'essence d'un État juif indépendant.

Le président américain, Joe Biden, a réitéré son soutien à la solution à deux États lors de son discours à l'ONU mardi, affirmant que cela garantirait «'avenir d'Israël en tant qu'État juif et démocratique, vivant en paix aux côtés d'un État palestinien viable et démocratique.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Short Url
  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Short Url
  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.