11 septembre : L'attaque qui a changé l'Amérique

Le président américain George W. Bush se tient derrière son bureau à l'intérieur du bureau ovale de la Maison Blanche entouré par les médias. (Archive/AFP)
Le président américain George W. Bush se tient derrière son bureau à l'intérieur du bureau ovale de la Maison Blanche entouré par les médias. (Archive/AFP)
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Publié le Jeudi 09 septembre 2021

11 septembre : L'attaque qui a changé l'Amérique

  • Au lendemain des attentats, les Américains craignent que l'ennemi qui a perpétré le carnage n'échappe au châtiment
  • L'effort initial, qui consistait à éliminer les dirigeants irakiens grâce à des frappes aériennes, échoue, ouvrant la voie à l’invasion terrestre

NEW YORK: Le 11 septembre 2001, le nouveau président George W. Bush, est brusquement propulsé président en temps de guerre.

«Aujourd'hui, notre nation fait face au mal», déclare-t-il dans un discours calme et élaboré prononcé à la Maison Blanche. Remerciant le monde pour son soutien indéfectible, Bush déclare que «l'Amérique et ses alliés s'unissent pour gagner la guerre contre le terrorisme».

Toute nation qui abrite des groupes terroristes est désormais considérée comme un régime hostile, ajoute Bush. Devant une session conjointe du Congrès, il annonce la nouvelle stratégie en politique étrangère : «Notre guerre contre le terrorisme commence avec Al-Qaïda, mais elle ne s'arrête pas là. Elle ne prendra pas fin avant que tous les groupes terroristes de portée mondiale ne soient localisés, arrêtés et vaincus.»

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Sur cette photo publiée par la Maison Blanche le 16 septembre 2001, le président américain George W. Bush (à droite) s'adresse à son personnel le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)

L'ère de l'histoire américaine post-11-Septembre commence alors. Pendant les deux décennies suivantes, la victoire dans la «guerre contre le terrorisme» occupe le devant de la scène. Au lendemain des attentats, les Américains craignent que l'ennemi qui a perpétré le carnage n'échappe au châtiment.

Les yeux sont rivés sur Al-Qaïda. Oussama ben Laden est identifié par les autorités fédérales comme le principal suspect; il serait en Afghanistan, sous la protection du régime taliban. Bush exige que ce dernier livre Ben Laden et tous les autres dirigeants d'Al-Qaïda ou donnent des renseignements à leur sujet. Les talibans refusent.

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Une capture d'écran (G) prise le 29 octobre 2004 à partir d'une bande vidéo diffusée par la chaîne d'information Al-Jazeera montre le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden. (Archive/AFP)

Bush promulgue ensuite une résolution conjointe du Congrès qui autorise le recours à la force contre les auteurs des attentats du 11-Septembre.

Par la suite, cette résolution sera citée à diverses occasions par l'administration Bush comme base légale pour des mesures de lutte contre le terrorisme: de l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak à l'extension du pouvoir de surveillance du gouvernement, en passant par la construction du camp de détention de Guantanamo, à Cuba.

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Les Marines de l'équipe d'artillerie 2 de la 11e unité expéditionnaire de marines se préparent à tirer sur des cibles lors d'un entraînement au tir  fin août 2002. (Archive/AFP)

Le 7 octobre 2001, la guerre en Afghanistan, baptisée «Enduring Freedom Operation» («opération Liberté immuable»), commence. Les frappes aériennes américaines et britanniques ciblent les combattants d'Al-Qaïda et les talibans. La plupart des combats au sol opposent ensuite les talibans à leurs adversaires afghans, l'Alliance du Nord et les forces ethniques pachtounes.

Deux ans plus tard, en 2003, alors qu'environ 8 000 soldats américains font encore partie de la Force internationale d'assistance à la sécurité, supervisée par l'Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord, NDLR), le secrétaire américain à la défense de l’époque, Donald Rumsfeld, déclare que d'importantes opérations de combat ont pris fin en Afghanistan.

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Un aumônier de l'US Air Force identifié uniquement comme « Fred » dirige les membres d'équipage de l'US Air Force de Charleston, en Caroline du Sud, dans la prière avant le décollage le 18 octobre 2001. (Archive/AFP)

Presque simultanément, l'Amérique se prépare à une autre guerre.

