Les vaccinés doivent-ils se (re)masquer ?

Dans une entreprise de fabrication de matériel médical en périphérie de Pékin. Archives / AFP
Dans une entreprise de fabrication de matériel médical en périphérie de Pékin. Archives / AFP
Short Url
Publié le Samedi 24 juillet 2021

Les vaccinés doivent-ils se (re)masquer ?

  • Avec la résurgence des cas de Covid-19 aux Etats-Unis et ailleurs en raison du variant Delta, les personnes entièrement vaccinées en sont à se demander si elles doivent à nouveau porter le masque en intérieur
  • Les vaccins demeurent extrêmement efficaces pour éviter une hospitalisation et prévenir les décès, et les infections parmi les personnes immunisées restent rares

WASHINGTON : Avec la résurgence des cas de Covid-19 aux Etats-Unis et ailleurs en raison du variant Delta, les personnes entièrement vaccinées en sont à se demander si elles doivent à nouveau porter le masque en intérieur.

Les vaccins demeurent extrêmement efficaces pour éviter une hospitalisation et prévenir les décès, et les infections parmi les personnes immunisées restent rares. Mais selon certains experts interrogés par l'AFP, il n'existe pas d'approche universelle qui conviendrait à tout le monde. Les gens doivent prendre en compte certains facteurs comme le taux de transmission dans leur environnement, les niveaux de risques personnels, et leur propre tolérance au risque pour les aider à décider ce qui leur conviendrait le mieux.

97% des hospitalisations

Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique aux Etats-Unis ont abandonné leur conseil de port du masque pour les personnes vaccinées en mai. A ce moment-là, le nombre de cas de Covid-19 était en chute libre, et l'administration Biden était encline à proclamer un retour à la normale dans le sillage d'une campagne de vaccination qui battait son plein.

Mais jeudi, ce sont plus de 50.000 cas qui ont été recensés dans le pays. Une résurgence provoquée principalement par le variant Delta, et concentrée en grande partie dans les régions aux taux de vaccination les plus faibles. Il faut toutefois noter que la hausse des cas ne s'est pour autant pas traduite par une hausse proportionnelle des hospitalisations et des décès.

Environ 200 décès quotidiens sont à déplorer, un chiffre bien moindre que les 3.500 enregistrés chaque jour lors de l'apogée de la vague hivernale. Plus de 97% des hospitalisations concernent les personnes non-vaccinées, a affirmé la semaine dernière la directrice des CDC Rochelle Walensky, tandis que les décès se comptent à 99,5% également chez les non-vaccinés, a souligné le weekend dernier le médecin-chef des Etats-Unis, Vivek Murthy.

Rochelle Walensky a défendu jeudi la position des CDC sur le port du masque, insistant sur le fait que l'agence avait toujours affirmé que les individus devaient prendre en compte les conditions locales. "Si vous êtes dans une région qui a un fort taux de cas et un faible taux de vaccination, et où les cas du variant Delta sont en hausse, vous devriez certainement porter un masque si vous n'êtes pas vacciné", a-t-elle affirmé.

"Si vous êtes vacciné, vous bénéficiez d'une protection exceptionnelle grâce au vaccin. Mais vous êtes libre de décider d'ajouter des couches de protection supplémentaires", a-t-elle ajouté. Joseph Allen, professeur associé à l'école de santé publique d'Harvard, soutient la position des CDC. "Je ne pense pas que nous soyons à un point aux Etats-Unis et dans le reste des pays hautement vaccinés, où cette recommandation (de port du masque) pour tous a encore du sens", affirme-t-il.

De "frustrants" va-et-vient

Si l'Organisation mondiale de la santé a exhorté les personnes entièrement vaccinées de continuer à porter le masque, c'est notamment à la lumière de la situation globale, seulement 13,4% de la population mondiale étant entièrement vaccinée. "Pour moi, le but avec tous les vaccins est, et a toujours été, de prévenir les cas graves et les décès, et c'est exactement ce qu'ils font vraiment bien", a souligné M. Allen.

En ce qui concerne les infections parmi les personnes vaccinées, une étude récente au sein d'une prison s'est penchée sur les 27 cas positifs parmi une population de 2.380 individus vaccinés: 1,1% ont développé le Covid-19, et tous étaient asymptomatiques, leur cas ayant été détecté au cours de tests de routine. Malgré tout, plus la prévalence du virus dans un environnement est importante, plus la probabilité de voir des cas parmi les personnes vaccinées augmente également.

Celine Gounder, médecin épidémiologiste et spécialiste des maladies infectieuses, compare la situation avant l'apparition du variant Delta au fait de conduire dans son quartier, tandis que la situation actuelle se rapproche plus d'une conduite sur un circuit de course automobile. "Quand vous conduisez dans votre quartier, la ceinture suffit", a-t-elle déclaré à l'AFP, la ceinture de sécurité représentant le vaccin.

"Mais si vous êtes sur un circuit automobile, en plus de la ceinture, ces conducteurs auront également des casques, des airbags", a-t-elle ajouté, les masques représentant ces couches supplémentaires de protection. Dans certains endroits des Etats-Unis comme à Los Angeles ou Philadelphie, les autorités locales ont remis en place une obligation de port du masque en intérieur.

Pour Monica Gandhi, docteure spécialiste des maladies infectieuses à l'université UC San Francisco, les "va-et-vient sont très frustrants pour les gens". Elle suggère alors de mettre en place des marqueurs statistiques pour lier par exemple les obligations de port du masque aux taux d'hospitalisation. Monica Gandhi, comme d'autres experts, propose par exemple le chiffre de pas plus de cinq hospitalisations pour 100.000 habitants comme seuil pour reprendre une activité normale

Monica Gandhi, Joseph Allen, et d'autres, soutiennent que ces "rampes de sortie" peuvent aussi être appliquées dans les écoles au moment de leur réouverture à l'automne, tandis que l'Académie américaine de pédiatres est en faveur du port universel du masque, même parmi les enseignants et élèves vaccinés.        


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Short Url
  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Short Url
  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.


Amnesty International demande à la Hongrie d'arrêter M. Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre israélien doit se rendre cette semaine dans un pays membre de la Cour pénale internationale
  • Cette visite " ne doit pas devenir un indicateur de l'avenir des droits humains en Europe "

LONDRES : Amnesty International a demandé à la Hongrie d'arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, à la suite d'informations selon lesquelles il se rendra dans cet État membre de l'UE mercredi à l'invitation de son homologue hongrois Viktor Orban.

M. Netanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en novembre par la Cour pénale internationale en raison de la conduite d'Israël à Gaza.

M. Orban, proche allié de M. Netanyahu, a déclaré qu'il n'exécuterait pas le mandat. En tant qu'État membre, la Hongrie est tenue d'exécuter tout mandat d'arrêt délivré par la CPI.