Un an plus tard, l’incidence des accords d’Abraham sur les relations arabo-israéliennes

Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane (à droite) rencontre le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, à Abu Dhabi. (Photo, AFP/WAM)
Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane (à droite) rencontre le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, à Abu Dhabi. (Photo, AFP/WAM)
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Publié le Vendredi 13 août 2021

Un an plus tard, l’incidence des accords d’Abraham sur les relations arabo-israéliennes

  • Le rapprochement entre les Émirats arabes unis et Israël est spectaculaire à bien des égards si l’on considère l’histoire tourmentée entre ces deux nations sur les droits du peuple palestinien
  • Avec l’assouplissement des restrictions de voyage, des milliers de touristes et de voyageurs d’affaires ont pu bénéficier des premiers vols commerciaux entre Tel-Aviv et Dubaï

DUBAÏ: Il y a un an, le 13 août dernier, les Émirats arabes unis (EAU) ont signé les accords d’Abraham, une série de traités de paix négociés sous l’égide des États-Unis et destinés à normaliser les relations diplomatiques entre Israël et les pays arabes.

C’est la première fois qu’un pays arabe établit des relations officielles avec Israël depuis 1979, avec l’Égypte. La Jordanie l’a fait en 1994. Quant à Bahreïn, il a imité les EAU le 11 septembre dernier.

Le rapprochement entre les EAU et Israël est spectaculaire à bien des égards si l’on considère l’histoire tourmentée entre ces deux nations sur les droits du peuple palestinien.

Les partisans de l’accord ont salué des perspectives d’échanges commerciaux qui pourraient s’élever à 5,5 milliards d’euros par an, estiment les les économistes.

Dorian Barak, cofondateur du Conseil des affaires EAU-Israël (UAE-Israel Business Council), déclare à Arab News: «Les échanges commerciaux devraient atteindre 2,5 milliards d’euros d’ici à 2025; d’autres estimations prévoient même un chiffre plus élevé.»

«Certes, certains échanges sont bilatéraux, mais le commerce avec et via les Émirats arabes unis constitue, pour Israël, une porte d’entrée vers les autres marchés de la région – des grandes économies du monde arabe jusqu’à l’Inde, en passant par l’Asie du Sud.»

D’autres voix se révèlent plus sceptiques quant à la capacité de cet accord à promouvoir la paix dans la région ou à résoudre un conflit israélo-arabe qui dure depuis plusieurs décennies.

Le Dr Abdelkhalek Abdallah, un analyste politique émirati, confie à Arab News: «Au bout d’un an, nous nous rendons compte que cet accord est à double tranchant. Il comporte des points forts et des points faibles.»

Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président américain Donald Trump et le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham devant la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (Photo, AFP)
Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président américain Donald Trump et le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham devant la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (Photo, AFP)

«L’un des aspects positifs réside dans le fait qu’il s’agit d’une étape pragmatique, ou réaliste, qui est là pour durer. Elle est clairement bénéfique pour les deux pays [les EAU et Israël] et a trait aux avantages économiques, technologiques et stratégiques des accords.»

«Le point faible repose sur son caractère idéaliste, qui promettent à la fois la paix et la stabilité dans la région et la prospérité aux Palestiniens. Il n’est pas aussi efficace que les intérêts nationaux qui unissent les EAU et Israël», ajoute le Dr Abdelkhalek Abdallah.

Le 15 septembre 2020, les EAU, Bahreïn et Israël ont signé les accords d’Abraham, par lesquels ils reconnaissent «l’importance de maintenir et de consolider la paix au Moyen-Orient ainsi qu’à travers le monde en s’appuyant sur la compréhension mutuelle, la coexistence et le respect de la dignité humaine et de la liberté – notamment la liberté de culte».

Les accords ont été signés à la Maison Blanche à Washington par le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, son homologue bahreïni, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump.

