L’Iran restreint l’accès de l’AIEA à sa principale usine d’enrichissement d’uranium

Les inspections et la surveillance de l’AIEA ont été sous les feux des projecteurs récemment, car l’Iran a réduit sa coopération avec l’agence en février (Reuters)
Les inspections et la surveillance de l’AIEA ont été sous les feux des projecteurs récemment, car l’Iran a réduit sa coopération avec l’agence en février (Reuters)
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

L’Iran restreint l’accès de l’AIEA à sa principale usine d’enrichissement d’uranium

Les inspections et la surveillance de l’AIEA ont été sous les feux des projecteurs récemment, car l’Iran a réduit sa coopération avec l’agence en février (Reuters)
  • L’Iran a restreint l’accès à l’usine de Natanz, mais les inspecteurs de l’AIEA devraient avoir un accès complet au site la semaine prochaine, selon un diplomate
  • Les inspections et la surveillance ont été sous les feux des projecteurs récemment, car l’Iran a réduit sa coopération avec l’agence nucléaire en février

PARIS/VIENNE: L’Iran a restreint l’accès des inspecteurs nucléaires des Nations unies à sa principale usine d’enrichissement de l’uranium à Natanz, invoquant des raisons de sécurité après une attaque d’Israël sur le site en avril, selon des diplomates. 

Cette impasse, qui, selon un responsable, se prolonge depuis des semaines, est sur le point d’être résolue, indiquent ces derniers, mais elle a accru les tensions avec l’Occident, au moment où les pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis sur la relance de l’accord sur le nucléaire iranien ont été ajournés, sans qu’une date ne soit fixée pour leur reprise. 

Cet arrêt des négociations fait suite à diverses mesures prises par l’Iran en violation de l’accord sur le nucléaire de 2015, ou qui ont suscité la colère de Washington, et de ses alliés. Ces mesures vont de l’enrichissement de l’uranium à un niveau proche d’un usage militaire, à l’incapacité d’expliquer l’origine des particules d’uranium découvertes par l’AIEA dans plusieurs sites non déclarés. 

«Ils nous provoquent», lance un diplomate occidental qui suit de près les activités de l’AIEA, ajoutant que les inspecteurs devraient avoir un accès complet au site la semaine prochaine. 

Les responsables iraniens n’étaient pas immédiatement disponibles pour réagir, et l’AIEA a refusé de faire des commentaires, invoquant sa politique générale de discrétion sur les questions d’inspection. 

Les motivations de l’Iran, au-delà des préoccupations officielles de sécurité et de sûreté invoquées, ne sont pas claires, mais Téhéran a déjà eu des différends avec l’AIEA au sujet de l’accès à ses sites. En 2020, la République islamique avait refusé à l’agence onusienne l’accès à deux sites pour des inspections rapides. En 2019, l’Iran a retenu une inspectrice de l’organisation, et a saisi ses documents de voyage. 

Jusqu’à présent, l’AIEA a évité de signaler le problème à ses États membres, et de convoquer une réunion d’urgence de son Conseil des gouverneurs, composé de 35 pays, comme elle l’a fait en novembre 2019 lorsque l’Iran a brièvement retenu l’inspectrice de l’AIEA qui, selon les diplomates, avait cherché à accéder à Natanz. 

Une explosion et une coupure de courant survenues en avril à Natanz, au cœur du programme iranien d’enrichissement d’uranium, semblent avoir endommagé les centrifugeuses de l’usine souterraine d’enrichissement d’uranium de taille commerciale. Le dernier rapport trimestriel de l’AIEA sur l'Iran, publié en mai, avait montré que sa production d’enrichissement avait ralenti. 

«À cause de l’accident ou du sabotage en avril, certains accès ont été limités pour des raisons de sûreté et de sécurité», assure un diplomate basé à Vienne, ajoutant que cette mesure «a eu très peu d’impact sur la capacité de l’agence à effectuer des vérifications». 

L’AIEA et l’Iran ont discuté de cette question «afin d’éviter que ces limitations ne deviennent permanentes, et commencent à éroder la capacité de vérification», ajoute-t-il. 

Washington et ses partenaires européens ont fait pression sur l’Iran en raison de ses violations de l’accord, qui visait à prolonger le délai dont Téhéran aurait besoin pour produire une arme nucléaire, s’il le souhaitait. L’Iran insiste sur le fait que ses objectifs nucléaires sont entièrement pacifiques. 

Les inspections et la surveillance ont également été sous les feux des projecteurs récemment, car l’Iran a réduit sa coopération avec l’agence en février, supprimant la base juridique des inspections surprise de l’AIEA dans les installations non déclarées, prévues dans l’accord de 2015. 

Par ailleurs, l’Iran a mis fin à la surveillance par l’AIEA de certaines activités nucléaires introduites par l’accord. Un arrangement temporaire avec le gendarme onusien a permis de maintenir cette surveillance dans le cadre d’un arrangement de type «boîte noire», dans lequel les données sont collectées sans que l'AIEA puisse y accéder immédiatement. 

Cet accord temporaire a toutefois expiré la semaine dernière, et l’AIEA a déclaré que l’Iran n’a pas répondu sur son statut actuel, que l’organisation espère prolonger. 

Le diplomate occidental a cependant précisé que l’Iran avait maintenant accepté d’accorder aux inspecteurs un accès complet à l’usine d’enrichissement d’uranium, ce qui devrait se produire la semaine prochaine. Un autre a déclaré que l’Iran avait soigneusement mesuré son geste pour créer une nuisance sans provoquer d’incident diplomatique majeur. «Les Iraniens sont très tactiques», assure-t-il. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

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  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
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  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
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  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.