Dans un discours sur l'état de l'Union, Bush qualifie d’«axe du mal» la Corée du Nord, l'Iran et l'Irak. Il considère tous ces pays comme une menace pour la sécurité américaine. Le 20 mars 2003, il annonce que les forces américaines ont entamé des opérations militaires en Irak, promettant de détruire les armes de destruction massive de Saddam Hussein ainsi que son régime dictatorial.

L'effort initial, qui consistait à éliminer les dirigeants irakiens grâce à des frappes aériennes, échoue, ouvrant la voie à l’invasion terrestre.

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Moins de deux mois plus tard, le 1er mai 2003, Bush, du pont du porte-avions USS Abraham Lincoln, annonce la fin des principales opérations de combat en Irak, arborant une pancarte géante où sont écrits les mots: «Mission accomplie».

Rumsfeld qualifie l'anarchie qui règne dans le pays et les affrontements qui y ont lieu d'«actes désespérés».

L'armée de Saddam Hussein est dissoute. Il est capturé, jugé et pendu. Des élections démocratiques sont organisées.

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La photo datée du 11 septembre 2001 montre le président américain George W. Bush (à droite) informé par son chef de cabinet Andrew Card des attentats de New York. (Archive/AFP)

Entre-temps, 100 000 civils irakiens ont été tués ainsi que plus de 5 000 soldats américains et alliés. Avec les combats américains en Irak, les talibans, initialement vaincus en Afghanistan, se regroupent. Leurs attaques s’intensifient, attisent la guerre pendant vingt ans, tuent des dizaines de milliers de personnes et provoquent le déplacement de millions de gens.

Quant à l'insaisissable Ben Laden, il échappe à la capture jusqu'au 2 mai 2011. Ce jour-là, il est tué lors d'un raid mené par une équipe de l’US Navy Seal (forces spéciales de la marine de guerre des États-Unis, NDLR) dans sa cachette au Pakistan, pendant la présidence d’Obama.

Cette année, au cours de l’été, lorsque les forces étrangères annoncent leur retrait après l’accord passé entre les États-Unis et les talibans, ces derniers lancent des offensives et entament une avance rapide à travers le pays, s’emparant de sa capitale, Kaboul, le 15 août dernier.

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La Harvard Kennedy School estime que le coût total des guerres américaines en Afghanistan et en Irak s'élève à 6 000 milliards de dollars (1 dollar = 0,84 euro); ce sont les plus chères de l'histoire des États-Unis. Le coût moyen estimé du déploiement d'un seul soldat américain en Afghanistan est de plus d'un million de dollars par an, pour un coût d'environ 4 000 dollars par contribuable.

En plus de deux guerres outre-mer, la guerre contre le terrorisme est également menée sur le sol américain, où une réorganisation en profondeur de l'État sécuritaire est initiée.

Le 13 novembre 2001, Bush signe une ordonnance qui permet d’établir des tribunaux militaires afin de juger les citoyens non américains affiliés à Al-Qaïda ou impliqués dans toute activité terroriste. Son administration détient les terroristes accusés à Guantanamo, camp dont la légalité ne peut être contestée.

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Le président américain George W. Bush s'adresse à la nation depuis le bureau ovale le 11 septembre 2001 à la Maison Blanche à Washington, DC. (Archives/AFP)

Les 158 détenus initiaux sont qualifiés de «combattants ennemis», ce qui les place en dehors des protections de la convention de Genève.

Les «méthodes d'interrogatoire améliorées» utilisées à Guantanamo comprennent la privation de sommeil et le simulacre de noyade. Elles suscitent aux États-Unis de nombreux débats sur la légalité, la qualité des informations que les prisonniers peuvent livrer sous la contrainte et la question éthique que soulèvent des méthodes qui, selon les critiques, sont assimilables à la torture.

Plus tard, en 2004, des photographies font surface. Elles montrent des prisonniers maltraités dans la prison d'Abou Ghraib, en Irak, et entraînent un examen minutieux de la politique américaine dans le monde entier.

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Les membres de la famille et les amis des victimes des attentats du 11 septembre 2001 se rassemblent autour d'un cercle commémoratif sur le site « Ground Zero » le 11 septembre 2002 à New York. (Archive/AFP)

Par ailleurs, les Arabes américains, les Sud-Asiatiques et les musulmans en général deviennent une cible instantanée d'attaques, de menaces, d'abus verbaux et de harcèlement à travers le pays.

Des cocktails Molotov sont lancés dans des mosquées pakistanaises et des fusils d'assaut sont utilisés contre des entreprises yéménites; des étudiants koweïtiens traumatisés se rendent à leur ambassade, à Washington, pour consulter des psychologues.

