Un an plus tard, l’incidence des accords d’Abraham sur les relations arabo-israéliennes

Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane (à droite) rencontre le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, à Abu Dhabi. (Photo, AFP/WAM)
Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane (à droite) rencontre le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, à Abu Dhabi. (Photo, AFP/WAM)
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Publié le Vendredi 13 août 2021

Un an plus tard, l’incidence des accords d’Abraham sur les relations arabo-israéliennes

  • Le rapprochement entre les Émirats arabes unis et Israël est spectaculaire à bien des égards si l’on considère l’histoire tourmentée entre ces deux nations sur les droits du peuple palestinien
  • Avec l’assouplissement des restrictions de voyage, des milliers de touristes et de voyageurs d’affaires ont pu bénéficier des premiers vols commerciaux entre Tel-Aviv et Dubaï

DUBAÏ: Il y a un an, le 13 août dernier, les Émirats arabes unis (EAU) ont signé les accords d’Abraham, une série de traités de paix négociés sous l’égide des États-Unis et destinés à normaliser les relations diplomatiques entre Israël et les pays arabes.

C’est la première fois qu’un pays arabe établit des relations officielles avec Israël depuis 1979, avec l’Égypte. La Jordanie l’a fait en 1994. Quant à Bahreïn, il a imité les EAU le 11 septembre dernier.

Le rapprochement entre les EAU et Israël est spectaculaire à bien des égards si l’on considère l’histoire tourmentée entre ces deux nations sur les droits du peuple palestinien.

Les partisans de l’accord ont salué des perspectives d’échanges commerciaux qui pourraient s’élever à 5,5 milliards d’euros par an, estiment les les économistes.

Dorian Barak, cofondateur du Conseil des affaires EAU-Israël (UAE-Israel Business Council), déclare à Arab News: «Les échanges commerciaux devraient atteindre 2,5 milliards d’euros d’ici à 2025; d’autres estimations prévoient même un chiffre plus élevé.»

«Certes, certains échanges sont bilatéraux, mais le commerce avec et via les Émirats arabes unis constitue, pour Israël, une porte d’entrée vers les autres marchés de la région – des grandes économies du monde arabe jusqu’à l’Inde, en passant par l’Asie du Sud.»

D’autres voix se révèlent plus sceptiques quant à la capacité de cet accord à promouvoir la paix dans la région ou à résoudre un conflit israélo-arabe qui dure depuis plusieurs décennies.

Le Dr Abdelkhalek Abdallah, un analyste politique émirati, confie à Arab News: «Au bout d’un an, nous nous rendons compte que cet accord est à double tranchant. Il comporte des points forts et des points faibles.»

Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président américain Donald Trump et le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham devant la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (Photo, AFP)
Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président américain Donald Trump et le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham devant la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (Photo, AFP)

«L’un des aspects positifs réside dans le fait qu’il s’agit d’une étape pragmatique, ou réaliste, qui est là pour durer. Elle est clairement bénéfique pour les deux pays [les EAU et Israël] et a trait aux avantages économiques, technologiques et stratégiques des accords.»

«Le point faible repose sur son caractère idéaliste, qui promettent à la fois la paix et la stabilité dans la région et la prospérité aux Palestiniens. Il n’est pas aussi efficace que les intérêts nationaux qui unissent les EAU et Israël», ajoute le Dr Abdelkhalek Abdallah.

Le 15 septembre 2020, les EAU, Bahreïn et Israël ont signé les accords d’Abraham, par lesquels ils reconnaissent «l’importance de maintenir et de consolider la paix au Moyen-Orient ainsi qu’à travers le monde en s’appuyant sur la compréhension mutuelle, la coexistence et le respect de la dignité humaine et de la liberté – notamment la liberté de culte».

Les accords ont été signés à la Maison Blanche à Washington par le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, son homologue bahreïni, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump.

Avec l’assouplissement des restrictions de voyage en lien avec la pandémie de Covid-19 au cours de l’automne dernier, des milliers de touristes et de voyageurs d’affaires ont pu bénéficier des premiers vols commerciaux entre Tel-Aviv et Dubaï.

