La circulation sera limitée presque partout à 30 km/h dans Paris

Les bénéfices avancés sont la sécurité routière devant les nuisances sonores. (Photo, AFP)
Les bénéfices avancés sont la sécurité routière devant les nuisances sonores. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 09 juillet 2021

La circulation sera limitée presque partout à 30 km/h dans Paris

  • Selon une consultation menée fin 2020 par la Ville, «59% des Parisiens sont favorables à la réduction de la vitesse, à la condition que certains axes restent à 50 km/h»
  • La diminution de la vitesse permettra aussi de diminuer la largeur des chaussées, et donc «d'améliorer la qualité de vie sur l'espace public», estime la Mairie

PARIS : Vitesse limitée à 30 km/h dès fin août dans la capitale, sauf rares exceptions: David Belliard, adjoint EELV de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a annoncé jeudi une nouvelle décision forte pour "diminuer la place de la voiture" dans la Ville Lumière.

Après les coronapistes nées du premier confinement, en même temps que la réforme du stationnement - dont les mesures entreront progressivement en vigueur d'ici début 2022 - et avant la zone à trafic limité (ZTL) du centre historique annoncée pour le premier semestre 2022, l'adjoint à la transformation de l'espace public accélère avec une nouvelle mesure qui pourrait susciter l'ire des automobilistes.

Même si la capitale compte déjà 60% de zones limitées à 30 km/h, et que la vitesse moyenne de circulation y est de 16 km/h, selon l'adjoint. "Entre 6h du matin et 20h, rouler à 30 à l'heure, c'est un rêve", ironise d'ailleurs l'opposant LR Aurélien Véron.

Mais la généralisation est "une grande victoire culturelle" pour les écologistes qui "plaident depuis des décennies pour une baisse de la vitesse en ville", estime l'ancien candidat des Verts à la mairie, rappelant qu'il s'agissait d'un engagement de campagne repris par Anne Hidalgo lors de sa réélection en 2020. "Je réalise noir sur blanc ce qu'il y a d'écrit sur l'accord de mandature."

Le boulevard périphérique, que la Ville voudrait faire passer à 50 km/h, restera limité à 70 km/h. Les boulevards de ceinture dits "des maréchaux", deux portions des quais de Seine, certaines voies des bois de Boulogne et Vincennes, quelques grands axes de l'ouest parisien (Champs-Elysées, Foch, Grande Armée, rue Royale), du XIIe (est) et du XIVe (sud) resteront limités à 50 km/h. Même si l'équipe de David Belliard espère "rouvrir les discussions" ultérieurement avec la préfecture, qui a donné son accord.

La mesure entrera en vigueur le 30 août, le temps pour la mairie de déployer les panneaux aux portes de la capitale pendant l'été, synonyme de tolérance. La période a été choisie à dessein, "l'acculturation" étant "plus facile pendant l'été" quand une partie des Parisiens sont en vacances et le trafic moins dense.

Selon une consultation menée fin 2020 par la Ville, "59% des Parisiens sont favorables à la réduction de la vitesse à 30km/h dans les rues de la capitale à la condition que certains axes restent à 50 km/h". Les Franciliens favorables sont en revanche minoritaires (36%).

Selon la même source, les bénéfices avancés sont la sécurité routière devant les nuisances sonores. "Le risque de décès est 9 fois moins important à 30 km/h qu'à 50 km/h et les blessures sont beaucoup plus légères", argumente la Ville dans une synthèse motivant sa décision.

Une ville «moins bruyante»

David Belliard assume: "L'enjeu, c'est de diminuer la place de la voiture, ce qui passe par la baisse de la vitesse", dit-il en mettant en avant la volonté de "sécuriser" les rues de la capitale "pour les plus vulnérables: les piétons, les cyclistes, les enfants et les seniors".

Cette mesure vise aussi à aller vers une "ville moins bruyante", souligne M. Belliard. "On baisse les nuisances sonores, on fluidifie le trafic en diminuant les effets d'accélération et de décélération", a encore dit l'adjoint, selon lequel une réduction de 20 km/h de la vitesse permet de diviser par deux le bruit (-3 décibels) dans les rues de Paris.

La diminution de la vitesse permettra aussi de diminuer la largeur des chaussées, et donc "d'améliorer la qualité de vie sur l'espace public", estime la Ville.

L'opposition de droite a déploré une "annonce brutale": "On l'avait vu venir, mais pas aussi vite et on pensait qu'il y aurait un vrai débat", a regretté M. Véron, en plein conseil municipal. "On se demande vraiment à quoi sert le Conseil de Paris", peste-t-il.

Alors que la réforme du stationnement, qui prévoit de rendre payant dès début 2022 le stationnement pour les deux-roues motorisés thermiques, a été entérinée mardi, l'élu LR dénonce une "accumulation de mesures qui vise à supprimer la place de la voiture" dans la capitale.

"Passer à 30, ça va vraiment être un corbillard", regrette-t-il encore, disant craindre pour les interventions des secours.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».