Que restera-t-il du Covid-19 dans nos têtes et nos pratiques?

Deux hommes travaillent sur leur ordinateur en teletravail par une journée de printemps ensoleillée au milieu de la pandémie de coronavirus devant l'hôtel des Invalides à Paris (photo d'archives) (AFP)
Deux hommes travaillent sur leur ordinateur en teletravail par une journée de printemps ensoleillée au milieu de la pandémie de coronavirus devant l'hôtel des Invalides à Paris (photo d'archives) (AFP)
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Publié le Dimanche 04 juillet 2021

Que restera-t-il du Covid-19 dans nos têtes et nos pratiques?

  • La probable quatrième vague de l'automne se traduira par «des cas moins graves grâce à la vaccination»
  • La plus grande contagiosité du variant Delta ne change pas les mesures de distanciation de 1,5 à 2 mètre

PARIS : Le masque dans les transports, une expansion du télétravail et la fin de la bise entre inconnus? Le Covid a entraîné des changements majeurs dans nos pratiques qui devraient perdurer une fois l'épidémie terminée, selon des experts interrogés par l'AFP.

Les bonnes habitudes à garder ?

Il faut "conserver un reste de prudence dans notre manière de vivre", estime auprès de l'AFP l'experte en hygiène publique Michèle Legeas. La professeure de l'EHESP (Ecole des hautes études en santé publique) préconise, avant les regroupements de l'été, de "demander à ses amis ou membres de la famille où ils en sont de la vaccination" et d'adapter les comportements, en privilégiant les contacts avec les personnes âgées à l'air libre ou "en évitant de s'entasser à 15 dans la salle de bain ou la cuisine".

La probable quatrième vague de l'automne se traduira par "des cas moins graves grâce à la vaccination". Mais même sans hospitalisation, la maladie peut prendre la forme de Covid plus ou moins long, demandant des rééducations parfois lourdes, souligne-t-elle.

A plus long terme, il faudrait, selon Michèle Legeas, "une bonne éducation au risque infectieux" et garder "en période de grippe hivernale l'habitude du masque dans les lieux de rassemblement et transports en commun".

Les autorités de santé doivent "saisir cette opportunité pour conserver les bonnes pratiques, comme le lavage des mains à répétition, qui a permis l'hiver dernier d'éviter des épidémies de gastro", complète Marie-Claire Villeval, spécialiste d'économie comportementale au CNRS.

"Les gens vont garder un petit stock de masques et le mettre quand ils se sentiront un peu fiévreux mais ce ne sera pas généralisé", avance à l'AFP le spécialiste d'anthropologie sociale du CNRS, Frédéric Keck, dont une étude sur le masque a fait ressortir qu'"un tiers le mettait par obligation, la plupart pour se protéger et un petit tiers pour protéger les autres".

Bise ou distanciation ?

La plus grande contagiosité du variant Delta ne change pas les mesures de distanciation de 1,5 à 2 mètre, qui sont à conseiller "avec des gens auxquels on ne s'autorise pas à demander où ils en sont de la vaccination et de leurs modes de vie", selon Mme Legeas.

L'anthropologue Frédéric Keck a remarqué qu'"au travail, les habitudes de distanciation sont restées, les gens se remettent difficilement à serrer les mains, à s'embrasser, ce qui produit des formes de soulagement pour ceux qui n'aimaient pas ce mélange entre amitié et travail".

"Une proximité un peu artificielle", abonde Marie-Claire Villeval.

"Si on voit que rien ne repart, que le virus est très très contrôlé, les réflexes vont revenir", estime cependant le psychiatre François Chauchot.

Mais la bise sera "moins systématique, on voit qu'elle est parfois remplacée par l'accolade", selon le médecin qui ne "serre plus la main de ses patients".

L'ère du télétravail ?

L'un des impacts les plus forts de l'épidémie restera le développement du télétravail, selon les experts.

"Dans les milieux universitaires, c'est très fort car cela évite les coûts de déplacement. Dans le business, les gens réfléchissent à mieux répartir les réunions essentielles et celles qu'on peut faire à distance", souligne Frédéric Keck.

Selon l'économiste Marie-Claire Villeval, "dans certaines professions, on s'est découverts plus efficaces, la technologie permet d'avoir des réunions plus minutées". Il a fallu apprivoiser ces outils mais les avantages (moins de temps perdu dans les transports, économies financières et d'espace) l'emportent souvent.

Cela va devenir, selon elle, un des critères de choix d'un emploi pour les jeunes professionnels, aux côtés du salaire ou d'autres conditions.

Cela conduira à "des modes d'organisation donnant de la flexibilité" et "l'immobilier d'entreprise va beaucoup changer", ajoute-t-elle, mettant en garde contre un "envahissement de la vie privée".

Avec un danger particulier pour les femmes qui, selon Frédéric Keck, ont été "un peu renvoyées à la maison", notamment avec la fermeture des écoles pendant l'épidémie, "moment de régression dans l'équilibre des tâches domestiques entre hommes et femmes".