Le terme «islamophobie» fait son entrée dans le lexique américain.

Bush exhorte les gens à ne pas se venger: «Notre nation doit être consciente qu'il y a des milliers d'Arabes américains qui vivent à New York et qui aiment notre pays autant que nous», déclare-t-il.

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Le président américain George W. Bush (D), son épouse Laura (C), la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice (G) observent une minute de silence le 11 septembre 2002 à la Maison Blanche à Washington, DC. (Archive/AFP)

Deux actions gouvernementales controversées sont tenues pour responsables des années de harcèlement qu’ont subies ces communautés tout en suscitant l'indignation de certains Américains moyens qui craignent la perte des libertés civiles fondamentales et des idéaux sur lesquels leur pays a été construit.

À peine dix jours après le 11-Septembre, alors que son administration est confrontée à des questions difficiles sur des indices relatifs aux attaques imminentes à côté desquels diverses agences sont passées, Bush annonce la création d'un nouveau bureau de coordination pour superviser la sécurité intérieure.

Quelque 22 agences fusionnent alors avec le nouveau Département de la sécurité intérieur des États-Unis (DHS). Les missions du DHS comprennent des programmes de lutte contre le terrorisme, la reconstruction après des catastrophes naturelles, la protection et la réglementation de la frontière américaine et la défense de la nation contre les cyberattaques.

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Le seul mot de «patrie» pose un problème à beaucoup de personnes. Rumsfeld a lui-même reconnu un jour que «la défense du territoire» sonne plus allemand qu'américain. «Cela respire l'isolationnisme, notion avec laquelle je suis mal à l'aise», confie-t-il.

Le DHS intègre également l'ensemble de l’Immigration and Customs Enforcement ou ICE (service de police douanière et de contrôle des frontières, NDLR), transférant ses fonctions à l'application de l'immigration et des douanes. De toutes les agences du DHS, aucune n'a probablement inspiré autant de mépris que l'ICE.

Chaque année depuis 2001, l'ICE arrête des centaines de milliers de personnes qui ne possèdent pas de casier judiciaire. Ce chiffre a augmenté de 40% pendant la présidence de Trump.

Des agents de l'ICE mènent des opérations d'arrestation dans des palais de justice, des hôpitaux et même dans des écoles où des personnes ciblées déposent leurs enfants. L’arrestation, au Kansas, de Syed Jamal sur la pelouse de son jardin – tandis qu'il aidait ses enfants à se préparer pour se rendre à l'école – en est un exemple. Jamal est un professeur de chimie qui a vécu aux États-Unis pendant trente ans et qui ne possédait pas de casier judiciaire.

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La ville la plus dynamique du monde est tombée brièvement silencieuse le 11 septembre 2002, alors que les New-Yorkais se souvenaient avec larmes, colère et défi qu'un acte d'extrémisme inimaginable avait brisé leur vie. (Archive/AFP)

Nombreux sont ceux qui, depuis, ont plaidé en faveur de l'abolition du DHS en tant que «méga-agence inutile, incompétente et abusive» avec le sénateur républicain de l'Oklahoma Tom Coburn, qui a siégé au Comité sénatorial sur la sécurité intérieure. À la fin de son mandat, cet homme politique a ainsi déclaré que «le programme local du DHS de lutte contre le terrorisme contribue très peu aux efforts antiterroristes de la nation».

Avant le DHS, l’USA Patriot Act était un autre symbole de l'expansion massive des pouvoirs de surveillance du gouvernement. Il fut également adopté à une écrasante majorité par le Congrès, quelques semaines seulement après le 11-Septembre. Il conférait au gouvernement une série de nouveaux pouvoirs, parmi lesquels des dispositions qui lui permettaient de récupérer facilement des enregistrements de communications et d'interroger quiconque était soupçonné de terrorisme.

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Un avion commercial détourné s'écrase sur le World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York. (Archive/AFP)

Un examen du Conseil de surveillance de la vie privée et des libertés civiles du gouvernement indique: «Nous n'avons pas identifié un seul cas de menace pour les États-Unis dans lequel les enregistrements téléphoniques ont été déterminants dans le cadre d'une enquête antiterroriste. En outre, nous n'avons connaissance d'aucun cas dans lequel ce programme a directement contribué à la découverte d'un complot terroriste jusqu'alors inconnu ou au démantèlement d'une attaque terroriste.»