Du jour au lendemain, la ville de Dubaï est devenue le témoin de nombreux changements. On entend parler hébreu dans les lieux publics, beaucoup d’hommes portent la kippa, et les Juifs qui habitent les EAU commencent à pratiquer ouvertement leur religion. La cuisine casher fait son entrée dans les grands hôtels et à bord des vols commerciaux pour répondre à une clientèle juive de plus en plus importante.

Les drapeaux de Bahreïn, d’Israël et des États-Unis flottent sur un avion Boeing 737 de la compagnie aérienne israélienne El Al, au moment où il atterrit sur une piste de l’aéroport international du royaume de Bahreïn, le 18 octobre 2020. On peut lire au niveau du cockpit le mot «paix» écrit en arabe, en anglais et en hébreu. (Photo, AFP)
Les drapeaux de Bahreïn, d’Israël et des États-Unis flottent sur un avion Boeing 737 de la compagnie aérienne israélienne El Al, au moment où il atterrit sur une piste de l’aéroport international du royaume de Bahreïn, le 18 octobre 2020. On peut lire au niveau du cockpit le mot «paix» écrit en arabe, en anglais et en hébreu. (Photo, AFP)

Pour maintenir l’élan de la compréhension interconfessionnelle, des projets ont été définis, comme la construction, à Abu Dhabi, de la Maison de la famille d’Abraham. Ce complexe religieux devrait ouvrir ses portes en 2022. Conçu par le célèbre architecte ghanéen David Adjaye, il abritera une église, une synagogue et une mosquée afin de promouvoir la fraternité entre les trois religions monothéistes.

Le succès apparent des accords d’Abraham a incité d’autres pays à faire de même. Au mois d’octobre dernier, le Soudan devient ainsi le troisième pays à les signer; il est suivi par le Maroc en décembre.

À la question de savoir si l’Arabie saoudite envisage de rejoindre ces pays, le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a récemment fait l’éloge de ces accords tout en affirmant qu’un règlement palestinien conduirait à la normalisation des relations avec Israël partout dans la région.

«Les accords d’Abraham ont eu, dans l’ensemble, un effet positif sur les relations dans la région. Nous devons en tirer profit en vue de trouver une solution pour les Palestiniens», a-t-il déclaré lors du Forum d’Aspen sur la sécurité.

Les partisans des accords – notamment les communautés juives qui vivent dans le monde arabe – espèrent qu’ils favoriseront la poursuite du dialogue.

Yehuda Sarna, grand rabbin des EAU, affirme dans un entretien à Arab News: «Il y a un an, j’ai prédit que la mise en place de relations diplomatiques permettrait d’éliminer les stéréotypes entre les Arabes et les Juifs et de repartir sur de bonnes bases. C’est exactement ce qui s’est passé: des centaines de milliers de personnes se sont rencontrées, principalement aux EAU, tandis que des millions d’autres personnes se sont contactées en ligne. Elles ont échangé de manière positive et inspirante.»

Le président israélien, Isaac Herzog (à gauche), et l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja, coupent le ruban lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)
Le président israélien, Isaac Herzog (à gauche), et l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja, coupent le ruban lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)

M. Sarna, qui est également directeur exécutif du centre Jewish Student Life à l’université de New York, explique que la communauté juive aux EAU est «en train d’édifier l’infrastructure de la société civile indispensable au soutien de telles interactions, notamment avec des recherches sur les meilleurs moyens pour rassembler les gens, le développement d’institutions religieuses et éducatives locales ainsi que l’organisation d’échanges culturels».

Pour commémorer le 1er anniversaire de la signature des accords, M. Sarna a rédigé «une prière pour l’ensemble de la région» qui sera distribuée dans plus de mille synagogues à travers le monde, y compris celles qui sont affiliées au Conseil rabbinique des États-Unis.

