Le Premier ministre libanais sortant prévient que le pays est au bord de l'explosion sociale

Le Liban n'a pas de gouvernement pleinement opérationnel depuis plus de dix mois (AP)
Le Liban n'a pas de gouvernement pleinement opérationnel depuis plus de dix mois (AP)
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Publié le Mardi 06 juillet 2021

Le Premier ministre libanais sortant prévient que le pays est au bord de l'explosion sociale

Le Liban n'a pas de gouvernement pleinement opérationnel depuis plus de dix mois (AP)
  • Plus de 60% de la population est tombée en dessous du seuil de pauvreté, et la monnaie nationale a perdu plus de 91% de sa valeur
  • Le Liban n'a pas de gouvernement pleinement opérationnel depuis la démission de Diab au lendemain de l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, le 4 août 2020

DUBAÏ: Mardi, le Premier ministre libanais sortant, Hassan Diab, a tiré la sonnette d'alarme, appelant la communauté internationale à aider à éviter une «explosion sociale». S'exprimant lors d'une allocution télévisée, Diab a averti que le Liban était au bord d'une catastrophe dont les «répercussions se feront sentir à l'extérieur du pays». 

Diab, qui est à la tête du gouvernement sortant depuis plus de dix mois, a déclaré que tout gouvernement aurait besoin du soutien de «nations amies pour sauver le pays de la situation désastreuse dans laquelle il se trouve actuellement». 

Le Liban n'a pas de gouvernement pleinement opérationnel depuis la démission de Diab au lendemain de l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, le 4 août 2020, qui a causé la mort de plus de 200 personnes. 

En octobre, Saad Hariri, qui a été trois fois premier ministre, a été désigné pour former un nouveau gouvernement après avoir obtenu les voix de 65 députés. 

Cependant, le gouvernement n'a pas encore vu le jour dans un contexte de luttes internes entre les acteurs politiques locaux, notamment Hariri et le président Michel Aoun. 

La Constitution du pays touché par la crise stipule que les deux hommes doivent s'entendre sur la composition du gouvernement. 

«Les Libanais ont été patients, et subissent le fardeau de cette longue attente. Mais leur patience s'amenuise à mesure que leur souffrance augmente», a déclaré Diab. 

Plus de 60% de la population est tombée en dessous du seuil de pauvreté, et la monnaie nationale a perdu plus de 91% de sa valeur, rendant la plupart des produits de première nécessité inaccessibles. 

L'insécurité alimentaire ne fait qu’augmenter, et les pénuries de carburant ont frappé les hôpitaux, les boulangeries et les ménages. 

Deux des quatre centrales électriques du Liban fonctionnent actuellement avec de rares réserves de carburant, la compagnie d'électricité nationale, Électricité du Liban, avertissant qu'elle devrait les arrêter si les faibles réserves de gazole venaient à s'épuiser. 

Par ailleurs, les pénuries touchent également la société de télécommunications publique Ogero, qui a du mal à maintenir ses générateurs et ses stations en ligne. 

Pour éviter une panne d'Internet, les députés et Ogero tentent d'obtenir des fonds supplémentaires pour fournir suffisamment de carburant, afin de maintenir les services opérationnels, a affirmé lundi le député Hussein Hajj Hassan. 

Hariri, qui est rentré à Beyrouth ce week-end, a rencontré hier le président du Parlement, Nabih Berri, pour discuter des derniers développements concernant la formation du gouvernement. 

Selon certaines sources au courant des négociations, Hariri est sur le point de démissionner si l'impasse persiste, et qu'aucune avancée n'est réalisée. 

«S'il démissionne, ce sera fait d'une manière qui ne nuise pas à sa popularité auprès de sa base, compte tenu des prochaines élections législatives», affirment les mêmes sources. 

Le Liban doit organiser des élections législatives en mai 2022, plus de deux ans et demi après que des manifestations de masse ont éclaté contre la classe politique au pouvoir. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le nouveau gouverneur de la Banque du Liban s'engage à lutter contre le blanchiment et le financement du terrorisme

Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent. (AFP)
Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent. (AFP)
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  • Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent
  • Il a succédé à Riad Salamé, dont le mandat avait expiré en 2023 et qui est actuellement détenu et accusé de détournement massif de fonds publics

BEYROUTH: Le nouveau gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, s'est engagé vendredi à lutter contre "le blanchiment d'argent" et le "financement du terrorisme" ainsi qu'à appliquer des réformes réclamées par la communauté internationale.

"La Banque du Liban (BdL) va coopérer avec les Etats et les organismes internationaux (..) pour mettre en oeuvre les conventions et traités internationaux, en premier lieu la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme", a-t-il assuré, en prenant ses fonctions.

Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent.