Des changements pour les voyages et le tourisme ?

Pour d'autres pratiques comme les voyages et le tourisme, il y aura, selon les experts, moins de déplacements professionnels.

"On ne va pas revenir aux voyages d'affaires et séminaires à l'étranger du monde d'avant, c'est un gain d'énergie, de temps et financier", selon l'économiste Marie-Claire Villeval, qui souligne "la qualité d'échange que permettent les nouvelles technologies".

Pour le tourisme, les experts pensent que cela va redémarrer progressivement: "dans quatre à cinq ans, on reviendra à des habitudes touristiques assez proches", ajoute l'économiste. "Le tourisme, c'est une recherche de rêve"; on se contentera "difficilement de voyages en visio".

Il y a toutefois une tendance à "consommer local" notamment chez les jeunes et une préoccupation pour l'environnement: on aura "un tourisme plus vert, moins de destinations lointaines et pas un tourisme de dernière minute", selon l'anthropologue Frédéric Keck.

Un traumatisme durable dans les esprits ?

Frédéric Keck compare l'épidémie à la Première guerre mondiale, avec "des phases d'accalmie et de tension". Plutôt qu'un "traumatisme global", elle a provoqué "une détresse liée aux privations de liberté qui ont plus d'impact sur les gens que de connaître un proche qui soit décédé".

Mais la crise aura "des effets durables psychiquement, avec la peur d'une nouvelle épidémie et de ce que ça signale des perturbations de l'environnement", selon M. Keck, qui se dit, après "la phase d'hilarité actuelle" liée aux congés d'été, "assez pessimiste pour la rentrée".

Il redoute "des explosions sociales car les gens ont été livrés à eux-mêmes avec des sources d'information contradictoires".

A l'inverse, le psychiatre François Chauchot pense qu'une fois terminée, l'épidémie sera "vite oubliée" du fait de "notre instinct de survie". "Ca va s'estomper, peut-être qu'on mettra six mois ou un an pour retrouver la confiance" mais cela fera comme après la crise financière de 2008: "On a pris conscience puis on l'a oubliée".

Pendant la crise sanitaire, "on a touché du doigt nos fragilités" alors qu'on "partait du principe de pouvoir vivre longtemps en bonne santé". "Avec le vaccin, on retrouve confiance dans la capacité de résoudre des problèmes existentiels", estime-t-il.

L'experte en santé publique Michèle Legeas pense aussi que l'épidémie va disparaître de nos écrans radars, comme on a oublié les ravages du Sida "une fois qu'on a eu un traitement, ou les 50 voire 60 millions de morts de la grippe espagnole de 1918/1920", qui a pris des formes de moins en moins graves.

Plus d'altruisme dans la société?

Marie-Claire Villeval et son équipe ont mené une étude pendant le premier confinement. Elle constate "très peu de changements à part une légère augmentation du chacun pour soi".

En revanche, les "normes sociales" ont évolué "très vite" pendant la pandémie. Par exemple, "le port du masque, le fait de ne pas recevoir d'amis à la maison, de ne pas se regrouper", tout cela a été "massivement respecté" et ce "n'était pas par peur du gendarme".

L'économiste compare avec l'interdiction de fumer dans les lieux publics, à laquelle la population s'était rapidement pliée alors que beaucoup de gens évoquaient des Français réfractaires. "C'est intéressant en termes de politiques publiques: cela montre que pour qu'une règle soit efficace, elle doit s'accompagner d'un changement de la norme, les gens doivent la comprendre pour modifier leur comportement", d'où la nécessité de messages explicatifs pédagogiques.

"Ce qui est frappant" aussi pour Frédéric Keck, c'est la "réussite de la vaccination". "L'argument altruiste a porté et on se vaccine pour immuniser la population et retrouver le droit de circuler. Je ne sais pas si c'est de la solidarité mais il y a eu un raisonnement collectif".

Les autres effets durables de l'épidémie ?

Pour François Chauchot, "on a réalisé que la santé est la base de tout" et pris conscience du "rapport entre les animaux et nous", des risques de zoonoses, ces maladies qui se transmettent de l'animal vers l'homme.

Il y aura "d'autres pandémies, c'est inéluctable, et les micro-organismes sont beaucoup plus nombreux et adaptables que nous", a estimé l'experte en santé publique Michèle Legeas, qui n'exclut pas "une épidémie de zika ou chikungunya en métropole".

"On a appris énormément en termes d'organisation collective", pour les déplacements, la logistique, la gestion d'un grand nombre de malades dans les hôpitaux, ajoute Marie-Claire Villeval. Et comme toutes les crises, la pandémie a été "source d'innovations": télémédecine, conception d'un vaccin en six mois...

Cela a aussi "montré nos interdépendances et des fragilités délirantes" comme "notre incapacité" à produire des masques ou des médicaments, selon l'économiste, estimant nécessaire de "réinvestir massivement dans l'éducation, l'innovation et la recherche".

 

 


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
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  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
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  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com