Bien que ces accords présentent un potentiel de prospérité dans la région, les critiques soulignent qu’ils ont jusque-là très peu promu la paix entre les Israéliens et les Palestiniens ou soutenu l’édification d’un État palestinien.

La force des accords d’Abraham a été mise à l’épreuve à la fin du mois de mai dernier, lorsqu’une guerre de onze jours a opposé Israël au Hamas, le groupe militant palestinien qui contrôle la Bande de Gaza.

Le Dr Abdallah, l’analyste politique émirati, déclare: «Comme nous l’avons vu à Gaza, mais aussi depuis le début, les accords n’apporteront pas la paix et la prospérité dans la région comme promis.» Il ajoute qu’ils ne garantissent pas non plus la légitimité des aspirations des Palestiniens quant à l’édification d’un État.

«Ce qui s’est passé au mois de mai est un coup très dur pour ces accords. Cependant, ces événements n’ont pas réussi à les annuler. Rien ne semble être en mesure de le faire. Israël et les États-Unis veulent ces accords, mais ils n’apporteront pas la paix dans la région», renchérit-il.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se tourne vers le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, lors d’une conférence de presse. (Photo, AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se tourne vers le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, lors d’une conférence de presse. (Photo, AFP)

Lorsque les affrontements ont commencé entre les Juifs et les Arabes à Jérusalem, au mois de mai, les gouvernements de Bahreïn, du Maroc, du Soudan et des EAU ont été incités par leurs propres peuples à se ranger du côté des Palestiniens.

La manière dont les gouvernements arabes réagissent au cycle de violence – en particulier les pays qui ont signé les accords d’Abraham – revêt une très grande importance quant à l’avenir du rapprochement israélo-arabe.

Hussain Abdul-Hussain, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties (FDD) à Washington, confie à Arab News: «Au cours des dernières décennies, les Arabes ont rendu presque divine cette rhétorique anti-Israël.»

«Quand on mélange les politiques et les divinités, on sabote les deux. Aujourd’hui, les Arabes qui sont familiers avec le fonctionnement des économies modernes se rendent compte que la paix avec Israël n’est pas une question de vengeance ou d’honneur, mais de croissance économique.»

«La paix contribue certes à la croissance économique; les chiffres des EAU le prouvent. Les Arabes sont prêts pour la paix, mais ils craignent généralement la dénonciation publique qui accompagne les appels en faveur de la paix avec Israël

Le président israélien, Isaac Herzog (au centre), l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja (au centre, à droite), la ministre d’État émiratie chargée de la sécurité alimentaire et de l’eau, Mariam al-Mehairi, et l’ancien ministre Gabi Ashkenazi inaugurent la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)
Le président israélien, Isaac Herzog (au centre), l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja (au centre, à droite), la ministre d’État émiratie chargée de la sécurité alimentaire et de l’eau, Mariam al-Mehairi, et l’ancien ministre Gabi Ashkenazi inaugurent la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)

Quelle que soit leur incidence sur la région à long terme, les accords d’Abraham sont indéniablement le signe d’un dégel des relations israélo-arabes. Pour reprendre les propos de Houda Nonoo, ancienne ambassadrice de Bahreïn aux États-Unis, ils «constituent sans aucun doute l’un des jalons les plus importants de notre vie au Moyen-Orient».

«Au moment où la relation entre Bahreïn et Israël prend un nouveau tournant, il est important de se souvenir que la volonté de mettre en place un nouveau Moyen-Orient – fondé sur le principe de la paix et de la prospérité pour tous – est au cœur de ces accords», affirme-t-elle à Arab News.

«Je suis fermement convaincue que les partenariats florissants entre Bahreïn et Israël contribueront à une paix durable dans la région», conclut-elle.

Twitter: @rebeccaaproctor

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


La plateforme de ventes privées OnTheList s’étend à l’Arabie saoudite

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  • OnTheList étend son modèle de ventes au marché saoudien
  • Accès exclusif à des ventes éphémères de grandes marques de luxe, en ligne et lors d’événements dédiés

DUBAÏ : Forte de sa dynamique aux Émirats arabes unis, OnTheList annonce le lancement inédit de sa plateforme de ventes privées sur adhésion en Arabie saoudite.