Il a succédé à Riad Salamé, dont le mandat avait expiré en 2023 et qui est actuellement détenu et accusé de détournement massif de fonds publics.

En raison de la paralysie politique dans le pays, l'intérim avait été assuré par le vice-gouverneur Wassim Mansouri.

Le puissant mouvement pro-iranien Hezbollah, qui sort d'une guerre meurtrière avec Israël, est accusé par ses détracteurs d'utiliser des réseaux économiques parallèles et est soumis à des sanctions américaines économiques et bancaires.

Depuis 2019, le Liban est plongé dans une crise économique inédite, imputée par une grande partie de la population à la mauvaise gestion, la corruption, la négligence et l'inertie de la classe dirigeante, en place depuis des décennies.

La monnaie nationale s'est effondrée et des restrictions bancaires draconiennes empêchent les épargnants d'avoir accès à leurs comptes.

La communauté internationale réclame que le Liban mette en oeuvre des réformes pour débloquer des milliards de dollars d'aide et relancer son économie.

Le nouveau gouverneur a affirmé qu'il fallait "oeuvrer à restituer tous les dépôts bancaires progressivement, à commencer en priorité par les petits épargnants", soulignant que "les banques, la Bdl et l'Etat libanais doivent assumer leurs responsabilités" dans ce dossier.

Il a ajouté que les banques commerciales devaient être "recapitalisées", ajoutant que la Bdl devait "réguler le système bancaire".

M. Souaid a enfin assuré que la Bdl devait "permettre la conclusion de toute enquête criminelle déjà entamée" pour dévoiler "tout abus ou détournement de fonds, de réserves ou d'argent public et sanctionner les responsables".

 


Un ministre bahreïni accueille le nouvel ambassadeur saoudien à Manama

Hamad bin Faisal Al-Malki (à droite) et Naif bin Bandar Al-Sudairi au palais de Gudaibiya à Manama. (Fourni)
Hamad bin Faisal Al-Malki (à droite) et Naif bin Bandar Al-Sudairi au palais de Gudaibiya à Manama. (Fourni)
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  • M. Al-Malki a souligné les relations fraternelles entre les deux royaumes du Golfe, les décrivant comme fondées sur l'affection mutuelle
  • M. Al-Sudairi a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale et de faire progresser les initiatives conjointes entre les deux pays

MANAMA : Le ministre bahreïni des Affaires ministérielles, Hamad bin Faisal Al-Malki, a reçu jeudi le nouvel ambassadeur d'Arabie saoudite, Naif bin Bandar Al-Sudairi, au palais de Gudaibiya à Manama.

Au cours de la réception officielle, M. Al-Malki a souligné les relations fraternelles entre les deux royaumes du Golfe, les décrivant comme fondées sur une affection mutuelle et des liens historiques profondément enracinés qui ont continué à s'épanouir sous la direction des deux nations.

M. Al-Sudairi a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale et de faire progresser les initiatives conjointes entre les deux pays.


L'Arabie saoudite prend la tête de la condamnation arabe des raids israéliens sur le territoire syrien

Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
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  • Le Royaume exhorte les membres permanents du Conseil de sécurité à se pencher sur les violations commises en Syrie et dans la région
  • L'Égypte affirme que les raids constituent une violation flagrante du droit international

RIYADH : L'Arabie saoudite a pris la tête de la condamnation arabe des frappes aériennes israéliennes qui ont violé la souveraineté de la République arabe syrienne et fait des dizaines de victimes civiles et militaires.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a déclaré que les raids israéliens constituaient des "tentatives de menacer la sécurité et la stabilité de la Syrie et de la région en violant les lois internationales".

Le Royaume a exhorté les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies à s'attaquer fermement aux violations israéliennes en cours en Syrie et dans la région, et a appelé à l'activation de mécanismes de responsabilisation.

Au cours de la nuit, les frappes aériennes israéliennes ont visé cinq zones en Syrie, dont la capitale Damas et l'aéroport de Hama. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis que les actions et une incursion au sol ont fait 13 morts.

Depuis la chute du régime de Bashar Assad en décembre, Israël s'est emparé de certaines zones du sud de la Syrie pour tenter d'éloigner les forces du nouveau gouvernement de la frontière.

L'Égypte a déclaré jeudi que les raids israéliens constituaient une nouvelle violation flagrante du droit international. Elle a appelé les acteurs internationaux à contraindre Israël à mettre fin à son occupation du territoire syrien et à respecter l'accord de désengagement de 1974.

Le ministère jordanien des affaires étrangères et des expatriés a réitéré le soutien d'Amman à la sécurité, à la stabilité et à la souveraineté de la Syrie. Il a souligné la nécessité pour Israël d'adhérer au droit international et aux résolutions des Nations unies qui appellent au respect de la souveraineté des États et à la non-ingérence dans les affaires intérieures.