L'administration Obama a déclaré que la loi avait été «extrêmement utile» dans les enquêtes sur le terrorisme.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews

 


Trump et Rubio optimistes sur l’Iran, mais Téhéran suit-il ?

Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
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  • Marco Rubio a maintenu mercredi son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient
  • L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais avec "progrès tangible"

WASHINGTON/DUBAI : Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que les négociations avec l'Iran se déroulaient "très bien" et qu'elles pourraient aboutir à des résultats au cours du week-end prochain.

"J'ai entendu dire que les négociations elles-mêmes se déroulaient très bien", a déclaré M. Trump à la presse, ajoutant à propos d'un accord potentiel : "Cela pourrait se produire (...) au cours du week-end".

Mercredi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a maintenu son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient.

"Nous ne menons plus de frappes soutenues à l'intérieur de l'Iran pour dégrader leur armée, car la furie épique est terminée", a déclaré M. Rubio devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, affirmant que les États-Unis avaient remporté la victoire.

L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais qu'aucun "progrès tangible" n'avait été réalisé dans les négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

M. Trump a également déclaré qu'il souhaitait séparer les négociations entre les États-Unis et l'Iran de celles portant sur le conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban.

"J'aimerais les séparer, j'aimerais qu'il y ait une chose séparée, parce que c'est, c'est séparé", a déclaré M. Trump.

"Nous avons en fait parlé avec le Hezbollah pour la toute première fois", a déclaré le président américain à propos des efforts déployés pour mettre fin aux combats au Liban.

"Ils se sont mis d'accord hier pour ne pas tirer, Israël ne tirera pas, nous verrons bien", a déclaré M. Trump.

Sémantique du cessez-le-feu

Au cours de la nuit, les États-Unis ont déclaré avoir abattu des drones iraniens et frappé une station de contrôle au sol iranienne, tandis que les forces de Téhéran ont lancé des drones et des missiles en direction de plusieurs pays voisins du Golfe.

M. Trump a minimisé les échanges de tirs en déclarant : "C'est une autre partie de l'histoire : "C'est une autre partie du monde, vous savez. Je dirais que dans cette partie du monde, le cessez-le-feu, c'est quand vous tirez de manière plus modérée."

Il y a une raison à tout, et nous les avons frappés assez durement la nuit précédente, et même la nuit dernière", a déclaré M. Trump à propos des Iraniens, avant d'ajouter : "Quand on m'a expliqué que c'était une erreur, j'ai pensé que c'était une erreur : "Quand on me l'a expliqué, j'ai dit 'd'accord'".

Un cessez-le-feu est en vigueur entre les États-Unis et l'Iran depuis le début du mois d'avril, tandis qu'un autre est entré en vigueur au Liban au milieu du même mois.

Malgré cela, les affrontements entre les différentes parties au conflit se poursuivent.

La question de savoir ce qui est considéré comme un cessez-le-feu ou comme la fin de la guerre reste très discutée.

Définition de la victoire

"Nous définissons la victoire comme la destruction de leur base industrielle de défense, la réduction significative du nombre de lanceurs de missiles qu'ils possèdent, la réduction significative de leur stock de drones", a déclaré M. Rubio.

"Et nous avons atteint tous ces objectifs, en plus de détruire ce qu'il restait de leur force aérienne et d'anéantir la totalité de leur marine conventionnelle.

M. Rubio s'est heurté à une forte résistance de la part des démocrates, qui ont fait valoir que le conflit faisait toujours rage, l'Iran ayant frappé l'aéroport du Koweït mercredi, faisant un mort et 63 blessés dans le cadre d'une escalade majeure du conflit.

Bahreïn, qui, comme le Koweït, accueille une importante présence militaire américaine, a également été la cible de frappes de drones de la part de l'Iran pendant la nuit.

"On peut changer le nom de l'opération. Cela ne change rien au fait que le détroit est toujours fermé et que mes militaires, et tous nos militaires, sont toujours en danger", a déclaré Sara Jacobs, représentante de la Californie, à M. Rubio.

L'Iran pourrait être d'un autre avis

M. Rubio a fait le point sur les négociations avec l'Iran, indiquant que les stocks d'uranium hautement enrichi de la république islamique étaient au centre des discussions et que Téhéran n'avait pas encore accepté d'accord de paix.

Washington insiste sur le fait que l'Iran doit remettre son uranium enrichi de qualité quasi militaire, accepter de limiter ses activités nucléaires et rouvrir le détroit d'Ormuz pour qu'un accord de paix puisse être mis en œuvre.