À partir du 19 janvier, les membres à travers le Royaume bénéficieront d’un accès exclusif à un calendrier soigneusement sélectionné de ventes éphémères, proposant une gamme de marques de luxe telles que Gucci Jewellery, Aigner, Lanvin et Serapian Milano, choisies pour incarner sophistication, qualité et valeur exceptionnelle.

« Cette expansion reflète notre conviction dans le dynamisme du marché du luxe régional et dans l’appétit pour une approche nouvelle et durable du shopping premium. Nos membres en Arabie saoudite pourront bientôt découvrir les mêmes ventes rapides (flash sales) qui ont fait le succès d’OnTheList en Asie et aux Émirats arabes unis », a déclaré Delphine Lefay, cofondatrice française d’OnTheList.

Fondée à Hong Kong en 2016, OnTheList est le premier concept asiatique de ventes réservé aux membres. Depuis son implantation aux Émirats arabes unis en 2024, la plateforme y a organisé plus de 50 ventes récurrentes, en ligne et lors d’événements physiques.

Grâce à sa combinaison distinctive de stocks très recherchés et d’un accès e-commerce simplifié, OnTheList ambitionne de transformer la manière dont les consommateurs saoudiens interagissent avec les offres de luxe et de lifestyle.


L’acte d’accusation : poursuites contre Aidarous Al-Zubaidi

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  • Comment l’ancien chef du STC a conspiré contre le Yémen et l’a pillé

LONDRES : Un comité spécial, formé sur autorité présidentielle par le bureau du procureur général du Yémen, a établi une série de conclusions à l’encontre du général de division Aidarous Al-Zubaidi, vice-président révoqué du Conseil présidentiel de direction (PLC).

Al-Zubaidi, accusé de haute trahison et d’autres crimes contre l’État, est actuellement en fuite.

Arab News a consulté une copie des conclusions préliminaires du comité, qui révèlent qu’Al-Zubaidi est accusé d’abus de pouvoir, notamment de corruption, d’accaparement de terres et de trafic pétrolier à des fins personnelles.

Le 7 janvier, le PLC a publié un décret révoquant Al-Zubaidi de ses fonctions au sein du Conseil et l’accusant de haute trahison et d’autres crimes graves, notamment la formation d’un groupe armé, le meurtre d’officiers et de soldats, et l’atteinte à la souveraineté nationale.

En même temps, le bureau du procureur général a été autorisé à constituer un comité spécial chargé d’enquêter sur les accusations visant Al-Zubaidi, avec le pouvoir de convoquer et d’arrêter des individus, de recueillir des preuves et de prendre toutes les mesures nécessaires conformément à la loi. Le comité avait pour mandat de mener l’enquête rapidement et de fournir des rapports périodiques au PLC.

Les conclusions préliminaires du comité recensent une série d’accusations graves contre Al-Zubaidi, tenu pour responsable de multiples abus « qui ont contribué à créer un état de division politique et populaire dans les gouvernorats du sud ».

Al-Zubaidi est le chef du Conseil de transition du Sud (STC). Le 7 janvier, il devait participer à des pourparlers à Riyad avec une délégation de 50 membres du STC, mais à la dernière minute, il a pris la fuite.

Parmi les accusations figurent la saisie de vastes parcelles de terrain, notamment dans la zone franche d’Aden, sur l’île d’Al-Ummal, à Bir Fadl et dans la région de Ras Omran.

Le comité a également révélé des pressions exercées sur la Compagnie pétrolière du Yémen et sur son directeur, Tareq Al-Walidi, afin d’empêcher l’importation de carburant autrement que par l’intermédiaire d’une société affiliée au beau-frère d’Al-Zubaidi, Jihad Al-Shoudhabi, et au ministre des Transports, Abdul Salam Humaid.

Depuis près de deux ans, Al-Shoudhabi aurait été l’unique fournisseur, engrangeant d’importants profits reversés à la trésorerie d’Al-Zubaidi.

