La riche histoire de Turaif

L’architecture traditionnelle Najdi se dévoile dans le quartier d’At-Turaif (Photo, Abdullah Al-Jabr).
L’architecture traditionnelle Najdi se dévoile dans le quartier d’At-Turaif (Photo, Abdullah Al-Jabr).
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Publié le Mercredi 22 septembre 2021

La riche histoire de Turaif

  • Le quartier fermé de Turaif, au nord-ouest de Riyad, constitue l'un des trésors historiques les plus importants du Royaume
  • Près du palais de Salwa se trouvent deux bâtiments qui, moins célèbres, n’en valent pas moins le détour: le musée du commerce et des finances et le Sibalat Modhi

RIYAD: Le quartier fermé de Turaif, au nord-ouest de Riyad, constitue l'un des trésors historiques les plus importants du Royaume.

Entre les murs du palais Salwa de Turaif se sont tenues les discussions qui ont conduit à l’avènement du premier État saoudien, en 1744 de notre ère. Le palais a été construit pour Mohammed ben Saoud, le premier souverain du premier État saoudien, bien que la dernière pierre de cet édifice de 10 000 mètres carrés n'ait été posée qu'en 1766, un an après sa mort.

Ce palais est un excellent exemple de l'architecture Najdi, avec ses créneaux délicatement sculptés au niveau de la toiture qui permettaient aux gardes de surveiller les alentours.

Près du palais de Salwa se trouvent deux bâtiments qui, moins célèbres, n’en valent pas moins le détour: le musée du commerce et des finances et le Sibalat Modhi.

Vue de l’un de angles du Palais Salwa (Photo, Faisal Al-Dakheel).

Le musée contient des pièces de monnaie, des bijoux, des balances et d'autres artefacts en rapport avec la finance de l'époque du premier État saoudien. Il rappelle la prospérité des premières années du Royaume.

Le Sibalat Modhi est un bâtiment communautaire qui tire son nom de Modhi ben Sultan ben Abi Wahtan, la mère de l'imam Abdelaziz ben Mohammed ben Saoud, deuxième souverain du premier État saoudien. Située sur ce qui était autrefois la route principale, cette structure à deux étages abritait une maison d'hôtes destinée aux commerçants, aux étudiants et aux personnes défavorisées.

Au nord du palais de Salwa se trouve la mosquée Imam Mohammed ben Saoud, également connue sous le nom de «Grande Mosquée de Turaif». Lors de la prière du vendredi, elle attirait une foule immense qui remplissait également la propre mosquée du palais, si bien que l'imam Abdelaziz ben Mohammed ben Saoud a fait construire un pont pour relier les deux Lieux saints. La mosquée, qui surplombe le Wadi Hanifa, abritait également une école religieuse.

Le palais Saad ibn Saoud est l’une des merveilles du quartier de Turaif (Photo, Abdullah Al-Jabr).

Prochaine étape de la visite de Turaif: le musée de Diriyah, qui retrace les quatre cents ans de l’histoire du Royaume: d’abord l'époque de la migration de la tribu Banu Hanifa, puis l’expansion du territoire et le développement du commerce dans la région. Cette impressionnante frise chronologie se termine avec l'arbre généalogique royal Al-Saoud.

Le musée présente une galerie numérique d'images historiques des premier et deuxième États saoudiens. Il contient également les répliques de certains documents, des pièces de monnaie et de vêtements d’époque, dont la tenue, très recherchée, que portait l'imam Abdallah ben Saoud, le dernier souverain du premier État saoudien. On trouve également une copie de l'épée Al Ajrab, la fameuse arme qui appartenait au fondateur du deuxième État saoudien, l'imam Turki ben Abdallah. L'épée porte son nom, gravé sur le bord de la lame.

Juste à côté du musée de Diriyah se trouve le musée du cheval arabe, qui abrite lui aussi de nombreux artefacts datant des premier et deuxième États saoudiens et souligne le rôle central que les chevaux ont joué dans l'unification du Royaume. En effet, ces animaux étaient utilisés pour le commerce, la guerre et diplomatie.

En sortant du musée et en se rendant dans le centre de Turaif, les visiteurs pourront admirer le palais de l'imam Abdallah ben Saoud, demeure du dernier souverain du premier État saoudien. Il a été construit sous le règne de son père, Saoud ben Abdelaziz al-Saoud, connu sous le nom de «Saoud le Grand».

Une grande partie du palais a été détruite lors du pillage de Diriyah par Ibrahim Pacha en 1818. D'après l'épaisseur des murs restés intacts, les historiens estiment que cet édifice fut une structure imposante à plusieurs étages qui dominait la ville.

L’entrée du palais du Prince Saad ibn Saoud, une structure à la conception unique (Photo, Abdullah Al-Jabr).

Le musée militaire, voisin, abrite des artefacts des batailles qui ont conduit à l'unification du pays et du premier État saoudien; à proximité se trouve le palais du prince Thunayan ben Saoud.

Le prince Thunayan était le frère de Mohammed ben Saoud, et ce palais grandiose, situé au sud-ouest de Diriyah, offre de ses murs surélevés une vue magnifique sur la vallée en contrebas. Il a été construit en pierres plutôt qu'en briques de boue et constitue un autre bel exemple de l'architecture Najdi.

Non loin se trouve le musée d'architecture traditionnelle, qui expose les différents styles de construction des nombreux palais et des bâtiments de la région ainsi que de nombreux outils et matériaux utilisés pendant l’élaboration de Turaif.

Au-delà de ce musée se trouve le palais du prince Omar ben Saoud, édifice également connu sous le nom de «Maqsura Omar» («le Grand Palais») en raison de la complexité de sa conception. Ce palais, qui fut résidence du prince Omar, fils de l'imam Saoud al-Kabir, servait de porte défensive à Turaif.

Entre le palais du prince Omar et celui du prince Saad se trouve une construction plus récente, le Lifestyle Museum («musée du mode de vie»). Il comprend des répliques des maisons traditionnelles de style Najdi, dans lesquelles les résidents non royaux de Turaif auraient vécu à l'époque du premier et du deuxième États saoudiens.

Les palais, les voies et les murs patinés de Turaif représentent des joyaux de l'histoire de de l'Arabie saoudite.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
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  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.