Avec l’assouplissement des restrictions de voyage en lien avec la pandémie de Covid-19 au cours de l’automne dernier, des milliers de touristes et de voyageurs d’affaires ont pu bénéficier des premiers vols commerciaux entre Tel-Aviv et Dubaï.

Du jour au lendemain, la ville de Dubaï est devenue le témoin de nombreux changements. On entend parler hébreu dans les lieux publics, beaucoup d’hommes portent la kippa, et les Juifs qui habitent les EAU commencent à pratiquer ouvertement leur religion. La cuisine casher fait son entrée dans les grands hôtels et à bord des vols commerciaux pour répondre à une clientèle juive de plus en plus importante.

Les drapeaux de Bahreïn, d’Israël et des États-Unis flottent sur un avion Boeing 737 de la compagnie aérienne israélienne El Al, au moment où il atterrit sur une piste de l’aéroport international du royaume de Bahreïn, le 18 octobre 2020. On peut lire au niveau du cockpit le mot «paix» écrit en arabe, en anglais et en hébreu. (Photo, AFP)
Les drapeaux de Bahreïn, d’Israël et des États-Unis flottent sur un avion Boeing 737 de la compagnie aérienne israélienne El Al, au moment où il atterrit sur une piste de l’aéroport international du royaume de Bahreïn, le 18 octobre 2020. On peut lire au niveau du cockpit le mot «paix» écrit en arabe, en anglais et en hébreu. (Photo, AFP)

Pour maintenir l’élan de la compréhension interconfessionnelle, des projets ont été définis, comme la construction, à Abu Dhabi, de la Maison de la famille d’Abraham. Ce complexe religieux devrait ouvrir ses portes en 2022. Conçu par le célèbre architecte ghanéen David Adjaye, il abritera une église, une synagogue et une mosquée afin de promouvoir la fraternité entre les trois religions monothéistes.

Le succès apparent des accords d’Abraham a incité d’autres pays à faire de même. Au mois d’octobre dernier, le Soudan devient ainsi le troisième pays à les signer; il est suivi par le Maroc en décembre.

À la question de savoir si l’Arabie saoudite envisage de rejoindre ces pays, le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a récemment fait l’éloge de ces accords tout en affirmant qu’un règlement palestinien conduirait à la normalisation des relations avec Israël partout dans la région.

«Les accords d’Abraham ont eu, dans l’ensemble, un effet positif sur les relations dans la région. Nous devons en tirer profit en vue de trouver une solution pour les Palestiniens», a-t-il déclaré lors du Forum d’Aspen sur la sécurité.

Les partisans des accords – notamment les communautés juives qui vivent dans le monde arabe – espèrent qu’ils favoriseront la poursuite du dialogue.

Yehuda Sarna, grand rabbin des EAU, affirme dans un entretien à Arab News: «Il y a un an, j’ai prédit que la mise en place de relations diplomatiques permettrait d’éliminer les stéréotypes entre les Arabes et les Juifs et de repartir sur de bonnes bases. C’est exactement ce qui s’est passé: des centaines de milliers de personnes se sont rencontrées, principalement aux EAU, tandis que des millions d’autres personnes se sont contactées en ligne. Elles ont échangé de manière positive et inspirante.»

Le président israélien, Isaac Herzog (à gauche), et l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja, coupent le ruban lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)
Le président israélien, Isaac Herzog (à gauche), et l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja, coupent le ruban lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)

M. Sarna, qui est également directeur exécutif du centre Jewish Student Life à l’université de New York, explique que la communauté juive aux EAU est «en train d’édifier l’infrastructure de la société civile indispensable au soutien de telles interactions, notamment avec des recherches sur les meilleurs moyens pour rassembler les gens, le développement d’institutions religieuses et éducatives locales ainsi que l’organisation d’échanges culturels».

Pour commémorer le 1er anniversaire de la signature des accords, M. Sarna a rédigé «une prière pour l’ensemble de la région» qui sera distribuée dans plus de mille synagogues à travers le monde, y compris celles qui sont affiliées au Conseil rabbinique des États-Unis.