Le rapport identifie également des sociétés commerciales appartenant à Al-Shoudhabi et, « derrière lui », selon le comité, à Al-Zubaidi. Deux entreprises sont nommées : Alahlia Exchange & Transfers Company et Arabian Furniture Center, l’une des plus grandes entreprises de mobilier du Yémen. Toutes deux ont leur siège à Aden.

Ces actes et d’autres encore — qualifiés de « saisies profondément regrettables, de pillage et de corruption financière et administrative » — ont, selon le comité, « eu de graves répercussions dans les milieux du sud et ont été une cause directe de la division méridionale et de l’émergence de nombreux griefs ».

Jeudi, un porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a déclaré disposer de renseignements fiables indiquant que, dans la nuit du 7 janvier, Al-Zubaidi avait quitté Aden à bord d’un navire à destination du Somaliland — probablement vers le port de Berbera, situé à 260 kilomètres au sud, de l’autre côté du golfe d’Aden. 

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Aidarous al-Zubaidi, chef du Conseil de transition du Sud (CTS) du Yémen, qui, selon la coalition soutenue par l'Arabie saoudite, s'est enfui vers une destination inconnue, à Aden, au Yémen, le 7 janvier 2026. (Reuters)

De là, il aurait été transporté par avion cargo jusqu’à Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, via Mogadiscio, capitale côtière de la Somalie, sur un trajet d’environ 2 600 kilomètres.

Certaines des accusations portées contre Al-Zubaidi concernent l’offensive militaire de grande ampleur lancée par les forces du STC dans le sud du Yémen en décembre.

« Nous savons que le Conseil de transition du Sud a œuvré à l’assaut militaire des villes orientales », a déclaré à Arab News une source proche du gouvernement yéménite.

« Le schéma et l’ampleur des violations graves des droits humains et des actes d’escalade sécuritaire et militaire observés dans les villes orientales du sud — Hadhramout, Al-Mahra et Shabwa — à la suite de l’incursion militaire des forces du Conseil de transition depuis le 3 décembre, constituent des crimes odieux contre le peuple yéménite. »

Selon le ministère yéménite des Affaires juridiques et des Droits de l’homme, 2 358 infractions individuelles ont été recensées, dont des exécutions extrajudiciaires, des blessures physiques, des arrestations arbitraires et des détentions, des disparitions forcées et des déplacements, ainsi que la destruction et le pillage de biens publics et privés.

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Une image reçue par Arab News montre un document qui indiquerait qu'Aidarous Al-Zubaidi, l'ancien gouverneur d'Aden, aurait cédé à son gendre un complexe appartenant à une institution publique.
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Des images reçues par Arab News montrent des documents qui, selon des militants, indiquent qu'Al-Zubaidi, ancien chef du Conseil de transition du Sud désormais dissous, s'est emparé de plus de 9 500 mètres carrés de terres dans la région de Gold Moor, dans le district de Tawahi.
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Des images reçues par Arab News montrent des documents qui, selon des militants, indiquent qu'Al-Zubaidi, ancien chef du Conseil de transition du Sud désormais dissous, s'est emparé de plus de 9 500 mètres carrés de terres dans la région de Gold Moor, dans le district de Tawahi.
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Une image reçue par Arab News montre un document divulgué indiquant qu'Al-Zubaidi a approuvé la location de l'Elephant Bay Resort à un proche pour 250 000 YER par mois pendant 33 ans.

Soutenues par des frappes aériennes saoudiennes, les forces gouvernementales yéménites ont rapidement repris les territoires occupés au cours de la première semaine de janvier. Al-Zubaidi a été révoqué du PLC et inculpé pour trahison, tandis que les Émirats arabes unis ont annoncé le retrait de leurs dernières troupes du pays.

Après la disparition d’Al-Zubaidi à la veille des pourparlers prévus à Riyad, l’Arabie saoudite a accusé les Émirats arabes unis de l’avoir aidé à quitter clandestinement le pays.