"Je pense que maintenant, dans certains des documents qui ont été échangés, la question est clairement abordée, mais nous n'avons toujours pas reçu l'approbation finale de leur système ce matin", a déclaré M. Rubio à la commission de la Chambre des représentants.

L'Iran a déclaré qu'il avait besoin du déblocage de 12 milliards de dollars d'avoirs gelés avant d'entamer des discussions de fond sur son programme nucléaire, et a rejeté les commentaires antérieurs du président américain Donald Trump qui a suggéré que son stock d'uranium enrichi serait finalement détruit.

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a toutefois déclaré dans un message jeudi que les ennemis de l'Iran, après avoir été vaincus sur le champ de bataille, cherchaient maintenant à saper la résilience du public et à semer des divisions internes.

M. Khamenei a appelé à l'unité nationale face à ces menaces et a déclaré que toute action visant à susciter le pessimisme ou la frustration au sein de la population revenait à aider l'ennemi.

Le message a été lu en son nom lors des cérémonies marquant l'anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeini.

(Avec agences)


Niger: 49 personnes meurent de soif dans le désert après une panne de camion

Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
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  • Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka"
  • "Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile"

ABIDJAN: Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales.

Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka", a indiqué sur Facebook le gouvernorat d'Agadez, qui administre cette zone, précisant que les voyageurs rentraient du Mali pour célébrer la fête de l'Aïd.

"Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile où les températures extrêmes et l'absence de points d'approvisionnement rendent toute survie extrêmement difficile", a détaillé le gouvernorat, ajoutant que les victimes ont été inhumées dans des fosses communes.

"Deux personnes ont toutefois survécu à cette épreuve" et "ont parcouru plus de cinquante kilomètres à pied avant d'atteindre une mare puis de rejoindre Assamaka où ils ont pu donner l'alerte", selon la même source.

De retour du site du drame, les autorités locales ont découvert un autre camion immobilisé à plus de 60 kilomètres d'Assamaka, avec "à son bord plus de 60 personnes... bloquées depuis trois jours au cœur du désert à la suite d'une panne de batterie."

Ces voyageurs avaient quitté un site d'orpaillage malien situé à plus de 300 kilomètres de la frontière nigérienne, précise le gouvernorat dans un second communiqué.

La délégation a apporté l'assistance nécessaire pour dépanner le véhicule, permettant aux passagers de reprendre leur route, ajoute la même source.

Cette zone désertique, point de passage connu de migrants africains qui cherchent à gagner l'Europe, est régulièrement le théâtre de drames de ce type.

En 2025, au moins 35 migrants sont morts dans le désert nigérien, avait rapporté l'ONG Alarme Phone Sahara (APS).

En octobre 2013, 92 migrants nigériens (33 femmes, 52 enfants et 7 hommes) avaient péri de soif en plein désert dans le nord du Niger, près de la frontière algérienne, après avoir été abandonnés par leurs passeurs à la suite de pannes de véhicules. Ils tentaient d'aller en Algérie.

Plus de 34.000 migrants ont été expulsés d'Algérie vers le Niger voisin en 2025, selon APS.


Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie

Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie
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  • Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024
  • En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël

JERUSALEM: Israël a annoncé jeudi l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie, se félicitant d'un réchauffement des relations avec ce pays d'Europe après le changement de gouvernement.

"Je suis fier d'annoncer qu'Israël ouvrira sa toute première ambassade à Ljubljana", a affirmé le ministre des Affaires étrangères Gidéon Saar dans un communiqué, sans préciser à quelle date.

"L'élection du Premier ministre Janez Jansa marque un nouveau chapitre dans les relations entre Israël et la Slovénie", a affirmé le ministre, évoquant les "années d'hostilité de la part du précédent gouvernement" slovène.

Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024.

En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.

En septembre 2025, le gouvernement slovène avait annoncé avoir décidé d'interdire l'entrée sur son territoire au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rappelant que des procédures étaient en cours contre lui pour crimes de guerre et contre l'humanité à la Cour pénale internationale (CPI).

En juillet 2025, l'interdiction du commerce d'armes avec Israël avait été annoncée, en raison de la guerre dans la bande de Gaza.

Le chef de la droite nationaliste Janez Jansa, admirateur du président américain Donald Trump, a été élu Premier ministre fin mai à Ljubljana par le Parlement.

"Aujourd'hui, nous tournons une nouvelle page. Lorsque les amis d'Israël reviennent au pouvoir, Israël revient également", s'est félicité M. Saar.