Bien que ces accords présentent un potentiel de prospérité dans la région, les critiques soulignent qu’ils ont jusque-là très peu promu la paix entre les Israéliens et les Palestiniens ou soutenu l’édification d’un État palestinien.

La force des accords d’Abraham a été mise à l’épreuve à la fin du mois de mai dernier, lorsqu’une guerre de onze jours a opposé Israël au Hamas, le groupe militant palestinien qui contrôle la Bande de Gaza.

Le Dr Abdallah, l’analyste politique émirati, déclare: «Comme nous l’avons vu à Gaza, mais aussi depuis le début, les accords n’apporteront pas la paix et la prospérité dans la région comme promis.» Il ajoute qu’ils ne garantissent pas non plus la légitimité des aspirations des Palestiniens quant à l’édification d’un État.

«Ce qui s’est passé au mois de mai est un coup très dur pour ces accords. Cependant, ces événements n’ont pas réussi à les annuler. Rien ne semble être en mesure de le faire. Israël et les États-Unis veulent ces accords, mais ils n’apporteront pas la paix dans la région», renchérit-il.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se tourne vers le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, lors d’une conférence de presse. (Photo, AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se tourne vers le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, lors d’une conférence de presse. (Photo, AFP)

Lorsque les affrontements ont commencé entre les Juifs et les Arabes à Jérusalem, au mois de mai, les gouvernements de Bahreïn, du Maroc, du Soudan et des EAU ont été incités par leurs propres peuples à se ranger du côté des Palestiniens.

La manière dont les gouvernements arabes réagissent au cycle de violence – en particulier les pays qui ont signé les accords d’Abraham – revêt une très grande importance quant à l’avenir du rapprochement israélo-arabe.

Hussain Abdul-Hussain, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties (FDD) à Washington, confie à Arab News: «Au cours des dernières décennies, les Arabes ont rendu presque divine cette rhétorique anti-Israël.»

«Quand on mélange les politiques et les divinités, on sabote les deux. Aujourd’hui, les Arabes qui sont familiers avec le fonctionnement des économies modernes se rendent compte que la paix avec Israël n’est pas une question de vengeance ou d’honneur, mais de croissance économique.»

«La paix contribue certes à la croissance économique; les chiffres des EAU le prouvent. Les Arabes sont prêts pour la paix, mais ils craignent généralement la dénonciation publique qui accompagne les appels en faveur de la paix avec Israël

Le président israélien, Isaac Herzog (au centre), l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja (au centre, à droite), la ministre d’État émiratie chargée de la sécurité alimentaire et de l’eau, Mariam al-Mehairi, et l’ancien ministre Gabi Ashkenazi inaugurent la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)
Le président israélien, Isaac Herzog (au centre), l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja (au centre, à droite), la ministre d’État émiratie chargée de la sécurité alimentaire et de l’eau, Mariam al-Mehairi, et l’ancien ministre Gabi Ashkenazi inaugurent la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)

Quelle que soit leur incidence sur la région à long terme, les accords d’Abraham sont indéniablement le signe d’un dégel des relations israélo-arabes. Pour reprendre les propos de Houda Nonoo, ancienne ambassadrice de Bahreïn aux États-Unis, ils «constituent sans aucun doute l’un des jalons les plus importants de notre vie au Moyen-Orient».

«Au moment où la relation entre Bahreïn et Israël prend un nouveau tournant, il est important de se souvenir que la volonté de mettre en place un nouveau Moyen-Orient – fondé sur le principe de la paix et de la prospérité pour tous – est au cœur de ces accords», affirme-t-elle à Arab News.

«Je suis fermement convaincue que les partenariats florissants entre Bahreïn et Israël contribueront à une paix durable dans la région», conclut-elle.

Twitter: @rebeccaaproctor

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.