La même source a indiqué à Arab News qu’il existe des preuves qu’Al-Zubaidi recevait « 10 milliards de rials yéménites (42 millions de dollars) par mois… prélevés sur l’aide destinée au Yémen ».

« Pendant qu’Al-Zubaidi recevait ces fonds, les citoyens yéménites ne percevaient pas leurs salaires légitimes depuis des années, y compris le corps diplomatique. »

Jeudi dernier, l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Yémen, Mohammed Al-Jaber, a annoncé que le Royaume prendrait en charge le paiement des salaires des fonctionnaires yéménites, y compris du personnel militaire, en allouant 90 millions de dollars pour couvrir deux mois de salaires. 

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Une image reçue par Arab News montre le centre d'ameublement Al-Arabiya, qui, selon des militants, appartient à Aidarous Al-Zubaidi et est géré par son gendre, Jihad Al-Shothabi.

Vendredi soir, Al-Zubaidi, dont la localisation reste inconnue, a publié sa première déclaration publique depuis sa disparition dix jours plus tôt.

« Nous n’accepterons plus aucune solution qui réduise nos droits ou nous impose une réalité inacceptable », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux, dans un message ne laissant aucun doute sur sa volonté de saper le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Il a ajouté : « Je vous promets… que nous continuerons ensemble jusqu’à atteindre l’objectif national souhaité.

Par votre détermination, nous triompherons. Par votre unité, le Sud sera protégé, et par votre volonté, l’État futur sera établi. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Trump offre sa médiation à propos du mégabarrage sur le Nil

Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
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  • Donald Trump propose de relancer la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de résoudre durablement le différend sur le partage des eaux du Nil lié au Grand barrage de la Renaissance
  • Le président américain met en garde contre tout contrôle unilatéral du Nil et appelle à une solution évitant un conflit armé

WASHINGTON: Donald Trump a offert sa médiation à l'Egypte et l'Ethiopie à propos du mégabarrage sur le Nil, le plus grand d'Afrique, dans une lettre adressée au dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi et rendue publique vendredi par la Maison Blanche.

"Je suis prêt à relancer la médiation américaine entre l'Egypte et l'Ethiopie afin de résoudre de manière responsable et définitive la question du partage des eaux du Nil", écrit le président américain dans ce courrier.

Il a ajouté qu'"aucun Etat dans la région ne devrait contrôler de manière unilatérale les ressources précieuses du Nil et, ce faisant, désavantager ses voisins".

Le dirigeant républicain a souligné qu'il espérait trouver une formule garantissant un approvisionnement en eau prévisible pour l'Egypte et le Soudan, et permettant à l'Ethiopie de vendre ou de fournir de l'électricité aux deux pays en aval.

Dans ce courrier, avec copie aux dirigeants saoudien, émirati, éthiopien et soudanais, M. Trump salue le rôle joué par l'Egypte dans le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza.

Et il dit "sincèrement espérer que cette dispute légitime à propos du GERD ne mènera pas à un conflit armé majeur entre l'Egypte et l'Ethiopie".

L'Ethiopie, après 14 ans de travaux, a officiellement inauguré en septembre son Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, plus grand ouvrage hydroélectrique d'Afrique, malgré les tensions générées avec l'Egypte en particulier, qui le qualifie de "menace existentielle", craignant un tarissement de sa principale source d'approvisionnement en eau.

Le GERD se trouve sur le Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie et s'écoule jusqu'au Soudan, où il rencontre le Nil Blanc pour former le Nil. Le Nil Bleu fournit jusqu'à 85% des eaux du Nil.

Or l'Egypte et ses environ 110 millions d'habitants dépendent à 97% du Nil pour leurs besoins hydriques, notamment pour l'agriculture.

Le Soudan a également fait part de son inquiétude.

Différentes tentatives de médiation depuis une décennie entre les trois pays - sous l'égide successivement des Etats-Unis, de la Banque mondiale, de la Russie, des Emirats arabes unis et de l'Union africaine - ont toutes échoué.