Le chef de l'ONU appelle à lever les dernières sanctions contre la Syrie

 Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre. (AFP)
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  • "Je salue les mesures qui ont allégé les sanctions et ouvert de nouvelles possibilités pour une reprise de l'économie, mais toutes ces sanctions doivent être immédiatement levées"
  • Des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont levé la plupart des sanctions économiques contre le pays, mais des investisseurs hésitent encore à se lancer

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre.

"Je salue les mesures qui ont allégé les sanctions et ouvert de nouvelles possibilités pour une reprise de l'économie, mais toutes ces sanctions doivent être immédiatement levées", a affirmé M. Guterres lors d'une conférence de presse à Damas.

Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, renversé par une coalition de rebelles islamistes, les nouvelles autorités syriennes, sous la houlette d'Ahmad al-Chareh, se sont attelées à la reconstruction et à la relance de l'économie du pays, théâtre de plus de 13 ans de guerre civile meurtrière et dévastatrice.

Des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont levé la plupart des sanctions économiques contre le pays, mais des investisseurs hésitent encore à se lancer, alors que la Banque mondiale a estimé le coût de la reconstruction à quelque 216 milliards de dollars.

L'ONU "solidaire" 

Le 8 juillet, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Et en décembre dernier, un mois après une visite de M. Chareh à Washington, le Congrès américain avait approuvé la levée définitive des sanctions imposées contre la Syrie du temps de Bachar al-Assad, devant permettre le retour d'investissements dans ce pays.

Ces sanctions prévoyaient notamment l'interdiction d'accès au système bancaire international et des transactions financières en dollars.

"Les Nations unies sont solidaires des Syriens à ce moment crucial", a ajouté M. Guterres, qui effectuait la première visite d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis 2009.

Il a appelé la communauté internationale à "n'épargner aucun effort pour soutenir les Syriens".

"La Syrie a besoin d'investissements dans sa population, son économie et ses institutions. La Syrie doit rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures, recréer les moyens de subsistance", a-t-il énuméré, en mentionnant aussi l'objectif d'un "retour volontaire, digne et en toute sécurité, des réfugiés et des déplacés".

Depuis la chute de Bachar al-Assad, quelque 1,7 million de réfugiés sont revenus en Syrie selon l'ONU, mais six millions restent à l'étranger tandis que 5,5 millions de personnes restent déplacées dans le pays.

Lors de sa visite, M. Guterres a rencontré de hauts responsables dont le président et le chef du Parlement de transition qui a tenu sa session inaugurale ce mois-ci.

Mais le processus de désignation des élus a été vivement critiqué par la société civile qui a dénoncé une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du nouveau pouvoir.

M. Chareh avait proclamé en mars 2025 une Déclaration constitutionnelle fixant une période de transition de cinq ans, à l'issue de laquelle doivent être organisées des élections.

"Dans la bonne direction" 

Le secrétaire général de l'ONU a aussi retrouvé à Damas des Casques bleus déployés dans une zone tampon sur le plateau du Golan syrien, dont une grande partie est occupée et a été annexée par Israël en 1981, ainsi que des membres de la société civile, des femmes et des jeunes.

M. Guterres, arrivé samedi, a visité la tristement célèbre prison de Saydnaya, symbole des atrocités commises contre les opposants sous le pouvoir de Bachar al-Assad, ainsi que la vieille ville de Damas, dont la mosquée emblématique des Omeyyades.

Depuis que M. Chareh a pris le pouvoir, la communauté internationale l'a exhorté à mettre en place un système de gouvernance prenant en compte toutes les composantes ethniques et religieuses de la Syrie.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que cette transition aille dans la bonne direction", a assuré le chef de l'ONU.

Il a par ailleurs répété que "les violations de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie sont inacceptables", quelques heures après que des médias d'Etat syriens eurent annoncé une nouvelle incursion israélienne accompagnée de tirs dans le sud du pays.